CAN 2021

CAN 2015 : Quand Ebola sème la zizanie

Cette année 2022, la coupe d’Afrique des Nations est au centre des débats, et principalement à cause de la situation sanitaire liée au Covid-19. Mais l’Afrique n’en est pas à son coup d’essai. En effet, le virus Ebola avait déjà précipité l’Afrique dans la panique il y sept ans, en 2015. Entre problèmes organisationnels et matchs aux scénarios rocambolesques, retour sur une coupe d’Afrique des Nations singulière.

Une épidémie qui prend de l’ampleur

Avec plus de vingt ans sans CAN à domicile, le Maroc a la chance d’organiser la plus grande des compétitions africaines à l’occasion de l’édition 2015. La préparation pour ce grand événement commence de manière classique pour le Maroc qui performe dans ses matchs amicaux avec une équipe alléchante. On peut notamment citer quelques joueurs bien connus en Europe comme Medhi Benatia, Nordin Amrabat ou encore l’ancien gunner Marouane Chamakh.

Cette préparation place le Maroc comme un sérieux concurrent pour le titre grâce à ses performances, comme l’écrasante victoire face au Bénin (6-1) à seulement deux mois du début de la compétition. En parallèle se déroulent les qualifications pour l’ensemble des autres pays africains. Et la surprise provient du Nigeria. En effet, le champion d’Afrique en titre est éliminé avant même la phase finale. L’Algérie, de son côté, est l’équipe qui semble le plus se démarquer après ces matchs de qualification, avec cinq victoires et une défaite, et dans la dynamique d’un mondial 2014 réussi.

Résumé des seize équipes qualifiés pour la CAN // Crédits : Idé

Cependant, à l’été 2014, la principale préoccupation n’est pas le football mais le virus Ebola qui frappe de plus en plus de pays du continent. L’épidémie part de la Guinée et s’étend au Sierra Leone, au Liberia et au Nigéria. Ce virus est fortement contagieux et extrêmement létal. De nombreux pays d’Afrique et d’Europe craignent alors que le virus arrive par voie aérienne. Ce problème est d’autant plus important que la Guinée fait partie des équipes qualifiées pour cette CAN.

Des tensions entre la CAF et le Maroc

Au niveau politique, le Maroc est proche et soutient les pays atteints par Ebola. Une commission sanitaire est mise en place dès le mois d’août 2014 pour se préparer en vue de la compétition, se déroulant en janvier 2015. Malgré cette commission, la Fédération marocaine demande, au mois d’octobre 2014, le report de la CAN pour éviter la propagation du virus. Le Maroc propose alors de jouer la compétition lors de l’été suivant, dans l’espoir que l’épidémie s’arrête avant. Les discussions entre la CAF et le Maroc sont longues et compliquées.

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L’épidémie du virus Ebola a frappé l’Afrique de plein fouet. // Crédits : LP

Après trois longues semaines, la confédération africaine décide de retirer l’organisation de la CAN 2015 au Maroc pour la donner à la Guinée équatoriale, déjà co-organisatrice de l’édition 2012. Mais surtout, la CAF décide de suspendre la sélection marocaine pour les deux prochaines coupe d’Afrique des nations, en 2017 et en 2019. Cette décision est extrême et place la sélection marocaine dans une situation quasiment jamais vu auparavant.

En réaction, le Maroc saisit le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester cette décision. Cependant, c’est seulement en avril 2015 que le TAS se prononce. Le Maroc est autorisé à participer à la CAN 2017 et à la CAN 2019 mais aucun dédommagement ne peut être donné quant au retrait de l’organisation de la compétition.

Une édition finalement sans le Maroc

C’est donc sans le Maroc que commence la coupe d’Afrique des Nations 2015. La phase de groupe se distingue par la présence d’un véritable groupe de la mort composé du Sénégal, du Ghana, de l’Algérie et de l’Afrique du Sud. L’Afrique du Sud et le Sénégal ne se qualifient pas au tour suivant, avec notamment une « finale » lors de la dernière journée entre le Sénégal et l’Algérie. Les Fennecs s’imposent 2-0 avec des buts de Mahrez et Bentaleb. Cette phase de groupe voit aussi une rareté footballistique. En effet, la Guinée et le Mali sont à une égalité parfaite en deuxième place après les trois matchs de groupe. C’est au tirage au sort que la Guinée se qualifie pour le tour suivant.

Le match le plus intriguant de la phase à élimination directe reste le derby entre le Congo et la République Démocratique du Congo. Le Congo mène facilement (2-0) mais la RDC renverse la rencontre en inscrivant quatre buts en seulement 25 minutes. Cette CAN marque l’histoire avec une finale et une séance de pénaltys d’anthologie. Cette finale oppose la Côte d’Ivoire et le Ghana. Dans son effectif, le Ghana contient le meilleur joueur et le meilleur buteur de la compétition : Christian Atsu et Andre Ayew. Mais la victoire finale revient aux Elephants de Côte d’Ivoire qui s’imposent 9-8 aux tirs au but. Le pénalty décisif est d’ailleurs tiré par le gardien ivoirien, Boubacar Barry Copa.

C’est ainsi que se termine une édition hors du commun qui voit la Côte d’Ivoire s’imposer au bout du suspens. Tandis que le Maroc, qui aurait pu organiser la compétition pour la deuxième fois de son histoire, s’est fait retirer de la compétition par la CAF. Cette situation semble bien familière aujourd’hui avec la crise du Covid-19. Et on peut regretter que la CAF n’ait pas su apprendre de ses erreurs lors de la cette première crise sanitaire. Cela aurait pu éviter de nombreux imbroglios dans l’édition 2021, notamment au sujet des tests à fournir pour chaque équipe.

Crédits photos de couverture : Maroc Foot

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