Basket Draft NBA

Les drafts qui ont marqué l’histoire (Part.2)

Pas encore rassasié, le CCS revient pour une seconde partie sur les drafts NBA qui ont laissé une empreinte indélébile dans l’histoire. Au menu, des joueurs de légende en pagaille, des anecdotes croustillantes, des titres et des récompenses individuelles à en faire craquer la bibliothèque. Grimpez dans le TARDIS avec nous pour une (re)découverte de joueurs, de moments qui nous ont tellement marqué. Un voyage dans le passé avec pour seule direction le plaisir !

Draft 1976

Moses Malone drive sur Robert Parish – Crédits : Trumblr

Faits marquants de la draft 1976

1976 est une année à part dans l’histoire des drafts. Cet été là, le basket américain nous offre deux drafts pour le prix d’une. Avec la fin de l’ABA et de la guerre fraternelle entre les ligues américaines, la NBA absorbe quatre franchises de la NBA (les Nuggets, les Spurs , les Nets et les Pacers). Malheureusement, deux franchises restent sur le carreau pour des raisons financières. Par conséquent, une entité hybride est créée avec la draft de dispersion de l’ABA permettant aux joueurs de ces équipes de rejoindre la NBA. C’est donc deux drafts qui ont lieu en moins de deux mois. Cette anomalie de l’histoire va permettre d’avoir une des drafts les plus riches en talents avec un joli chiffre de sept Hall of Famers.

La draft aux légendes

Avec autant de Hall of Famer, difficile de choisir parmi tous ces emblèmes de la draft 1976. Cependant, un nom semble se détacher de tous les autres.

Moses Malone est choisi en cinquième position de la draft de dispersion. Sa carrière NBA commence réellement après son transfert à Houston, après un faux départ avec les Buffalo Braves. Pivot pas très flashy, Malone est un monstre d’efficacité. Ses statistiques en carrière sont tout simplement monstrueuses. Elle lui ont permis d’inscrire son nom sur bon nombre de tablettes NBA. Troisième au rebonds (17834 rebonds), neuvième en terme de points (29580 points), il affole les compteurs pendant plus de quinze ans. Il est tellement impressionnant et dominant aux rebonds qu’il est surnommé « Chairman of the boards ». Expert du rebond, il devient une véritable référence en la matière, demandez à Charles Barkley. Sa science du rebond ne l’empêche pas d’être un danger en attaque (20,6 points de moyenne en carrière).

Tellement dominant, il rafle trois titres de MVP avec une année à 31,1 points et 14,7 rebonds. Il remporte également un titre en 1983 avec les Philadelphie Sixers. Moses Malone garde une place particulière dans le cœur des supporters. En effet, il est même considéré comme l’un des piliers d’une des périodes les plus fastes de la franchise. Avec treize sélections All-Star, dix équipes ALL-NBA dont deux défensives, Moses Malone s’impose également comme la clé de voute de cette draft 1976. Il rejoint le panthéon du basket en 2001 augmentant ainsi sa légende.

Cette promotion 1976 nous a offert un autre pivot qui régnait déjà dans les raquettes de la ABA. Moins légendaire en NBA, Artis Gilmore cumule tout de même les saisons dans le top 10 des meilleurs rebondeurs et contreurs. Il participe six fois au All-Star-Game. Défenseur ultime, sa coupe afro terrorise les raquettes adverses. Moins talentueux en attaque, il garde une moyenne correcte en carrière (18,8 points par match). Il a longtemps détenu le record de la saison avec le meilleur pourcentage au shoot (59,9%). Ses accomplissements dans les deux ligues lui ont permis d’intégrer la secte de Springfield en 2011.

Artis Gilmore au contre – Crédits : Angel Melendez

Outre ces deux fers de lance, la cuvée 1976 reste dans les annales en raison de son incroyable densité. En effet, plusieurs joueurs issus de cette draft sont devenus des légendes du jeu. Certains ont même réussi à inscrire, eux aussi, leurs noms sur les murs de la Mecque du basket.

