Basket NBA

Course au MVP, un triumvirat se dessine

Après une vingtaine de matchs et un mois et demi de compétition, il est grand temps de se demander qui pourrait occuper le trône du royaume NBA en juin 2022. Prématuré ? Sans doute. Impatient ? Évidemment. Mais La question du meilleur joueur de basket du monde entretient d’ores et déjà la réflexion. Voici l’heure d’un premier état des lieux.

Les papys font de la résistance

En cette fin d’année, une hiérarchie commence progressivement à se dessiner dans les deux conférences et des enseignements sont déjà à tirer. A l’ouest, les Warriors et leur général en chef, Stephen Curry trust la première place depuis le début de la saison. Au sommet de la conférence est , les Brooklyn Nets du toujours aussi influent, Kevin Durant, ont gravi peu à peu les marches pour atteindre une place qui s’était éloignée après un début de saison mi figue, mi raisin. Naturellement, on retrouve ces deux papys de la génération 1988 (33 ans tous les deux) comme favoris pour le trophée Maurice Podoloff. Un retour dans le passé qui s’opère à l’inverse de la tendance observée ces 3 dernières années avec les sacres de Giannis Antetokoùmpo ou Nikola Jokic, tous deux âgés de 26 ans.

Stephen Curry

Avec un bilan de 20-4, meilleur bilan de NBA, le cuistot de Californie a délivré quelques plats d’anthologie en ce début de saison avec en point d’orgue ces 37 points et 9 tirs primés (sur 14 tentés) contre les Nets de « KD », un match à 45 points sur la tête des Clippers en début de saison et deux sucreries à 40 points au milieu du mois de novembre pour calmer les ardeurs des surprenants Cavs et Bulls. Ces statistiques, comme depuis presque 10 ans, plaident pour son couronnement avec un impressionnant bilan de 27,7  points (troisième meilleur scoreur) à 43,7 % dont 41 % derrière la ligne, agrémentés de 6,5 passes décisives, 5,6 rebonds et 1,8 interceptions (top 10 de la ligue). Bémol ? Sans doute un pourcentage un peu faible par rapport aux standards auxquels il nous a habitués. Pour un être humain, ces pourcentages aux shoots restent honorables voire même excellents avec plus de 40% à trois points. Mais, pour l’extraterrestre qu’il est, une saison en dessous des 50% reste une déception… toute relative, on vous rassure. Alors, si la situation reste la même dans la baie d’Oakland, Stephen Curry, déjà double vainqueur, resterait, comme son équipe, un candidat plus que sérieux aux titres suprêmes. 

Kevin Durant

À l’instar de son collègue cuistot, le robot de Brooklyn, Kevin Durant, a activé le mode « Terminator » en ce début de saison. Frustré par la défaite en demi-finale l’année dernière et l’absence de Kyring Irving, le néo-meilleur joueur du mois (avec Curry) a attaqué l’année en mode cyborg. Le MVP 2014 culmine à la première place des « Top Scorer » NBA avec 28,4 points par match qu’il saupoudre de 7,7 rebonds, 5,4 passes et 0,7 contres. Comme Arnold à la recherche de Sarah Connor, « The Snake » est particulièrement létal cette saison. Avec un 52, 39, 87 % qui rappelle les plus belles années de Larry Bird ou Steve Nash, le joueur des Nets fait preuve d’une régularité inhumaine ce qui en fait un prétendant plus que sérieux au titre de MVP. En effet, l’ex-Warriors ne réalise pas d’énorme carton à l’image de son ancien coéquipier mais ne faiblit quasiment jamais, en tournant à chaque sortie autour des trente points. Toujours aussi complet, participant à la création et aux rebonds défensifs, il se place en favori pour devenir le prochain monarque de la planète orange.

