JO 2021

Le biathlon, au bon souvenir de 2018 ?

Notre revue des chances de médailles des tricolores se poursuit. Aujourd’hui, au programme, le biathlon. En 2018, à Pyeongchang, les biathlètes de la délégation tricolore avaient rapporté 5 médailles dont 3 en or et deux en bronze. Bis repetita à Pékin ?

Les Français et Françaises du biathlon nous offriront-ils autant de bonheur qu’en 2018 ? Beaucoup d’entre nous se souviennent de la victoire de Martin Fourcade en Individuel, devançant d’un demi-ski, Simon Schempp. Chez les filles, Anaïs Bescond avait particulièrement brillé et était repartie de Corée avec trois médailles, deux avec les relais et une lors de le la Poursuite. Cette année, les rêves sont de nouveaux permis. L’objectif étant de faire au moins aussi bien qu’il y a 4 ans.

Chez les hommes, Quentin Fillon-Maillet et Émilien Jacquelin en tête d’affiche

Que dire sur cette équipe masculine de biathlon ? On va commencer par poser les bases et dire des choses simples. Quentin Fillon Maillet est le premier au classement général de la coupe du monde. Simple. Le deuxième ? Émilien Jacquelin. Basique. Comme le dit Orelsan « Après avoir fait le tour du monde, tout ce qu’on veut c’est être à la maison ». Quentin et Émilien aussi, mais avec le plus de médailles autour du cou. Revenons aux choses sérieuses. Cette saison, les deux tricolores dominent la coupe du monde par leur régularité. Orphelins de Martin Fourcade, les Bleus font néanmoins parti des plus forts du monde. Mais les Jeux Olympiques sont spéciaux. Ce n’est pas le plus régulier qui l’emportera mais bien le plus fort le jour J. Derrière eux, Simon Desthieux, 9e du classement général, et Fabien Claude (12e) représenteront la France. Malgré quelques derniers jours de courses plus compliqués pour notre équipe de France, notamment en Italie, on espère qu’ils auront tous réussi à se préparer de la meilleure des façons possibles pour nous ramener le maximum de médailles.

  • L’individuel

La course la plus ancienne du Biathlon sera la première (ou seconde en cas de relais mixte samedi) pour ces messieurs. Cet effort de 20km, où les biathlètes effectuent cinq tours de piste ponctués par quatre séances de tirs, est l’exercice où les meilleurs tireurs seront à leur avantage puisqu’une cible ratée équivaut à une pénalité d’une minute et non un tour de pénalité. Depuis le début de saison à Ostersund, seuls deux Individuels ont eu lieu. Le premier en Suède et le second à Antholz en Italie. C’est Simon Desthieux qui s’en est le mieux sorti puisqu’il s’est invité sur le podium en Suède et a pris la 6e place en Italie.

Les autres résultats sont un peu moins flatteurs. Quentin Fillon Maillet a signé un Top 10 à Ostersund (8e place) tandis que Fabien Claude et Emilien Jacquelin ont respectivement accroché une huitième et dixième place. C’est peut-être l’exercice que les Bleus apprécient le moins si l’on oublie Simon Desthieux très performant. En Chine, le pas de tir sera soumis à de forts vents et cela viendra déstabiliser l’ensemble des biathlètes. Le favori de l’épreuve se nomme Sturla Laegreid. Le Norvégien l’a emporté en Suède et a pris la cinquième place en Italie. C’est aussi lui qui possède le pourcentage le plus élevé au tir cette saison.

Mais le vent pourrait bien redistribuer les cartes. Simon Desthieux semble être le Français le mieux placé pour accrocher une médaille. Moins rapide sur les skis, il lui faudra sûrement un 19/20 minimum pour espérer monter sur la boîte. Rendez-vous mardi 8 février à 10h pour le début de cet Individuel.

  • Le Sprint 

3 tours de piste, un tir couché, un debout et 10 km à effectuer. Le Sprint est la plus courte épreuve et met l’accent sur la vitesse. Cette fois-ci, les biathlètes devront effectuer un tour de pénalité en cas d’erreur sur le pas de tir, soit 25 secondes de pénalité environ. Pour espérer remporter l’Or olympique, les Français devront réaliser le tir parfait. Une erreur pourrait être fatale pour la victoire, peut-être pas pour le podium. Toujours est-il que QFM et Émilien Jacquelin s’annoncent en favoris. Deuxième et troisième du classement de la spécialité (à seulement 1 point et 4 points de Samuelsson), les deux Français joueront assurément la gagne. Il faudra à Quentin assurer son tir couché qui lui fait parfois défaut.

