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Combiné nordique, quand les aigles troquent leurs pattes pour des skis

Le combiné nordique aux Jeux Olympiques en quelques chiffres préparer au mieux en vue de cette échéance. C’est pourquoi nous vous proposerons au tout au long de ce début de saison, des articles présentant les différents sports ainsi que leurs disciplines, les athlètes qui ont marqué l’histoire, et ceux qui sont prêts à l’écrire… Aujourd’hui, retour sur un des premiers sports apparus aux Jeux Olympiques au principe bien curieux puisqu’il mélange saut à ski et épreuve de fond : le combiné nordique. Avant cet article, nous vous invitons à lire celui sur le saut à ski.

Le combiné nordique aux Jeux Olympiques en quelques chiffres

Année de fondation de la fédération : 1924

Licenciés en France : 400 (en 2010)

Pays les plus médaillés aux Championnats du monde : Norvège

Apparition aux Jeux Olympiques : 1924

Athlètes les plus titrés : Felix Gottwald, Samppa Lajunen, Eric Frenzel et Ulrich Wehling (3)

Athlètes les plus médaillés : Felix Gottwald (7)

Pays le plus titré : Norvège(13 titres, 31 médailles)

Nombre de médailles françaises : 4

Premier français médaille : Fabrice Guy et Sylvain Guillaume (1992)

Premier français champion olympique : Fabrice Guy (1992)

Dernière médaille française : Jason Lamy-Chapuis (2010)

NB : le combiné nordique femme n’est toujours pas présent aux Jeux Olympiques, il n’y a donc pas encore de palmarès.

Une discipline finalement ancienne et masculine

On se demande souvent comment une idée aussi saugrenue que le combiné nordique a pu voir le jour. Non contents des risques encourus par le saut à ski ou de l’endurance nécessaire au ski de fond, certains ont décidé de mêler les deux. Et l’idée remonte à plus de 150 ans. Personne ne s’étonne que les racines du combiné nordique nous viennent des pays scandinaves. Le premier saut à ski est l’œuvre d’Olaf Rye (officier du royaume du Danemark et de Norvège) en 1809 tandis que la première compétition de ski de fond est lancée en 1843 à Tromso en Norvège.

Les compétitions de ski de fond et de saut à ski se démocratisent à la fin du XIXème siècle. En 1879, nos amis norvégiens créent à Oslo les Husebyrennet (représenté par le dessin Christian Krohg à gauche) Cette compétition annuelle de ski de fond et de saut à ski est aussi et surtout la première compétition officielle de combiné nordique, mêlant les deux sports précédents. Le festival d’Holmenkollen, qui remplace les Husebyrennet en 1892, a toujours lieu de nos jours !

En revanche, le premier championnat national officiel est l’œuvre de nos voisins allemands en 1900. La France suit quelques années plus tard avec la création du Championnat de France de ski. Créé en 1907, il fonde ses résultats sur la combinaison d’épreuves de saut à skis et ski de fond, on parlait donc bien de combiné nordique.

Alors que peu de pays avaient de championnat national, le combiné nordique fait partie de ces épreuves comprises aux premiers Jeux Olympiques de Chamonix en 1924, dont le premier champion olympique est le norvégien Thorleif haug. L’année suivante, à Janské Lázně en République Tchèque, les premiers championnats du monde de combiné nordique sont organisés.

Le premier combiné nordique olympique sacre Thorleif Haug et donne lieu à un triplé norvégien ! (Crédit : Remontée-Mécanique.net)

Contrairement à la coutume actuelle, le combiné nordique commençait par une épreuve de ski de fond, complétée 24 heures plus tard par un concourt de saut. C’est pendant les JO de 1952 que l’ordre des épreuves est inversé. Ce fut la première grande réforme de la discipline, qui suivait également les adaptations des sports individuels, tels que la technique de saut.

Alors que de nombreuses compétitions voient le jour de manière éphémère durant l’après-guerre (telles que la coupe de la Forêt Noire ou la coupe OPA), la coupe du monde de ski nordique voit le jour en 1983 et remet un peu d’ordre. Pour l’anecdote, la première épreuve de l’histoire de la coupe du monde, à Seefeld en Autriche, donne lieu à un ex-aequo le 17 décembre 1983 entre l’allemand de l’Est Uwe Dotzauer et l’américain Kerry Lynch !

Les années 80 fêtent aussi l’apparition de la table de Gundersen, qui révolutionne le sport. Avant, le vainqueur d’un combiné nordique était déterminé suite à des épreuves de fond et de saut bien distinctes. Les calculs prenaient parfois des jours. Gunder Gundersen, un pratiquant de la discipline, propose une table de calcul permettant de transformer une performance de saut à ski en un écart en secondes pour une course de ski de fond. Cela permet de lier les épreuves, la table est utilisée dès les JO de 1988. Elle est encore utilisée aujourd’hui et actualisée dans le règlement de la FIS chaque année. Ces Jeux sont une révolution pour la discipline puisqu’ils inaugurent également la première épreuve par équipes de combiné nordique.

