Écosse

Scottish Premiership : le Celtic de nouveau leader

Le Celtic Glasgow s’est imposé largement (3-0) dans le « Old Firm », contre son plus grand rival les Rangers, mercredi 2 février. Au Celtic Park, les hommes de Postecoglou reprennent la tête du championnat grâce à un Reo Hatate décisif. 

La joie des joueurs du Celtic Glasgow après leur victoire contre les Rangers. Getty images.

Du vent, soixante mille spectateurs, de la bière et un magnifique You’ll Never Walk Alone. Toutes les conditions étaient réunies pour que le Old Firm se déroule à merveille. Mettant fin à une série de sept matchs consécutifs sans victoire contre les Gers, les Celts possèdent désormais un petit point d’avance sur leur dauphin. Retour sur l’un des derby mondialement connu. 

Celtic – Rangers, épisode 427

Emmenés par un Reo Hatate des grands soirs, les coéquipiers de Joe Hart (ancien gardien de Manchester City) frappent un grand coup dès la 5e minutes. Suite à un corner mal renvoyé par la défense, le milieu de terrain japonais place une reprise extérieur du pied qui termine sa course dans le petit filet. La première mi-temps est à sens unique. Georgios Giakoumakis profite d’un ballon repoussé par McGregor, pour placer une tête puissante, mais n’arrive pas à tromper la vigilance du portier écossais. Héroïque une fois de plus sur une nouvelle frappe de l’attaquant grec, McGregor sort une parade de grande classe. Avec seulement un tir cadré en première période les Rangers n’existent pas et cèdent une deuxième fois (42e minutes) par l’intermédiaire d’Hatate, suite à une belle frappe enroulée de l’extérieur du but. Deux minutes plus tard (44e minutes), le milieu de terrain japonais est encore à l’origine du troisième but avec un centre bien repris par le jeune Liel Abada (20ans), dans une défense complètement aux abois. Le Bhoys mène 3-0 à la mi-temps dans un Celtic Park en ébullition. 

La seconde période est plus équilibrée, les coéquipiers de James Tavernier, joueur le plus remuant des Rangers, se montrent dangereux en premier avec une frappe sèche qui passe au-dessus de la cage de Joe Hart. D’une nouvelle frappe somptueuse, de l’extérieur de la surface, Ryan Jack pense sauver l’honneur des siens, mais le ballon vient heurter la transversale du portier anglais. Sur un coup-franc excentré, le Celtic met une dernière fois à contribution McGregor qui repousse la balle en corner. Le dernier assaut Rangers termine par une tête de Connor Goldson qui passe légèrement au-dessus du but. Avec un tout autre visage les hommes de Van Bronckhorst (Rangers) n’ont pas réussi à faire trembler les filets des verts et blancs qui repassent devant au classement. 

Ambiance de feu au Celtic Park, Getty Images

L’histoire du Old Firm

Le « Old Firm game » est le surnom du derby entre les deux ténors du football écossais, Celtic et Rangers. Il signifie littéralement « Vieille combine ». L’origine donnée au derby entre les deux équipes remonte au XXe siècle. L’un des deux clubs prêta un jour un gardien de but à l’autre pour pouvoir disputer un match de coupe face à Hibernian, le club d’Edimbourg. Un journaliste local, outré par ce procédé peut commun déclare que c’est une « Old Firm ». Aujourd’hui, la complicité historique à bien disparue. La rivalité entre les deux équipes et leurs confrontations (3 minimums par an) donnent souvent lieu à des faits inattendus ou exceptionnels. Les premiers incidents apparaissent en 1909 lors de la finale de la Coupe d’Écosse à Hampden, le stade de l’équipe nationale. La finale s’est terminée à 2-2, les prolongations ayant été refusées pour pouvoir rejouer le match, la foule envahi le terrain. 

Le Celtic et ses supporteurs sont associés aux mouvement catholiques, ils soutiennent leur île natale l’Irlande, qu’ils ont du quitter pour fuir la famine des années 1840. Du côté des Rangers, les supporteurs s’associent au mouvement protestants, attachés à l’Empire. Dans une Écosse déchirée par les luttes religieuses, politiques, nationales et sociales, les deux clubs de Glasgow illustrent les profondes fractures idéologiques. Le soutien à l’Irlande leur à même valu une menace d’expulsion du championnat pour avoir laissé flotter le drapeau irlandais à Celtic Park. De leur côté, les Light Blues mettent en avant le drapeau du Royaume-Uni. Sur la base de ces convictions antagonistes et alimentées par la rivalité locale, le derby de Glasgow est au fil des années devenu de plus en plus tendu. Séparées par seulement 5 kilomètres, les deux équipes s’affrontent 427 fois dans l’histoire. Le nombre de victoires le plus élevé revient aux Rangers avec 167 contre 160 pour le Celtic. Concernant les matchs nuls, ils sont au nombre de 100. 

Deux dates ont profondément marqué l’histoire de cette affrontement. L’une d’entre elle est malheureusement meurtrière. En effet, les faits se déroulent le 2 janvier 1971, au Ibrox Stadium, le Celtic ouvre la marque après 89 minutes. Se voyant perdre la rencontre, les supporteurs des Rangers commencent à quitter les travées de leur stade alors que Colin Stein égalise. Un mouvement de panique s’installe, la barrière du célèbre escalier 13 cèdent. Le bilan est lourd, 66 tués, 200 blessés. Parmi les victimes on compte beaucoup d’enfants. Le « mythe du but de Stein » est encore aujourd’hui bien présent dans les mémoires écossaises. 

