Hockey Hockey International

Hockey international & féminin : 10 moments marquants en 2021

2021 finit dans quelques heures. Malgré la pandémie, le hockey international a connu son lot de moments d’anthologie. De parcours improbables en victoires historiques, en passant par des grosses déceptions. La rédaction vous propose un retour sur les moments marquants de 2021.

La victoire historique des Canadiennes

Cela faisait 9 ans, que les Canadiennes n’avaient pas goûté au triomphe mondial. Après une élimination surprise en demi-finale lors des mondiaux 2019 face aux Finlandaises, les joueuses à la feuille d’érable se devait de redorer leur blason terni par 9 années de défaites.
Le 31 Août 2021 est une date qui restera gravée pour l’éternité pour le Canada.
Durant une finale haletante qui a vu les Etats-Unis prendre un avantage de 2 buts, en première période, grâce à Alex Carpenter, auteure d’un doublé. Beaucoup d’observateurs se sont dit que la même histoire cruelle se répète. Mais, c’était sans compter sur la grinta des locaux. Les canadiennes qui font sauter le mur américain grâce à deux buts par Brianne Jenner et Jaime-Lee Rattray.
Il faut passer par la prolongation. C’est le moment où, « Captain Canada » Marie-Philip Poulin décoche un tir laser qui bat la gardienne américaine Nicole Hensley. Toutefois les officiels de la rencontre n’annoncent pas que le but était valide. Il faut attendre quelques secondes, des secondes qui ont semblé durer une éternité, pour que retentisse enfin la sirène de but qui fait chavirer de bonheur toute la patinoire Olympique de Calgary. Le Canada a enfin vaincu le signe indien.

Record pour Hilary Knight

Lors du mondial féminin à Calgary, un grand moment de l’histoire du hockey féminin a eu lieu. En effet, Hilary Knight, la superstar américaine a battu le record du nombre de buts marqués en carrière lors dans les tournois de l’IIHF détenu par la légende américaine Cammi Granato.
Knight a compté son 45ème but en carrière lors du match face au Comité Olympique Russe (Victoire 6-0 des USA).

A 0.36 secondes, le but historique compté par Hilary Knight

L’improbable victoire des Canadiens

Quelques semaines avant le triomphe des Canadiennes, leurs compatriotes masculins sont également entrés dans l’histoire.
Pourtant le début des mondiaux est un véritable cauchemar pour les Canadiens : 3 défaites à leurs 3 premiers matchs. Surclassés par la Lettonie (0-2), les Etats-Unis (1-5) et l’Allemagne (3-1), les Canadiens sont au bord de l’élimination. La machine canadienne se met enfin en route avec 3 victoires de rang. Tout d’abord la Norvège tombe (4-2). Puis le Kazakhstan (2-4) et les Italiens (1-7). Toutefois, le Canada perd face aux Finlandais en tirs de barrage (2-3 SO). Désormais, seul un miracle peut éviter aux Canada d’être éliminé au premier tour. Le miracle a lieu, car les Allemands remportent leur duel face à la Lettonie (2-1).
Le Canada passe par la toute petite porte (leur victoire face aux Kazakhs leur offre les quarts).
Le quart de finale est face à la redoutable équipe du Comité Olympique Russe. Un duel entre deux nations rivales qui tourne à l’avantage du Canada (1-2 SO). La demi-finale est face aux USA. Les Canadiens font chuter le grandissime favori (2-4).
La finale face aux Finlandais est la revanche de la finale 2019. Après un score de 2-2 en temps réglementaire. Il faut s’en remettre à la prolongation. C’est le moment où Nick Paul offre le titre le plus improbable de l’histoire.

