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Ferrari, le retour en force de la Scuderia

À l’aube de cette fin de saison 2021, les supporters de la Scuderia Ferrari peuvent se coucher satisfaits, et plein d’espoir pour l’année à venir. La mythique écurie rouge est de retour aux affaires, et elle compte bien retrouver les premières places dès 2022. Si la performance ne permet pas pour l’instant de les voir lutter à la régulière avec les deux mastodontes de la Formule 1 que sont Mercedes et RedBull, la bagarre pour la 3ème place, bien que symbolique face à McLaren, penche favorablement du côté italien. 

Des échecs

L’histoire de la marque italienne a été marquée par le succès et la gloire, cependant, il ne faut toutefois pas oublier les nombreux échecs qui ont précédé ou bien suivi. C’est le cas notamment lors de ces dernières années, où les tifosis ont pendant longtemps espéré décrocher le titre, mais qui leur a échappé des mains trop vite, trop tôt. En 2017 et en 2018, malgré des débuts de saisons prometteurs et un duo Vettel-Raikkonen fonctionnant bien, le manque de performance et les limites de la monoplace rouge ont eu raison du titre. En 2019, après de beaux espoirs entrevus lors des essais hivernaux, tous les supporters des rouges se sont mis à rêver d’un Charles Leclerc champion du monde lors de sa première année chez Ferrari, mais hélas, le scénario ne s’est à nouveau pas déroulé comme prévu.

Charles Leclerc, le nouvel espoir de Ferrari, lors de sa première saison en 2019 chez les rouges (crédit: Motorsport Images)

La saison 2020, quant à elle, se rapproche plus du cauchemar que de l’idylle. Avec un moteur développé en catastrophe suite à « l’enginegate » et l’accord passé avec la FIA et un châssis plutôt médiocre, les membres de Ferrari ont vécu une année catastrophique, terminée à la 6ème place du championnat. Ce résultat, bien que décevant et historique, étant le pire depuis 1980, a vraisemblablement entrainé à la révolution qu’est en train d’instaurer Ferrari au sein de son écurie, et avec à sa tête, Mattia Binotto.

…À la révolution

Délaissant en partie la saison 2021, et affirmant clairement sa volonté de se focaliser sur la saison 2022, celle d’une nouvelle ère, Ferrari change donc de philosophie pour espérer enfin gagner. Cette année donc, la Scuderia ne cherche pas à retrouver les sommets, elle se sait en reconstruction et à la recherche de solutions à tous ses maux. Contrairement aux années précédentes donc, les têtes pensantes italiennes traitent un problème à la fois, prenant leur mal en patience afin d’améliorer et de comprendre au mieux la monoplace qu’ils ont. 

Se penchant tout d’abord sur le sérieux problème de trainée arrière, ils ont réussi à proposer une monoplace à l’appui aéro très performant, faisant retourner Enzo, le mythique fondateur, dans sa tombe. Une fois cette situation réglée, et après de convaincants résultats sur des circuits comme Monaco ou Bakou, ou l’aérodynamique est roi, la question du moteur s’est enfin posée. C’est donc sans se précipiter, avec patience et réflexion que le développement d’une nouvelle unité a pu voir le jour, pour Leclerc en Russie, et pour Sainz lors du Grand Prix suivant en Turquie.

Ce nouveau moteur, supposé apporter plus de 15 à 20 chevaux supplémentaires, est une sérieuse avancée dans la reconstruction de Ferrari, qui lui apportera une belle amélioration pour 2022 également. Désormais au contact des autres concurrents, bien que légèrement en retrait, l’espoir de voir à nouveau le moteur Ferrari lutter contre ceux des Renault, Honda ou Mercedes grandit donc.

Le moteur Ferrari, illégal en 2019 et donc très peu performant en 2020, semble regagner en performance en cette fin d’année 2021 (crédit: Ferrari Chat)

Une stratégie intelligente

Si la Scuderia est aussi revenue aux premiers plans, elle le doit également par ses choix rationnels et intelligents. Le départ de Sebastian Vettel, supposé être le nouveau Schumacher, pour l’arrivée de Carlos Sainz, semble avoir redonné un élan de dynamisme à l’équipe. Le premier, inconstant et en difficulté avec sa monoplace depuis 2019 et l’arrivée de Charles Leclerc, peinait à exploiter le maximum de sa monoplace. Son remplaçant, bien que parfois décrié et jugé « pas au niveau » d’une telle écurie, démontre une constance redoutable, avec une belle prise en main du volant. Si bien que l’espagnol se met désormais à égaler les résultats de Leclerc, le désormais porteur des espoirs chez les rouges.

