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La Royale Union Saint-Gilloise, surprenant leader de Jupiler Pro League

Un promu en tête d’une première division est plutôt rare dans le football. Pourtant, ce qu’il se passe actuellement en Belgique déjoue tous les pronostics. La Royale Union saint-gilloise, un club de Bruxelles, mène la Division 1A, la première division du championnat belge depuis la 11e journée. Grâce à sa paire d’attaque Deniz Undav-Dante Vanzeir, l’Union Saint-Gilloise écrase, pour le moment, la (rude) concurrence, car ses deux joueurs compilent 23 buts et 16 passes décisives en seulement 16 matchs de championnat. À l’aide d’un jeu séduisant, le club fondé en 1897, portant le matricule numéro 10, est en passe de devenir la sensation européenne de la saison. Décryptage.

Sauf mauvaise information, il semblerait qu’aucun club n’ait réussi à devenir champion tout étant promu depuis le début de la création du championnat belge, soit 1895. L’Union Saint-Gilloise pourrait donc créer un exploit retentissant et raviver la flamme d’un géant endormi. Le club de Bruxelles est en effet l’un des plus titrés du pays, avec 11 championnats remportés entre 1904 et 1935. Seuls Anderlecht et le Club Bruges font mieux. Si l’on regarde ailleurs en Europe, le premier exemple qui vient en tête est celui des Girondins de Bordeaux qui deviennent champions de France en 1950 alors qu’ils viennent de deuxième division, mais il y a aussi l’AS Monaco qui a réalisé le même exploit en 1978.

Un club belge séculaire

L’histoire est d’autant plus belle et mérite d’être lue, car la Royale Union Saint-Gilloise n’était plus apparue en première division belge depuis la saison 1972-1973, soit 48 ans. Pour son retour, le club au matricule 10 fait les choses en grand et rappelle aux fans les plus anciens, les plus belles heures de l’USG. Voir cette équipe en tête de Jupiler Pro League nous replonge dans une période footballistique bien différente de celle d’aujourd’hui.

Les Apaches – surnommés ainsi au début du XXe siècle en hommage à une bande de jeunes malfrats parisiens -, voient le jour en 1897. Le championnat belge vient d’être fondé deux auparavant et l’Union Saint-Gilloise le rejoint quatre ans après en 1901. Très vite, le club présidé par Charles Barrette (de 1898 à 1908 et arbitre par ailleurs), s’impose comme l’un des meilleurs du pays. Il lui suffit de trois saisons pour conquérir son premier titre de champion. L’USG ne s’arrête pas là en remportant les trois suivants, égalant le record établi précédemment par le Racing de Bruxelles. Depuis, seul Anderlecht a réussi à faire mieux en gagnant le championnat cinq fois d’affilée entre 1964 et 1968.

L’USG possède des armoiries dignes de la plus belle royauté. Pas étonnant pour la Belgique. (rtbf.be)

La suite est tout aussi belle puisque la Royale Union Saint-Gilloise remporte deux autres titres en 1909 et 1910, puis en 1913 ainsi qu’en 1923. Le club est, à cette période, le meilleur club belge. Dans le même temps, la Coupe de Belgique voit le jour et l’Union remporte la 2e et la 3e édition, en 1913 et 1914. Il peut donc se targuer d’être le premier club à avoir fait le doublé domestique, forcément un bel accomplissement.

Les années 30, la décennie dorée

L’un des surnoms de l’Union Saint-Gilloise est « Union 60 ». Pourquoi ? Tout simplement, car le club est resté invaincu durant soixante matchs consécutifs entre 1933 et 1935. Aucun club n’a fait mieux en Belgique et le surnom est naturellement resté dans la mémoire collective. Il faut savoir que seuls cinq clubs dans l’histoire du football européen font mieux. L’USG a donc une place spéciale dans les livres de record.

Nous sommes en 1932 et l’Union n’a fait que trois podiums depuis son dernier titre en 1923, pourtant le club s’apprête à vivre les plus belles pages de son histoire. En effet, présidé alors par Joseph Marien, dont son nom fut donné au stade du club, l’USG gagne le championnat lors de la saison 1932-1933. Sans le savoir, une incroyable série va se lancer, puisque les Bruxellois vont également remporter le championnat suivant, en restant invaincu (17 victoires, 9 nuls) ainsi que celui de 1934-1935. Une série ponctuée par une incroyable domination qui va durer deux ans. L’attaque est flamboyante, 241 buts marqués en 78 rencontres soit 3 buts de moyenne et 86 buts encaissés. Des statistiques incroyables pour une trace laissée indélébile.

