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Qu’y avait-il avant 1950 et la F1 ?

1950 : Création du Championnat du Monde de Formule 1. Cette date marque le commencement d’un championnat qui aura été en constante évolution pour arriver à ce que l’on connaît aujourd’hui. Mais il ne faut pas se faire d’illusions, la course automobile et les Grand Prix existait déjà depuis des dizaines d’années car les hommes, après avoir incorporé les premiers prototypes de moteurs à explosion dans leurs automobiles, ont toujours voulu avoir plus de vitesse. Et cette tendance à l’innovation pour construire des moteurs toujours plus rapides est encore d’actualité en 2021, que ce soit dans le marché de l’automobile avec, par exemple, des Bugatti toujours plus performantes sur la vitesse modèle après modèle, ou encore dans le monde de la course comme avec l’affaire du gel moteur en Formule 1, prévu pour 2022. 

Comment l’automobile s’est développée pour en arriver à la course ? 

1859 : Date historique que tous les fans de sports mécaniques se doivent de connaître. Pourquoi ? Parce que sans l’invention d’Étienne Lenoir, nous roulerions encore avec des moteurs à vapeur ou on ne sait quoi d’autre. Oui, c’est en 1859 que l’inventeur de génie français nous a permis de prendre un tournant dans l’histoire, d’abord de l’humanité et de la mobilité mais aussi du sport en parallèle, car il a mis au monde le moteur à explosion. 

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Le premier moteur à explosion – Source : Futura-Sciences

Dérivé du moteur à vapeur de James Watt et Denis Papin inventé en 1690, il aura fallu presque 170 ans pour que Lenoir mette au point le premier modèle de moteur à explosion (aussi appelé moteur à combustion interne) dont le mécanisme est le suivant : une explosion permet de dilater les gaz et donc d’entraîner un piston dans un cylindre (une explication bien simplifiée évidemment).

L’Histoire retient Etienne Lenoir, sûrement parce que nous sommes des patriotes, mais il a en réalité inventé le premier moteur à combustion à 2 cylindres car le premier prototype à un seul et unique cylindre a lui été confectionné 5 ans auparavant par l’italien Eugenio Barsanti et son acolyte Felice Matteucci. Mais celui-ci ne permettait pas vraiment de pousser le poids d’une auto. Cette innovation révolutionnaire a permis de développer la puissance incroyable pour l’époque de… 3 chevaux.

Comment fonctionne un moteur à explosion ? Et quelle est son origine ? –  Algeria Next
Portrait de Etienne Lenoir avec un dessin de son moteur à explosion – Source : Arts-et-Metiers

C’est à partir de ce prototype que nous commençons à voir de plus en plus d’améliorations, tout cela dans un seul but : aller toujours plus vite et ce malgré l’absence totale de la moindre sécurité pour l’inconscient qui oserait pousser au maximum son automobile.

De fil en aiguilles, on arrive à des prototypes atteignant de plus grandes vitesse, des moteurs de plus en plus bruyants et performants et des hommes de plus en plus fous, autant adulés qu’enviés, montaient dans des automobiles toujours plus rapides. Le tout au péril de leur vie pour les malheureux qui commettraient une erreur.

Développée, cette technologie commence à se commercialiser et s’ouvrir au grand public car les coûts de fabrication de ce moteur sont faibles. De plus, l’industrie est à son paroxysme en Europe et surtout en France ! Ainsi, de grands noms, particulièrement familiers même encore aujourd’hui, commencent à se greffer au projet de monter les autos les plus performantes pour gagner le plus de parts de marché pour un public de consommateurs qui grandit de manière exponentielle. Entre autres, des certains André Citroën ou Louis Renault fabriquent des engins déjà capables de dépasser les 100 km/h dès 1899. Mais un autre français, déjà artiste dans son milieu (et c’est l’image que sa marque garde encore aujourd’hui) produit des voitures encore plus performantes : Ettore Bugatti. Oui chers lecteurs, la France est le précurseur de l’automobile rapide. D’où les premières courses automobiles sur notre territoire. 

Les premières courses automobiles

22 juillet 1894 : La première grande course automobile a lieu. Son but est simple pour les 21 concurrents de la ligne de départ : relier Paris à Rouen et c’est ce qu’on pourra qualifier de première course de rallye. Bien évidemment, ce nouveau concept dans l’ère du temps et de la nouveauté attire le public et donc la presse. La foule admirative verra s’élancer ces 22 hommes tous considérés comme complètement fous de monter dans ces engins. 

Paris-Rouen (automobile) — Wikipédia
Une du Petit Journal sur la première édition de la course Paris-Rouen – Source : Autoplus

Et ce ne sera que le début des courses automobiles car la France verra de nombreuses épreuves naître pour relier deux villes : Bordeaux – Paris en juin 1895, Paris – Marseille en du 24 novembre au 2 décembre 1896, Marseille – Nice – La Turbie ou encore Paris – Dieppe et Paris – Trouville en 1897 (et non, on ne vous énumère pas des étapes du Tour de France, bien que le concept soit similaire, ou des affiches de Ligue 1 mais on parle bien des courses auto). 

