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Les gestes marquants du basket #6 : le “Jab Step” de Carmelo Anthony

Aujourd’hui, retour de votre mini-série favorite sur les “moves” qui ont marqué l’histoire de la NBA. Cette fois, le CCS vous propose un détour dans les années 2000 pour l’analyse d’une arabesque iconique de la grande ligue, le “Jab Step”. Un classique du genre dont certains joueurs, et notamment Carmelo Anthony, ont acquis une telle maîtrise qu’ils ont en fait une arme indéfendable, presque létale.

“LE JAB STEP”, C’EST QUOI ?

Cette feinte est un fondamental du jeu. Elle repose sur une des premières leçons de l’école de basket, la “triple menace”. En effet, tout jeune débutant, que ce soit lors des premiers entraînements avec son club plus anonyme que la carrière d’Anthony Bennett ou dans le vieux gymnase du lycée avec le prof d’EPS spécialiste badminton, entend parler de ce classique. Alors, qu’est ce que la “triple menace” ? Au basket, cela signifie, qu’un joueur, balle en main, a trois options qui s’offre à lui : le tir, la passe ou le départ vers le panier.

Le “Jab Step” ou “feinte de départ” repose sur cette dernière menace. En effet, le joueur avec la balle en main, avant même d’avoir posé un dribble, va feinter un départ dans une direction afin de libérer du temps pour faciliter son choix entre tir ou passe mais également de l’espace pour réaliser son geste technique. Ces différentes menaces en position offensive existent depuis la naissance du basket. En pratique, la création d’un espace-temps nécessaire, pour obtenir un tir plus facile ou pour dégager son champ de vision, découle de ce poker menteur autour de la “triple menace”. Situation inverse au “pump fake” laissant ouvert le chemin du panier, le “jab step” permet le plus souvent de prendre l’ascendant sur le défenseur et de permettre un shoot non contesté.

Simple en apparence, ce genre de “move” est souvent le plus efficace quand il est maîtrisé à la perfection. Cependant, domestiquer cette technique peut s’avérer plus compliqué qu’il n’y paraît. Elle nécessite un sens du timing et un contrôle dans l’espace particulièrement affûtés. Une multitude de joueurs ont usé de cette technique au fil des ans mais personne ne l’a élevée au rang d’art comme l’a fait Carmelo Anthony.

CARMELO ANTHONY ET SON “SIGNATURE MOVE”

L’ex-joueur des Knicks a régalé les fans du Madison Square Garden de son “footwork” à en rendre jalouse Marie-Claude Pietragalla. Pourtant, le natif de Brooklyn a toujours eu un côté “chubby” assez éloigné de la silhouette longiligne des danseuses de l’Opéra de Paris. Mais une fois sur le parquet, l’élégance de son jeu de jambes fait des étincelles.

le Jab de melo

Véritable roi du “Jab Step”, l’action est devenue un classique du Madison. Dos au panier, 45°, Melo reçoit un ballon au poste, se retourne et entame sa danse envoûtante pour déclencher un tir dans la demi-seconde de liberté obtenue par sa feinte. Profitant de son physique et de ce laps de temps libérateur, le geste était quasi indéfendable pour le défenseur trop court pour contrer son “jumper”. Si smooth, son élégante gestuelle est d’une redoutable efficacité. En plus de son tir, Anthony a développé une litanie de techniques dans la continuité de son “Jab”. Un dribble de plus pour se décaler, un départ de l’autre côté, une série d’options qui ouvre un champ de possibilités immense.

L’essentiel de son « move » ne se trouve pourtant pas dans ce “footwork” mais plutôt dans le mouvement de balancier qu’il fait avec les bras, le ballon entre les mains. Ce mouvement donne la sensation au défenseur qu’il va démarrer sur sa main droite. Conséquence, il bouge mécaniquement pour anticiper un départ au panier. Melo a déjà gagné la bataille. Il a désormais l’espace suffisant pour faire parler son tir et faire claquer la ficelle.

Carmelo Anthony face à Robert Covington

Aujourd’hui, avec ses 37 ans au compteur, son « Jab Step » n’est plus autant létal qu’à ses débuts. Les défenses adverses ont, au fur et à mesure de sa carrière, pu adapter leurs stratégies défensives. Ce geste intervient souvent en isolation après un switch sur « pick’n’roll » le laissant avec un défenseur plus petit que lui. Par conséquent, sa supériorité physique naturelle lui a permis de maintenir une efficience dans la durée pour son geste favori.

L’élégance alliée à l’efficacité ont séduit les plus jeunes et « Meloman » a fait des émules. Aujourd’hui, nombreux sont les joueurs qui reproduisent la gestuelle du New-Yorkais, même parmi les plus grandes stars de la ligue.

L’HÉRITAGE

L’héritage de Carmelo vit désormais dans la nouvelle génération. Alors, même s’il n’en est en aucun cas l’inventeur, il est sans doute celui qui a su l’exploiter au mieux. Aujourd’hui, tous les soirs, des « Jabs » sont lancés pour déstabiliser les adversaires. Même des joueurs plus que confirmés ont ajouté cette technique à leur panoplie, pourtant déjà très complète. 

le Jab Step de KD

A titre d’exemple, Anthony Davis et Kevin Durant, tels des ninjas-copieur, ont repris avec brio cette feinte. Cependant, aucun des deux n’utilise les bras comme le joueur des Lakers et son mouvement de balancier caractéristique. Inutile, KD et Davis culminant à 2 mètres 08 laissent leurs bras en préparation de shoot. En effet, l’avantage de taille, la longueur de bras, leur donne un avantage décisif dans leurs « mismatchs ». Par conséquent, la simple feinte de départ suffit à leur donner le temps de profiter de la précision de leur shoot.

A l’origine du basket, cette feinte légendaire fait aujourd’hui partie intégrante de la panoplie du joueur de balle orange. Elle est devenue un geste classique du jeu que l’on aperçoit plusieurs fois par match. Chaque joueur en a une interprétation différente et l’applique à sa façon rendant un résultat esthétique dont on ne se lasse jamais.

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