Les juniors Américains sur le toit du monde

La finale du Championnat Mondial Junior 2021 a tenu toutes ses promesses. L’affrontement ultime entre deux nations dont les jeunes sont parmi les meilleures futures stars de la LNH. D’un coté les USA emmenés entre autres par Trevor Zegras, Matthew Boldy, Arthur Kaliyev, Matty Beniers, Alex Turcotte et Spencer Knight contre l’armada canadienne emmené par Owen Power, Cole Perfetti, Braden Schneider, Conor McMichael.
La finale est un bras de fer, chaque équipe cherche à porter la première estocade, à l’image de Cozens qui voit son tir stoppé par Knight. Le premier but est américain marqué par Turcotte qui vient tromper Levi.
Dès le retour des vestiaires, les USA creusent l’écart grâce à Zegras. Profitant d’un tir contre la bande pour glisser le palet dans le but. Les USA mènent 2-0.
Malgré les nombreuses tentatives canadiennes, Spencer Knight reste solide.
Au coup de sirène, les juniors Américains se jettent dans les bras des uns et des autres. Ils ont fait chuter le champion en titre et s’installent sur le toit du hockey junior.

Le joli parcours Rouennais en CHL

La Ligue des Champions de Hockey (CHL) est une compétition qui a rarement souri aux club de l’Hexagone. On peut toutefois noter les jolis succès de Gap et de Grenoble en poule ou la qualification pour les huitièmes de finale par les Rouennais lors de l’édition 2018-2019, ce qui est un authentique exploit, vu le niveau des équipes engagées.
L’édition 2021-2022 de la CHL a vu les Rouennais participer mais surtout enchainer les exploits. Versés dans la poule G, les Dragons affrontent les Autrichiens de Klagenfurt, les Ukrainiens du Donbass Donetsk et les Danois de Rungsted. Après une défaite en prolongation face à Klagenfurt (2-1 OT) et une défaite en terre ukrainienne (2-1). les Rouennais résistent.
Dans son antre de la patinoire Nathalie Péchalat, les Dragons font chuter Donetsk (4-3) avant de subir la loi des autrichiens (4-0). La qualification passe par deux victoires face à Rungsted. Ce qui sera chose faite grâce à deux victoires probantes (5-1) à domicile et (2-4) au Danemark.
Rouen se qualifie pour les huitièmes de finale. Devant eux se dresse un monument du hockey autrichien : le Red Bull Salzbourg. Bien qu’ayant très peu de chances, les hommes de Fabrice Lhenry jouent crânement leur chance. Lors du match aller, sur l’île Lacroix, Rouen fait chuter Salzbourg (3-0) grâce une fois de plus au talent de leur gardien, Matija Pintaric. Le match retour à Salzbourg, voit les champions de France, se faire remonter par des autrichiens tenaces. Toutefois les Rouennais ne baissant pas les bras, et finissent par réduire le score. Le but marqué par attaquant letton Rolands Vigners suffit au bonheur des Dragons. Et leur ouvre les portes d’un quart de finale historique.
En quart, c’est la machine finlandaise du Tappara Tampere qui se présente. Dans l’ambiance surchauffée de la Nokia Arena, les Rouennais décidément têtus, ne s’avouent pas vaincus et arrivent à arracher un incroyable match nul (3-3). Le match retour étant sur les bord de la Seine, le droit de rêver aux demis est permis. Malheureusement les Finlandais refroidissent les ardeurs des Dragons en infligeant une défaite sévère de 4-0. L’aventure européenne s’arrête là pour Rouen.
Malgré la déception légitime, les Rouennais peuvent être fiers de leur parcours et ont fait briller les couleurs françaises.

