Tennis

Thanasi Kokkinakis, un talent qui ne demande qu’à éclore

Prénom : Thanasi, nom de famille : Kokkinakis, nationalité : Australienne. Si ce nom n’est pas le plus connu du grand public, les fins amateurs de tennis connaissent ce talent du tennis australien depuis quelques temps. Depuis 2015 certainement même, année des premières prouesses du joueur originaire de Adelaïde. Qu’est-il devenu depuis ? Celui à qui on promettait un avenir radieux dans le tennis a-t-il enfin éclos ? Réponse imminente dans ces prochaines lignes.

Son nom à consonance et origine grecque fait forcément penser à un autre talent du tennis australien en la personne de Nick Kyrgios. Les deux comparses ont d’ailleurs fait ensemble, sur le circuit junior, leurs premières armes et ont noué une amitié sans faille, qui perdure encore aujourd’hui. Leur jeu est aussi très similaire, axé autour d’un énorme coup droit et un service puissant. Kokkinakis est plus jeune que son aîné, d’une petite année car né en 1996. Néanmoins, leurs carrières sont incomparables pour le moment, la faute à de nombreux déboires et mésaventures connus par Thanasi Kokkinakis.

Le tournant de l’année 2015

Qui aurait pu prédire que Thanasi Kokkinakis, après la finale junior de l’Open d’Australie 2013, aurait tant de mal à percer sur le circuit professionnel ? Tant son talent demeurait criant. La saison 2015 signait les débuts professionnels de l’Australien, avec un premier tour franchi avec brio chez lui à Melbourne lors de l’Open d’Australie, en battant l’éternel espoir déchu Ernest Gulbis. Cette année est aussi celle de ses premiers faits d’arme, notamment en Coupe Davis, lorsqu’il bat Lucas Rosol contre la République Tchèque lors du premier simple, alors tout juste âgé de 19 ans.

Mais cette année 2015 est surtout marquée de son empreinte par son formidable parcours opéré sur ocre lors de la quinzaine de Roland Garros : il réussit l’exploit de se hisser au 3ème tour. Après s’être imposé face à son compatriote Bernard Tomic, il s’incline contre Novak Djokovic. C’est là le début de sa toute jeune carrière de joueur de tennis. Mais celle-ci est perturbée dès 2016 en raison d’une première blessure à l’épaule : Thanasi Kokkinakis est écarté des terrains pendant plusieurs mois.

Nick Kyrgios et Thanasi Kokkinakis, jouant ensemble en double lors de l’Open d’Australie 2021.

Ce n’est qu’en 2017 que le natif de la côte Est australienne revient véritablement. Il accède à sa première finale ATP au tournoi de Cabo San Lucas, où il sera finalement défait par l’Américain Sam Querrey en trois sets. Thanasi Kokkinakis enchaîne les petits tournois et challengers pour continuer à progresser et à développer son tennis, sans brûler les étapes. 2018 aura forcément été une année spéciale pour lui car c’est lors de cette saison et le Masters 1 000 de Miami qu’il bat Roger Federer, alors tenant du titre à cette époque. Un exploit retentissant et qui fait date dans la carrière du grand gabarit australien (1m93). Enfin le début de l’éclosion ? Pas tout à fait…

Battre la mononucléose

Entre cet exploit et aujourd’hui, rien de bien notable. En tout cas, pas à la hauteur de ce qu’on attendait du joueur en qui les observateurs avaient placé de nombreux espoirs. Restés vains. Mais la faute à pas de chance. Une malédiction, pourrait-on dire. Un long chemin de croix traversé par Thanasi Kokkinakis, entre blessures et la maladie. En effet, c’est surtout une cruelle maladie qui a stoppé sa progression depuis 2019.

