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Surprises ! jusqu’au SuperBowl

Ça y’est, le fantasque Pro Bowl est passé, plus que quelques jours avant LE moment de la saison, le SuperBowl. Le cinquante-sixième du nom va donc mettre aux prises les Rams de Los Angeles et les Bengals de Cincinnati. Autant la franchise californienne semblait programmée pour l’occasion, autant la présence de celle de l’Ohio a étonné l’ensemble des observateurs de la NFL. Les Bengals ont déjoué tous les pronostics cette saison. Cependant, ils sont loin d’être les premiers à rallier la finale contre toute attente. Le XXIème siècle lui-même a déjà été le théâtre d’un tel conte de fées. Retour sur des performances qui semblent aller au delà de l’entendement.

New York Giants saison 2007, « oublies que t’as aucune chance »

Pour reprendre les mots de la franchise elle même, la saison 2007 a été l’une des plus réussies, enrichissantes et mémorables de l’histoire des New York Giants. Pourtant l’année précédente ne prévoyait rien de ce genre. Un bilan de huit victoires et huit défaites pour un pauvre petit tour de playoffs perdu. Eli Manning est de plus en plus vu comme un bust, souffrant de la comparaison avec ceux de son année de draft et avec son frère cadet. Le départ de la saison 2007 n’annonce rien de bon non plus. Deux défaites contre Dallas et Green Bay avant d’amorcer un revirement incroyable. Les Giants vont alors remporter quatorze de leurs dix-huit prochains matchs. Sans être flamboyant, l’équipe de Tom Coughlin va vivre une histoire à la Cendrillon. Un bilan de dix victoires et six défaites, les plaçant juste derrière Dallas dans la NFC Est et leur offrant les playoffs.

Eli Manning à la baguette face aux Dolphins à Wembley. USA TODAY Sports

New York arrive en playoffs sur la pointe des pieds. Eli Manning n’a jamais gagné de match en janvier. De plus, les Giants doivent passer par les wild card. Face aux Buccaneers de Tampa Bay, ils vont avoir du retard à l’allumage. Un premier quart atroce et ils tirent de l’arrière. Manning va alors prendre son rythme, trouver ses cibles pour finalement l’emporter 24 à 14, à l’extérieur. Premier exploit. Le divisional round apparait comme du plus pour la franchise de la grosse pomme. Personne ne s’attend à ce que les Giants gagnent, ni même donnent beaucoup de difficulté aux Cowboys, ayant perdu les deux matchs de la saison régulière contre eux. Aussi, Dallas enregistrait le retour de son receveur numéro un Terrell Owens. Mais la vérité des playoffs n’est pas la même. L’indiscipline des texans va leur jouer des tours et au terme d’un combat acharné, les Giants vont s’imposer à la surprise général à Dallas, 21 à 17. Personne n’y croit mais New York est en finale NFC. C’est dans un froid glacial (moins dix-huit degrés ressenti) que les Packers de Green Bay accueillent les Giants. Pour certains, ce match va constituer un des meilleurs affrontements de playoffs de l’histoire. La défense des Giants va parvenir à faire déjouer Brett Favre et l’emmener lui et son équipe en prolongations.

Le froid du Lambo Field. USA TODAY Sports

Moment qui va confirmer l’image de « flingueur » dans la carrière de Favre. Celui-ci, dans un moment de panique va lancer une interception fatidique. Corey Webster va subtiliser ce ballon permettant aux Giants de s’installer dans le camp des Packers. Le kicker Lawrence Tynes, malgré deux échecs précédents, va prendre ses responsabilités et envoyer les Giants au SuperBowl. Le rêve continue. Pour couronner le tout, ce sont les champions invaincus de l’AFC à défier maintenant, les New England Patriots. Seize victoires et zéro défaites, rien que ça. Les Giants sont encore les outsider. Dans un match haché, la décision va avoir lieu dans le quatrième quart. New England mène 14 à 10. Avec seulement deux minutes et quarante secondes à jouer, Eli Manning va mener ses Giants de leur propre ligne de dix-sept yards jusqu’à la ligne de treize yards des Patriots, avec une quatrième tentative réussie. Eli échappe même à un sack d’une manière incroyable et complète une passe pour son receveur David Tyree. Le helmet catch a lieu, cette réception avec le casque entrée dans la légende. Enfin, Manning va se connecter avec Plaxico Burresss pour le touchdown gagnant. New York s’impose 17 à 14 et Manning est élu MVP de la finale. Eli et Peyton Manning deviendront alors les premiers frères quarterback à remporter consécutivement le titre de MVP et le SuperBowl. Les Giants ne sont pas les plus beaux champions mais leur force de caractère et leur courage ont marqué la NFL.

