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Qarabag a-t-il une chance face à l’OM ?

Les Marseillais pouvaient s’attendre à un tirage plutôt exotique pour leur équipe en barrages de cette nouvelle Europa Conference League. C’est chose faite avec un long déplacement en Azerbaïdjan contre le méconnu Qarabag FK. Les Marseillais auront fort à faire pour assurer leur qualification en 8ème de finale. De son côté, le Qarabaq FK, surnommé le « FC Barcelone du Caucase », tentera de créer la surprise pour poursuivre son épopée. Zoom sur les forces en présence de cette double confrontation.

Un rapport de force déséquilibré sur le papier

D’un côté, l’Olympique de Marseille, deuxième du championnat de France et de l’autre, le Qarabag FK, leader du championnat d’Azerbaïdjan. Les deux équipes sont très bien placées dans leurs championnats respectifs et visent une place européenne. Il est évident que la Ligue 1 est beaucoup plus exigeante et concurrentielle, avec de nombreux candidats aux premières places. La Première Ligue d’Azerbaïdjan (ou Azərbaycan Premyer Liqası en azéri), pointe au 26ème rang du classement UEFA. Elle ne compte que 8 clubs qui s’affrontent 4 fois par saison. Sur ces huit clubs, seuls deux d’entres eux se partagent le titre depuis 2011. Ces deux clubs sont le Neftchi Bakou et le Qarabag FK, privé de son titre national la saison dernière après sept succès consécutifs.

Preuve en est de ce rapport de force déséquilibré, le FK Qarabag n’a jamais vaincu un club français en six confrontations. L’OM part favori dans ce duel mais devra se méfier de son adversaire. On ne peut considérer le Qarabag FK comme un géant d’Europe, mais le club est un habitué des phases de groupe européennes. Certains anciens joueurs de Ligue 1 et Ligue 2 évoluent dans le championnat azerbaïdjanais. Ils jugent le Qarabag FK comme une équipe pouvant facilement jouer en Ligue 1. Pour le reste, le niveau oscillerait entre la Ligue 1 et le championnat du National. Mais dans un pays où l’on mise beaucoup sur le football, le championnat local est en constante progression (depuis 1995, il passe du 47ème au 26ème rang des championnats européennes).

Pour le franco-marocain Abdellah Zoubir, cette rencontre sera sans nul doute spéciale (Credits : Rafal Oleksiewicz / PressFocus)
Pour le franco-marocain Abdellah Zoubir, cette rencontre sera sans nul doute spéciale. (Credits : Rafal Oleksiewicz / PressFocus)

Le vent en poupe en championnat

Après quinze journées de championnat, le Qarabag FK pointe à la tête de son championnat avec dix longueurs d’avance sur son dauphin, Gabala. De quoi voir venir sereinement. Meilleure attaque avec 32 buts, cette équipe peut s’appuyer sur une assise défensive solide. Elle possède également la meilleure défense avec seulement 9 buts encaissés. Soit une moyenne famélique de 0,6 but encaissé par match. Cette équipe arrive gonflée à bloc et dans une forme étincelante avec neuf matchs consécutifs sans défaite (dont huit victoires).

Du côté marseillais, les résultats sont plus irréguliers. Actuels seconds en championnat, les Phocéens alternent le bon et le moins bon. Défaits à Lyon après avoir semblé tenir le match, ils se reprirent le week-end suivant avec une performance aboutie face au SCO d’Angers. Avant de rechuter difficilement face à Nice en Coupe de France (1-4), une compétition pour laquelle ils nourissaient des ambitions de victoire. Puis de venir à bout du FC Metz (1-2) et de creuser l’écart avec ses poursuivants pour la deuxième place. Jorge Sampaoli semble avoir trouver la recette qui va permettre à l’OM de s’imposer durablement sur le podium de la Ligue 1. En championnat, l’OM demeure la 3ème meilleure défense : c’est le point fort de cette équipe cette saison. Malgré l’élimination en Coupe de France, l’OM compte bien capitaliser sur ses performances récentes et sur un fond de jeu intéressant pour surfer sur cette vague positive pour le club. Quoi de mieux qu’une coupe d’Europe pour conserver le fil rouge de sa saison ? 

