MMA

Mateusz Gamrot, le futur boss des légers?

On entame la dernière ligne droite vers 2022 et un peu comme nos confrères des sports mécaniques, on a été surpris jusqu’au bout. Parmi les surprises, le polonais Mateusz Gamrot. Assez discret, il a gravi les échelons sans bruit, avec peut-être la montée dans le top 10 à l’issue de son combat de demain contre le brésilien Diego Ferreira. Histoire de vous familiariser un peu avec un visage que vous risquez de revoir rapidement, voici son parcours.

Reconnu dans toute l’Europe

Avant même d’avoir débuté sa carrière professionnelle, le natif de Bielsko-Biala jouissait déjà d’une certaine popularité dans toute l’Europe grâce à son excellent niveau en lutte. Arrivé relativement jeune en équipe nationale de Pologne, il remporte de nombreuses médailles et à 20 ans, il décide de quitter sa ville natale pour rejoindre Poznan, l’une des plus grandes villes du pays, où il s’entraîne depuis. Il remporte également une multitude de titres nationaux et continentaux en solo, jusqu’à ses débuts en MMA…

Un an après avoir débuté son entraînement spécifique des arts martiaux mixtes, il combat pour la première fois professionnellement dans une fédération locale, la XFS, dans laquelle il ne restera pas longtemps. En remportant le tournoi des légers dès son second combat pro, la grosse fédération polonaise KSW, celle de notre cher Salahdine Parnasse, le remarque. Comme on peut s’y attendre, « Gamer » ne fait pas dans la dentelle et débute sa carrière sur une série de 10 victoires. Ah oui, il a également fait un crochet par le Cage Warriors sans que ça ne semble le mettre en difficulté puisqu’il s’impose dès le premier round. D’autres faits d’armes? Pour son cinquième combat pro, il a affronté un ancien de l’UFC, Andre Winner, qu’il a vaincu par décision unanime. Puis pour son neuvième combat, il obtient la distinction du KO de la soirée. Pas mal, non?

La consécration

Puis sans grande surprise, tout cet engouement et tout ce succès vont finir par le mener à un title shot au titre vacant des légers, contre un certain… Mansour Barnaoui (cocorico!). Et Gamrot s’impose par décision unanime, dans ce qui sera élu combat de la soirée. S’ensuivront plusieurs défenses de titre, dont une trilogie très controversée contre le nord-irlandais Norman Parke : après un premier combat remporté à la décision par le polonais, le deuxième combat est arrêté par l’arbitre à la suite d’un doigt dans l’oeil involontaire de la part de Mateusz, qui mettra en rogne son adversaire. Alors que le combat se finit, des tensions naissent dans le public mais également dans la cage, où Parke provoquera le coin de Gamrot. En réponse à cette provocation, Marcin Bilman, proche du champion, assènera un coup de poing dans la mâchoire du challenger. Le troisième et dernier combat se soldera par une victoire de Gamer, cette fois-ci par TKO.

Pendant ce temps-là, il remporte également le titre des poids-plumes, jusqu’au 17 septembre 2020, date à laquelle l’UFC annonce sans grande surprise son arrivée dans la promotion. Rappelons qu’à cet instant, il est encore invaincu. Et son premier combat à l’UFC, face au géorgien Guram Kutateladze, signera la fin de ses 17 victoires de suite, perdant à la décision partagée. Malgré la défaite, il obtient la récompense du « combat de la soirée » et ne se décourage pas. Il remporte ses deux derniers combats, le premier par KO, le second par soumission. En parlant de ça, cette soumission fut placée sur Jeremy Stephens. Jamais parmi les meilleurs, il a tout de même fait la majorité de sa carrière dans la meilleure promotion du monde et avec près de 50 combats professionnels, peu de combattants peuvent se targuer d’avoir une telle expérience.

Un cadeau de Noël en avance

Le titre de la sous-partie a un double-sens les amis : ça peut être un cadeau pour le polonais, mais c’en sera inévitablement un pour nous! Gamer a connu une espèce de « moment de flottement » à son arrivée, étant donné que ces derniers temps, Dana semble privilégier les combattants spectaculaires (type Michael Chandler) aux purs lutteurs, ce qu’est Gamrot. Mais notre machine polonaise sait également mener des guerres en striking et il le fait plutôt bien, remportant davantage de combats par KO (6) que par soumission (5).

Face à lui, un autre abonné aux récompenses de fin de combat, j’ai nommé Carlos Ferreira. Le brésilien de presque 37 ans n’est pas du tout vu vainqueur, mais lui aussi a livré certaines guerres et son expérience pourrait mettre en difficulté notre ami (vous le connaissez aussi bien que son coin désormais). Avec un record de 17-4 et deux défaites de rang dernièrement, le combattant né en Amazonie semble simplement être un petit obstacle pour Mateusz… mais attention à ne pas tomber dans le piège, ce lutteur est aussi polyvalent que l’ancien champion du KSW, maîtrisant le BJJ pour faire comme son idole Jacaré, mais aussi le judo et la boxe.

Dernier event de l’année demain, et la carte est très belle. Et si rien ne vous intéresse, nous espérons au moins que votre curiosité vous mènera au combat de Mateusz Gamrot, qui incarne probablement l’avenir de la division. Encore loin de son objectif, il n’y aucun doute sur son potentiel, et sa versatilité peut lui permettre de vaincre qui il veut, de la façon dont il le veut.

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