Une draft, 7 Hall of Famers

En comptant les deux drafts, l’année 1976 a vu naître sept pensionnaires du temple de la renommée. Après les deux baobabs, la cuvée est le lieu de naissance de deux scoreurs magiques.

Adrian Dantley, rookie de la promo, enflamme la NBA avec sa propension à faire trembler les filets et son footwork magique. D’une régularité incroyable, il réalise huit saisons à plus de 25 points de moyenne dont quatre à plus de 30 points. Deux fois meilleur marqueur, six fois All-Star, il est élu au Hall of Fame en 2008. De son côté, Alex English, tout en finesse et en technique, va devenir un attaquant incontournable des années 1980. Vingtième des scoreurs les plus prolifiques (25613 points), il réussit à dépasser les 2000 points par saison durant huit saisons consécutives, facile. Son manque de titre collectif ne lui a pas permis d’acquérir une renommée plus importante malgré une élégance et une facilité hors-norme. Six fois All-Star et meilleur marqueur en 1983, Il rejoint les grands du basket en 2006.

Pour conclure sur cette cuvée 1976, comment ne pas évoquer Robert Parish ? Joueur besogneux avec quelques moves offensifs, complément idéal, il réussit à se faire un nom parmi les légendes. Très mobile pour sa taille, il participe grandement à trois titres des Celtics au débuts des années 80. Après neuf All-Star-Game, il rejoint le Hall of Fame en 2006.

Draft 1985

Les stars de la draft 1985 – Crédits : definearevolution.com

Faits marquants de la draft 1985

Avec trois Hall of Famers, et un MVP, la classe 1985 n’est pas dénuée d’atout. En plus de grands millésimes, la draft 1985 a offert un nombre de joueurs impressionnants aux plafonds élevés. Surtout, l’année 1985 reste dans les mémoires avec l’introduction de la loterie. David Stern veut mettre définitivement fin aux arrangements entre équipes. Il décide alors de ne plus jouer les premières places de la draft à pile ou face. Système qui sentait bon l’amateurisme, il n’était pas dénué de charmes. Il avait pour avantage de plaire à l’industrie pharmaceutique en dopant les ventes d’anxiolytiques et d’antidépresseurs.

Ce sont les Knicks qui héritent du premier choix. New-York va l’utiliser à bon escient en choisissant la star universitaire de l’époque afin de redorer un blason poli par le temps. Autres éléments à noter, le seul MVP (deux fois) de cette draft ne sera choisi qu’en treizième position. Il devient ainsi, à l’époque, le joueur drafté le plus bas à avoir remporté le trophée Maurice Podoloff.

Deux monstres sans bague

Contemporain de Michael Jordan, Karl Malone réussit tout de même à glaner deux titres de MVP récompensant ainsi une carrière de mammouth. Véritable machine, il ne manque que neuf matchs (sur 1434) en dix-huit ans, sa saison aux Lakers mise à part. Surnommé le « Mailman », il avait la régularité d’un facteur. Enorme scoreur avec son jeu fait de muscle et de puissance, il est toujours le deuxième marqueur de l’histoire avec 36928 points en carrière. Avec quatorze All-Star-Game et onze First Team All-NBA, sa place parmi les plus grands joueurs de l’histoire et fer de lance de cette promotion 1985 ne fait plus aucun doute.

Malheureusement, il ne parvient jamais à ramener le trophée Larry O’Brien au pays du grand lac salé. Si près du but et pour la seconde fois, un Michael Jordan intouchable les prive du graal lors d’un match 6 mythique. Comble de l’histoire, c’est une perte de balle du gros Karl qui amènera quelques secondes plus tard le tir fatal donnant la victoire aux Bulls. Un véritable déchirement pour Malone qui tente une dernière cartouche avec des Lakers All-Star mais vieillissant pour le même résultat final. Sans bague mais avec un CV impressionnant, il est intronisé au Hall of Fame en 2010.