Un extrait de la table de Gundersen (longue de cinq pages) détaillant les écarts en secondes au dixième de point d’écart après le saut (Crédit : Site Officiel de la FIS)

Malheureusement, l’histoire du combiné nordique est majoritairement masculine. Chez les femmes, le sport met longtemps à se faire une place avec une première épreuve junior qui apparaît à Oberstdorf en Août 2014. La première coupe continentale féminine est toute récente, datant de 2017-2018. Les épreuves mixtes sont testées en 2019 et la coupe du monde féminine connaît sa première édition lors de la saison 2020-2021 mais ne compte… qu’une seule épreuve. Le combiné nordique est le seul sport non-mixte de l’olympiade 2022 mais devrait rejoindre ses homologues en 2026.

Les femmes ont enfin pu connaître les joies de la coupe du monde de combiné nordique fin 2020 (Crédit : Café Crème Sport)

Des épreuves plutôt lisibles

En associant le saut à ski et le ski de fond, deux des disciplines aux formats les plus complexes, on pouvait s’attendre à un sport incompréhensible sans un tutoriel de plusieurs centaines de pages. Il n’en est rien, le combiné nordique a simplifié au maximum ses formats pour proposer 3 épreuves au format plutôt facile à comprendre.

Le principe du sport est simple, avec une course en deux étapes. Les athlètes commencent par un concourt de saut, avec des règles similaires au saut à ski sur la notation, entre technique de vol, d’atterrissage et distance parcourue. La difficulté réside ici dans le fait qu’après un saut d’essai, un seul saut est permis. Un saut raté ou de mauvaises conditions de vent peuvent entériner les chances de victoires. Le sauteur avec le plus de points est désigné premier partant pour l’épreuve de ski de fond. Parfois, un même saut peut être utilisé pour plusieurs courses de ski de fond ensuite !

Un rappel du principe d’un saut à ski, détaillé dans cet article (Créidt : Risoud-Club Chaux Neuve)

Ensuite, l’écart entre le premier et ses poursuivants est déterminé à l’aide de la table de Gundersen. Le barème est simple, chaque point d’écart au saut à ski correspond aujourd’hui à 4 secondes de retard en individuel et 1 seconde dans l’épreuve par équipes. Un ordre de départ et d’écart est déterminé et la course de ski de fond est lancée. Le vainqueur de la course de fond est désigné vainqueur du combiné.

Au niveau des formats, il en existe trois principalement. On compte deux formats de l’individuelle : en tremplin normal et en grand tremplin, sur les mêmes tremplins qu’en saut à ski, ainsi qu’une épreuve par équipes. Pour la partie fond, les distances peuvent varier de 5 à 15 kilomètres, avec une distance classique de 10 kilomètres, souvent en boucles de 2,5km.

Il existe deux grands types de tremplin de saut à ski, définis par leur point K (Crédit : leskopkids.com)

Du côté de l’épreuve par équipes, elle se réalise à 4 athlètes maintenant, contre 3 initialement et jusqu’en 1998. Chaque athlète effectue un saut, et la somme des points des 4 sauteurs donne le score de l’équipe. La table de Gundersen est appliquée avec un coefficient d’une seconde de retard par point de différence, et les skieurs sont lâchés pour un relais de 4×5 kilomètres.

Durant son histoire, le combiné nordique a également eu son lot d’épreuves essayées et finalement retirées. On peut par exemple citer le « Hurricane Sprint » où les secondes de retard étaient remplacées par des mètres de retard, ou encore la course à pénalité, où le nombre de points d’écart avec le vainqueur du saut définit un nombre de tours de pénalité à effectuer en début de course.

Une saison type en combiné nordique

Comme dans de nombreux sports d’hiver, le principe de la coupe du monde de combiné nordique est de faire étape dans différents pays, principalement européens, pour une ou plusieurs courses. En plus des circuits coupe du monde, on compte des circuits continentaux, équivalents de la seconde division en combiné nordique, et un circuit junior.

Pour la saison 2021-2022, les hommes commenceront par la quatrième édition du tour de Ruka en Finlande fin Novembre. Ils se rendront ensuite en Norvège, Estonie, Autriche, Italie, Allemagne ou encore en Slovénie. Les athlètes vivront également la neuvième édition du « Nordic Combined Triple » à Seefeld en Autriche. Dans un classement à part, les skieurs participeront à trois courses liées entre elles. On compte au total 22 courses hors-Jeux Olympiques.

Evidemment, le sommet de la saison aura lieu en Février pendant les Jeux Olympiques avec 3 épreuves : l’individuelle en tremplin normal (et 10km de fond), l’individuelle en grand tremplin (et 10km de fond) et l’épreuve par équipes en grand tremplin avec 4×5 km à parcourir en suite.