En 1899, le journal Le Matin s’associe avec l’Automobile Club de France (né à la suite d’un repas organisé chez le comte Récopé rassemblant le baron Étienne van Zuylen van Nyevelt, le comte Jules-Albert de Dion et le journaliste Paul Meyan, tous passionnés d’automobile) lance l’un des tous premiers Grands Prix (appelé Grand Prix de l’ACF) qui a pour but de faire des étapes à travers la France et ainsi faire profiter aux français ce nouveau spectacle.

La course, ouverte aux automobiles, aux voiturettes et aux motocycles, se déroule en plusieurs manches du 16 au 24 juillet : Champigny – Nancy, Nancy – Aix-les-Bains, Aix-les-Bains – Vichy, Vichy – Périgueux, Périgueux – Nantes, Nantes – Cabourg et enfin Cabourg – St-Germain-en-Lay. Sur les 19 voitures présentes au départ de la course, seulement 9 passeront la ligne d’arrivée dont la plus rapide : une Panhard-Levassor de 16 chevaux qui effectuera sa course avec une vitesse moyenne de 48 km/h. Cette voiture arrivera devant celle d’un autre nom connu de tous en automobile maintenant : la voiture des « fils de Peugeot frères », déclassés car leur voiture comportait 2 places et non 1 seule, comme stipulé dans le règlement de l’époque. Pour les voiturettes 3 sur les 4 ayant pris le départ finiront la course et 9 motocycles sur 25 arriveront finalement à St-Germain-en-Lay. 

Laissez-vous conter le 1er Grand Prix A.C.F. 1906 - Kilomètre 51 : Berfay
Photo du 1er Grand Prix de l’ACF – Source : GuidiGO

Ce concept a pris tellement d’ampleur que l’ACF continuera d’organiser de nombreuses courses, malgré les premiers décès dus aux accidents comme celui de Emile Levassor qui, après avoir voulu éviter un chien a subi un crash dont il ne se remettra pas malgré les soins qui lui ont été donnés. Mais d’où vient le concept d’une épreuve sur un réel circuit fermé ? 

L’Amérique, précurseur des courses sur circuit

C’est bien de l’autre côté de l’Atlantique qu’aura lieu la première compétition automobile sur circuit. Le 7 septembre 1896, des organisateurs américains, passionnés d’automobiles, mettent en place la première course sur un circuit dans l’état de Rhode Island au Narragansett Park. Ce circuit de 1 mile, à l’apparence commune et habituellement utilisé pour les courses de chevaux, deviendra alors le point d’ancrage de ce qui sera l’une des plus grandes marques de fabrique du sport automobile américain : les courses sur circuits ovales. 

Ainsi, de nombreuses compétitions sont mises en place dans différents pays tant elles sont appréciées des fans. Boostant les prototypes, améliorant les moteurs, grandissant la vitesse, rallongeant les distances, les Américains n’en finissent plus de courir et d’innover sur leurs automobiles. Et c’est ainsi qu’est née, en 1911, l’une des courses les plus mythiques du monde : les 500 miles d’Indianapolis, tellement mythique qu’elle est d’ailleurs devenue l’un des trois courses de la plus prestigieuse distinction d’un pilote automobile : La Triple Couronne. [À ce jour, seul l’anglais Graham Hill a réussi à l’obtenir dans toute l’histoire des sports automobiles. Pour pouvoir l’obtenir, il faut remporter, dans sa carrière, une victoire sur les plus prestigieuses, et les plus différentes en termes de pilotage, courses du monde sur asphalte : le Grand Prix de Formule 1 de Monaco, les 24h du Mans et les 500 miles d’Indianapolis]

106 years ago today: The first auto race at Indianapolis Motor Speedway |  RACER
Ligne de départ de la première édition des 500 miles d’Indianapolis – Source : The Enchanted Manor

Quant à eux, les européens continuaient sur la même voie que ce qu’ils avaient déjà mis au monde. En 1900, les membres de l’ACF s’associent au puissant journaliste et mécène John Gordon Bennett Jr pour créer la première compétition automobile internationale. Limités au nombre de 3 voitures pour représenter un pays (c’est la nationalité du constructeur auto qui compte et non la nationalité de la personne derrière le volant), des pilotes de tous les pays prennent le départ de cette toute nouvelle « Coupe Gordon-Bennett ». La première édition s’est évidemment déroulée en France grâce à l’ACF et avait pour but de relier Paris à Lyon.

La particularité de cette compétition était que la nationalité de la voiture qui gagnait la course offrait à son pays le droit d’organiser l’édition suivante. Gagnée par des Français pour ses deux premières éditions, la Coupe Gordon Bennett s’exporte pour la première fois de notre territoire en 1903 pour atterrir en Irlande du Nord, à la suite de la victoire du britannique Edge. Puis, l’édition de 1904 arrivera pour la première fois en Allemagne avant de revenir en France en 1905. Cette année-là, cette compétition a changé de nom pour devenir officiellement « Coupe de l’ACF » et les épreuves ne s’appelleront plus « courses » mais « Grand Prix ». 