Résumé de la victoire étincelante de l’OM face au SCO d’Angers (5-2).

Un parcours en Europa League en dents de scie, un mal pour un bien pour l’OM ?

Reversés en Europa Conference League donc, les Marseillais gardent un goût d’amerume prononcé de leur parcours en Europa League. Avec la Lazio de Rome, le Lokomotiv Moscou et Galatasaray, les Olympiens bénéficièrent d’un groupe au niveau homogène. Ils ont démarré leur campagne par deux matchs nuls de suite marqués par un manque de réalisme criant devant les buts face à Moscou et Galatasaray. Ensuite, ils n’arrivèrent pas à faire la différence lors de la double confrontation décisive face à la Lazio. Enfin, ils explosèrent contre Galatasaray et sauvèrent l’honneur face à Moscou à la dernière journée pour se qualifier en ECL. Bilan, un reversement dans la plus petite des compétitions européennes, alors qu’ils pouvaient largement prétendre à une qualification en 16ème de finale en Europa League.

Avec ce match nul face à la Lazio de Rome lors de la quatrième journée d’Europa League, l’OM disait sûrement adieu à tout espoir de qualification.

Mais cette qualification en Europa Conference League pourrait bien être une belle opportunité pour l’OM. Tout d’abord, rappelons nous que l’OM a une certaine histoire avec les compétitions européennes et demeure le seul club français à avoir remporter l’une d’elles. Cependant, ce succès commence à dater et les supporters marseillais s’impatientent de retrouver leur équipe au sommet. Malgré quelques finales disputées ces dernières années en Europa League (en 1999, 2004 et 2018), cette nouvelle compétition pourrait être une aubaine pour ce club qui souhaite retrouver son prestige sur la scène européenne. De plus, qui sur la Canebière, ne souhaite pas perpétuer l’adage bien connu « A jamais les premiers » ? Remporter cette première édition marquerait à coup sûr un nouveau tournant dans l’histoire européenne de l’OM. Enfin, rappelons nous également que l’OM n’a pas remporté de trophée depuis la Coupe de la Ligue 2012. Les espoirs de sacre en Coupe de France balayés, un titre européen ne serait-il pas bien venu pour mettre fin à cette longue attente du côté de la cité phocéenne ?

Performance record en Europe pour le Qarabag FK

Premier club d’Azerbaïdjan encore qualifié pour une compétition européenne après l’automne dans l’histoire, le Qarabag bénéficia d’un groupe au niveau moins élevé. Derrière l’épouvantail du groupe, le FC Bâle, les azerbaïdjanais partaient même « favoris » pour la qualification à l’une des deux premières places du groupe. Grâce à 3 victoires et 1 nul face à l’Omónia Nicosie et le Qairat FK, modestes 7ème du championnat chypriote et 3ème du championnat kazakh, le Qarabag FK se qualifia facilement pour les barrages de la phase finale de l’Europa Conference League. Les azerbaïdjanais se payèrent même le luxe d’accrocher le FC Bâle durant la 1ère journée.

Résumé du match nul entre le Qarabag FK et le FC Bâle lors de la 1ère journée des poules d’Europa Conference League.