Philadelphia Eagles saison 2017, jusqu’au bout

A l’aube de la saison 2017, Doug Pederson qui amorçait sa deuxième saison en tant qu’entraineur chef des Eagles avait eu toute une phrase à propos de ses protégés. Selon lui, son équipe aurait autant de talent, sinon plus que le champion du SuperBowl 1996, les Green Bay Packers. Il était le quarterback de cette équipe championne. Il est donc plutôt bien placé. Cependant, à cette époque, le discours de Pederson fait rire les suiveurs de la NFL. De la « calinothérapie » ? Et bien pas seulement. Le natif de Bellingham avait plutôt jouer au visionnaire. La suite de la saison de Philadelphie est digne des plus grands scénarios hollywoodiens. Les gars de Philly sortaient d’une saison négative avec sept victoires pour neufs défaites. La saison 2017 sera d’un tout autre acabit, treize victoires pour seulement trois défaites, une domination. Tout roule pour la bande à Peterson. La semaine quatorze est cependant un tournant. Les rapaces dominent les Rams de Los Angeles, obtenant au passage le titre de la NFC Est, mais perdent leur quarterback Carson Wentz qui se déchire les ligaments croisés du genou.

La détresse de Wentz au moment de sa blessure. Robert Hanashiro-USA TODAY Sports

Le vétéran Nick Foles est appelé en renfort. Des débuts sur courant alternatif vont permettre à la défense de s’affirmer. La nuit de Noël, les Eagles dominent les Raiders d’Oakland grâce à cette même défense. Ils scellent en même temps l’avantage du terrain pour l’ensemble des séries avec la NFC dans la poche. Philadelphie accueille alors une solide attaque des Falcons d’Atlanta pour leur premier match de séries. Mais la défense va encore faire la loi et limiter l’attaque menée par Matt Ryan et Julio Jones à seulement dix points. Atlanta manquera une ultime 4ème et goal, offrant le prochain tour aux Eagles. Contre toute attente, la franchise de Pennsylvanie rallie la finale NFC contre les Minnesota Vikings. Voilà le moment de la démonstration. Après avoir laissé les Vikes marquer en premier, Philadelphie ne va plus rien donner. Le tournant du match a lieu dès le premier quart avec le pick-six de Patrick Robinson.

Un pick-six extraordinaire comme tournant du match.

Le reste du match est une démonstration, un Nick Foles en feu inflige 456 yards et 38 points sans réponse. Une victoire éclatante contre l’une des meilleures défenses de la ligue et maintenant le SuperBowl. Le champion en titre, New England, Tom Brady,… du lourd. Très peu pour Philly qui marque la première. Alshon Jeffery est trouvé par Nick Foles. Les Pats demeurent dans le match grâce à leur kicker Gostkowski. Les Eagles sont en feu, un trickplay permet même à Foles de marquer un touchdown à la réception sur une passe du tight-end Trey Burton. Mi-temps, 22 à 12 pour Philadelphie. Dans le troisième quart, les deux équipes se répondent coup sur coup. A une minute du terme, les Patriots sont menés 41 à 33 et avancent vers la end zone Eagles. Tom Brady tente un hail mary avec dix secondes à faire. La défense des Eagles est présente et empêche Rob Gronkowski de capter ce ballon. Les Eagles remportent le SuperBowl LII ! Malgré la blessure de son leader d’attaque, ils parviennent à surprendre tout le monde en remportant ce trophée qui ne leur était clairement pas destiné.