La France a laissé une marque au fer rouge dans l’histoire des sports automobiles, notamment dans le langage où on peut retrouver des termes comme le « Parc Fermé » ou le « Grand Prix ». Mais c’est surtout pour l’organisation de compétitions que la France s’est illustrée en course automobile : différent du tracé urbain qu’on lui connaît aujourd’hui, le Grand Prix du Sud-Ouest a vu le jour en 1901 aux alentours de la ville de Pau.  

File:Maurice Farman, vainqueur du Grand Prix du Sud-Ouest en février 1901  sur Panhard.jpg - Wikimedia Commons
Grand Prix du Sud Ouest aux alentours de Pau – Source : Wikimedia Commons

En 1906, c’est une autre terre historique de l’automobile qui vit le jour pour accueillir une compétition : Le Mans. À la suite de trop nombreux accidents sur l’épreuve Paris-Madrid lors de l’édition de 1903, la ville du Mans a candidaté pour recevoir ce qui sera historiquement le 1er Grand Prix de France. 

Le début des Grand Prix telles qu’on les connaît aujourd’hui prend forme

Une fois ce format de courses lancé, de nombreuses nouvelles terres d’accueil de courses auto vont faire leur apparition et les catégories vont commencer à se segmenter petit à petit. Les courses sur tous les types de revêtements vont commencer à se faire appeler des rallyes et une distinction est faite avec les courses automobiles sur de réels circuits. 

Pour le premier Grand Prix de France, au Mans, les moyens mis en place étaient colossaux : travaux faramineux, circulation coupée (Eh oui, à l’époque un réel circuit n’existait pas et il fallait donc prendre la place sur les routes déjà existantes) et surtout une quantité astronomique d’argent dépensée pour l’organisation de cette épreuve. Mais tous les efforts fournis n’ont pas été récompensés car l’organisation non habituée à ce type de travaux et de perturbations pour les habitants, la qualité du revêtement ou encore la somme dépensée qui ne sera jamais rentabilisée sont des facteurs qui ont fortement déçu les pilotes ou les fans. 

Ainsi, l’édition suivante du Grand Prix de France se passera sur le circuit de Dieppe en 1907 et 1908. Quant à eux, les autres pays se mettent eux aussi à construire leurs propres circuits pour attirer les compétitions automobiles :

  • 1922 : 1er Grand Prix d’Italie sur le tout nouveau circuit de Monza remporté par l’Italien Pietro Bordino au volant d’une Fiat 804 ;
Fiat 804 — Wikipédia
Pietro Bordino au volant de sa Fiat 804 – Source : Wikipedia
  • 1925 : 1er Grand Prix international de Belgique sur le circuit de Spa Francorchamps, remporté par Antonio Ascari (père du légendaire Alberto) au volant d’une Alfa Romeo 
GP of Belgium 1925 (Spa) , Alfa romeo P2 #2 , Driver Antonio Ascari ,  second place overall , | Sport automobile, Auto, Sport
Antonio Ascari au volant de son Alfa Romeo au Grand Prix de Belgique de 1925 – Source : Pinterest
  • 1926 : 1er Grand Prix de Grande Bretagne sur le circuit de Brooklands remporté par le français Louis Wagner au volant d’une Delage 155B ;
Fichier:Louis Wagner, victorieux avec Robert Sénéchal du premier Grand Prix  d'Angleterre en 1926, sur Delage 155B.jpg — Wikipédia
Louis Wagner au volant d’une Delage 155B – Source : Wikipedia
  • 1926 : 1er Grand Prix d’Allemagne sur le circuit du AVUS remporté par Rudol Caracciola au volant d’une Mercedes-Benz SS ;
120 ans de Rudolf Caracciola – le roi du col du Klausen
Rudol Caracciola au volant d’une Mercedes-Benz SS – Source : Mercedes-Benz
  • 1929 : 1er Grand Prix de Monaco, poussé par le Prince Louis II, le Président de l’Automobile Club de Monaco Anthony Noghès et l’ex-pilote monégasque de Bugatti Louis Chiron remporté par l’anglais Williams Grover-Williams au volant d’une Bugatti Type 35B. 
Première victoire lors du premier Grand Prix automobile |
Williams Grover-Williams au volant d’une Bugatti Type 35B dans l’épingle du Grand Hôtel – Source : Bugatti

Comme on peut le voir, la course automobile commence à s’internationaliser mais est victime de l’Histoire du Monde. Déjà stoppée lors de la 1ère Guerre Mondiale, elle connaît logiquement un nouveau temps d’arrêt dans son développement par la faute de la 2ème Guerre Mondiale. Mais à la fin de celle-ci, c’est la FIA (créée en 1904) qui se met à gérer ces compétitions internationales. Elle codifie ainsi les catégories de automobiles selon leurs puissances et donc les formules de courses. C’est ainsi que naissent, en 1946, la Formule 1 et l’année suivante la Formule 2. Dès lors, pour donner une dimension internationale à sa compétition prenant une ampleur gigantesque à travers le monde entier, la FIA crée, en 1950, le Championnat du Monde de Formule 1. 

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