Autre roi sans couronne, le premier choix de cette cuvée, Patrick Ewing nous a offert une carrière impressionnante en faisant inévitablement une égérie de cette classe 1985. Rookie de l’année 1986, il devient un de meilleurs pivots de la ligue faisant des New-York Knicks une place incontournable des années 90 (treize saisons en playoffs sur quinze avec les Knicks). Il est le pilier d’une des meilleures défenses de l’histoire. Mais, il ne se cantonne pas aux besognes défensives en étant également un véritable poison en attaque. Vingt-neuvième du classement des marqueurs, il réalise neuf saisons à plus de 20 points et 10 rebonds. Avec ses onze sélections All-Star et sept All-NBA, « The Beast from the East » est le représentant de ce basket des 90’s. Un basket plus proche des tranchées de Verdun que d’un match des Harlem Globe-trotter.

Ses échecs multiples face à la légende Michael Jordan lors des batailles de l’Est, ne lui permettent pas de jouir de la renommée qu’un tel joueur aurait mérité. Pire encore, après la première retraite de « His Airness », il échoue de nouveau contre les Rockets d’Olajuwon en 1994, lui collant définitivement une étiquette de perdant. Son héritage et sa légende mis à mal, il intègre tout de même le Hall of Fame en 2008.

Une draft talentueuse en soutien

Un troisième membre du Hall of Fame s’est glissé dans classe 1985. Avec sa coupe de G.I mythique, Chris Mullin est lui aussi entré au panthéon du basket. Pourquoi ? Moins connu que ses compères, il a gagné ses lettres de noblesse grâce à un tir extérieur chirurgical. Talent reconnu à l’université, ses débuts en NBA sont plus délicats. Loin de son Brooklyn natal, il sombre peu à peu dans l’alcool. Force de la nature incroyable, il claque une saison à 20,2 points après quarante-huit jours en cure de désintoxication. Joueur ultra complet, il est rentré dans le club fermé des Warriors à plus de 2000 points, 400 passes et 400 rebonds dès sa quatrième année en NBA. Avec cinq sélections All-Star et quatre équipes All-NBA (dont une First Team), il intègre le temple du basket en 2011.

Arrivé sur la pointe des pieds avec une dix-huitième place à la draft 1985, Joe Dumars est un joueur incontournable de cette promotion. Shooteur élite, défenseur hors-pair, il a remporté deux titres avec les Pistons de Détroit. Importantissime, il est élu MVP des finales 1989. Son jeu défensif lui vaut les lauriers de la première équipe défensive All-NBA à quatre reprises. Après six sélections All-star, deux équipes All-NBA, trois finales NBA dont deux victorieuses, il est intronisé en 2006 au Hall of Fame.

Joe Dumars avec les Pistons – Crédits : pixels.com

Draft 1996

Le tableau de la Draft 1996 – Crédits : elgurudelbasket.com

Faits marquants de la draft

La draft 1996 reste sans doute comme l’une des meilleurs promotions en compétition avec les classes 2003 et 1984. Avec huit joueurs nommés dans la première équipe ALL-NBA, elle est la seule cuvée à réussir un tel exploit. Trois MVP, quatre entrées au Hall of Fame viennent conforter son statut d’année légendaire. Mais la cinquantième draft de l’histoire n’a pas tout réussi. Malgré une densité incroyable et un plafond qui tutoie les étoiles, les équipes vont tout de même laisser filer un énorme poisson entre les mailles du filet.

En effet, le musculeux Ben Wallace n’est pas drafté en ce mois de juin 1996. La suite de sa carrière ne peut qu’entraîner une montagne de regrets pour l’ensemble des franchises présentes ce soir-là. Avec le recul, les deux ans passés en deuxième division universitaire peuvent expliquer les raisons de cet oubli. Sa taille (2 mètres 06) pouvait également poser question.