À défaut de trouver des images d’archives, les supporters de l’Union Saint-Gilloise sont facilement identifiables. (minutidirecupero.it)

Ces quelques années euphoriques représentent les derniers vestiges d’un glorieux passé, qui remonte nécessairement à la surface depuis quelques semaines. Les années qui ont suivi ces trois sacres ont été difficiles et les Unionistes sont descendus pour la première fois de leur histoire en 1949, puis deux autres fois en 1963 et 1965 avant de quitter l’élite belge en 1973. Seule une troisième place en 1956 fait office d’éclaircie, avant que le club historique sombre dans les basses divisions belges…

Un titre de champion d’automne plutôt savouré

Assuré de trôner sur le fauteuil de leader à la mi-championnat, l’Union Saint-Gilloise profite du moment présent, sans nécessairement se projeter sur la suite. Pour un club qui a beaucoup souffert (de végéter en division inférieure), cette première place est vue comme une incroyable bouffée d’air frais.

Racheté en 2018 par Tony Bloom, milliardaire et actuel propriétaire du club de Brighton en Premier League depuis plus de dix ans, l’Union Saint-Gilloise n’est pas là par hasard. Son succès est dû en partie grâce à une planification sportive intelligente et réfléchie. Brighton est un bon exemple de ce qu’il se fait actuellement dans le football européen, l’USG semble suivre ses traces, qui a réussi à retrouver la première division quelques années après le rachat.

Felice Mazzù, apparemment très fier d’embrasser l’histoire glorieuse de son club, est l’un des hommes forts de l’Union. (plus.lesoir.be)

Sur le terrain, cela se ressent, notamment à travers la patte de son entraîneur, reconnaissable, prônant le jeu offensif. En témoigne la victoire relativement sensationnelle face à Seraing le 16 octobre dernier, lorsque les hommes de Felice Mazzù (en poste depuis le 24 mai 2020) ont gagné 4-2 alors qu’ils étaient menés 0-2 à la pause en jouant à 10 contre 11. Ce n’est pas tout, car des buts, ils ont en mis à la pelle. Avant de connaître leur quatrième défaite de la saison face à Louvain le week-end dernier, les Unionistes ont étrillé le club du nord du pays Ostende 7 à 1 le 21 novembre dernier.

À l’aide de son 3-5-2, Mazzù développe un jeu vertical et offensif très efficace, qui permet à son équipe de se montrer dangereuse à chaque match. Depuis le début de saison, l’USG n’est resté muet que lors d’un seul match : la défaite durant la 2e journée face au Club Bruges, certainement pas honteux au vu du client en question. Après 16 journées, la Royale Union Saint-Gilloise est indiscutablement la meilleure attaque de Jupiler Pro League avec 41 buts (la seconde est à 29) ainsi que la meilleure défense avec 18 buts encaissés. Des statistiques impressionnantes qui font des Bruxellois de sérieux prétendants à la victoire finale.

Un duo d’attaque qui ne passe pas inaperçu

On ne peut pas parler de l’Union Saint-Gilloise sans évoquer son duo d’attaque flamboyant, décisif tous les week-ends. Deniz Undav et Dante Vanzeir font partie des meilleurs buteurs du championnat et compilent plus de la moitié des buts de leur équipe depuis le début de saison. Un fait tout sauf anodin lorsqu’on sait que leur entraîneur leur a laissé les clés de l’animation offensive, car ils se complètent à merveille.

L’un est Allemand, formé au Werder Brême, a 25 ans et a bataillé de nombreuses années avant d’évoluer au niveau professionnel. L’autre est Belge, formé à Genk, a 23 ans et renaît également dans cette équipe de l’Union. Deniz Undav est un attaquant pivot, très bon dos au but, qui pèse énormément sur les défenses, ce qui lui permet d’apporter le danger face aux défenses du championnat qui sont souvent friables. Dante Vanzeir est davantage complet et technique, plus mobile, capable de jouer également dans les petits espaces, endurant et doté d’un bon volume de jeu. Le duo marche parfaitement dans l’animation voulue par Felice Mazzù et l’efficacité est parfaite. Ce genre d’association est typiquement ce qui peut faire gagner un championnat.

Dante Vanzeir et Deniz Undav, un duo bruxellois incroyable. (lameuse-verviers.sudinfo.be)

Avec 14 buts, Undav est l’un des meilleurs buteurs européens si l’on regarde les statistiques des championnats et il peut être parti pour durer, une très bonne nouvelle pour l’Union qui préfère prendre le temps de ses ambitions.

Jusqu’à présent, tous les ingrédients sont réunis pour que la Royale Union Saint-Gilloise réalise une très grande saison. Avec 11 victoires en 16 matchs, les Bruxellois sont impressionnants et leur domination est écrasante. Quoiqu’il en soit, l’issue sera positive pour un promu parti pour marquer l’histoire du football belge.

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