Giannis Antetokoùmpo

Sous le froid du Wisconsin, il ne faut pas oublier le bulldozer grec, Giannis Antetokoùmpo, double vainqueur en 2018 et 2019. Celui-ci n’est pas en reste et continue de faire lever le public de Milwaukee. Malgré un départ tumultueux dû à une avalanche de blessures et à la digestion fastidieuse d’un premier titre depuis cinquante ans, les Bucks et leur « go-to-guy » remontent petit à petit les marches de la conférence Est. Sans doute une question de temps pour les voir lutter pour la première place tant l’équipe de Budenholzer semble rodée collectivement. De son côté, Giannis écrase le monde de la NBA avec des statistiques affolantes et une efficacité toujours aussi monstrueuse. Il est deuxième (juste devant KD et juste derrière Nikola Jokic) en terme d’« efficiency » avec 27,6 points, 11,8 rebonds et 5,8 passes décisives, rien que ça … Mais le natif de Zografoù ne se limite pas à une ligne statistique, il contribue dans tous les compartiments du jeu, notamment au niveau défensif (1,1 interceptions et 1,7 contres par match), faisant du collectif des Bucks une machine à gagner à nouveau sur de bons rails. 

Actuellement troisième de la Conférence Est avec un  bilan de 16-9, le « freak » accuse un léger retard sur ces deux aînés en raison du démarrage compliqué de la franchise et d’un pourcentage à trois points qu’il ne réussit pas à élever suffisamment pour faire de son tir derrière la ligne une menace suffisante. Cependant, la quantité de matchs restants et la dynamique actuelle semblent présager un avenir radieux pour les Bucks et pour Giannis qui feront de lui un adversaire plus que crédible dans la course au MVP. Ce constat ne pourrait se matérialiser qu’avec un nombre de match de saison régulière conséquent. Ainsi son absence depuis deux matchs et les inquiétudes de son coach concernant un mollet douloureux amènent à penser que rien n’est assuré, la course au MVP relevant plus du marathon que du sprint.

Des outsiders en embuscade

Derrière ce trio infernal, en embuscade, quelques joueurs tentent de montrer le bout du museau. Si rien n’est encore acquis, ils semblent plus en retrait que leurs collègues précités. Tous pour des raisons différentes, souvent extrinsèques à leurs qualités individuelles ou à la saison qu’ils sont en train de réaliser, ils sont en retard pour devenir calife à la place du calife. 

Nikola Jokic

En premier lieu, le tenant du titre, Nikola Jokic réalise une saison quasi parfaite. Il est le joueur le plus efficace de la ligue devant Antetokoùmpo en influençant le jeu de son équipe dans tous les domaines. Avec 25,6 points, 13,5 rebonds, 6,8 passes et 1,2 interceptions par match, le « Joker » devrait logiquement se placer comme un candidat à sa propre succession. Cependant, le destin est parfois capricieux et le serbe a vu sa côte chutée au même rythme que les orages tombés sur la tête des Nuggets en ce début de saison. La blessure de longue date de Jamal Murray (genou droit) et, plus récemment, de Kevin Porter Junior (dos) ont obscurci l’avenir de la brillante équipe du Colorado. En l’état, la franchise ressort avec un bilan de 11-12 et une décevante huitième place à l’ouest. L’influence de la performance collective pour le sacre de MVP est indéniable au regard de l’expérience des années précédentes. Pour l’heure, sans faire preuve de pessimisme exacerbé, il semble difficile de croire en l’avènement du joueur serbe cette année. La suite de la saison et la dynamique enclenchée par les Nuggets seront déterminantes. De plus, Jokic a déjà manqué quelques matchs par rapport à ces concurrents, et comme pour Giannis, jouer un maximum de match s’avère primordial. En effet, une chose est sûre, « load management » et titre de MVP ne font pas bon ménage en général.