Cependant, « Big Ben » remporte quatre fois le titre de meilleur défenseur de la ligue. Il s’impose contre le patron d’une des meilleurs équipes défensives de l’histoire. En effet, difficile de dépasser les soixante-dix points en affrontant les Pistons du début des années 2000. Cette défense mythique réussit même à amener Détroit au sommet de la ligue en 2004 et en finale en 2005. Avec un tel bilan, il est raisonnable de dire que les scouts de l’époque n’ont pas eu le nez fin, en tout cas, sur la question Ben Wallace.

Ben Wallace sous le maillot des Pistons – Crédits : nascarracemom.com

Une récolte millésimée

En effet, sur le reste, les franchises ont retrouvé leur odorat. Le Top 10 offre à la ligue trois joueurs, MVP et Hall of Famers, qui vont marquer à jamais l’histoire de la NBA.

En première position, les Philadelphie Sixers choisissent Allen Iverson, le lutin magique de Georgetown. Pépite annoncée, « A.I  » ne déçoit pas. D’entrée, il marque la NBA par ses performances hors-norme. Il est le premier rookie à faire cinq matchs consécutifs à plus de 40 points. Ses appuis et son crossover électrique mettent à mal les défenses. « The Answer » fait même ployer les genoux à sa majesté Michael Jordan en personne. Il est logiquement élu meilleur vin de cette cuvée. Jamais freiné à part par ses coéquipiers qu’il traîne comme des boulets, il parvient à être élu MVP de la saison 2001. Surtout, il emmène les Sixers en finale NBA. Il est quatre fois meilleur marqueur de la ligue et trois fois meilleur intercepteur. Son sang-froid et sa rage de vaincre en fond un joueur atypique à la fois indéfendable en attaque et merveilleusement embêtant en défense.

Malgré un gabarit hors de propos en NBA, il laisse une trace indélébile dans le paysage du basket. Assurément, l’influence culturelle d’A.I est sans précédent. Il redore l’image du basket de rue dont il donnait un petit aperçu tous les soirs. Cependant, avec la deuxième moyenne de points en playoffs, il restait un joueur sérieux qui n’a finalement jamais atteint le graal. Un monstre sans bague.

En treizième position, un phénomène lycéen débarque dans la grande ligue. Sélectionné par les Hornets, Kobe Bryant file immédiatement vers les Lakers où il finit sa carrière vingt ans plus tard. Jerry West, aussi habile qu’un cochon truffier, avait senti le bon coup. La carrière est tout simplement phénoménale.

Collectivement, il remporte cinq bagues. Individuellement, il est élu MVP en 2008 et deux fois MVP des finales. La reconnaissance de son talent est tel qu‘il ne quitte jamais la première équipe ALL-NBA de 2002 à 2013 (11 fois). Joueur à la fois spectaculaire avec un sens du show incroyable, il est également un travailleur stakhanoviste sur et en dehors des parquets. Défenseur élite, il met à mal les guards adverses pendant une vingtaine d’années. Il est d’ailleurs élu neuf fois dans la première équipe défensive de l’année. Attaquant génial, il terrorise les défenses adverses avec sa qualité de shoot, sa technique au panier et ses moves acrobatiques (25 points de moyenne en carrière, deux fois meilleur marqueur de la ligue, et un match à 81 points légendaire) .

Personnage attachant, sa disparition en 2020, après un accident d’hélicoptère, laisse un grand vide pour toute la NBA mais également les gens qui la suivent. Désormais, son nom figure au panthéon du basket puisqu’il est intronisé au Hall of Fame en 2020.

Pour compléter ce trio infernal, un des meilleurs meneurs de l’histoire de la ligue est choisi en quinzième position. Steve Nash arrive sur la pointe des pieds en NBA.

Canadien, il ne joue pas dans les grandes conférences universitaires américaines. Malgré de grosses performances, il se fait huer au moment du choix des Phoenix Suns. Ses premières années dans la grande ligue sont difficiles, le reste ne sera que volupté et esthétisme.

