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Sergio Pérez, le deuxième homme tant attendu

Après une 3e place lors de son Grand-prix national, Sergio Pérez et RedBull sont plus que jamais en lice pour remporter le championnat constructeur, une première depuis 2013. Le choix d’Helmut Marko et de Christian Horner de prendre un pilote expérimenté pour épauler Max Verstappen semble porter ses fruits. Habitué aux équipes du milieu de tableau depuis le début de sa carrière, Pérez a enfin une voiture lui permettant d’exploiter au mieux son talent. Retour sur le parcours du mexicain et analyse de sa première saison dans une top team.

Au départ de la saison 2020, Sergio Pérez n’est considéré que comme un bon pilote parmi tant d’autres en Formule 1. Souvent au-dessus de ses coéquipiers et capable de finir sur le podium lorsqu’une occasion se présente, aucune grosse cylindrée n’a daigné lui faire confiance avant RedBull. Hormis une courte parenthèse chez McLaren en 2013 qui se termine pour des raisons financières plus que sportives. Il rejoint Force India (ex-Racing Point) en 2014, écurie qu’il ne quittera donc que 7 ans plus tard. De 2014 à 2019, Pérez a toujours terminé dans le top 10 du championnat, avec en bonus 5 podiums au total. Seulement battu par Hulkenberg lors de sa première année dans l’écurie, il a été l’élément moteur de la progression de la Force India jusqu’à 2018 et la faillite de l’écurie. Il est tout de même parvenu à terminer 8e et 10e du championnat, en 2018 et 2019 respectivement, avec une voiture classée 7e au championnat constructeurs. Cependant, c’est réellement en 2020 que sa côte de popularité va exploser.

2020, entre montagnes russes et consécration

Lawrence Stroll, alors propriétaire de Racing Point depuis 1 an, décide de faire ses emplettes chez Mercedes pour avoir une voiture plus compétitive. La « Mercedes rose » est dévoilée au grand jour aux essais hivernaux de Barcelone et va effrayer la concurrence. Il faudra attendre un peu avant de la voir en course, COVID-19 oblige, mais on sent à ce moment-là dans le paddock qu’il existe un sentiment de méfiance envers cette voiture. Le début de saison 2020 de Racing Point n’est pas mauvais mais il n’est pas a la hauteur des attentes. Celui de Sergio Pérez est aussi compliqué. En cause des performances moyennes, finissant à plusieurs reprises derrière son coéquipier, et 2 courses à Silverstone manquées à cause du COVID. A partir du Grand-Prix de Toscane au Mugello, Pérez va commencer à engranger de gros points. Au Grand-Prix de Turquie, après une véritable masterclass des deux pilotes Racing Point en qualifications, Perez va inscrire son premier podium de la saison. Un podium presque anecdotique quand on le compare à celui de Sakhir 3 semaines plus tard.

Gagner un Grand-Prix de F1 est le rêve de tout pilote qui n’y est toujours pas parvenu. Après, chacun sa manière de le faire. Sergio Pérez n’a clairement pas choisi la manière la plus simple pour s’imposer pour la première fois dans la catégorie reine. Comme s’il jouait à F1 2020 contre des IA a 0%, Sergio décide, malgré un accrochage au départ qui l’envoie en dernière position, d’effectuer une remontée spectaculaire jusqu’à la victoire. A ce moment-là, le monde entier est en totale admiration devant cette performance. Il ne fait aucun doute que cette victoire a été déterminante pour le choix de RedBull. 3 mois plus tard, la signature du mexicain est confirmée par l’écurie autrichienne.

2021, l’arrivée chez RedBull et le titre en ligne de mire

Un premier constat peut être fait suite à l’arrivée de Pérez comme 2e pilote chez RedBull : l’écurie joue le titre. Malgré un retard d’un petit point sur Mercedes avant le Grand-Prix du Brésil ce weekend, les protégés d’Helmut Marko n’ont jamais été aussi proches de remporter le championnat constructeurs depuis 2013. Si les performances de la voiture sont nettement meilleures que les saisons précédentes, Pérez affiche une moyenne de points bien supérieure à celle de Gasly ou Albon ( 9,1 pour Perez vs 5,25 pour Pierre et 6,96 pour Albon). De plus, Checo a très vite gagné avec la RedBull, chose que les deux autres n’ont jamais pu faire. Avant la victoire de Perez à Baku cette année, il fallait remonter à la victoire de Ricciardo à Monaco en 2018 pour voir un pilote RedBull autre que Verstappen s’imposer. Pour la première fois depuis 2018, RedBull dispose d’une deuxième voiture qui peut gêner les Mercedes et cela semble faire toute la différence.