Face à eux le principal danger pourrait être Johannes Boe. Oui mais voilà le Norvégien est à l’isolement puisqu’il est cas contact. Sera-t-il présent le jour de la course ? Rien n’est moins sûr. Si sa présence était confirmée, Johannes pourrait bien venir perturber les ambitions françaises. Le plus petit des frères Boe a fait de ces Jeux son ambition de cette saison, délaissant complètement la coupe du monde. Sa vitesse sur les skis pourrait lui permettre de combler ses quelques balles ratées s’il venait à en rater. Samuelsson est redescendu de son nuage de novembre (il avait remporté les deux premiers Sprints) et semble être entré dans le rang, mais il faudra toujours garder un œil sur lui. Pour Desthieux, Claude et Guigonnat, les résultats obtenus cette saison dans la spécialité ne laissent malheureusement pas présager de médailles. Rendez-vous le samedi 12 février à 10h pour ce Sprint homme.

  • La Poursuite

Ce sera la deuxième course en deux jours et elle sera déterminée par le Sprint. En effet, lors de la Poursuite, comme son nom l’indique, les biathlètes vont s’élancer à tour de rôle. Mais pas dans n’importe quel ordre. C’est le classement de l’Individuel et le temps entre chaque athlète qui définit l’ordre de départ. Il est donc très important de réussir le Sprint pour espérer avoir une chance lors de la poursuite. Seuls les 60 premiers du Sprint sont autorisés à s’engager lors de la poursuite. Et cette épreuve convient parfaitement à Quentin Fillon-Maillet. C’est simple, depuis le début de l’hiver, le natif du Jura a remporté 4 des 5 Poursuites disputées cette saison. Une domination sans partage. Au classement de la spécialité, seul Samuelsson qui a terminé deux fois deuxième et une fois troisième parvient à suivre le Français. On rappelle que le Suédois avait remporté la médaille d’argent dans cette épreuve en 2018.

Mais la forme actuelle aperçue notamment à Oberhof ou Ruhpolding plaide en la faveur de QFM. Si Quentin parvient à passer les tirs couchés à environ 30 secondes des hommes de tête, il sera redoutable. Un autre Français adore ce format c’est Emilien Jacquelin. Double champion du monde en titre, Emilien excelle lorsqu’il faut se confronter directement sur la piste avec les autres biathlètes. Il a déjà signé deux podiums depuis le début de l’hiver et veut à tout prix garder son titre mondial. Simon Desthieux est également plutôt à l’aise avec ce format, lui qui part souvent bien placé mais qui est rattrapé par son niveau de ski. Martin Fourcade s’était imposé en 2018, on espère que son successeur s’appelle Emilien, Quentin ou Simon. Les trois hommes en ont les moyens. Rendez-vous le dimanche 13 février pour cette Poursuite.

  • La mass start

La course des rois. L’affrontement ultime entre les biathlètes. 30 hommes au départ, sans écart de temps, avec un seul objectif : être sacré champion olympique de la mass-start et ainsi succéder à Martin Fourcade. Ils seront 30 au départ et auront tous, à des degrés différents, des chances de monter sur la boîte pour remporter une médaille. Cette saison, Emilien Jacquelin avait remporté la première mass start devant son public au Grand Bornand, devançant de 3 secondes son compatriote Quentin Fillon-Maillet.

La deuxième, c’est l’allemand Benedikt Doll qui l’avait emporté devant Johannes Boe et Laegreid, tandis qu’Antonin Guigonnat signait sa meilleure performance de l’hiver et terminait au pied du podium. La mass start est la course de tous les possibles. C’est peut-être le format que préfère Émilien Jacquelin. Les courses d’un jour, il adore ça. Mais Johannes Boe également. Quoi qu’il en soit, nos Français seront sans aucun doute de sérieux prétendants à la victoire lors de cette mass-start. Cette dernière course masculine aura lieu le vendredi 18 février à 10h.

Chez les femmes, le danger vient de partout

Nos biathlètes féminines n’ont (presque) rien à envier à leurs homologues masculins. Même si aucune d’entre elles ne figure sur le podium du classement de la coupe du monde, elles sont quatre dans le Top 12. Une densité qui pourrait leur permettre d’aller chercher des médailles comme elles sont allées s’inviter sur de nombreux podium cette saison. Justine Braisaz-Bouchet est 7e, Anais Chevalier-Bouchet 8e, Anaïs Bescond, la grande dame de 2018, qui revit cette saison, est 9e tandis que Julia Simon est 12e.

