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Le NBA All-Star Game et nous

A l’occasion du 71ème NBA All-Star Game de l’histoire, le CCS vous propose de revenir sur les moments qui ont marqué l’histoire du week-end des étoiles. Pendant deux jours, les batailles féroces que se livrent les guerriers de la grande ligue sont oubliées. C’est le moment pour les joueurs de laisser place à leur créativité et à l’amour qu’ils ont pour la balle orange. Loin d’être compétitifs, l’événement n’est pas anodin dans la fable de la NBA. Un moment qui regorge d’anecdotes croustillantes, d’arabesques spectaculaires et de séquences-émotion inoubliables. Chaque rédacteur vous donne son moment et ce sera peut-être le vôtre.

1992, Magic tire sa révérence

Le 7 novembre 1991, Magic Johnson annonce sa retraite après avoir été diagnostiqué séropositif. Une fin de carrière trop brutale pour les fans qui plébiscitent le numéro 32 dans les votes du All-Star Game. C’est donc tel un jubilé que Magic va aborder cette rencontre. Quant à la ville d’Orlando, elle se délecte de chaque seconde passé sur le parquet par le natif du Michigan.

Tel un symbole, Magic illumine la rencontre comme pour rappeler à la terre entière qu’il sera à jamais l’un des plus grands joueurs de l’histoire de la balle orange. Son match est exceptionnel avec 25 points, 9 passes et 5 rebonds et surtout un 3/3 longue distance dont le dernier panier du match. L’équipe de la Conférence Ouest pulvérise celle de l’Est emmené par un certain Michael Jordan 153-113. Magic, lui, finit MVP de la rencontre et referme le chapitre de son immense carrière.

Le match se terminera d’ailleurs à 14 secondes de la fin afin de rendre hommage au plus grand rival des Celtics de Larry Bird.

Ayant simplement 4 ans à l’époque, j’ai pu apprécier cette opposition des années après. Mon père, voyant mes yeux briller devant Kobe Bryant, me conseille de regarder ce match afin de prendre pleinement conscience de l’immensité de l’Homme qu’est Earvin Magic Johnson. Jamais je ne l’ai regretté.

2001, le come-back de A.I

Moment assez rare pour l’apprécier à sa juste valeur, le All-Star Game de 2001 va nous offrir un des plus beaux affrontements de l’histoire des matchs des étoiles. Compétitif, le match va réveiller l’instinct de gagneur des stars présentes ce soir-là. Si rare, l’intérêt sportif est quasi inexistant habituellement. La dichotomie entre orgie d’attaque et une défense digne de James Harden dénature mécaniquement le jeu. Sans essence, le match n’a souvent plus d’intérêt autre que le spectacle.

Mais cette fois, mené de 19 points au début du quatrième quart-temps, la conférence Est va entamer un come-back magique donnant un peu plus de suspens à un match étoilé qui en manque cruellement d’habitude. Volte face digne de John Travolta, la jeune garde de l’Est grignote son retard peu à peu dirigée par un Allen Iverson de gala. Le futur MVP de la saison est inarrêtable avec 15 points dans les neuf dernières minutes. Bien aidé par le génial Stephon Marbury, A.I réussit l’impossible. L’équipe de l’Est remporte le match 111-110 et l’ex-joueur de Philadelphie (25 points) est logiquement élu MVP.

Mémorable, ce retour inespéré m’a tenu éveillé toute la nuit. A chaque gonfle touchée par l’ex-phénomène de Georgetown, j’attendais un nouveau miracle. Finalement, loin de l’endormissement, je suis resté debout devant mon canapé jusqu’au coup de sifflet final.

2003, MJ et la belle Mariah Carey

Cette année-là, le All-Star Game ressemble davantage au pot de départ à la retraite pour sa majesté Michael Jordan qu’à un véritable week-end de basket. Après une carrière jonchée de victoires et de récompenses individuelles, MJ va se retirer définitivement à la fin de l’année après une dernière pige avec les Wizards de Washington. Le week-end étoilé est le moment parfait pour faire ses adieux.