Pas très scoreur, Steve Nash est un véritable artisan passeur. Son QI basket au-dessus de la moyenne en fait un des plus grands joueurs de pick and roll que la NBA ait connu. Il finit cinq fois meilleur passeur de la ligue, et avec 10335 passes en carrière, il occupe la quatrième place du classement des passeurs les plus prolifiques. Scoreur moyen, il reste un joueur incroyable en terme d’adresse, le patron en titre du club des 50-40-90 (50% au shoot, 40% à trois points et 90% aux lancers minimum). Son intelligence de jeu et sa créativité lui valent deux titres de MVP (2005 et 2006), malgré des échecs successifs en playoffs. Son nom, lui aussi, a été inscrit sur les stèles de Springfield en 2018.

Une densité inégalée

Le shoot parfait de Ray « Jesus » Allen – Crédits : Wallpaper Cave

La grande force de cette cuvée 1996 réside dans son incroyable densité. En plus de ses quatre Hall of Famers (les trois précités et Ray Allen) et trois MVP, cette promotion nous a offert une flopée de All-Stars aux accomplissements disparates mais au talent certain.

Au premier titre de ceux-là, Ray Allen, sans distinction individuelle majeure, a réussi à graver son nom dans l’histoire de la ligue.

Comment ne pas évoquer Jesus Shuttlesworth, la star annoncée de « He got game » ? Qui a oublié son shoot en coin lors des finales 2013 ? Une arme offensive de pointe alliant la précision chirurgicale au tir et la puissance aérienne. Scoreur infatigable, Ray est resté longtemps le meilleur shooteur à trois points de l’histoire (2973 shoots primés en carrière). Fort d’une longévité incroyable, il se glisse parmi les vingt-cinq scoreurs les plus prolifiques de l’histoire. Loin d’être un joueur unidimensionnel, il maîtrise la panoplie du basketteur, passeur honorable avec un QI basket intéressant, il peut tout autant driver en finissant par un lay-up soyeux ou bien déclencher un assassinat d’arceaux . Sa gestuelle de tir reste une des plus belles aperçue en NBA.

Deux titres, deux All-NBA et dix fois All-star semble dérisoire face à l’héritage laissé par l’ex joueur d’UConn. Son intronisation au Hall of Fame en 2018 vient consacrer une carrière pleine.

Draft 2009

Le tableau de la draft 2009 – Crédits : Reddit.com

Faits marquants de la draft 2009

L’envie de parler d’une draft plus récente nous titillait. Des choix cornéliens s’offraient à nous entre recul nécessaire, qualité de la draft et anecdotes croustillantes. Indéniablement, la cuvée 2009 coche l’ensemble des cases. Seulement treize ans plus tard, les accomplissements individuels et collectifs des joueurs de cette promotion s’avèrent d’ores et déjà à la hauteur.

Surtout, montée à l’envers, cette classe démontre la difficulté d’anticiper la suite des évènements. En réalité, le métier de scoots NBA relève plus de la voyance et la perception extrasensorielle, que de l’analyse objective. Le choix en deuxième position de Monsieur Hasheem Thabeet en est l’exemple parfait. Une carrière universitaire moyenne avec UConn mais surtout 2 mètres 21 vont lui permettre d’être choisi au sommet qu’il ne méritait sans doute pas. Une « carrière » NBA à 2,2 points et 2,7 rebonds suffiront à le placer parmi les busts les plus fameux de l’histoire de la Draft. Outre ce choix douteux, une autre bizarrerie avec les choix de la franchise du Minnesota. Les Wolves ne choisissent pas un mais deux meneurs devant Stephen Curry, un des meilleurs meneurs de l’histoire la ligue. A ce niveau là, peut-on encore parler de mauvais choix ?

Deux montagnes

Déjà évoqué, Stephen Curry est la tête d’affiche de cette draft. Deux titres de MVP (dont un avec l’unanimité, seul de l’histoire), huit fois All-Star, quatre First Team NBA en font un candidat plus que sérieux au Hall of Fame. Encore loin de la fin de carrière, cela ne l’empêche pas de devenir le tireur à trois points le plus prolifique de l’histoire (3065 tirs primés) dépassant Ray Allen récemment. Son incroyable efficacité au tir de loin, 42 % en carrière, a même révolutionné le jeu ces dernières années. En effet, la NBA moderne nous offre de plus en plus de tirs longue distance. En effet, l’augmentation des distances de shoot pousse même les dirigeants NBA à penser à changer les règles du jeu. Par conséquent, cette influence fait du meneur de Golden State une personnalité à part dans l’histoire du basket.

