Sports hiver

Championnats du monde handisport d’hiver : La belle moisson française

Depuis presque deux semaines, l’Equipe de France de ski et snowboard handisport participait aux Championnats du monde de handisport d’hiver. Ils se sont terminés hier, le 23 janvier. Retour sur la quinzaine des Français, pleine de victoires, podiums et espoirs à quelques semaines des Jeux Paralympiques de Pékin.

Pour la première fois de l’histoire, les Championnats du monde de para-ski et para-snowboard regroupaient l’intégralité des épreuves. Ainsi, les skieurs alpins, nordiques et snowboardeurs se sont retrouvés pour pratiquement 15 jours de compétition à Lillehammer en Norvège. Initialement prévus en 2021, le covid avait fortement impacté les compétitions de handiski l’année dernière. Il y avait beaucoup moins d’étapes de coupe du monde qu’à l’ordinaire, voire aucune dans certaines disciplines. De plus, la Norvège avait rapidement interdit toutes les épreuves sportives sur son territoire, ce qui avait d’ailleurs modifié les calendriers d’autres sports.

Mais ce n’était que partie remise. Cette année, ils ont bien eu lieu. Le seul problème étant peut-être leur proximité avec un autre grand événement de handisport à venir : les Jeux Paralympiques. Cela a donc un peu chamboulé le rythme classique des saisons. Les skieurs vont enchainer deux grosses compétitions. De plus, cela met en concurrence cette nouveauté qui devait être un grand moment du handiski avec l’événement phare du handisport, les Jeux Paralympiques ayant lieu uniquement une fois tous les quatre ans. Mais à un peu plus d’un mois des Jeux, ces championnats du monde ont fait office de répétition générale.

Les skieurs alpins français en grande forme

Il n’a fallu attendre qu’une course pour voir deux français se parer d’or en ski alpin. Dès la descente, Marie Bochet finit sur la première marche. C’est également le cas de Hyacinthe Deleplace et son guide Valentin Girault-Moine. C’était la première compétition où le détenteur du gros globe de la saison passée était associé à l’ancien descendeur.

Valentin Girault-Moine était l’un des descendeurs les plus prometteurs de l’Equipe de France de ski alpin. Il se révèle vraiment en prenant la deuxième place de la descente de Kvitfjell en 2016. Et puis c’est la consécration lors de son podium sur la mythique descente de Kitzbuhel en 2017. Sa carrière prend un tournant une semaine plus tard. Il chute violemment à Garmisch-Partenkirchen et se blesse fortement. Il lui faut presque deux ans pour remonter sur les skis en compétition après des greffes sur ses deux jambes et un quasi miracle médical. Après une saison 2020-2021 en Coupe d’Europe où il finit premier, il annonce sa retraite en septembre 2021, alors qu’il avait réussi à retrouver la coupe du monde grâce à ses résultats au niveau inférieur.

« Je suis rassuré de notre entente, c’était ma première course et on gagne. C’est génial »

Valentin Giraud-Moine à propos de leur première victoire en binôme pour Le Dauphiné Libéré

Désormais associé à Hyacinthe Deleplace, suite à sa demande, pour les épreuves de descente et Super-G, il entame une reconversion dorée. En effet, après la descente, ils s’imposent sur le Super-G. Après une carrière en athlétisme couronnée de deux médailles de bronze aux mondiaux 2013 et d’une participation aux Jeux Olympiques de Londres, c’était le premier titre mondial pour Hyacinthe Deleplace, qui a commencé le ski lors de la saison 2016-2017. Il gagne un dernier titre à Lillehammer, avec son guide de toujours Maxime Jourdan, cette fois-ci en super-combiné. A deux, ils prennent également le bronze en slalom géant.

Marie Bochet ne se contente pas d’une victoire. Celle qui débutait les Championnats du monde avec 20 titres continue de remplir son armoire à trophées. Après la descente, la porte-drapeau des Jeux Paralympiques de Pyeongchang remporte le slalom géant. Pas de grand chelem cette fois-ci, contrairement aux mondiaux 2013, 2015 et 2019, mais la Française a rappelé qu’il faudrait compter sur elle d’ici quelques semaines à Pékin. Elle finit également troisième de l’épreuve de Super-G, dont elle est l’actuelle leader de la coupe du monde, et finit deuxième du super-combiné. Malheureusement, elle ne participe pas aux dernières épreuves, la faute à une blessure à l’épaule lors de l’entrainement du slalom. Il faut désormais espérer qu’elle guérira rapidement et sera en forme à Pékin.

De son côté, Arthur Bauchet débute moins fort que ses compatriotes. Il commence par faire deuxième derrière l’Autrichien Markus Salcher, qui est l’un de ses principaux concurrents. Il sort lors de l’épreuve de Super-G. En slalom géant, il termine une deuxième fois avec la médaille d’argent. Mais le quadruple médaillé d’argent aux Jeux Paralympiques de Pyeongchang ne se contente pas de cette couleur à Lillehammer. Il garde ses titres acquis aux mondiaux 2019 en slalom et super-combiné.