  • L’individuel

Même chose que pour les garçons mais en plus court puisque l’Individuel se court sur 15km chez les femmes. Comme chez les hommes, seulement deux Individuels ont eu lieu jusqu’ici cette saison. À Ostersund, lors du premier week-end de course, les Bleues étaient passées à côté tout simplement puisque c’est Anaïs Bescond qui avait terminé première française avec une 28e place. Mais elles se sont très bien reprises lors de l’Individuel d’Antholz. Justine Braisaz-Bouchet l’a emporté (signant ici son premier succès de l’hiver) juste devant Julia Simon ! Un superbe doublé qui prouve que l’équipe de France peut avoir d’énormes ambitions concernant cet Individuel.

C’est sur le pas de tir que les Françaises devront être le plus vigilantes, notamment Julia Simon, qui a parfois des errances qui lui coûtent très cher. Face à elles, d’excellentes tireuses comme Marketa Davidova ou Lisa Theresa Hauser, qui vont un peu moins vite sur les skis, mais qui sont souvent plus à l’aise sur le pas de tir. Juge de paix ce lundi 7 février à 10h. Pourquoi ne pas espérer un doublé comme en Italie ? Elles en ont les moyens et il serait décevant de ne voir aucune de nos Bleues sur le podium.

  • Le Sprint

Difficile de rêver d’or ici pour nos Françaises tant la concurrence excelle dans cette spécialité. Il y a eu des podiums cette saison : Anaïs Chevalier-Boucher à Ostersund, Justine Braisaz Bouchet à Hochfilzen, Anaïs Bescond au Grand Bornand ou encore Julia Simon à Oberhof. Nos quatre biathlètes ont réussi à monter sur la boîte, mais jamais sur la plus haute marche. En cause ? Marte Olsbu Roeiseland, les sœurs Oeberg ou encore Hannah Sola. La Norvégienne fait office de grande favorite puisqu’elle a remporté deux des trois derniers sprints et a terminé deuxième à Ruhpolding. Excellente en ski (5e temps au général ainsi qu’aux tirs (2e meilleure tireuse cette hiver à près de 92% de réussite), Roeiseland part avec un avantage sur toutes ses concurrentes. Alimbekava, Hauser ou les sœurs Oeberg joueront des places sur le podium avec nos Françaises. La course aura lieu le vendredi 11 février à 10h.

  • La Poursuite

La Poursuite dépendra bien évidemment des résultats de nos Bleues lors du Sprint. Mais nos Françaises ont plutôt bien réussi lors de ces courses cet hiver. Les deux Anaïs étaient montées sur le podium à Ostersund. Puis c’est Julia Simon qui a terminé deuxième au Grand Bornand tandis qu’Anaïs Bescond accrochait une sixième place. À Oberhof, pas de podium mais une quatrième place pour Julia Simon juste devant Anaïs Chevalier-Bouchet.

Enfin, à Ruhpolding, c’est Anaïs Bescond qui a pris une très bonne quatrième place. Les 3 femmes occupent d’ailleurs la sixième, septième et huitième place du classement du petit globe de cette Poursuite. Classement dominé par Roeiseland, devant les sœurs Oeberg, Alimbekava et Hauser. Avec un pas de tir où le vent sera vraisemblablement conséquent, les meilleures skieuses pourraient être avantagées en cas de loterie sur le pas de tir. Julia Simon et Justine Braisaz-Bouchet pourraient être avantagées. La Poursuite femme aura lieu le dimanche 13 février à 10h.

  • La mass-start

La course des reines. Ce sera la dernière course du biathlon. Une fin en feu d’artifice pour notre équipe de France ? On l’espère. Justine Braisaz-Bouchet pourra compter sur ses skis pour tenter de combler ses faiblesses au tir. Elle qui possède le meilleur temps de ski cette saison, aura un véritable coup à jouer si elle parvient à limiter les fautes sur le pas de tir. Julian Simon, quant à elle, est un peu la semblable d’Emilien Jacquelin chez les hommes. Elle adore les courses d’un jour et la mass-start semble être la course qui lui convient le mieux. La preuve, devant son public, à Annecy, elle avait pris la deuxième place derrière Elvira Oeberg. À Antholz, trahie par son tir et ses 3 fautes (comme de trop nombreuses fois cet hiver) elle avait réussi à prendre la dixième place néanmoins. Symbole de la marge que possède Julia.

Quant à Anaïs Chevalier-Bouchet, elle est également montée sur le podium d’une mass-start cette saison. C’était en Italie, à Antholz. Un peu moins forte sur les skis, celle qui dispute ses deuxièmes Jeux Olympiques de sa carrière, peut compter sur un meilleur tir pour essayer d’accrocher un podium. La concurrence sera rude, mais nous pouvons compter sur elles. Cette dernière course aura lieu le samedi 19 février à 10h.