Alliant esthétisme et efficacité, il gagne trois titres avec les Warriors. Malheureusement, il lui manque sans doute un titre de MVP des Finales pour faire taire définitivement les derniers rabats-joie.

Deuxième montagne de cette cuvée 2009, James Harden est choisi en troisième position. Plus conforme aux attentes, ce choix se révèle plus en adéquation avec sa position élevée.

En effet, un titre de MVP, un titre de meilleur sixième homme, dix sélections All-Star et six équipes All-NBA, « The Beard » a marqué de son talent l’histoire de la ligue. Scoreur naturel, ses moyennes de points atteignent parfois des sommets où peu d’alpinistes NBA peuvent encore le suivre. Par exemple, il cumule trois saisons consécutives à plus de 30 points (trois fois meilleur marqueur). Il dépasse même les 36 points lors d’une saison. Seul Wilt Chamberlain et Michael Jordan ont réussi cet exploit.

Son style chaloupé, tout en contre-temps nous rappelle à chaque fois les plus belles mesures en syncope des musiques africaines. Moins efficace qu’un Curry, Harden ne remporte aucun titre collectif. Parfois un peu trop soliste, il n’en demeure pas moins que l’ex-joueur des Rockets est un spectacle. Assurément, il justifie à lui seul de prendre sa télécommande et d’allumer sa télé au milieu de la nuit.

Une draft en cordillère des Andes

De plus, cette cuvée 2009 recèle encore de trésors cachés, qui sans atteindre les cimes précitées, ont tout de même leur mot à dire. Choisi en première position, Blake Griffin a marqué toute une génération de basketteur par ses dunks à la fois surpuissants et aériens. Blessé lors de sa première saison, il assume sa position avec un titre de meilleur débutant l’année suivante. Fort de six sélections All-Star et six équipes All-NBA, son duo avec Chris Paul offrait un spectacle immanquable chaque soir. Sans doute écourté trop tôt par des blessures, sa carrière aurait sans doute pu prendre plus d’ampleur. Son héritage, bien que non-négligeable, reste loin derrière les légendes en marche que sont James Harden ou Stephen Curry.

Au cœur de l’actualité, Demar Derozan fait également parti de cette classe 2009. Annoncé en déclin après quelques années au Spurs, c’est avec brio qu’il revient cette année avec les Chicago Bulls. En course pour le titre de MVP, cette distinction est la clé de voute pour que l’ex-Raptors puisse changer de dimension. Joueur élégant, scoreur émérite, son tir à mi-distance est un régal pour les yeux. Avec un jeu plus proche d’Alex English que de Lebron James, il reste un joueur sous-coté qui pâtit également de son manque d’accomplissements individuels et collectifs. En effet, la victoire des Raptors en 2019 après son départ représente vraisemblablement le coup de poignard dont on croyait qu’il ne se relèverait jamais.

DeRozan sous le maillot des Raptors – Crédits : raptorscage.ca

C’est ainsi que notre panorama non exhaustif se termine. Mais la force dynamique naturelle du sport et du basket en fond un tour d’horizon voué à être en perpétuel mouvement. En effet, le temps qui passe amène toujours plus de talents, de prouesses techniques, d’exploits qui changent mécaniquement le patrimoine du basket. On attend impatiemment la prochaine fournée qui viendra concurrencer toutes ces belles drafts. Peut-être existe-t-elle déjà ? Peut-être qu’elle joue déjà sur les parquets NBA ? On connait le « où », le « comment » mais la question reste entière sur le quand !

Crédits photo couverture : hiphopcorner.fr

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