Nikola Jokic, tenant du titre – Basketsession

Demar Derozan

En second lieu, outsider numéro 1, Demar Derozan, le néo-Bulls a débuté la saison en boulet de canon. Non seulement il a permis à sa franchise de se mêler à la course pour être leader de la conférence avec un bilan de 17-8 (deuxième) mais il a clairement passé un cap au niveau individuel cette saison. l’ancien joueur de Toronto réalise tout simplement sa meilleur saison au scoring avec 26,4 points par match à 49 % auxquels il ajoute les habituels 5 rebonds et 4 passes qui en font un joueur complet. Le collectif surprenant de la franchise de l’Illinois pourrait lui permettre de se glisser dans la tête des votants en juin 2022. Après un démarrage discret, il a réussi à dépasser quatre fois le cap des 35 points durant le mois novembre pour donner aux Bulls trois victoires probantes. Alors, pour l’heure, le natif de Los Angeles peut même prétendre à transformer le trio en quatuor dans le concert de la course au MVP.

Demar Derozan sous le maillot des Bulls – The Daily Dunk

Même si un trio de tête semble se distinguer, la saison régulière en NBA est un long chemin de croix, semé d’embûches en tout genre qui pourraient être à l’origine de nombreux bouleversements. Dans ces conditions, les deux stars des Bulls et des Nuggets sont à l’affût et, compte tenu de leurs performances respectives de haut niveau, les voir se rapprocher de la statuette de MVP reste envisageable. A contrario, pour certains le trophée s’éloigne de jour en jour.

Des mentions et des déceptions

Pêle-mêle, il est obligatoire de citer des joueurs qui ne déméritent pas avec des saisons individuellement prolifiques mais collectivement plus compliquées, les éloignant fatalement au titre de meilleur joueur du monde.

Lebron James et Luka Doncic

Qui déçoit pour l’instant ? Un premier nom vient à l’esprit. Qu’en est-il du « King » de la NBA ? Lebron James, comme à son habitude, nous offre une saison très solide du haut de ces trente-six ans. Alors pourquoi ne fait-il pas partie des favoris ? Une partie de la réponse se trouve dans les prestations collectives des Lakers qui, cette année, ont du mal à convaincre tant au niveau des résultats qu’au niveau du fond de jeu (13-12). Evidemment, Lebron reste un candidat sérieux (25,9 points, 5,5 rebonds et 6,6 passes), à ne pas sous-estimer, mais l’écart avec les grosses écuries de ce début de saison semble d’ors et déjà rédhibitoire. Au niveau individuel, l’ex-cavs n’a joué que douze matchs cette saison et sa production aux rebonds et à la passe sont en baisse, voyant ces chances de glaner un cinquième titre de MVP s’éloigner. Dans le même ordre d’idées, la baisse statistique et les résultats en dents de scie des Mavericks empêche Luka Doncic de prétendre à plus, malgré une performance globale assez conséquente (25,5 points, 7,9 rebonds et 8,5 passes). Surtout, les pourcentages aux shoots et aux lancers du jeune slovène sont plus que douteux (44,5 % au tir, 33,1 % à 3 points et 67,6 % aux lancers), loin du niveau d’un futur MVP.

Après les déceptions, certains joueurs méritent quant à eux d’être mentionnés pour leurs prestations individuelles remarquées. Parmi eux, Devin Booker pourrait venir jouer les trouble-fêtes.

Devin Booker

En effet, le joueur des Suns a réalisé un départ discret, voir en dessous de ses standards, mais à l’image de son équipe (deuxième de la conférence ouest à 20-4), il revient très fort en cette fin d’année. L’ancien arrière de Kentucky rend une feuille de stats plus qu’honorable (23,2 points, 4,9 rebonds, 4,5 passes et 1 interception par match) mais sa précision aux tirs et sa production au « scoring » sont en baisse par rapport à l’année dernière. Malgré une progression derrière la ligne (40 % contre 34 % l’année dernière), il est pour l’instant un peu court pour être considéré comme outsider mais si la dynamique ascendante des derniers finalistes NBA perdure, il faudra compter sur un nouveau shérif en ville.

Mentions honorables : Jimmy Butler (Miami Heat), Donovan Mitchell (Utah Jazz), Rudy Gobert (Utah Jazz), Joël Embiid (Philadelphie Sixers), Zach Lavine (Chicago Bulls) , James Harden (Brooklyn Nets), Trae Young (Atlanta Hawks)

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