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Matteo Berrettini, l’homme qui profite de l’absence de Djokovic

Alors qu’il a l’un des parcours les plus difficiles de cette quinzaine, l’Italien a déjà envoyé un signal en écartant Carlos Alcaraz, au terme d’un duel acharné. Malade au premier tour puis soulagé par l’Imodium qu’il a pris pour lutter contre ses douleurs à l’estomac, Matteo est en très grande forme sur le sol australien. Après avoir éliminé successivement deux Américains, Nakashima puis Kozlov, Berrettini vient d’éliminer les deux derniers compatriotes de Nadal en la personne d’Alcaraz et de Carreño Busta et le dernier représentant français, Gaël Monfils.

Un joueur à nouveau explosif

L’Italien, numéro 7 mondial, arrive en pleine confiance sur la fin de ce tournoi. Fort de son succès en 5 sets contre Carlos Alcaraz, Berrettini réussit son premier test avec brio. Bien en place et avec un coup droit toujours plus salvateur, Matteo se présenta face à Carreño Busta, affamé. 57 coups gagnants plus tard, le numéro 7 mondial avait avalé l’Espagnol en 2h et 22 minutes de jeu. Alors qu’il aurait peut-être dû retrouver sa bête noire de l’année passée en Grand Chelem, Novak Djokovic, il a affronté le Français, Gaël Monfils en quart de finale pour un duel de puissants, gagné par le Transalpin en 5 sets.

Pour rappel, sur la saison 2021, Novak Djokovic avait battu l’Italien en quart de finale de l’US Open et de Roland-Garros, et en finale de Wimbledon. À l’Open d’Australie, il avait dû déclarer forfait pour son 1/8 de finale. Alors oui, la grosse information, c’est que Matteo est sûrement l’un des joueurs qui doit profiter de l’absence de l’actuel numéro un mondial. Premier Italien à se qualifier en demi-finale à l’Open d’Australie, il ne lui reste plus que 2 matches, pour peut-être devenir le nouveau prince de Melbourne et rentrer dans la mythique cour des vainqueurs de Grand Chelem.

Une palette technique effrayante

Le service est l’une de ces grandes forces. Nombreux sont les joueurs qui n’ont pas réussi à retourner les missiles de l’Italien. Matteo possède l’une des mises en jeu les plus solides du top 10. Sur les deux premiers sets contre Carreno Busta, Berrettini n’a vu seulement 50% de ses services revenir en jeu. Il déclara à la fin de son match : 

« Quand mon service fonctionne, c’est toujours bon pour mon tennis. »

Avec son coup droit, il en envoie des parpaings, mais au-delà de cette puissance folle, Matteo a cette qualité à trouver les lignes et les bons angles qui donnent un plus à cette arme fatale. Ce coup fort peut-être aussi être enrichi lorsqu’il ajoute de l’effet, le rendant très difficilement jouable. Mais ce qui durcit la tâche pour l’adversaire, c’est sa capacité à donner beaucoup de profondeur à sa balle, injouable. Très attaché à ce coup, l’Italien n’hésite pas à tourner de nombreuses fois au tour de son coup droit pour dégainer la foudre.

Matteo Berrettini, surnommé le marteau

Joueur très offensif et déterminé, le Marteau tape la balle très tôt pour étouffer son adversaire en ne lui accordant aucuns moments de répits. Il n’hésite pas non plus à reprendre la balle en demi volée quand le jeu l’impose pour submerger l’opposant.

Sa recette spéciale ? Un service sur l’extérieur, qu’il ajoute à un coup droit surpuissant si la balle lui revient.

Bien qu’il s’efforce d’utiliser son revers slicé qui est devenu l’une de ces armes pour contrer les offensives adverses et se donner du temps pour se replacer. Il maîtrise très bien la puissance de ses adversaires avec son revers, pour contrer leurs offensives et les déborder. Certes, son revers n’est pas aussi tonitruant mais il n’a plus a en avoir honte. Bien mieux réglé que lors de ses dernières années, l’Italien peut s’en servir comme point d’attaque pour surprendre l’adverse.

Mat, de son surnom est un joueur qui n’hésite pas à conclure au filet et volleye très bien. Sa capacité à couvrir l’espace est excellente au filet avec son grand gabarit
Pas maladroit, il a un bon touché qui rend ses amortis imprévisibles et salvateurs quand elles sont jouées dans le bon timing.

