Basket NBA

Les gestes marquants du basket #5 : la « behind the back fake » de « Pistol Pete » Maravich

Après avoir fait étape au Texas, votre mini-série préférée sur les gestes les plus iconiques du basket est de retour. Cette fois, le CCS pose ses bagages dans les années 70 pour faire découvrir un geste technique tout aussi esthétique qu’efficace. Un véritable retour vers le futur, préparez la DeLorean, voici le “behind the back fake” de « Pistol Pete » Maravich

“BEHIND THE BACK FAKE”, C’EST QUOI ?

Pour réaliser cette feinte hypnotique, il n’est pas nécessaire d’avoir la musculature d’un Lebron James ou la vitesse d’un Tony Parker. Ici, Il s’agit de mimer une passe derrière son dos pour finalement garder le ballon et filer vers le cercle ou démarquer un coéquipier. Faussement simple, cette action nécessite une qualité de main incroyable, une agilité pour garder la maîtrise de la balle, avec un sens du timing parfait entre la course et la feinte pour tromper la défense. Résultat, cette danse enchanteresse laisse les défenseurs plantés dans le parquet. Au moment de réagir, il est déjà trop tard.

Cette action se joue depuis tous les coins du terrain, en attaque placée ou en contre-attaque, le seul pré-requis étant la capacité de son créateur à prendre en compte une multitude d’informations dans un temps limité, gestion de l’espace, placement des défenseurs, timing, tout en gardant un œil sur le panier.

Née dans les années 70, entre désamour et subjugation, la feinte est restée un classique du genre dans l’histoire NBA.

DU “BEHIND THE BACK FAKE” AU “RONDO FAKE”

Sur le parking de la maison familiale, le petit Pete Maravich répète ses gammes avec papa. A force de travail, le “behind the back fake” fait désormais partie de sa panoplie. « Pistol Pete » ne trust pas le haut des tableaux statistiques mais fait pourtant partie des meilleurs joueurs de tous les temps. Élu parmi les “fifty greatest”, il le doit à son style inimitable et à son inventivité au service du jeu. Une élégance rarement égalée dans l’histoire qui lui a permis de rendre ce geste inoubliable.

« On ne vous paye pas deux millions de dollars pour faire des passes classiques. »

Pete Maravich

Pourtant, dans les années 80, une NBA plus terne relègue ce geste au placard. L’état d’esprit du gamin de Louisiana State et sa recherche d’esthétisme ne sont plus à la mode.

Finalement, ce n’est qu’à l’arrivée de Jason “White chocolate” Williams que le geste connait son heure de gloire. Considéré comme la réincarnation du regretté “Pistol Pete », le joueur des Kings, plus proche de Rudolph Noureev que de Tim Duncan, va remettre au goût du jour un geste boudé pour son inefficacité.

Jason « White chocolate » Williams sous le maillot des Kings – Taddlr

Après avoir boosté les ventes de fauteuils roulants avec ses cassages de cheville, “White chocolate” passe le flambeau au jeune Rajon Rondo qui place la feinte au panthéon des gestes NBA. L’ancien joueur des Celtics reprit le geste de ses aînés avec une telle maîtrise que la “vox populi” n’eût d’autre choix que de baptiser le geste historique, “The Rondo fake”. Ce “signatur move” colle désormais à la peau de l’ancien de Kentucky. A chaque sortie, le public attendant avec impatience le moment où Rondo allait tendre son piège laissant son défenseur humilié dans son dos.

UNE TOILE DE MAÎTRE SUR PARQUET

Avec l’essor de la NBA spectacle, ce type de geste inventif et chorégraphique a retrouvé ses lettres de noblesse. A l’instar de « l’euro step » de Manu Ginobili ou le « circus shot » de Dwayne Wade, cette feinte est aujourd’hui reprise par grand nombre de joueurs de la grande ligue. En plus de son esthétisme, elle permet de faire des écarts impressionnants dans les défenses.

En effet, face à des défenses de plus en plus basées sur l’intelligence et l’anticipation défensive, le « behind the back fake » propose une solution redoutable pour déstabiliser totalement une défense bien en place. En contre-attaque, comme une passe aveugle, cette feinte va permettre d’assurer une finition plus facile en libérant un coéquipier d’un retour défensif ou laissant son défenseur dans son dos pour permettre une finition au panier. L’intérêt est donc de mettre hors de position une défense en créant des espaces rapidement en un seul geste.

Visuellement, la souplesse de l’exécution et les mouvements offensifs et défensifs incidents qu’impliquent cette action nous transportent immédiatement dans un chorégraphie digne des meilleurs comédies musicales. Comme sur un contrôle porte-manteau de Zizou, le spectateur comme l’adversaire est envoûté par cette danse, alliant la beauté du geste à une efficience maléfique.

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