Au bon souvenir de Nick Foles. Matthew Emmons-USA TODAY Sports

Cincinnatti Bengals saison 2021, young, wild and free

Retour en septembre 2021, une équipe de l’Ohio avec un quarterback ancien premier choix au total et qui joue en orange se rend au SuperBowl. A cette période de l’année, beaucoup auraient argué qu’il s’agit de Baker Mayfield et ses Cleveland Browns. Mais non… c’est bien Joe Burrow, premier choix en 2020 avec les Cincinnati Bengals. Mais alors comment ? Comment une équipe ayant terminé la saison dernière avec quatre pauvres petites victoires, un match nul et onze défaites en perdant son QB rookie sur blessure, a réussi à renverser la vapeur aussi vite ? Cincinnati est en avance sur sa reconstruction. Pourtant, les félins ne bénéficiaient pas d’un calendrier facile pour en arriver là. Ils ont pris cette saison par les cornes et se sont hissés au sommet de l’AFC Nord. Le duo Chase-Burrow a alors clairement décidé de taper du poing sur la table. Malgré quelques trous d’air, la troupe de Zac Taylor a relégué au rang de « jeunots » Browns, Ravens et Steelers. Elle a terminé la saison régulière en boulet de canon avec ce feu d’artifice contre les Chiefs de Kansas City en semaine dix-sept. Un bilan de dix victoires et de sept défaites va leur permettre de rallier les playoffs.

Ja’Marr Chase et sa victime du jour en semaine dix-sept Charvarius Ward. Andy Lyons-Getty Images

Sauf que maintenant, un mur se dresse devant les Bengals. Il n’est pas réellement question des Raiders qui ne faisait pas office de monstre effrayant mais d’avantage de la malédiction du mois de janvier. Trente années sans victoire en postseason, la jeunesse de la « Reine de l’Ouest » se doit de tout faire pour vaincre le signe indien. Dès lors, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne vaut mieux pas être cardiaque pour être fan des Bengals. Dans un match haché, Cincinnati va écarter les Raiders sur le score de 26 à 19. Les joueurs de Las Vegas auront la balle pour égaliser dans les dernières secondes mais la défense adverse ne sera pas de cet avis. Premier « ouf » de soulagement dans un Paul Brown Stadium chauffé à blanc. Ensuite, ce sont les leader de l’AFC, les Titans du Tennessee qui se mettent en travers de la route vers Los Angeles. Joe Burrow va alors passer une mauvaise journée, sacké à neuf reprises (un record pour une victoire en playoffs). Le quarterback sophomore va tout de même emmener son équipe en prolongations. Moment choisi par les Titans pour se liquéfier permettant à « Money McPherson » d’entrer en scène, le kicker rookie va crucifier Nashville.

Money.

Dernière embuche avant le SuperBowl et non des moindres, Patrick Mahomes et les siens. Ecrasés en première mi-temps par des Chiefs en feu, les Bengals vont se réveiller. Lou Anarumo va procéder aux ajustements nécessaires pour museler l’attaque d’Andy Reid. Seulement trois points en seconde période. Ja’Marr Chase va une nouvelle fois en profiter pour sortir de sa boîte. Un magnifique touchdown permettant aux Bengals de prendre les devants. Butker offrira tout de même les prolongations à Kansas City. La défense des Bengals va alors remonter le niveau d’un cran en provoquant le turnover décisif. Et là, Joe Burrow va dérouler le tapis rouge à l’inévitable… McPherson. Bis repetita, l’ancien de Florida va de nouveau montrer tout son sang froid pour propulser son équipe en finale. Le titre n’est pas encore acquis pour les Bengals mais que cette saison fut belle pour eux. L’éternel outsider avec sa jeunesse et sa fougue.

Les contes de fées ne sont pas réservés aux enfants. Des gros bonhommes en « armure » peuvent également en vivre et la victoire n’est que plus belle. Giants et Eagles ont eu le plaisir de vivre ce rêve jusqu’au bout en soulevant le trophée Lombardi. Réponse dans la nuit de dimanche à lundi pour les Bengals de Zach Taylor.

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