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Cinq raisons de regarder les playoffs en MLS

Ils étaient 27 au début du championnat, ils ne sont plus que 14 à pouvoir prétendre au titre de champion. Aux Etats-Unis, les choses sérieuses débutent ce samedi 20 novembre 2021 par un alléchant Philadelphia – New York Red Bulls, suivi par Sporting Kansas City – Vancouver Whitecaps. Outre New England Revolution et Colorado Rapids, les deux champions de conférences, les franchises doivent passer par un 1/8e de finale afin de poursuivre l’aventure dans des playoffs qui s’annoncent excitants. Voilà pourquoi il ne faut pas les rater. 

Pour être témoin de la saison record de New England 

La domination des New England Revolution ne souffre d’aucune contestation. Grâce à une saison XXL et un bilan qui s’établit à 22 victoires, 5 matchs nuls et 7 défaites, la franchise est déjà rentrée dans l’histoire de la ligue. Avec 73 points en 34 rencontres, elle bat d’un point le record établi deux ans plus tôt par le Los Angeles FC. 
Une performance rendue possible grâce à un style offensif sans faille. Avec 24,06 actions menant à une frappe par match (2e de la ligue) et 3,29 actions menant à un but par match (1er de la ligue), l’équipe est parmi les plus compétitives dans le secteur offensif.
Carles Gil, meilleur passeur décisif de la ligue, est la cheville ouvrière de ce XI et se positionne comme une pièce essentielle du jeu de Bruce Arena. Un coach que met en avant Culture Soccer, spécialiste MLS : « Il a déjà une incroyable carrière et réalise une superbe saison. Il a récupéré un effectif relativement mauvais après le remerciement de Friedel, le 9 mai 2019, mais a réussi à obtenir de bien meilleurs résultats. C’est peut-être le meilleur coach de l’histoire de la MLS. »
Si New England entame ces playoffs « avec le statut de grandissime favori », comme le souligne Matthias Van Halst, responsable de Coup Franc, ce dernier pointe aussi l’incapacité, sur la dernière décennie, des champions de remporter ces playoffs : « Seuls Los Angeles Galaxy, en 2011, et Toronto, en 2017, ont réussi à le faire. » Le défi sera donc de taille pour une franchise « qui n’a jamais réussi à remporter la MLS Cup », poursuit Fleck, suiveur de la MLS.

Bruce Arena (Crédit : MLS).

Pour voir les équipes surprises confirmer 

« On n’attendait pas Colorado (2e du classement général) et Nashville (7e) à pareille fête », avance Matthias Van Halst. 
Les seconds se sont imposés comme la franchise la plus difficile à battre (seulement 4 défaites). « Leur saison est déjà supérieure aux attentes », poursuit-il. Ils ont également la meilleure défense de tout le championnat, avec seulement 33 buts encaissés. Joe Willis, le gardien de 33 ans, en est pour beaucoup. Avec Carlos Coronel, des New York Red Bulls, il est le seul portier à ne pas avoir manqué une seule minute. Mieux, son PSxG (post-shot expected goals – statistique qui permet d’estimer la probabilité qu’un tir finisse en but), est de 30,2, soit le deuxième meilleur total de la MLS. 
Pour les hommes des Rocheuses, qui seront tête de série n°1 de la conférence Ouest, « ils doivent leur beau parcours à Robin Fraser, un des trois finalistes du trophée de l’Entraîneur de l’année », explique le journaliste. Car il a réussi à relever un club qui enchaînait jusqu’alors les échecs, que ce soit avec Mastroeni, Cooke ou Hudson (le bilan de ces trois coachs s’élève à 93 défaites entre 2014 et mi-2019 pour 47 nuls et seulement 54 victoires). Les suiveurs ne seront pas étonnés de ces performances, tant il a réussi à relancer des joueurs qui ont échoué ailleurs, parmi lesquels Jonathan Lewis (7 buts et 1 passe décisive en 27 matchs) et les défenseurs Auston Trusty (89 interceptions en 33 titularisations) et Lalas Abubakar (32,3 % de pressing réussis). Avec ces joueurs, Fraser a mené Les Rapids en tête de sa conférence pour la première fois de son histoire et a battu le record de points de la franchise (61). Une saison record, là aussi, qui pourrait bien se terminer en apothéose.