Quelques années plus tard en 1980, la finale de la coupe d’Ecosse oppose comme souvent les deux grands rivaux. Elle est à nouveau marquée par un évènement tragique. Dans les tribunes, usant de champs et de slogans, les supporters ne manquent pas d’idées pour railler, voire blesser ceux de l’équipe adverse. Le Celtic sort vainqueur de ce match. Les Bhoys décident de célébrer le titre sur la pelouse en compagnie de leurs joueurs. Problème, les fans des Rangers entrent également sur le terrain pour en découdre. Les affrontements sont violents, retransmis directement à la télévision nationale. Une scène qui choque toute l’Écosse. Seule une amende de 20 000 livres sera attribuée à chaque club. 

« Le Celtic FC contre le Rangers FC est l’un des matchs les plus explosifs du football. Vous pouvez sentir l’atmosphère, vous pouvez goûter la tension. C’est vraiment difficile à expliquer. Ce sont deux clubs qui se méprisent, c’est politique, c’est profond » raconte Danny Dyer, présentateur d’une émission sur le houliganisme dans différents pays d’Europe. 

Un match populaire qui rapporte

Malgré les déboires possibles, cette rencontre est financièrement intéressante pour les clubs. Un rapport de 2005 de l’Institut Fraser of Allender de l’Université de Strathclyde a examiné les impacts monétaires du Celtic et des Rangers au cours de la saison 2003/2004. Il a constaté qu’ils avaient généré le triple des revenus par les festivals d’Édimbourg, créant au passage, 3 056 emplois. Les chiffres incluent l’argent dépensé par les fans lors des matchs, ainsi que les voyages et la nourriture. Les matchs qui se déroulent au minimum trois fois chaque saison, sans compter les affrontements en Coupe, génèrent 120 millions de livres sterling par an pour l’économie. 

Comme l’expliquait Martin Bain, ancien président du club des Rangers, « ce rapport montre que les deux clubs sont des institutions et ont une grande influence sur la société, non seulement en termes économiques, mais plus généralement pour leur place dans la communauté ». Aucun match n’a été joué entre la saison 2012 et 2015. Pour cause, les Glasgow Rangers sont rétrogradés en 4e division. En proie à de graves difficultés financières, les Gers évoluent pendant 4 saisons consécutives, hors de la Premiership écossaise. Les dettes totales du club s’élèvent à 134 millions de livres (soit 166 millions d’euros). Et si le Celtic enchaîne les titres depuis que les Rangers sont descendus, comme le révèle le site DH, « selon le directeur du club Peter Lawwel, le coup de moins bien des Rangers a coûté une cinquantaine de millions d’euros de manque à gagner au Celtic ». 

Quid de l’avenir ? 

En 2015, a lieu la première rencontre depuis trois ans entre les deux protagonistes. Victoire 2-0 des Celts à domicile en demi-finale de League Cup, remportée cette année-là contre Dundee United en finale. Par la suite, les rencontrent s’enchainent, sur les 27 derniers matchs de 2015 à 2022, le Celtic en remportent 15. De son côté, les Rangers remportent 9 matchs contre le Celtic dont 7 en championnat et 2 en Scottish Cup depuis l’année 2015. Enfin, on compte seulement 3 trois matchs nuls entre les deux équipes, les trois en championnat. Profitant de la relégation de son plus grand adversaire, le Celtic revient très proche au nombre de victoires, toujours détenu par les Rangers (167).  

Pour lutter plus férocement, le Celtic s’est offert l’attaquant grec Georgios Giakoumakis contre la somme de 2,5 millions de livres, le 1er septembre 2021. Paraphant un contrat de cinq ans. En provenance du SBC VVV Veenlo, il ne peut empêcher la relégation de son équipe classée 17è (sur 18) d’Eredivisie la saison dernière. Il termine néanmoins meilleur buteur de la saison avec 26 réalisations et 2 passes décisives, loin devant les 19 buts et 8 passes décisives de la pépite néerlandaise Donyell Malen aujourd’hui transférée à Dortmund. Gêné par une blessure au genou, Giakoumakis effectue sa première apparition (17 minutes), en League Europa, face au Bayer Leverkusen (défaite 0-4), dernière défaite en date du club écossais. Son adaptation est ralentie mais pour sa première titularisation, il ouvre son compteur but à la 34e minute du match contre St. Johnstone, au Celtic Park.

Une nouvelle blessure au genou fin novembre l’éloigne des terrains pendant un mois. Depuis sa reprise à la compétition le 17 janvier, il reste sur deux buts en quatre rencontres. Bien loin des standards de la saison précédente, l’attaquant grec n’arrive pas pour l’instant, à faire oublier les absences du japonais Furuhashi Kyogo (14 matchs pour 8 buts cette saison) et du suisse Ajeti Albian (7 matchs pour 2 buts cette saison). Il s’est exprimé en conférence de presse pour le match contre Dundee United au sujet de ses performances : « Je ne doute jamais de moi car je crois en mes capacités. J’ai une grande motivation. J’ai eu une période difficile pendant les six premiers mois, mais je suis resté pour m’entrainer pendant les jours de repos de mes coéquipiers. Je devais rester pour me remettre en forme ». En espérant une meilleure condition physique pour la fin de saison, l’international grec compte toujours modifier la hiérarchie des attaquants. 

https://www.sofoot.com/giakoumakis-a-toute-vvvitesse-495235.html

La course aux statistiques n’est pas prête de se terminer. Alors qu’il reste encore 8 journées de championnat, le vainqueur de cette saison palpitante est loin d’être défini. Eliminés en phase qualificative de Ligue des Champions par Midtjylland, les Hoops auront à coeur de se qualifier l’année prochaine pour les phases de groupe, affaire à suivre

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