Les jeux de Pékin, si près mais si loin

Les équipes de France ne sont pas passés loin de créer l’exploit lors des tournois de qualification Olympique.
Pour l’équipe masculine, la qualification se joue fin Août à Riga, face à la Lettonie, la Hongrie et l’Italie. Pour les Bleus, l’objectif est simple, remporter le TQO pour enfin mettre fin à 20 ans d’absence au tournoi Olympique. Le seul hic, c’est que la France n’a pas joué de compétitions officielles depuis 2019. La dernière fois, c’était la piteuse défaite 4-3 en prolongation face à la Grande Bretagne.
Donc c’est quasiment sans aucun repères que les hommes de Philippe Bozon se présentent sur la glace de Riga. Le premier match face à la Hongrie est un combat âpre. Fidèles à leur style, les hongrois mettent tout leur cœur sur la glace. Les Bleus plient mais ne rompent pas et au terme d’ un match sérieux, la France l’emporte 5-3.
Le deuxième match face aux voisins Italiens est, comme d’habitude, une affaire rugueuse. Les Français profitent des erreurs italiennes et l’emportent 2-0. Plus qu’une marche avant Pékin. 60 minutes et ces 20 dernières années seront enfin de l’histoire ancienne.
La Lettonie a brillé lors du dernier mondial élite et les joueurs présents jouent avec l’envie d’honorer la mémoire de Matiss Kivelnieks, le jeune gardien des Blue Jackets de Columbus tragiquement disparu durant l’été, à l’âge de 24 ans.
Malgré les efforts des Français, la Lettonie s’impose 2-1 et obtient son ticket pour Pékin. En revanche, pour les Bleus la défaite est amère. Il s’en est fallu d’un tout petit but pour offrir à ses cadres le rêve olympique de toute une vie.
Pour l’équipe féminine, le chemin de leur première qualification aux Jeux passe par Lulea. Mais avant il faut affronter la Corée du Sud, la Slovaquie et surtout la Suède.
Les bleues débutent leur aventure de fort belle manière, avec une victoire solide face aux Sud-Coréennes (4-0). Puis elles enchainent avec un match sérieux remporté face aux Slovaques (3-1). Les Bleues sont à une victoire pour entrer dans l’histoire. Un exploit face à la Suède. Malheureusement, comme pour les hommes, il s’en faudra d’un tout petit but. Grâce à leur victoire (3-2), les Suédoises obtiennent leur billet pour le tournoi Olympique. Pour les bleues, la douleur est immense. Malgré tout, elles n’ont pas à rougir et peuvent être fières du chemin parcouru.

Les Bleuets : Champions du Monde

Après la tristesse des deux TQO, une autre équipe de France à brillé. Celle des U20 lors des Mondiaux D1B. Dans la capitale Estonienne : Tallinn, les bleuets ont réussi a décrocher le titre mondial synonyme de promotion en D1A (le deuxième échelon mondial). Après une belle victoire en ouverture de tournoi face au Japon (6-4), les français ont chutés en prolongation face à l’Ukraine (6-7 OT). Mais cette défaite n’a pas affecté le moral des jeunes bleus qui ont enchainés avec deux belles victoires face à l’Estonie (2-0) et la Pologne (2-6). La victoire finale face à la Slovénie (2-3) leur offre un titre mondial amplement mérité. Plus important encore, ça leur ouvre les portes de l’antichambre de l’élite mondiale.

Source photo : FFHG – L’équipe de France U20 champions du monde D1B

Avangard Omsk : La tête dans les étoiles

17 ans après leur unique titre de champion de la Superliga Russe, les aigles de l’Avangard Omsk ont (enfin) remporté leur premier titre en KHL en venant à bout du champion sortant, le CSKA Moscou, dans un remake de la finale 2019.
Parmi les grands artisans de cette victoire historique, Reid Boucher, l’attaquant américain de 28 ans, a mené son équipe avec 48 points en saison régulière. Ilya Kovalchuk, qui pour sa dernière saison en tant que joueur, a apporté toute sa science du jeu et son leadership. Simon Hrubec, le gardien Tchèque, arrivé au club en provenance de l’équipe chinoise de Kunlun RedStars après seulement 10 matchs de saison régulière. Sa présence devant le filet a apporté une grande solidité à la défensive d’Omsk. Alexei Emelin, qui a su mener ses troupes en séries. Son style flamboyant et sa vision du jeu ont fait des merveilles sur la ligne bleue. Malheureusement il n’a pas pu jouer lors de la finale, victime d’un mal mystérieux qui l’a contrait d’être hospitalisé d’urgence. Bob Hartley, le coach québécois, qui ajoute un nouveau titre a un CV déjà bien rempli. L’entraineur-chef, arrivé en 2018, en provenance du Dinamo Riga fait des étincelles sur le banc. Et ses joueurs se sont très rapidement adaptés au style nord-américain prôné par le canadien.