Robin Fraser (Crédit : MLS).

Car dans la conférence ouest, rien n’est encore joué

Mais « Colorado est outsider malgré sa première place », avance Culture Soccer. Car plusieurs écuries de tailles vont se dresser sur leur chemin. Et notamment Seattle, malgré leur fin de saison plus que compliquée (3 défaites, 3 nuls). « Ca démontre que tout ne va pas super bien ces dernier temps. Après, ils vont se mettre en tête que c’est une nouvelle compétition qui commence. La stabilité (deux entraîneurs depuis leur entrée en MLS, en 2009) et le désir de fermer le jeu leur ont réussi par le passé et vont sûrement leur servir de base de confiance », poursuit Matthias Van Halst. Car, pour lui, la franchise est une véritable équipe de coupe (vainqueur de la Lamar Hunt US Open Cup, équivalent de la Coupe de France, en 2009, 2010, 2011 et 2014). « Et cela s’est vérifié aussi en MLS. Le format leur convient parfaitement : peu importe leur saison régulière ou leur état de forme, cette formation s’est hissée quatre fois en finale lors des cinq dernières années (vainqueur en 2016 et 2019, finaliste en 2017 et 2020). » Bis répétita ?

Seattle lors de leur victoire en finale de conférence, en 2019 (Crédit DR).


À l’instar de Culture Soccer, Matthias Van Halst met également en avant les formations de Kansas City et de Salt Lake. « Vous aimez les équipes qui marquent en dominant dans le camp adverse ?, demande-t-il. Alors gardez un œil sur ces franchises. Certes, elles ont leurs failles et ne font pas partie des favoris, mais leurs intentions de jeu offensives valent le coup. » Il en profite pour mettre en avant deux joueurs. Dániel Sallói pour KC et Daniel Kreilach pour SL. Ils sont tous les deux les meilleurs buteurs de MLS (pénalty exclus), avec 16 réalisations. 
Enfin, Vancouver aura son mot à dire. Si l’équipe était bien mal embarquée en début de saison, ils se qualifient à la ferveur d’une certaine solidité retrouvée et seulement trois défaites depuis la fin juin. De là à aller chatouiller les favoris ?

Pour savoir qui sera « le club de la ville »

La question ne se pose pas à Los Angeles, les deux clubs étant d’ores et déjà éliminés. En revanche à New York, les deux franchises pourraient se retrouver en finale de conférence. « New York City offre un jeu plus offensif, avec le créateur Maxi Moralez et l’attaquant Valentin Castellanos », continue Matthias Van Halst. Ce dernier joueur est également cité par Fleck et Culture Soccer comme l’une des attractions de ces play-offs. L’Argentin de 23 ans est tout simplement celui qui tente le plus de frappe (129), qui en cadre le plus (53). C’est également le meilleur buteur de la saison régulière avec 19 réalisations. 

New York City (Crédit : DR)

Mais en face, « le New York Reb Bull est le roi de l’efficacité », poursuit le journaliste. L’équipe n’a trouvé le chemin des filets plus d’une fois que lors de dix matchs cette saison. Mais ils savent quand marquer. Ils remportent six de leurs treize matchs sur le score de 1-0. C’est ainsi la plus faible attaque des franchises qualifiées en playoffs. « Mais ça ne les a pas empêchés de se qualifier », met-il en garde. 