La dernière médaille en alpin vient de Victor Pierrel. Contrairement aux précédents, celui-ci participe en catégorie assis. Il finit deuxième du slalom pour ce qui est son premier podium en carrière, coupe du monde et championnats du monde confondu. Habitué au top 10 depuis le début de la saison, cela vient conclure son excellent début de saison de la plus belle des manières.

Des autres français en lice Jordan Broisin est certainement celui qui fait la plus belle compétition avec ses quatre top-10 (5ème en Super-G, 6ème en descente, 8ème en slalom géant et 9ème en slalom). Oscar Burnham est de son côté auteur de deux top-10 (7ème en Super-G & 8ème en slalom). Manoel Bourdenx prend quant à lui la 9ème place du Super-G et la 6ème du super-combiné. Arrivé en cours de mondiaux suite à cause du covid, Jules Segers commence par une 23ème place en slalom géant et prend ensuite la 14ème place du slalom pour ses premiers championnats du monde. En catégorie assis, Lou Braz-Dagand finit 7ème du super-combiné et 5ème en slalom géant.

Snowboard, les favoris tiennent leur rang

Maxime Montaggioni et Cécile Hernandez arrivaient aux championnats du monde en grands favoris. En effet, les deux français sont tous les deux leaders de la coupe du monde dans leur catégorie. Et les deux snowboardeurs ont tenu leur rang à Lillehammer. A deux, ils comptabilisent 4 médailles sur 5 possibles. Il n’y a qu’en épreuve par équipe qu’ils ne sont pas montés sur le podium.

Maxime Montaggioni termine les championnats du monde double champion après s’être imposé sur le banked slalom et en snowboard-cross. Mais il ne s’agissait pas de ses premières victoires en championnats du monde. En effet, il était déjà triple champion après son titre en 2017 et son doublé en 2019.

De son côté Cécile Hernandez commence par une seconde place en banked slalom. Quelques jours plus tard, elle suit les pas de son coéquipier et termine sur la première marche du podium en snowboard-cross. Il s’agit de son premier titre mondial dans cette discipline, après ses deux titres en banked slalom en 2015 et 2019.

L’ancienne internationale en BMX peut également fêter autre chose que son titre mondial en cette fin de mondiaux. En effet, elle n’était toujours pas sûre d’être du voyage à Pékin. Normalement dans la catégorie LL1, celle-ci a été supprimée pour les prochains Jeux Paralympiques. Un faux problème pour la snowboardeuse de 47 ans atteinte de sclérose en plaques. Cela ne l’a certainement pas empêché d’être sacrée la saison dernière en LL2, catégorie pour les personnes pourtant atteintes d’un handicap plus léger. Après un long moment d’attente, son changement de catégorie a été validé après une bataille judiciaire. Elle tout comme, Brenna Huckaby, sa principale rivale et double championne olympique à Pyeongchang, seront donc normalement bien du voyage à Pékin.

Les skieurs nordiques et biathlètes à la recherche de l’or

En ski nordique, le triple champion olympique Benjamin Daviet ne s’impose pas dans les épreuves individuelles. Cela n’était pas une grande surprise. En effet, bien que participant aux épreuves de ski nordique, le Français est plutôt spécialisé en biathlon dernièrement et n’est jamais monté sur un podium dans cette discipline de l’hiver. C’est d’ailleurs dans cette discipline qu’il a obtenu ses titres olympiques en individuel, même s’il est multiple champion du monde en ski nordique.

Le skieur du Grand Bornand finit deux fois à la troisième place, en middle 10 km et individuel 12,5 km. En nordique, il ne parvient pas à faire face à la concurrence russe qui s’empare de 7 médailles sur les 9 possibles dans sa catégorie. Ce sont également eux qui emportent la totalité des médailles d’or en catégorie debout en biathlon. Ils gagnent 6 médailles sur les 9 possibles, faisant à chaque épreuve debout un doublé.

Alexandre Pouyé, Anthony Chalençon, Brice Ottonello et Benjamin Daviet en argent en ski nordique aux championnats du monde de handisport d'hiver 2021 à Lillehammer
L’équipe de France composée d’Alexandre Pouyé, Anthony Chalençon, Brice Ottonello et Benjamin Daviet finit 2ème du relais open en ski nordique (Samuel Andersen)

Le Français acquiert une dernière médaille, celle d’argent en relais open en binôme avec Anthony Chalençon accompagné de ses deux guides Alexandre Pouyé et Brice Ottonello.

Après des mondiaux particulièrement réussis, les Français mettent le cap sur la Suède. En effet, ils ont tous une dernière étape de coupe du monde le week-end prochain. L’occasion de faire les derniers réglages avant les Jeux Paralympiques qui se dérouleront à Pékin à partir du 4 mars 2022. Après de tels mondiaux et leur début de saison, les motifs d’espoir de les voir briller en Chine sont grands.

crédits image titre : Equipe de France handiski

Pour le récap du week-end en sports d’hiver, c’est ici : L’hebdo sports d’hiver du CCS #7 : de belles performances avant les JO !

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