Chez les femmes, la seconde saison de l’histoire du combiné nordique permettra aux athlètes de se rendre dans 7 pays différents pour 9 courses, avec l’objectif lointain d’atteindre le même nombre de courses que chez les hommes. Malheureusement, pas de jeux olympiques pour les femmes. Le combiné nordique sera l’unique sport 100% masculin de cette olympiade, à notre grand regret.

Du côté du prize money, la parité est encore loin d’être atteinte également. Si les évènements particuliers tels que les Trois Jours du Combiné ou le Tour de Ruka suivent des dotations différentes, les épreuves classiques de coupe du monde proposent, pour les épreuves individuelles par exemple, un prize money de 33 150€ à répartir sur les 20 premiers chez les hommes et 13 000€ à répartir chez les 15 premières chez les femmes.

Règlement des dotations FIS pour les épreuves individuelles pour les femmes (à droite) et les hommes (à gauche) pour la coupe du monde 2021-2022 (Crédit : Site Officiel de la FIS)

Des grands noms de nationalités variées

Le combiné nordique est l’un des rares sports où sa probable plus grande légende est encore en activité, en la personne d’Eric Frenzel. L’allemand de 32 ans a le plus beau palmarès du circuit avec un grand nombre de records. Il est le premier à remporter 5 globes de cristal de la coupe du monde, exploit réalisé en 5 ans de 2012 à 2017, où il a survolé la concurrence, avec la bagatelle de 43 victoires en Coupe du monde. Détenteur de 9 médailles mondiales, il possède notamment 3 titres individuels. Enfin, il est l’un des seuls à posséder 3 titres olympiques, dont 2 remportés à Pyeongchang en 2018, pour un total de 6 médailles olympiques. Bien qu’il soit au crépuscule de sa carrière (sa dernière victoire individuelle remonte à Mars 2018), il peut notamment compter sur une équipe allemande performante pour glaner une nouvelle médaille.

Eric Frenzel est aujourd’hui LA légende du combiné nordique (Crédit : Imago)

Nul autre athlète n’a un palmarès aussi complet. Au panthéon du combiné nordique, on peut également citer Felix Gottwald, recordman du nombre de médailles mondiales avec 11 breloques dont 3 titres. L’autrichien est également recordman du nombre de médailles (7) et de titres olympiques (3), auxquels on peut ajouter 23 victoires en coupe du monde pour 1 gros globe.

L’autrichien Felix Gottwald détient quelques records lui aussi (Crédit : Olympics)

Les finlandais ont également eu leur lot d’athlètes extraordinaires avec Hannu Manninen (3 médailles olympiques dont 1 en or ; 6 médailles mondiales dont 3 en or ; 4 gros globes de cristal) et Samppa Lajunen (2 gros globes ; 5 médailles olympiques dont 3 en or et 8 médailles mondiales sont 1 titre).

Difficile de ne pas citer de norvégiens également avec Bjarte Engen Vik, co-recordman du nombre de titres mondiaux (5) pour un total de 8 médailles mondiales, 4 médailles olympiques (dont 2 en or) et 2 gros globes de cristal. Son compère Jarl Magnus Riiber en train d’écrire sa propre légende, déjà longue. C’est simple, le jeune norvégien de 24 ans a remporté les 3 dernières coupes du monde ainsi que 7 médailles mondiales dont 4 titres. Seulement argenté à Pyeongchang pour ses premiers JO, il sera l’immense favori de l’olympiade chinoise.

A 24 ans, Jarl Magnus Riiber est le favori pour détrôner Eric Frenzel du titre de meilleur athlète de l’histoire du combiné nordique (Crédit : Volk/NordicFocus)

Cocorico, il faut finir par une autre légende de ce sport : Jason Lamy-Chappuis, qui nous a enchanté de 2005 à 2014. Dès 2005, il s’installe dans le top 5 mondial et remporte sa première victoire à Sapporo en 2006. La dynastie du français prend place en 2009 et s’achève en 2015. En 6 saisons, il remporte 3 fois consécutivement la coupe du monde (de 2009 à 2012) et glane sa seule médaille olympique avec l’or sur petit tremplin à Vancouver en 2010. On oubliera sûrement jamais son finish d’anthologie pour aller chercher cette consécration olympique, remontée l’américain Spillane dans la dernière ligne droite.

Jason Lamy-Chappuis est allé chercher son unique médaille d’or olympique au prix d’un finish historique (Crédit : France TV Sport)

Jason s’impose enfin comme un spécialiste des championnats du monde avec 10 médailles dont 5 en or, un record. On n’oubliera jamais ses 3 médailles d’or (plus le bronze) en 4 épreuves aux mondiaux de Val du Fiemme en 2013. Il est et restera une des plus grandes légendes françaises de ce sport.