La NWHL devient la PHF

Le microcosme du hockey féminin nord américain a connu toute une révolution. En séptembre dernier, la National Women’s Hockey League a changé d’appellation en devenant la Premier Hockey Federation. Derrière ce changement de nom, ce trouve également un changement en profondeur de la structure. Sous l’appellation NWHL, la ligue ne pouvait pas augmenter les salaires des joueuses, ni la masse salariale pour les équipes. De plus la ligue ne pouvait pas couvrir les assurances santé au delà de celui des travailleurs.
Avec la nouvelle appellation, la ligue, qui comporte actuellement 6 équipes (Boston, New Jersey, Danbury, Minnesota, Toronto et Buffalo) pourra s’étendre d’avantage, ouvrir la porte a de nouveaux investisseurs (par exemple Montréal est pressenti pour intégrer la ligue en 2022-2023), la masse salariale est augmentée (Passant de US$150.000 à US$300.000), les salaires augmenteront également (environ US$ 15.000 par joueuse) et les joueuses obtiennent une meilleure couverture médicale.
De plus la PHF implémente un comité des propriétaires. Qui à l’instar de la LNH, permettra de discuter des évolutions dans la ligue. La PHF a également signé un accord de diffusion avec NBCSN
Le seul souci de la PHF est l’absence actuelle des joueuses « olympiques » réunie sous la bannière de la PWHPA (Professionnal Women’s Hockey Players Association). La PWHPA est très critique quand à la manière dont la PHF fonctionne. Elles veulent une collaboration plus étroite avec la LNH, à l’image de la NWSL au foot, ou la WNBA au basket.
Le chemin d’une ligue féminine professionnelle unique est encore long, et vu les divergences d’opinions ça va prendre encore des années.

Source image : Bardown.com

Luc Tardif : De la FFHG à l’IIHF

Fin septembre, la Fédération Internationale de Hockey sur glace (IIHF) a changé de président. René Fasel, qui était président depuis 1994, a décidé de quitter son poste. Il laissera une image assez trouble de sa présidence, grand artisan de l’arrivée aux jeux olympiques des hockeyeuses et des joueurs de la LNH (lors des jeux de Nagano en 1998), il avait également donné l’image d’un président proche des régimes totalitaires, notamment le dictateur Biélorusse Aleksandr Loukachenko. Il s’est d’ailleurs montré très réticent vis-à-vis du retrait de la co-organisation des mondiaux 2021 à Minsk. Ne pliant que, lorsque les sponsors principaux de l’évènement menaçaient de se retirer en signe de protestation .
Ainsi lors des élections, c’est Luc Tardif, alors président de la FFHG, qui est élu comme nouveau président de l’IIHF.
Son début de mandat, n’a pas été de tout repos. Entre les problèmes liés au niveau de compétitivité de l’équipe nationale masculine de Chine pour les prochains J.O.
Les conditions sanitaires et de quarantaine très lourds, imposés par le gouvernement Chinois. qui ont été une des raisons du retrait de la LNH.
L’explosion du variant Omicron, entrainant l’annulation de tous les tournois IIHF prévus au mois de Janvier (notamment les championnats du monde féminin U-18). Ce qui a provoquer un lever de boucliers de la part des fédérations et des joueuses.
Sans parler de l’annulation pure et simple du Championnat Mondial Junior Elite après que plusieurs joueurs, entraineurs et officiels aient été contaminés. La bulle sanitaire était, selon les témoignages quasi-inexistante.
M. Tardif a un début de mandat très compliqué. Vu le nombre de dossiers sensibles à gérer qui s’accumulent de plus en plus.

Source photo : Twitter @IIHFhockey

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