Après une première mi-temps quelconque, l’heure du show méridien est venue. Mariah Carey se lance dans une interprétation mémorable de « Hero » et « Saving my grace » dans une robe moulante aux couleurs des Wizards tout aussi mémorable. « His Airness », pourtant si froid à l’approche des moments chauds sur le parquet, va voir son armure de glace s’effriter peu à peu face aux assauts vocaux de la diva américaine. Un flot de larmes vint le saisir rendant un peu plus humaine la machine à gagner de l’Illinois. Séquence-émotion qui sera vite oubliée par la star de la balle orange.

Reprenant son costume de tueur, il surgit à cinq secondes de la fin pour asséner son fadeway mythique au nez et à la barbichette de Shawn Marion. Ce tir décisif résonne comme une allégorie de la carrière de Michael Jordan et reste comme un des moments les plus iconiques du All-Star Game.

Ce All-Star Game, je ne l’aurais raté pour rien au monde. Les adieux de la légende devant le gratin NBA, quel moment ! Quand j’ai aperçu les larmes monter sur le visage de MJ, j’ai difficilement retenu les miennes. Lors de son tir décisif, j’ai même hurlé comme pour un game-winner de Finales NBA.

2011, le chef d’œuvre de Kobe

Lors de match des étoiles 2011, le monde va assister à l’une des plus belles performances individuelles de l’histoire. La cité des anges accueilles les protagonistes et s’il y a bien un joueur qui a envie de se montrer c’est le Black Mamba. Kobe Bryant est au four et au moulin. La Conférence Ouest domine mais l’Est se rapproche emmené par un LeBron James nouvellement débarqué à Miami.

Il n’en fallait pas plus pour réveiller Kobe qui enchaîne les paniers pour finir sur une ligne de statistiques énorme : 37 points et 14 rebonds. Le titre de MVP des finales lui revient donc tout naturellement et Los Angeles acclame son héros, alors âgé de 32 ans. Il éclipse presque la performance XXL du King qui réalise un triple-double.

Si certains ont pu reprocher au joueur des Lakers son manque d’altruisme, force est de reconnaître qu’il est l’un des rares basketteur à pouvoir réaliser de telles prouesses sur un terrain. 11 ans après, ce moment reste l’un des plus beaux de l’histoire du All-Star Game.

Mon idole tout simplement ! Comme j’aime à le rappeler, j’ai découvert le basket avec Michael Jordan, je l’ai aimé avec Kobe. Ce concours ne fait pas exception à la règle. Le voir réaliser cette performance face au jeune Derrick Rose, tout juste MVP ou face à Dwyane Wade m’a fait rêvé. C’est d’ailleurs sur un départ ligne de fond face à ce même D. Rose suivi d’un dunk à deux mains que je crierai KOBEEEE !

2016, LE concours de dunk

Probablement le Slam Dunk Contest le plus disputé, le plus technique et le plus électrisant de l’histoire. Le concours de dunk 2016 rejoint au sommet l’édition 1988 avec le duel Jordan/Wilkins et celle de 2000, couronnant l’artiste Vince Carter.

Nous sommes le 12 février 2016, le concours de dunk traditionnel du All-Star Break a perdu de sa saveur depuis quelques années. Entre polémiques stériles, un divertissement mise en avant au détriment de la technique et des stars qui boudent cette épreuve, il est difficile de trouver un intérêt à ce concours au début des années 2010. Mais voilà, un jeune garçon a redynamisé le Slam Dunk Contest l’année précédente. Son nom : Zach LaVine. De nouveau candidat en 2016, LaVine arrive comme ultra favoris tant il semble avoir une longueur d’avance sur la concurrence. Mais un sophomore va venir troubler les cartes. Le puissant Aaron Gordon débarque et le concours s’envole dans des sphères dépassant le rationnel.