Le transalpin connaît quelques faiblesses tout de même. Avec son grand gabarit, il manque peut-être parfois de justesse dans ces déplacements, mais cela reste rare tant le colosse a travaillé sa mobilité. À l’échange, il a pu montrer certaines lacunes si l’adversaire fait jeu égal avec lui le poussant à revoir son plan pour trouver une autre solution.

Un joueur lucide

Dans les moments clé, Matteo joue intelligemment et ne faiblit pas !
Il a cette lucidité à prendre son temps et à se poser juste avant d’attaquer les phases importantes du match. Si vous êtes observateur, sa respiration changera avant de jouer les points les plus cruciaux du match. De toute manière, il se connaît très bien et sait avant tout que pour remporter le match, les moments charnières sont les plus importants. 

Contre Alcaraz par exemple, il faut rappeler qu’il menait deux sets à zéro avant de se voir contraint de disputer un 5e suite à la capacité de l’Ibérique à venir contrer son jeu. Alors à l’entame du super tie-break, Matteo savait qu’il ne déjouerait pas et met vite l’adversaire sous pression. Il avance avec confiance en utilisant ses acquis pour montrer que l’expérience joue un grand plus dans ces moments-là. Il s’en est sorti une nouvelle fois contre Monfils en revenant à son meilleur niveau à l’entame du 5e set pour faire la course en tête très tôt.

Ce puncheur possède aussi une hargne impressionnante qu’il exprime grandement lorsqu’il empoche un jeu ou un set compliqué par un rugissement qui doit en effrayer plus d’un. À voir, ça calme, mais cela en dit long sur la puissance qu’il a en lui.

Un jeu pour toutes les surfaces

Avec une belle palette, Matteo est un joueur qui se rapproche des plus grands par sa capacité à savoir développer ses qualités sur toutes les surfaces.

Attiré par le gazon et la terre battue plus jeune, il s’est forcé à apprécier les surfaces dures dont l’Open d’Australie qui est l’une des surfaces les plus rapides du circuit. Avec de solides références sur gazon où il a disputé la finale de Wimbledon l’année passée contre Djokovic, Berrettini est devenu un joueur multi-surface. Comptant des titres sur gazon et terre battue, il ne lui en manque seulement sur dur, chose qui ne devrait pas tarder.

Depuis 2022, Matteo Berrettini fait partie des joueurs qui ont disputé un quart de finale dans tous les Grands Chelems, devenant ainsi le 10e joueur en activité à réaliser cet exploit. 

Un homme revanchard et affamé

Ses blessures du passé lui ont fait franchir un cap, notamment son forfait lors de l’Open Australie 2021. Il s’est poussé pour revenir en forme et cela l’a beaucoup motivé.

Son mental de gagnant peut être traduit en chiffre. En Grand Chelem, il a remporté 6 des 7 matches qu’il a disputés en 5 sets. Sur l’Open d’Australie 2022, il a remporté deux matches en 5 sets, en ayant empoché les deux premiers sets avant de baisser en régime, il a su remettre du carburant dans le 5e set afin de redevenir le soldat impassible que l’on connaît.

En plus d’être en couple avec la belle australienne, Ajla Tomljanovic, l’éblouissant transalpin, tiens l’Australie dans son cœur. Il laisse entrevoir l’idée que son parcours australien signifie quelque chose. Peut-être qu’il est un peu superstitieux ce Matteo.

« Mais je crois qu’il y a une raison à tout ce qui arrive et j’ai souhaité revenir le plus vite possible et la façon dont j’ai gagné aujourd’hui montre à quel point ce tournoi me tient à cœur. »

Il confie d’ailleurs que sa fiancée l’a aidé dans son tennis, car depuis qu’il a entamé cette idylle, son tennis est très bon, au point de remporter le titre à Melbourne, la réponse d’ici quelques jours.

Mateo a les cartes en main pour représenter l’Italie sur les sommets du tennis masculin. Chez les hommes, la dernière victoire transalpine en Grand Chelem remonte à une victoire d’Adriano Panatta en 1976 sur la terre battue de Roland-Garros, ce qui peut commencer à paraître très long.

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