Pour soutenir nos Français 

Ils sont nombreux à être allés tenter leurs chances outre-Manche. Si certains sont déjà en vacances, comme Blaise Matuidi, Samuel Grandsir ou Séga Coulibaly, d’autres peuvent encore espérer soulever la coupe. 
Parmi eux, Adrien Hunou, indispensable à Minnesota. Avec 7 buts et une passe décisive, il réussit son entrée en matière et a mis tout le monde d’accord. Avec lui, deux défenseurs que la Ligue 1 connaît bien. Le Franco-Malgache Romain Métanire et le Franco-Malien Bakaye Dibassy enchaînent également les matchs, respectivement 29 et 26 titularisations. On devrait donc les retrouver sur le terrain pour leur huitième de finale. 
Ils retrouveront peut-être Larry Mabiala. International congolais, il a évolué avec l’Équipe de France U21 entre ces passages au PSG à Nice. Aux Etats-Unis, il est une pièce essentielle de Portland, ayant pris part à 26 rencontres cette saison. 
Dans la même partie de tableau, Rémi Walter est souvent aligné à Kansas City. Nicolas Isimat-Mirin et le franco-étasunien Amadou Dia jouent moins, mais pourraient faire leur apparition sur la pelouse. 
Enfin, pour terminer à l’Ouest, direction Seattle. S’il n’a été titularisé que sept fois, Nicolas Benezet en est déjà à trois buts et une passe décisive. Abdoulaye Cissoko, lui, fait partie du turn-over défensif. Enfin, Jordy Delem est moins en vue, avec seulement 37 minutes cette saison. 

Adrien Hunou sous les couleurs de Minnesota (Crédit : DR).

À l’est, il ne reste plus que trois frenchies encore en lice. Le premier est Aurélien Colin, à Philadelphie, mais n’est pas encore rentré en jeu. 
À New York, en revanche, le franco-luxembourgeois Maxime Chanot joue, et souvent. Le défenseur est même important dans le plan de jeu de New York City. 29 titularisations, 30 matchs, il devrait être de la partie face à Atlanta. 
Enfin, chez les rivaux, Jason Pendant est le dernier français de cette conférence. Mais on ne devrait pas le voir beaucoup, il n’a joué que 13 minutes cette saison. 

Les pronostics de « La MLS en Français« 

Philadelphia Union – New York Red Bulls, samedi 20 novembre, 20 h 30
« Le duel semble plus déséquilibré entre le 2e et le 7e de la conférence. À surveiller cependant, le duel de buteur polonais, entre Kacper Przybylko (12 buts) et Patryk Klimala (8 buts). »
Vainqueur : Philadelphia. 

New York City – Atlanta United, dimanche 21 novembre, à 21 h
« Au-delà de deux équipes qui sont agréables à voir jouer, l’attraction de ce match sera le duel de buteur entre l’Argentin Castellanos et le meilleur buteur de la saison, le Vénézuélien Martinez. Et outre ce duel, c’est toute l’armada sud-américaine des deux franchises qu’il faudra surveiller, avec, entre autres, Maximiliano Moralez, Jesús Medina, Luiz Araújo ou Marcelino Moreno. »  
Vainqueur : Atlanta. 

Nashville SC – Orlando City, mercredi 24 novembre, 2 h
« Je suis vraiment curieux de voir jusqu’où pourra aller Mukhtar, futur MVP selon moi, et Nashville pour leur deuxième saison en MLS. Ils ont été top défensivement et j’ai hâte de les voir à l’œuvre face à Daryl Dike et Nani. » 
Vainqueur : Nashville. 

Sporting Kansas City – Vancouver Whitecaps, samedi 20 novembre, 23 h
« C’est le match le plus déséquilibré, entre une équipe qui vise le titre et une autre dont l’objectif est rempli, à savoir se qualifier pour les playoffs. À partir de maintenant, ça ne sera que du bonus pour les Canadiens. »
Vainqueur : Kansas City. 

Minnesota united football club – Portland Tilmbers, dimanche 21 novembre, 23 h 30
« C’est un match équilibré et indécis entre un Minnesota qui monte en puissance depuis leur entrée en MLS en 2017 et Portland, plus habitué, mais dont l’usure commence à se faire sentir. »
Vainqueur : Minnesota. 

Seattle Sounders – Real Salt Lake, mercredi 24 novembre, 4 h 30
« Les Sounders ont perdu la tête à l’Ouest mais ont encore faim de titres. À l’inverse, RSL s’est vaillamment qualifié aux dépens des clubs de LA et n’auront rien à perdre avec un Kreilack aux allures de MVP. »
Vainqueur : Seattle. 

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