Ce concours entre dans l’histoire par la grande porte : longueur insoutenable, niveau technique hallucinant et épilogue dramatique. Les deux jeunes joueurs éclipsent la participation anecdotique d’André Drummond et Will Barton lors de la première ronde. LaVine obtient 99/100 (50+49) sur ses deux premiers dunks. Aaron Gordon le suit de près avec un 94/100 (45+49).

Vient l’heure de la ronde finale. Les deux joueurs vont se répondre à coup de dunk incroyable. LaVine enchaîne les démonstrations de technique, de vitesse et de détente vertigineuse. Aaron Gordon explose le cercle avec une hauteur impressionnante (et insoupçonnée à cette époque) et une puissance « Griffin’esque ». LaVine et Gordon obtiennent tous les deux la note de 100 sur leurs dunks finaux. It’s time to overtime. Mort subite pour les deux hommes. LaVine et Gordon obtiennent de nouveau un 50 chacun. Nouvelle ronde décisive : Windmill avec un pas devant la ligne des lancers, nouveau 50 pour LaVine. Gordon n’obtient qu’un 47 et l’arrière des Wolves devient le quatrième joueur de l’histoire à conserver son titre.

D’un point de vue personnel, d’ordinaire le Slam Dunk Contest me fait tomber dans les bras de morphée… Mais cette nuit là, les frissons et les yeux grands ouverts m’ont empêché de dormir pendant de longues minutes, même après la fin du concours. Le dunk d’Aaron Gordon au-dessus de la mascotte du Magic, passant le ballon sous ses fesses, restera gravé dans mon esprit comme l’un des plus beau dunk de l’histoire. Messieurs, nous attendons tous une revanche !

2020, l’hommage à Kobe

Le 69ème All-Star Game de l’histoire est placé sous le signe de l’émotion. La disparition tragique de David Stern, ex-commissionner de la ligue, et celle, inattendue, de la légende des Lakers Kobe Bryant dans un accident d’hélicoptère, émailleront l’ensemble du week-end de leur tristesse. Le match débute par un vibrant hommage de « Magic » Johnson pour les deux mythes de la NBA. S’en suit, une interprétation émouvante de « For all we know » de Jennifer Hudson qui tire les larmes à tous les protagonistes présents.

Le match en lui même bénéficie également de cette tragédie. En guise d’hommage, la NBA décide de modifier les règles pour adosser au spectacle une tension sportive alléchante. Chaque quart-temps devenant un mini-match, l’équipe gagnante verse une somme d’argent à l’association de son choix. Par conséquent, chaque période de douze minutes prend plus d’intérêt en devenant un match dans le match. Malin. Plus encore, le choix d’un score cible (24 points rajoutés au totaux des trois premiers quart-temps) pour le dernier quart relance le suspens et la dramaturgie de fin de match. En effet, le choix d’un score à atteindre relance l’équipe perdante jusque-là et entraîne mécaniquement un épilogue plus théâtrale pour un match qui peinait à être intéressant de bout en bout.

D’un point de vue personnel, cette modification m’a réellement surpris. C’est surtout la multiplication des actions défensives, jusque-là quasi absentes des All-Star Game, qui a éveillé ma curiosité. Des passages en force roublards, des fautes tactiques , des contres agressifs ont donné une autre dimension au match des étoiles. Preuve en est, la sélection de Rudy Gobert pour le vote du MVP est un signe qui ne trompe pas. D’habitude avare en bon choix, la NBA a, cette fois, réussit son coup. Que ça continue !

Ainsi se termine ce petit panorama des moments du week-end des étoiles qui nous ont émerveillé depuis tout petit jusqu’à maintenant. Ce soir à deux heures du matin (heure française) aura lieu le 71ème All-Star Game. Peut-être la naissance d’un nouveau moment légendaire ?

Crédits Photo Couverture : esty.com

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