« Perez conduit très bien et délivre exactement le type de performance qu’on espérait de lui »

Christian Horner après le GP du Mexique.

Sa saison est-elle si bonne que cela?

Perez est actuellement 4e du championnat avec 165 points, soit 147,5 points de retard sur son coéquipier. Un gouffre, mais qui est compréhensible puisque c’est la première saison de Perez dans une voiture construite pour le style de pilotage de Max. En qualifications aussi Checo est à la peine face à Verstappen avec un 16-2 pour le hollandais, même si on sait que ce n’est pas l’exercice favori du mexicain. De plus, il ne compte aucune pôle alors que Max en compte 7. Ce qui est plus gênant pour Perez, en revanche, c’est la comparaison avec son homologue de chez Mercedes, Valtteri Bottas. Bottas est 3e du championnat avec 15 points d’avance sur le mexicain.

Tandis que Verstappen s’échappe petit à petit de Sir Lewis au championnat, il est impératif que Perez revienne sur le finlandais pour assurer le titre au championnat constructeurs. Dans le cas contraire, il pourra regretter son passage à vide en milieu de saison. En effet, malgré un début de saison prometteur et une victoire à Baku, le mexicain n’a inscrit que 12 points entre le GP d’Autriche et le GP des Pays-Bas (soit 5 GP). Il a tout de même gardé le soutien de ses supérieurs durant cette période (étonnamment quand on connait l’état-major autrichien) et a su rebondir depuis. Perez reste sur 3 podiums d’affilée, dont le dernier en date sur son circuit national.

Pourquoi a-t’il été préféré à Gasly ?

Gasly, principale menace pour Pérez avant la prolongation du mexicain pour 2022 (photo: F1 Media)

Si Sergio Perez réalise une saison correcte pour sa première année chez RedBull, certains auraient préféré voir un autre pilote dans sa monoplace l’an prochain, à commencer par Pierre Gasly. Le français réalise des performances exceptionnelles avec son Alpha Tauri depuis son évincement de chez RedBull en 2019. Pas plus tard que le weekend dernier, il s’est hissé à la 4e place du Grand-Prix du Mexique. Tous les observateurs s’accordent sur le fait que Pierre mérite de rouler à nouveau pour une top team. Étant toujours sous contrat avec RedBull, la solution serait de retourner dans l’écurie autrichienne. D’autant plus que le français n’a jamais caché son envie d’y retourner. Le problème, c’est que RedBull ne l’entend pas de cette oreille.

Sans compter le fait que les dirigeants de RedBull ont encore le passage compliqué de Pierre en tête, les performances de Perez satisfont entièrement l’écurie autrichienne. Gasly a encore une longue carrière devant lui, contrairement à Pérez qui sera plus enclin à endosser les responsabilités d’un deuxième pilote sans broncher. Aussi, les performances du français avec son Alpha Tauri ont peut-être été un peu trop bonnes. En montrant qu’il n’était pas forcément très en dessous d’un Verstappen ou d’un Leclerc, les dirigeants de chez RedBull craignent sans doute que Pierre se montre trop ambitieux et vienne contester la suprématie de Max dans l’écurie. Mercedes, par ailleurs, a dû se poser les mêmes questions avant de mettre George Russell aux côtés d’Hamilton l’an prochain.

En résumé, le retour de Gasly chez RedBull semble prendre le même chemin que celui de Drogba à l’OM. Sergio Perez réalise une saison acceptable qui va peut-être déboucher sur un championnat constructeurs. De plus, le mexicain est sur une pente ascendante et dispose du soutien de ses patrons, chose peu évidente à obtenir dans cette écurie. Enfin au volant d’une monoplace de haut niveau, Perez a les moyens d’enchaîner les podiums et peut aider son coéquipier dans sa lutte pour le titre. Le choix de RedBull s’est avéré payant, d’autant plus si l’écurie parvient à battre l’épouvantail de la catégorie, ce qu’on leur souhaite.

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