Certes, le Qarabag FK « profite » un peu du format de cette Europa Conference League pour performer. Cette compétition ne compte quasiment que des clubs provenant de championnats de « seconde zone », et quelques clubs de premier plan. Mais ne nous détrompons pas. Le Qarabag FK est un habitué des joutes européennes et joue sa 8ème campagne européenne d’affilée. Ce club fut le premier club azerbaïdjanais à atteindre la phase de groupe en Ligue des Champions en 2017/2018. Tombés dans un groupe de la mort avec Chelsea, l’Atlético Madrid et l’AS Rome, ils parvinrent même à glaner deux points lors de cette campagne. Depuis 2014, ils participent chaque saison à la phase de groupe en Europa League, témoignant d’une certaine régularité. Cependant, l’expérience manquera peut être au niveau des matchs à élimination directe, auxquels ils n’ont jamais participé en Europe. Pour cette équipe, chaque tour supplémentaire sera donc un bonus. Mais personne ne doute qu’ils auront à cœur de marquer l’histoire du football azerbaïdjanais, en constant développement ces dernières années.

Le Qarabag FK affronta l'Atlético Madrid lors de l'unique camapgne de Ligue des Champions du club
Le Qarabag FK affronta l’Atlético Madrid lors de l’unique campagne de Ligue des Champions du club et obtint même le point du match nul en Espagne (1-1). (Crédits : Reuters)

Le FC Barcelone du Caucase

Parfois surnommé le « FC Barcelone du Caucase », le Qarabag FK prône un jeu plutôt offensif, basé sur le Tiki Taka. Inspiré par Pep Guardiola, son entraineur Gurban Gurbanov construit son équipe à son image depuis sa nomination en 2008. Son influence et sa régularité permettent au Qarabag FK de progresser saison après saison. Habituellement, le Qarabag FK s’organise en 4-2-3-1, avec deux ailiers et une pointe. Grâce à un jeu avec très peu de touches de balle, l’objectif pour cette équipe est de créer des espaces pour lancer les ailiers en phase offensive. Ils sont également très habiles pour attaquer avec des actions très construites. Avec ce système, le Qarabag FK est capable de tenir le ballon mais aussi de faire le dos rond en phase défensive. Le 4-2-3-1 permet de défendre en bloc puis de contre attaquer très rapidement en phase offensive, avec la projection d’ailiers rapides.

Le 11 type du Qarabag FK face au FC Bâle en Europa Conference League. (Crédits : Foot Mercato)

L’effectif de Qarabag possède quelques atouts à faire valoir, notamment au niveau offensif. Le franco-marocain Abdellah Zoubir, passé par le RC Lens, sera la principale menace à surveiller. Il pointe actuellement à 9 buts TTC et fut élut meilleur joueur du championnat la saison dernière. Pour l’accompagner à l’animation, nous retrouverons le croate Ozobic, très à l’aise balle au pied. Dans un le rôle du dynamiteur de défenses, l’ailier brésilien Kady est en forme avec cinq buts et six passes décisives TTC. Grâce à sa taille (1m87), Sheydayev permet de peser sur les défenses et de faire remonter son équipe en conservant le ballon. Ibrahima Wadi, arrivé cet été, pourra aussi être une option intéressante à la pointe de l’attaque. Du côté défensif, Andrade et Qarayev sont les principales armes pour solidifer la défense et réduire les espaces, accompagnés du taulier Medvedev, présent au club depuis 2006.

Une solide assise défensive et une animation imprévisible

L’OM de Jorge Sampaoli est une équipe qui encaisse peu de buts en général. Disciple de Bielsa, Sampaoli accorde une grande importance au pressing de son équipe. Le coach argentin prône un jeu basé sur la possession du ballon, avec des joueurs techniquement à l’aise. De ce fait, les adversaires ont moins de cartouches et doivent se montrer réalistes pour faire la différence. Mais si les marseillais évoluent souvent en 3-5-2, ils sont capables d’adapter leur système à leur adversaire. Avec des joueurs de couloir hybrides, l’OM peut facilement créer des surnombres sur le côté. De plus, cette animation n’est pas fixe et permet d’apporter une certaine variété et imprévisbilité dans le jeu. Les milieux sont proches de leurs attaquants et on retrouve une forte concentration de joueurs dans l’axe. Cependant, les Olympiens se sont récemment montrés maladroits devant le but. Ce qui leur a coûté leur qualification en Europa League ou encore la victoire à Lyon…

