MMA

ARES, enfin le chemin vers la démocratisation du MMA en France?

Janvier 2020 : Roxana Maracineanu, ministre des sports, annonce enfin la légalisation du MMA en France. Cette annonce a soulagé une belle partie de la population qui, depuis déjà quelques années, s’intéressait à la discipline sans pouvoir pleinement la pratiquer. Deux ans plus tard, le MMA continue à se développer à vitesse grand V dans l’Hexagone. Le superbe run de Ciryl Gane y joue un rôle prépondérant, mais Fernand Lopez, son coach et accessoirement le créateur de l’ARES Fighting Championship, est sûrement LE plus grand promoteur de la discipline.

ARES, jeune et prometteuse fédération

L’ARES a vu le jour en 2019, et s’est établie d’entrée de jeu parmi les promotions à suivre dès la légalisation du MMA. Fernand Lopez, son créateur, a pu s’appuyer sur ses contacts internationaux notamment obtenus grâce à son centre d’entraînement, le MMA Factory, qui a vu passer les incontournables Ciryl Gane et Francis Ngannou bien sûr, mais aussi Ion Cutelaba, et plus récemment le talent français Nassourdine Imavov.

Près d’un an après la création de la fédération, le premier évènement de l’ARES, sobrement nommé « ARES 1 » prend place à Dakar (Sénégal) le 14 décembre 2020. 5000 spectateurs viendront assister à ce show, mêlant jeunes talents français et combattants internationaux d’expérience. On a par exemple pu assister aux combats des frères Lapilus et de Nassourdine Imavov mais aussi à celui de l’espoir national, Oumar Kane dit « Reug-Reug« .

Les deux évènements suivants se sont récemment déroulés en France, respectivement à Levallois-Perret et à Paris. On a également pu découvrir de nouveaux combattants, qui obtiennent petit à petit une certaine notoriété pour les fans assidus du sport. Et à cette allure, quelle est la limite pour le bijou de Fernand Lopez? Puis surtout, quelles sont les conséquences directes et indirectes du « buzz » dont a profité l’ancien combattant professionnel?

La France, un paradoxe pour le MMA

Même si la reconnaissance du MMA en France n’est pas une grande surprise, il faut dire que tout a accéléré très rapidement. La montée en puissance du Bon Gamin, la rivalité entre Lopez et son ancien disciple Francis Ngannou, tout était bon pour mettre la lumière sur ce qui entoure le MMA Factory, de près ou de loin. Déjà présenté à l’occasion d’un UFC Embedded sur Ion Cutelaba, on s’est attardé davantage sur le centre d’entraînement parisien avant ce duel des titans pour la ceinture des poids-lourds dont vous avez tous entendu parler, sans exception j’imagine!

Touristiquement parlant, la France a toujours joui d’une excellente réputation, grâce à son romantisme, sa classe… ces « stéréotypes » sont surtout l’image de Paris, qui regroupe tous ces éléments et qui contraste avec la violence, la robustesse des arts martiaux mixtes. Nombreuses de nos salles sont spacieuses, modernes, peuvent accueillir des événements sportifs de grande envergure et Dana White aurait préféré que le choc des titans se déroule dans la capitale française, dans laquelle se trouve également le MMA Factory (vous avez compris où je veux en venir).

En effet, le directeur des opérations de l’UFC, Lawrence Epstein, en avait déjà parlé avec le big boss. Mais certains problèmes, dont le COVID, les ont obligé à trouver une autre solution. Paradoxalement, l’arrivée tardive du MMA sur le territoire français contraste avec le succès des évènements d’arts martiaux mixtes. Toujours d’après les mots du directeur des opérations, l’UFC compte 550 000 fans en France, ce qui en fait le deuxième marché européen le plus lucratif, après le Royaume-Uni qui est un atout considérable et qui détient un vivier de talents assez conséquent.

La recette du succès (?)

Si nous combinons les deux éléments résumés précédemment, le MMA en France aura enfin la représentation qu’il mérite. Avec la montée en puissance de Fernand Lopez, nul doute que de gros combattants internationaux devraient se bousculer pour y combattre. Si on pousse la comparaison un poil plus loin, on pourrait même voir l’ARES comme un « Cage Warriors à la française ». Le Sniper (Nassourdine Imavov) a pu compter sur sa victoire face à l’ancien pensionnaire de l’UFC Jonathan Meunier pour intégrer les rangs de la tribu de Dana (White). Si d’autres talents français parviennent à se démarquer, les scouts de l’organisation numéro une n’auront pas de mal à intégrer de nouveaux prospects dans le roster…

D’autant plus que depuis l’ARES 3, les évènements de la fédé parisienne sont retranscrits en direct sur l’UFC Fight Pass, disponible à travers le monde et comptant 250 000 abonnés en 2017 (croissance estimée à 28% annuels jusqu’en 2020). Et si l’UFC ne s’y intéresse pas d’entrée, il sera possible d’accéder au Cage Warriors, ou à d’autres fédérations mondiales (ONE au Singapour, Bellator aux US, Pancrase au Japon…). La décision de légaliser le MMA en France permet donc d’enfin donner du terrain aux acteurs du sport afin de montrer aux autres leur façon de pratiquer, avec la professionnalité qu’on lui exige.

Il est sans dire que le MMA français a de belles heures devant lui. Légalisation sur le terrain en 2020 et parcours héroïque de Ciryl Gane, les étoiles semblent s’aligner pour promettre de grands moments et de belles histoires dans les prochaines années. Mais ne serait-ce pas le temps également de prendre ses marques et de s’imposer mondialement plus tard? On peut se laisser tenter par ARES, et une hypothétique montée en puissance à l’image du Bon Gamin, pour au moins l’imaginer égaler le Cage Warriors? Avec les annonces de l’UFC et d’un « show annuel » sur les terres françaises, l’UFC semble bien comprendre l’intérêt que pourrait susciter la France. Mais ce dont on est sûr, c’est qu’elle ne sera pas la première fédération à le réaliser, puisque le Bellator a déjà ouvert sa billetterie pour son show le 6 mai 2022 à l’AccorHotel Arena de Paris, qui verra Cheick Kongo, l’un des plus grands combattants français, tenter de dérober la ceinture des poids-lourds à l’ancien de l’UFC, Ryan Bader!

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :