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JO Pékin | Hockey masculin : Présentation des demi-finales !

Il ne reste plus que quatre nations dans le tournoi olympique masculin de hockey sur glace ! Une équipe n’obtiendra pas de médaille, mais le podium se dessine de plus en plus. Les quarts de finale nous ont livré de grosses surprises avec un niveau de jeu plaisant, dynamique et physique. Regardons désormais vers le dernier carré qui se tient ce 18 février. Analyses et décryptage !

Calendrier des demi-finales – Pékin 2022

🇸🇰 Slovaquie vs Finlande 🇫🇮

📝 Leurs quarts de finale

🇸🇰 La Slovaquie créée l’exploit contre les États-Unis (3-2 SO)

Mais que c’est-il passé ?! Hier nous présentions un duel déséquilibré (à lire ici) entre une équipe américaine ultra dominante en phase de poules et une jeune équipe slovaque combattive mais limitée. En apparence seulement. C’est l’exploit de ces Jeux Olympiques pour le moment en hockey masculin.

Juraj Slafkovsky, la sensation slovaque de 17 ans, frappe en premier. Le jeune ailier reçoit une passe de Peter Ceresnak dans l’enclave et ne commet pas d’erreur, trompant la vigilance de Strauss Mann avec un joli tir du poignet. En fin de première période, un beau travail de Matty Beniers place Nick Abruzzese en situation de 1 contre 1 et offre l’égalisation aux Américains.

Crédit : Matt Slocum/AP Photo

En seconde période, Sam Hentges donne l’avantage aux États-Unis en trompant le gardien Patrik Rybar devant le filet. Les Américains semblent désormais maîtriser la rencontre mais le tournant de la rencontre intervient lors de la bascule entre la deuxième et la troisième période. Les Slovaques enchaînent trois pénalités consécutives, se retrouvant même en situation de 3v5. Ils les ont tous tué provoquant un splendide revirement de dynamique. Et puis, il faut un miracle pour donner de l’épaisseur à un momentum. Il ne reste que 44 secondes à jouer, le capitaine Marek Hrivik pousse la rondelle dans le but américain après avoir échappée à Strauss Mann.

La prolongation se déroule sur un rythme soutenu mais aucune des deux équipes ne parvient à inscrire le but décisif. Direction les tirs au but. Aucun joueur ne réussi à tromper le gardien adverse jusqu’à ce que Peter Cehlarik se défasse du portier américain ! La Slovaquie remporte ce quart de finale avec talent, ce n’est pas un vol. C’est seulement la deuxième fois de leur histoire que les Slovaques se qualifient pour les demi-finales olympiques. Pour les Américains, voilà 12 ans qu’ils n’ont pas remporté de médaille olympique chez les hommes.

🇫🇮 La Finlande poursuit son sans faute contre la Suisse (5-1)

Impressionnants en phase de poules, les Finlandais n’ont pas tremblé contre la Suisse en quart de finale. Les Lions ont étouffé les Suisses grâce à un jeu physique et une belle efficacité devant le filet.

Avec deux buts en deux minutes en première période, les Finlandais ont asséné un sérieux coup au moral des Suisses. Miro Aaltonen inscrit son troisième but de la compétition à 08:37 avant que la terrible première unité finlandaise ne double la mise à 10:45. Miko Lethonen conclu l’action mis en place par Hietinen et Manninen, les espoirs suisses sont en chute libre.

Source : Anthony Wallace / Getty Image

La seconde période commence comme la première : la Finlande trouve le chemin des filets rapidement par l’intermédiaire du géant vétéran Marko Anttila, 3-0. Une marque qui force Reto Berra a quitter les filets au profit de Genoni. Une stratégie payante puisqu’après une pénalité mineure obtenue par Lethonen, les Suisses parviennent enfin à faire trembler les filets finlandais en toute fin d’avantage numérique. C’est le vétéran de 38 ans, capitaine du HC Davos, Andres Ambuhl qui inscrit là son deuxième but du tournoi lui qui a disputé cinq tournoi olympique.

Dans le dernier tiers, la machine finlandaise ne laisse aucune chance à la Suisse. Quelques secondes après avoir tué une pénalité, la Finlande inscrit deux buts en une minute et trente secondes. Pakarinen et Hartikainen sont les buteurs, les Finlandais filent en demi-finale des Jeux Olympiques. La Suisse n’a pas démérité, dominant leurs adversaires 34 tirs à 23 avec notamment un 14-5 en sa faveur dans le dernier tiers. Les Suisses peuvent capitaliser sur cette défaite et sur leur tournoi, témoignant d’un véritable courage.

🗝️ Les clés de la rencontre

Statistiques d’équipes, source : IIHF

La Finlande et la Slovaquie se sont déjà rencontrées dans la première rencontre du Groupe C. Les Finlandais s’étaient imposés 6 buts à 2 montrant une véritable force collective et une expérience à tout épreuve. Si les yeux se sont rapidement tournés vers le prodige slovaque Juraj Slafkovsky, auteur de deux buts, c’est bien l’attaquant finlandais, Sakari Manninen qui a survolé la rencontre avec un tour du chapeau.

D’un point de vue offensif, la véritable différence entre ces deux nations tient en un mot : efficacité. En 5 rencontres, les Slovaques ont inscrit 15 buts, soit 3,0 en moyenne, pour une réussite au tir de 8,43%. De leur côté, les Finlandais ont trouvé 18 fois le chemin des filets en 4 rencontres, soit 4,5 buts en moyenne, pour la meilleure réussite du tournoi 15,25%.

La donnée importante est la création d’opportunités de la Slovaquie. Depuis le début de la compétition, les Slovaques ont tiré 178 fois au but, le plus haut total du tournoi. C’est peut-être là que la Slovaquie peut chercher un motif d’espoir avec leur 35,6 tirs par match. Et vous voulez savoir qui tir le plus chez les joueurs ? Les Slovaques, largement. Au rang des tireurs, ce sont trois joueurs de la Slovaquie qui arrivent en tête : Peter Cehlarik (17 tirs), Marek Hrivik (15 tirs), Juraj Slafkovsky (15 tirs). Mais attention, tirer n’est pas forcément marquer et encore moins gagner. Les Finlandais ont été dominés trois au nombre de tirs et l’ont toujours emporté…

Les Slovaques vont-ils enfin marquer sur jeu de puissance ?

Au niveau de la ligne bleue, deux secteurs se compensent pour le bonheur des Finlandais. La Finlande a encaissé 5 de leurs 7 buts en désavantage numérique. Un pourcentage de pénalité tuée de 66,67% et 15 situations de désavantage numérique depuis le début du tournoi, les Finlandais ne sont clairement pas une référence dans ce secteur. Surtout que la Finlande cumule 15 pénalités mineures en 4 rencontres, soit une moyenne de 13:45 minutes par match. Mais les Finlandais pourront normalement souffler contre les Slovaques. La Slovaquie n’a pas inscrit le moindre but en avantage numérique depuis le début du tournoi. Oui, zéro but en 5 rencontres, sur 13 situations de supériorité numérique.

Les Finlandais pourront construire leur dynamique sur ce genre d’action. Notamment avec un joueur d’expérience comme l’ex Red Wings, Valtteri Filppula, leader dans le secteur des mises en jeu avec 41 victoires sur 56 situations. La Finlande peut également compter sur sa première ligne et le duo prolifique Manninen/Hartikaine, auteur de 12 points cumulés.

🔮 Prédiction du CCS : Victoire de la Finlande, 5 à 3

Honnêtement nous aimerions mettre une victoire de la Slovaquie, ne serait-ce que pour prolonger le comte de fée. Et il y a des motifs d’espoirs pour les Slovaques, notamment cette histoire de tir au but par rencontre. Mais les Finlandais arrivent avec beaucoup plus de certitudes et d’expérience si nous devons comparer avec les Américains au tour précédent.

👁️ Les joueurs à suivre :

🇫🇮 Harri Sateri, Gardien : Le portier finlandais n’a manqué qu’une seule rencontre, c’était celle contre la Suède où les Lions ont encaissé trois buts. Sateri a été exemplaire sur les trois autres rencontres, n’encaissant que 4 buts sur 87 tirs. Il arrive dans cette demi-finale avec un taux de sauvetage de .954 et 1,73 buts alloués en moyenne.

🇸🇰 Juraj Slafkovsky, Attaquant : Nous n’arrêterons pas de le mentionner dans la liste des joueurs à suivre côté Slovaque. La sensations Slafkovsky, 17 ans, a inscrit son cinquième but faisant de lui le meilleur buteur du tournoi. Son physique impressionnant, son moteur et son sens du but peuvent peser sur la défense finlandaise, lui qui avait trouvé deux fois les chemins des filets lors de leur première confrontation.

🇷🇺 Russie vs Suède 🇸🇪

📝 Leurs quarts de finale

🇷🇺 La Russie se rassure contre les valeureux danois (3-1)

Largement favoris à sa propre succession pour l’or olympique, la Russie n’a pas épargner les séduisants danois. Dominant la rencontre avec 40 tirs contre 18 pour le Danemark, les Russes se hissent tranquillement vers les demi-finales du tournoi olympique.

La première ligne russe, plutôt discrète depuis le début du tournoi, a frappé en premier dans cette rencontre. Vadim Shipachyov profite du rebond laissé par le gardien Sebastian Dahm après un tir de Nikita Gusev. Une première période dominée sans contestation par la Russie, 18 tirs à 1. Cette avance demeure jusqu’au début de la seconde période où le jeu de puissance danois trouve le chemin du filet. Frans Nielsen trompe la vigilance d’Ivan Fedotov et sème le doute dans les esprits russes.

Source : Elsa / Getty Image

La Russie parvient à reprendre une avance décisive en fin de seconde période grâce au défenseur Nikita Nesterov qui frappe la transversale avant de voir son tir entrer dans le filet danois. L’attaquant Nikita Gusev, ancien des Devils du New-Jersey, en profite pour enregistrer sa cinquième assistance du tournoi. Le troisième tiers est marqué par une série d’occasions manquées de chaque côté. Finalement, c’est Vyacheslav Voinov qui voit récompensé sa belle prestation avec un but qui met fin aux espoirs danois. Le défenseur de 32 ans a tiré 8 fois au but, délivré une assistance pour inscrire ses deux premiers points du tournoi.

La Russie remplie son contrat en avançant vers les demi-finales alors que les Danois n’ont pas à rougir de leur parcours olympique. Petite nation du hockey international avec peu de pratiquants, le Danemark parvient à sortir une liste compétitive grâce à une formation de qualité. Inspirant pour toutes les autres « petites » nations.

🇸🇪 La Suède remporte le choc contre le Canada (2-0)

Dans la grosse affiche des quarts de finale, la Suède triomphe du Canada montrant une solidité défensive impressionnante dans une rencontre fermée, tendue mais remarquable. La puissance collective suédoise a dominé une équipe canadienne quelque peu désunie.

Dans notre présentation des quarts de finale, nous avons donné le titre « Malheur au perdant » à cette rencontre. Cette pression, c’est idée de ne pas perdre plutôt que de gagner s’est fait sentir tout le match. Véritable vitrine défensive, cet affrontement entre deux grandes nations du hockey international s’est soldé par un but décisif marqué en troisième période. Durant les deux premiers tiers, les équipes se sont acharnées à ne pas concéder d’actions dangereuses. A la fin de la deuxième période, la Suède a tiré 18 fois au but, contre 17 pour le Canada.

Source : Nation World News

Les deux gardiens ont été solides sur les rares occasions adverses. Le Canadien Matt Tomkins réalise 24 arrêts et Lars Johansson repousse 21 tirs pour la Suède. Comme souvent dans ce genre de rencontre, c’est une erreur qui débloque le jeu. A 10:15 minutes dans le troisième tiers, Lucas Wallmark vole le disque cadeau à Jake McBain qui ne se laisse pas prier pour tromper Tomkins d’un beau tir du poignet. C’est tout ce qui a fait la différence. Plus tard, Anton Lander double l’avance des Suédois, marquant dans un but déserté.

Première fois depuis les Jeux Olympiques de Turin en 2006 que les Canadiens et les Américains n’accèdent pas aux demi-finales. En revanche, est-ce une réelle désillusion pour le Canada ? Pas tellement, les Suédois ont bien fermé le jeu, limitant au maximum les espaces pour pas que les Canadiens n’exploitent leur vitesse et leur technique. Contrairement aux USA qui se sont fait surprendre, une défaite canadienne était envisageable.

🗝️ Les clés de la rencontre

Statistiques d’équipes, source : IIHF

Aucune n’équipe de part avec l’étiquette de favoris dans cette rencontre. La pression est importante pour ce match puisqu’une victoire garantie une médaille, l’objectif de ces deux nations. Deux équipes défensives se font face et une nouvelle fois, la victoire se jouera probablement à un détail.

Commençons notre revue par un coup d’œil sur la défense. Les deux équipes sont très proches et affichent les meilleures statistiques défensives parmi les nations du dernier carré. La Russie et la Suède ont encaissé chacune 7 buts depuis le début du tournoi. Les deux équipes ont respectivement concédé 108 et 107 tirs, une similitude troublante. Ainsi, nous retrouvons des statistiques très semblables dans les autres catégories défensives : les Russes affichent un pourcentage d’arrêts de 93,52%, la Suède 93,46%. Cela se traduit par 1,72 buts alloués par rencontre côté russe et 1,74 côté suédois. Quand on vous dit que cette rencontre va se jouer sur un détail.

Pourcentage de réussite en avantage numérique, SWE 26,32% / ROC 14,29% – Source : IIHF

Les unités spéciales seront déterminantes

Ce détail déterminant peut être les unités spéciales de chaque équipe. Depuis le début du tournoi, la Suède comme la Russie n’ont pas brillé en désavantage numérique. La Tre Kronor a encaissé 4 de ses 7 buts en infériorité numérique, se retrouvant 13 fois dans cette situation. Avec un penalty kill de 69,23%, les Suédois devront être attentif dans ce contexte. Il en va de même pour les Russes. Les hommes d’Alexei Zhamnov ont encaissé 5 de leurs 7 buts en infériorité numérique. Cinq buts encaissés sur 13 situations (comme la Suède), soit un penalty kill de 61,54%, le plus bas du tournoi.

Au premier regard, nous pouvons statuer que les deux équipes sont très proches dans ces situations. Mais en regardant de l’autre côté de la glace, l’avantage est largement pour les Suédois. La Suède a trouvé le fond des filets à cinq reprises en avantage numérique. Avec un taux de réussite sur jeu de puissance de 26,23%, les Suédois débarquent avec des certitudes dans ce secteur. L’arme principale de la Suède dans cette situation se nomme Lucas Wallmark, évidemment. Nous en reparlerons dans la section suivante, mais sachez que le centre de 26 ans a inscrit 3 de 5 buts en avantage numérique.

Ainsi l’équation est simple : les deux équipes ne défendent pas bien en désavantage numérique mais la Suède possède nettement l’avantage sur jeu de puissance. Ajoutons que les Russes ont fait preuve d’indiscipline depuis le début du tournoi avec 53 minutes de pénalités cumulées.

🔮 Prédiction du CCS : Victoire de la Suède, 3 à 1

Pour les raisons évoquées ci-dessus, nous donnons la victoire à la Suède. L’objectif pour les Russes sera d’éviter de se mettre en situation de désavantage numérique pour espérer battre les Suédois en 5v5. Attendez-vous à une rencontre disputée, tournée vers la défense, où chaque petit détail et surtout chaque petite erreur peut se payer.

👁️ Les joueurs à suivre :

🇷🇺 Ivan Fedotov, Gardien : Le portier russe a joué chaque minute du tournoi dans les filets lors des quatre rencontres de son équipe. Seulement âgé de 25 ans, Fedotov est en train d’attirer de nombreux regards. Avec 1,72 buts alloués, 101 arrêts cumulés et un pourcentage de sauvetage de .952%, Fedotov est un rempart qui sera mis à l’épreuve par l’attaque suédoise.

🇸🇪 Lucas Wallmark, Attaquant : Cet attaquant est redoutable. Âgé de seulement 26 ans, lui aussi pourrait bien aspirer à retrouver la grande ligue nord-américaine après son tournoi olympique. Meilleur buteur de la Suède avec 5 buts en 4 matchs, Wallmark affiche un taux de réussite au tir hallucinant : 45,45% !

Remarque importante : Les deux joueurs sur qui nous avons choisi de concentrer nos regards évoluent dans le même club en KHL, le CSKA Moscou. Nous verrons bien à qui profite cette situation : Fedotov connaît-il suffisamment les tirs de Wallmark pour prendre l’avantage ? Ou à l’inverse, l’attaquant suédois peut-il profiter de la connaissance des points fables du gardien russe pour porter la Suède ? Réponse demain.

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