Atteint d’une mononucléose infectieuse, le joueur de 25 ans, ex-65e mondial (en 2015), a dû faire face à une terrible épreuve, en fin d’année 2019, qui l’a privé du sport qu’il affectionne tant et fait perdre près de 10 kilos. Dans une interview accordée à The Australian, Thanasi Kokkinakis, en convalescence, raconte son combat et la difficulté à surmonter ce qui fut, sans doute, la période la plus sombre de sa carrière. « J’ai essayé de revenir sur le court fin décembre avant de me rendre compte que quelque chose n’allait pas et que je manquais de jus. Au départ, je pensais que c’était lié aux nombreux incendies qui ont touché l’Australie, déclare-t-il avant de reprendre. Après avoir été à l’hôpital de Melbourne, je suis revenu à Adelaïde et là ça a vraiment mal tourné. Je ne pouvais pas manger et j’avais du mal à boire de l’eau. Maintenant, ça va mieux, je me sens relativement en bonne santé, mais c’est frustrant. »

Le genre d’épisode d’une vie qui laisse des traces, aussi bien physiques que mentales. C’est au travers de ses difficultés que Thanasi Kokkinakis a continué de lutter, de travailler dans l’ombre et d’opérer sur les Challengers plutôt que le circuit principal pour revenir au plus haut niveau. 2020 semblait démarrer de façon prometteuse pour lui, après un combat épique finalement perdu, mais avec la manière lors de l’Open d’Australie face à Stefanos Tsitsipas. Un match à l’image du joueur : fantasque, spectaculaire et avec du caractère. Une partie qui laissait entrevoir la sortie du tunnel pour lui, et le début de la renaissance.

L’heure du come-back a sonné

Cependant, une nouvelle blessure est venue contrarier les plans du joueur australien. 2020 semble anodine lorsqu’on regarde ses performances, car toutes réalisées en Challenger et loin des meilleurs joueurs du circuit, mais une année qui aura sans doute compté pour lui, pour retrouver toutes ses sensations physiques et enchaîner les matchs.

C’est ainsi qu’on retrouvait Thanasi Kokkinakis en ce début d’année sur le circuit professionnel, au tournoi d’Adelaïde, chez lui. Welcome home scandait le public qui avait à cœur de retrouver leur ancien protégé. C’est typiquement ce genre de tournoi qui peut relancer le joueur, bien qu’à nuancer car dans des conditions favorables sur surface rapide et à domicile. Toutefois, le public australien a pu apprécier la qualité tennistique au rendez-vous. Son retour au premier plan serait-on tenté d’avancer. Ni John Milmman, ni Frances Tiafoe ni Mikael Ymer n’ont su renverser un joueur bien trop revanchard. Accédant à la demi-finale et finalement battu par Gaël Monfils, Kokkinakis a d’ores et déjà réussi son tournoi et s’est prouvé à lui-même qu’il était temps de refermer la page Challengers et revenir ainsi démontrer son talent sur le circuit ATP.

Thanasi Kokkinakis lève le point rageur, après avoir battu Mikael Ymer en quart de finale du tournoi d’Adelaïde 2022, sa ville natale.

171ème mondial en attendant la mise à jour du classement lundi -qui devrait le faire grimper de plusieurs places- Thanasi Kokkinakis est prêt pour son come-back. « Quand on a du talent, on se doit d’en faire profit« , arguait ainsi le Joker dans The Dark Knight. C’est bien le maître mot qui caractérise le joueur australien, criant de facilités et d’une puissance redoutable, Kokkinakis semble avoir retrouvé ses sensations de jeu et sa rage de vaincre. 2022 doit être l’année de la renaissance pour lui, la passerelle d’ancien talent à joueur confirmé et régulier. L’enchaînement des matchs, les performances contre ce même type de joueurs qu’il a battus à Adelaïde doivent être réitérées et son talent, telle une bombe à retardement, explosera tout naturellement.

Agé de seulement 25 ans, le talent d’origine grecque a encore le temps d’éclore. La saison précédente lui a sans doute permis de retrouver son physique et de reprendre goût au tennis. Un sport qu’il a longtemps adulé et cru pouvoir en être une des figures montantes. D’autres étoiles naissantes scintillent sur le circuit depuis et des joueurs indéniablement plus réguliers et solides que lui à l’heure actuelle. Mais tout vient à point à qui sait attendre. Et Thanasi Kokkinakis a sagement attendu, a durement travaillé pour revenir. Son seul talent ne suffira pas pour le porter vers des objectifs élevés, sa mentalité de battant et les rudes épreuves qu’il a traversées l’ont rendu plus fort sur ce point et forgé une véritable carapace. Le jouer au premier tour (il devrait bénéficier d’une wild card) de l’Open d’Australie ne sera assurément pas un cadeau. L’heure de la revanche a sonné pour lui et nous prenons le pari que vous entendrez de nouveau parler de Thanasi Kokkinakis dans les prochaines semaines.

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