Le monégasque, installé depuis bientôt 3 ans au sein de l’équipe, s’affirme quant à lui comme le réel leader de l’équipe, et si les sceptiques n’étaient pas convaincus par ce choix de le recruter si jeune après son unique saison chez Alfa Roméo, il semble bien que le pilote de la Ferrari n°16 leur donne tort.

Sacrifier 2021 pour 2022

De même, le choix de « sacrifier » la saison 2021 semble, en interne, porter ses fruits. L’idée de développer au plus tôt possible la monoplace de 2022, celle d’une nouvelle ère, semblait vitale pour l’écurie, en quête d’un titre depuis maintenant 2008. Le choix de la patience donc, qui contraste avec la précipitation que l’on pouvait retrouver lors des précédentes années chez Ferrari, laisse entrevoir un espoir de gloire. Cette reconstruction peut même laisser penser à une fameuse période difficile pour les pensionnaires de Maranello, l’époque pré-2000, où malgré les efforts de Jean Alesi ou Michael Schumacher, la monoplace ne permettait pas de lutter pour le titre. Cette longue période de disette a finalement découlé sur une hégémonie Ferrari, que l’histoire retiendra comme l’une des plus grandes.

« Il faut de la patience, mais nous sommes en train de nous doter d’une base solide. »

Mattia Binotto

Mattia Binotto confiait lui-même, avouant à demi-mot que les saisons précédentes n’étaient pas des plus flamboyantes, qu’il s’attendait à de belles choses pour 2022. «Ferrari est une équipe jeune aujourd’hui, nos pilotes le sont. Nous sommes en train d’emmagasiner notre propre expérience. Et cela peut demander du temps, il faut de la patience, mais nous sommes en train de nous doter d’une base solide.» Cette base solide, elle a été trouvée dès cette année, avec un line-up qui peut se caractériser comme le plus consistant du plateau, Charles et Carlos étant au niveau des meilleurs, des évolutions qui fonctionnent, comme la nouvelle unité moteur, et surtout, une envie de bien faire.

Des efforts à fournir avant les titres

Chaque grand titre se construit des années auparavant, si l’on prend le cas de Mercedes, ils ont anticipé leur domination de l’ère hybride dès leur retour en Formule 1, en 2010. De même, comme cité au dessus, l’hégémonie Ferrari des années 2000 a commencé dès l’arrivée du Baron Rouge, Michael Schumacher, en 1996. Ainsi, les progrès et évolutions qu’il est possible de constater dès cette année sont le fruit d’une remise en question, et d’un travail en interne qui pousse l’ensemble de l’équipe à progresser. Ce travail de fond, bien qu’invisible, est nécessaire dans la remise en selle d’une écurie, afin d’avoir de solides bases sur lesquelles se reconstruire.

Les arrêts au stand de Ferrari, l’une des lacunes de l’équipe la saison dernière, a retrouvé de l’efficacité cette année (crédit: F1 FanSite)

Il faut donc supposer que les résidents de Maranello sont conscients des mesures à prendre afin de pouvoir revenir au sommet. Les progrès effectués lors des arrêts aux puits (84% des arrêts sont en dessous des 3 secondes, pour seulement 24% l’an passé) sont révélateurs des efforts fournis. La mauvaise exploitation des pneus, qui était un problème jusqu’au Grand Prix de France semble ne plus causer de soucis, tout comme les stratégies et les communications entre membres d’écuries. Le manque global de performance de la voiture obligeant les ingénieurs à proposer des tactiques destinées à scorer des gros points plutôt qu’a réagir face aux autres écuries.

Une chance d’y croire ?

De ce fait, si tous les tifosis sont donc dans l’attente de revoir les Ferrari au sommet, il faudra donc s’armer de patience. La saison 2022 se caractérisant comme celle d’une nouvelle ère, tout est possible, en bien comme en mal. Même s’il est possible d’espérer une lutte pour le titre dès l’année prochaine, il faut faire attention à ce que Ferrari ne retombe pas dans ses travers, à savoir ceux de la précipitation. Les progrès effectués, couplés au talent et au sérieux de ses pilotes permet de penser que ce ne sera le cas, mais dans le monde de la Formule 1, tout est possible.

Ainsi, après de longues années à courir derrière le titre, et deux dernières années en retrait, Ferrari a su se remobiliser. A coups d’efforts, de patience et d’intelligence, ils semblent sur la pente ascendante, tant pour cette fin de saison que pour celle à venir. Alors, si l’on espère peut être retrouver les rouges sur la plus haute place du podium, attention à ce que cela n’arrive pas trop souvent, histoire d’éviter une nouvelle domination incontestée.

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