Côte marseillais, on ne déplore aucun absent. Au niveau de son effectif, le club marseillais s’est encore renforcé durant le mercato hivernal avec les arrivées de Bakambu et Kolasinac. Ces deux joueurs ont tous deux l’habitude de ces joutes européennes. L’OM possède une profondeur d’effectif certaine qui lui permet de faire souffler ses éléments sans perdre en qualité. Portés par un Payet au sommet de sa forme et un Milik retrouvé grâce à son triplé salvateur face à Angers, l’OM devrait dominer les débats. Au sommet de leur forme, ces deux joueurs suffisent à faire basculer une rencontre. De plus, l’OM pourra compter sur un effectif au complet. En effet, les deux récents champions d’Afrique Pape Gueye et Bamba Dieng ont fait leur retour, avec le plein de confiance.

Pape Gueye et Bamba Dieng, deux atouts de poids qui font leur retour après leur sacre à la CAN avec le Sénégal. (Crédits : Reuters)
Pape Gueye et Bamba Dieng, deux atouts de poids qui font leur retour après leur sacre à la CAN avec le Sénégal. (Crédits : Reuters)

Les clés de la rencontre

Pour parler du contexte de la rencontre, la distance géographique sera assurément un paramètre qui va jouer. Le déplacement à Bakou sera le plus long de l’histoire de l’OM en compétition européenne. En effet, près de 4 700 kilomètres et huit heures d’avion séparent ces deux villes. Des deux côtés, ces déplacements devraient influer sur la forme physique des joueurs. Un temps menacé de délocalisation, le match aller devrait bel et bien se jouer à Marseille. La cause de cette incertitude ? La loi française ne reconnait pas la plupart des vaccins contre le Covid 19 avec lesquels les joueurs de Qarabag sont vaccinés. Enfin, il est important de noter que les deux équipes pourront bénéficier du soutien de leurs supporters. Que ce soit au stade Vélédrome ou à l’Azersun Arena, les jauges liées au contexte sanitaire ne seront pas en vigueur.

Les supporters du Qarabag FK seront sans nul doute au rendez-vous pour cette double confrontation. (Crédits : Getty Images)
Les supporters du Qarabag FK seront sans nul doute au rendez-vous pour cette double confrontation. (Crédits : Getty Images)

Pour Marseille, la clé de cette double confrontation sera assurément de faire le plus gros du travail au match aller à domicile. En effet, creuser un écart à domicile permettrait aux Marseillais d’effectuer le long déplacement retour plus sereinement. Il faudra ne pas prendre à la légère un adversaire qui voudra réaliser l’exploit de faire tomber une équipe française pour la première fois de son histoire. Jorge Sampaoli devrait garder une certaine cohérence dans la composition de son équipe afin d’éviter toute mauvaise surprise. Le Qarabag FK mettra surement énormément d’impact dans le jeu et sera surmotivé pour cette confrontation. En constante progression sur la scène européenne depuis plusieurs années, ils auront pour objectif d’emballer le match. Pour espérer passer, le Qarabag FK devra se montrer ultra réaliste devant les buts. L’OM risque de dominer les débats, d’avoir la possession et de ne pas laisser beaucoup de cartouches à son adversaire.

Notre avis sur la rencontre

Sur le papier, le rapport de force paraît assez déséquilibré. En somme, tout autre résultat qu’une qualification sera perçu comme un échec cuisant du côté de la Canebière. Grâce à ses individualités et son expérience, l’OM est le grand favori de ce duel. Mais attention à des Azerbaïdjanais qui auront à coeur d’écrire l’histoire et de faire tomber un grand d’Europe. Nous risquons d’assister à un combat sur le terrain qui pourrait nous réserver des rebondissements. Les deux équipes possèdent de nombreuses armes offensives qui devraient faire parler la poudre.

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