Jason Lamy-Chappuis a collectionné les titres de champion du monde (Crédit : Panoramic)

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, Jason n’est pas le français le plus médaillé aux Jeux Olympiques. Ils sont même deux à partager ce titre : Fabrice Guy et Sylvain Guillaume. Ils réalisent un doublé improbable aux JO 1992 d’Albertville sur l’épreuve individuelle. Six ans plus tard, ils vont chercher la médaille de bronze par équipes aux JO 1998 de Nagano, en compagnie de Nicolas Bal et Sylvain Guillaume.

Fabrice Guy (à droite) et Sylvain Guillaume (à gauche) ont réalisé un doublé historique aux JO d’Albertville en 1992 (Crédit : Esprit bleu – France olympique)

Chez les femmes, difficile d’écrire sa légende quand la première saison de coupe du monde de l’histoire n’a accouché que de … deux courses. L’américain Tara Geraghty-Moats est rentrée dans l’histoire en décembre 2020 en remportant la première épreuve de coupe du monde de l’histoire à Ramsau en Autriche. Sixième après le saut, elle a survolé l’épreuve de fond pour l’emporter. En raison du covid, il n’y a pas eu d’autres épreuves et l’américaine a donc remporté le premier gros globe de l’histoire du combiné nordique féminin. Tara Geraghty-Moats n’aura pas l’occasion de rééditer cet exploit puisqu’elle a annoncé en avril 2021 qu’elle se mettait au biathlon !

L’américaine Tara Geraghty-Moats a remporté la première coupe du monde de l’histoire du combiné nordique féminin (Crédit : Modica/NordicFocus)

Sa dauphine de l’époque était la jeune norvégienne de 18 ans Gyda Westvold Hanser. Elle s’est magnifiquement rattrapée en gagnant la seconde course de la saison qui n’était autre que les championnats du monde à Oberstdorf en février 2021. Elle a devancé deux de ses compatriotes pour un triplé norvégien historique.

Côté français, la seule représentante était Léna Brocard, que nous avions interviewée en début d’année. Elle s’est classée 21ème et 22ème de ces deux premières courses historiques pour le sport féminin.

Les chances françaises : peu d’espoir mais de l’espoir quand même !

Contrairement au saut à ski où la France ne peut même pas présenter une équipe femme et une équipe homme (seules Julia Clair et Joséphine Pagnier sont en A), le combiné nordique aura sa carte à jouer cette saison.

Chez les femmes, la seule représentante sera une nouvelle fois Léna Brocard. A 21 ans, elle s’entraîne avec les A et sera l’unique chance de podium français. Mais dans une discipline où le budget français est à des années lumières des meilleures nations, le simple fait de la voir sur le circuit est un exploit en soit. On aurait souhaité la voir aux Jeux Olympiques, mais le CIO en a décidé autrement.

Léna Brocard est la meilleur chance française cette saison (Crédit : RTL)

Chez les hommes, c’est une toute nouvelle génération qui progresse d’année en année. Exit les Jason Lamy Chapuis et ses compères Maxime Laheurte et François Braud, les fers de lance français se nomment Laurent Mühlethaler, Antoine Gérard et Mattéo Baud, respectivement 24, 26 et 19 ans.

Antoine Gerard, Laurent Muhlethaler et Matteo-Baud (de gauche à droite) sont la relève du combiné nordique français (Crédit : Jérôme Laheurte)

Les trois français se sont installés dans le top 40 mondial durant l’année dernière. Le meilleur d’entre eux est Laurent, 23ème de la Coupe du monde et notamment 7ème meilleur sauteur du circuit. En progressant en ski de fond, il pourrait entrevoir plus souvent les portes du top 10. Antoine avait quant à lui finit 30ème du général et sera son principal lieutenant. Mattéo est enfin le principal espoir de la discipline pour les Bleus de par son âge : 40ème de sa première coupe du monde, il va découvrir l’ambiance olympique pour la première fois.

On ne s’attend donc pas à voir un français monter sur la boîte à Pékin, mais les exploits ne sont pas rares, notamment aux Jeux Olympiques. Au delà de guetter une breloque française, cette olympiade sera une occasion de (re)-découvrir ce sport si singulier, par son format par exemple : composé de deux sports qui sont mixtes aux Jeux Olympiques, le combiné nordique sera l’unique sport non-mixte de Pékin 2022. Singulier surtout par la complexité de sa pratique, qui demande une technique et un gainage hors pair durant le saut, puis une grande endurance, et éventuellement une explosivité folle au sprint, sur les skis. Avec en dénominateur commun : le mental. Car il faut en avoir pour s’élancer le long d’un tremplin, en sachant qu’à l’atterrissage, il reste encore dix kilomètres de ski à parcourir.

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