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Les 70s : l’âge d’or du rugby gallois

Dans les années 1970, le XV du poireau était considéré comme la meilleure équipe d’Europe. La bande de Gareth Edwards impressionnait chaque année dans le Tournoi des V nations. Retour sur l’âge d’or du rugby gallois.

Comme ils le chantent avant chaque rencontre depuis 1968, les Gallois défendent la terre de leurs ancêtres. Leur hymne rend hommage à de « braves guerriers si nobles et si vaillants », des caractéristiques qui définissent bien les internationaux gallois qui ont dominé pendant une décennie le rugby européen dans les années 1970.

8 sacres en 11 éditions

Les hommes mentent, pas les chiffres. Les Gallois remportaient huit Tournois des V nations entre 1969 et 1979. Cette époque est marquée par des dominations outrageuses dans le rugby. Dans le championnat de France, le grand Béziers terrassait toutes les équipes qui empruntaient le tunnel de Sauclières. Au niveau international, c’est le XV du poireau qui dictait sa loi, non pas au Millenium ou Principality Stadium mais à l’Arms Park de Cardiff. Les coéquipiers de Gareth Edwards remportaient l’édition de 1969 avec un bilan de trois victoires, et un match nul face au XV de France de Pierre Villepreux. Leur domination était ensuite devenue incontestable lors des Grand Chelems de 1971, 1976 et 1978.

Une décennie de domination.

Le pays de Galles remportait l’édition de 1970 à égalité avec le XV de France, à l’époque les équipes n’étant pas départagées par le goal-average. Malgré leur domination et la victoire finale en 1972, ils ne disputaient que trois rencontres. Le conflit nord-irlandais venait perturber et mettre fin prématurément au Tournoi. Quelques mois plus tard, les Dragons rouges atomisaient les Wallabies 24-0 à Cardiff. En 1974, tandis que Richard Anthony était amoureux de sa femme, le téléphone pleurait et l’Irlande réussissait l’exploit de remporter le Tournoi après trois victoires et un match nul. Durant l’année 1979, le Racing Club Narbonnais soulevait son second Brennus, tandis que les Gallois remportaient le 31e Tournoi de leur histoire, avant de vivre deux décennies plus compliquées.

Deux Tournois légéndaires

Si vous avez tout bien suivi, une question doit vous traverser l’esprit : qu’en est-il des éditions 1973 et 1977 ? En 1973, chaque équipe parvenait à remporter ses deux matchs à domicile et s’inclinait lors de ses deux déplacements. Par conséquent toutes les équipes affichaient le même bilan et terminaient ex-aequo. Si le goal-average avait été pris en compte à cette époque, les Gallois auraient été désignés vainqueurs. Ils s’étaient imposés face à l’Irlande et l’Angleterre mais s’étaient inclinés en Ecosse et au Parc des Princes, face au XV de France de Walter Spanghero.

Le classement final du Tournoi 1973 (Capture d’écran Wikipédia)

En 1977, les Français venaient encore jouer les trouble-fêtes. La bande à Fouroux réalisait un exploit monumental, inégalé et inégalable. Le XV de France réussissait le grand Chelem en utilisant seulement 15 joueurs et sans encaisser le moindre essai. Pour vaincre les tenants du titre gallois, les tricolores avaient une stratégie. Elle était contée par le trois-quarts centre de l’époque Roland Bertranne sur l’antenne de France 3 en 2017.

Crédit vidéo : France 3

Des individualités et un regret

De cette époque, chez les Gallois, outre le palmarès, il reste des individualités qui ont marqué l’histoire de leur sport. Si avoir un paquet d’avants conquérant était indispensable pour dominer à cette époque, l’injustice de ce sport fait que les noms qui sont restés sont ceux des trois-quarts. Le plus célèbre d’entre eux étant Gareth Edwards, qui composait la charnière avec Barry John puis Phil Bennett. Le demi de mêlée est le seul rugbyman des années 1970 à entrer dans la discussion pour être désigné meilleur joueur de l’histoire à son poste. C’est dire l’empreinte qu’il a laissée. Le deuxième non qui nous vient en tête est évidemment celui John Peter Rhys (ou plutôt JPR) Williams. S’il était l’un des meilleurs tennismen gallois à son époque, il faisait finalement carrière dans le rugby. Il détient encore à ce jour, les plus célèbres rouflaquettes de l’histoire de l’ovalie, juste devant Maxime Médard.

Des années 1970 ils restent donc des individualités, mais aussi un regret. Celui de ne pas avoir pu vaincre les All-Blacks. Les deux équipes se sont affrontées deux fois et les Néo-Zélandais s’étaient imposés à deux reprises d’une courte tête en terre galloise. Ils l’avaient emporté 16-19 en 1972 et 12-13 en 1978. Ces courtes défaites face aux Kiwis laissent un goût d’inachevé pour une nation qui n’a plus vaincu les All-Blacks depuis 1953. Maigre consolation pour certains gallois, l’exploit réalisé par les Barbarians Britanniques en 1973 et une victoire 23-11 sur les hommes en noir. Avec notamment l’incroyable essai de Gareth Edwards, « The greatest try ever scored », et la célèbre tirade du commentateur de l’époque Cliff Morgan.

« The greatest try ever scored » (Les XV de France de 1991 et 1994 rigolent)

Sur cette action de légende, 7 joueurs touchent le ballon, parmi eux 6 Gallois, avec à la conclusion, comme un symbole, la légende Gareth Edwards. Phil Bennett relance grâce à ses appuis, il transmet à JPR Williams, qui survit à un attentat pour donner à son tour au talonneur anglais John Pullin. L’intrus de la bande retrouve le centre gallois John Dawes qui atteint la ligne médiane et sert son compatriote Tom David. Le flanker retrouve son compère de la troisième ligne Derek Quinnel. Le numéro 8 n’a pas les cannes pour finir, c’est Gareth Edwards qui se charge de conclure cette action entrée dans la légende. Elle est la symbolique parfaite de cette période, où de nombreux joueurs talentueux composaient l’équipe du pays de Galles.

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