Le relais Mixte

Ces Jeux d’hiver débuteront par le relais mixte. La première des onze épreuves de la quinzaine pour la discipline. L’équipe de France a choisi de présenter ses meilleurs atouts pour lancer au mieux ces JO de Pékin. Ce samedi à 10h, c’est Anaïs Chevalier-Bouchet qui lancera le relais, avant Julia Simon, Emilien Jacquelin et enfin Quentin Fillon Maillet. Cette saison, un seul relais mixte a eu lieu. Et nous ne pouvons pas en tirer d’énormes conclusions pour les tricolores puisque seule Julia Simon était présente à Oberhof lors de la troisième place des Bleus. Malgré cette inconnue, le directeur des équipes de France, Stéphane Bouthiaux a annoncé la couleur concernant ce relais : « On vise à minima une médaille. Avec les deux meilleurs mondiaux chez les garçons et deux filles dans le Top 10 (de la coupe du monde), bien sûr qu’on a cette ambition ». Tenant du titre, le relais bleu aura fort à faire face aux Norvégiens, Suédois, Russes, Allemands ou encore Biélorusses. Autant d’équipes qui visent le Graal. Tout autre résultat qu’une médaille lors de cette épreuve serait vécu comme une contre-performance.

Le relais hommes

Viser l’Or semble compromis tant le titre semble destiné à la Norvège. Les frères Boe, Laegreid et Christiansen présentent le meilleur quatuor de la planète et ont remporté deux des trois relais auxquels ils se sont présentés avec cette composition d’équipe. Les Bleus devraient eux se présenter avec Fabien Claude en premier relayeur, suivi de Simon Desthieux, Emilien Jacquelin et Quentin Fillon-Maillet pour terminer le boulot. Ce sont d’ailleurs les Bleus qui se sont classés deux fois deuxièmes derrière les intouchables norvégiens. Mais ils n’étaient pas très loin, à seulement. 10 secondes la première fois et 20 la seconde fois. Avec eux, les Russes, Suédois et Allemands devraient se disputer le podium. Les Français semblent légèrement au-dessus de ces trois équipes mais la vérité de la coupe du monde n’est pas celle des Jeux Olympiques. Pour essayer de battre la Norvège, les Bleus vous donnent rendez-vous le mardi 15 février à 10h.

Le relais femmes

Les Bleues seraient-elle favorites pour ce relais des Jeux Olympiques ? Le classement des relais pourrait laisser entendre que oui. En effet, les filles occupent la première place du classement général des relais cette saison. Leurs résultats parlent pour elles. Deux victoires à Oberhof et Ruhpolding et deux troisièmes places à Hochfilzen et Antholz. Plus encore que ces résultats, c’est la manière dont elles les ont obtenus qui marquent. Le relais qui devrait être constitué d’Anaïs Chevalier-Bouchet, Anais Bescond, Julian Simon et Justine Braisaz-Bouchet n’est aps celui qui l’a emporté à Ruhpolding par exemple. En effet, ce jour-là, Chloé Chevalier était la deuxième relayeuse. Elle faisait également partie du relais qui a pris la troisième place à Hochfilzen en Autriche.

France’s team (L to R) Justine Braisaz-Couchet, Julia Simon, Anais Chevalier-Bouchet and Anais Bescond celebrate after winning the women’s 4×6 km relay competition at the IBU World Cup biathlon event at Ostersund Ski Stadium in Ostersund, northern Sweden, on December 05, 2021. Sweden OUT (Photo by Fredrik SANDBERG / various sources / AFP)

Lors du relais à Antholz, où les filles sont arrivées troisième, c’est Paula Botet qui faisait partie du relais cette fois-ci. La preuve que ces six femmes ont le niveau pour espérer conquérir l’Or Olympique et qu’elles ont la chance de pouvoir compter non pas sur 4 biathlètes mais sur 6 femmes qui peuvent tous avoir à peu près le même niveau de performance en cas de méforme pour l’une d’entre elles. Il faudra faire attention à la Suède notamment. Les Suédoises, emmenées par les sœurs Oeberg, sont montées trois fois sur le podium cette saison. Tout autre résultat qu’un podium serait une énorme déception, la médaille d’Or serait la cerise sur le gâteau mais elles en sont largement capables. Rendez-vous le mercredi 16 février à 8h45.

Le Biathlon dans ces Jeux Olympiques, c’est 11 courses et autant de médailles possibles. Que ce soit chez les hommes avec les leaders du classement général que sont Quentin Fillon-Maillet et Émilien Jacquelin. Ou chez les femmes avec le quatuor Bescond, Simon, Chevalier-Bouchet et Braisaz-Bouchet qui se place systématiquement sur les podiums de toutes les courses. Nos biathlètes français tenteront de faire aussi bien voire mieux qu’en 2018. Ils en ont les moyens, mais les Jeux Olympiques sont toujours spéciaux, alors attention aux mésaventures.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :