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Cooper Kupp, California Dreamin’

Quelle saison pour Cooper Kupp. Le receveur californien a tout raflé sur son passage. Le SuperBowl avec ses Rams accompagné du titre de MVP du match, la distinction de joueur offensif de l’année ainsi que la « triple couronne ». Le seul trophée qui l’a fui est celui de MVP de la saison régulière mais celui-ci ne semblait pas lui être destiné pour différentes considérations discutables. Pendant que l’heure est à la fête et aux célébrations du côté d’Inglewood dans la banlieue de Los Angeles, il est essentiel de s’attarder sur la nouvelle étoile Kupp.

Une machine programmée ?

Un proverbe Viking dit que « tu atteindras ta destination même si tu voyages lentement ». Il faut croire qu’Odin, le Roi des dieux nordiques, s’est décidé à donner de la force à Cooper Kupp au fur et à mesure que celui-ci laissait pousser sa barbe de guerrier Viking. En effet, personne n’attendait le natif de Yakima dans l’Etat de Washington à ce niveau cette saison. Pour sa cinquième campagne en NFL, il a tout bonnement explosé ses statistiques. Le receveur a fait ses classes du côté de l’Université d’East Washington. Au sein de cet établissement de seconde division en NCAA, Kupp va connaître des totaux rarement vus. 428 réceptions, 6464 yards et 73 touchdown en quatre saisons. Rien de moins. Même s’il s’agit de chiffres réalisés en deuxième division universitaire, cela reste impressionnant. Tout cela agrémenté des premières distinctions avec notamment le Jerry Rice Award ou le Walton Payton Award. Malgré ce pédigrée, il ne fait pas partie des prospect les plus épiés de la draft 2017. Effectivement, loin des prestigieuses Universités et des standards au poste, le blondinet est encore dans l’ombre. Malgré un Senior Bowl de qualité, personne ne parle de Cooper Kupp au premier tour.

Cooper Kupp, une machine à touchdown dès l’Université. Ron Swords

Les Rams remercient tout ce beau monde. C’est au 69ème rang soit au troisième tour de la draft 2017 que Los Angeles va récupérer le joyau. Sean McVay fait alors rapidement confiance à son receveur rookie à l’époque et celui-ci va en profiter pour marquer son premier touchdown dans la ligue dès son match inaugural. Cooper va justifier le choix de son coach avec une très belle saison, 869 yards et cinq touchdown notamment. Il goûte même au parfum de la postseason malgré une défaite rapide contre les Falcons d’Atlanta (13-26). Sa deuxième saison est plus « galère ». Kupp est titulaire mais la semaine dix est un tournant. Un match contre les Seahawks de Seattle durant lequel il va connaître un premier coup d’arrêt avec une lésion du ligament croisé antérieur qui met un terme à sa saison. Il n’accompagnera pas ses coéquipiers jusqu’au crève cœur du SuperBowl LIII. Pour sa troisième saison, Kupp revient alors avec des intentions, il réussit sa plus grosse campagne en brisant la fameuse barre des 1000 yards (1161) malgré une saison plus compliqué pour Los Angeles. Enfin, Kupp confirme qu’il est un bon receveur en 2020 malgré le COVID 19 et des problèmes de genoux récurrents, il termine la saison à une petite vingtaine de yards des 1000. À ce moment là, Cooper Kupp sait jouer au football, clairement. Mais personne ne pouvait envisager le tour de force qu’il prévoyait pour l’année 2021.

Kupp semblait déjà avoir le goût aux Bengals en 2019.

Une nouvelle dimension

Voilà la saison 2021. Malgré quelques pépins en 2020, Kupp est donc le receveur numéro un de Sean McVay au moment de débuter la campagne. Le président Les Snead a alors un petit cadeau pour ses receveurs, un dénommé Matthew Stafford. L’ancien de Detroit s’amène dans la Cité des Anges pour faire passer un cap à la franchise. Dès lors, le début de saison de Cooper Kupp va être un véritable feu d’artifice. Au bout de trois rencontres, le néo-barbu cumule 25 réceptions pour 367 yards et 5 touchdown. A ce moment, les analystes appellent au calme, « Vanilla Ice » (joli surnom donné à Kupp au sein du vestiaire Rams) va redescendre sur Terre. Mais certainement pas. Pendant que les Rams ronronnait en milieu de saison, il continuait à performer et collectionner les touchdown. La fin de saison est une course aux records. Finalement, ses 145 réceptions le classent au deuxième rang dans l’histoire de la NFL en terme de réception sur une seule saison, derrière les 149 de Michael Thomas en 2019. Aussi, ses 1947 yards à la réception arrivent deuxièmes, seulement derrière les 1 964 de Calvin Johnson en 2012. Ce qui a impressionné dans la saison de Kupp, c’est sa régularité. Il n’est que très rarement passé à côté d’un match. Finalement, il va remporter la triple couronne. Il devient le premier receveur depuis Steve Smith en 2005 à réaliser une telle performance. C’est à dire mener la ligue en terme de yards à la réception, de touchdown à la réception et de réceptions. Il n’est que le quatrième homme à réaliser cela après Smith donc, Sterling Sharpe en 1992 et Jerry Rice en 1990.

King Kupp.

Les Rams arrivent donc en playoffs avec une arme létal. La fan base des béliers espère que son receveur va maintenir ses performances en postseason, pour rêver d’un SuperBowl à la maison. Kupp n’a alors pas seulement maintenu son niveau de jeu en janvier. Il l’a encore augmenté d’un cran. Malgré certaines des meilleures équipes de la NFL qui planifiaient de l’arrêter, il a en moyenne plus de yards sur réception par match et a attrapé un pourcentage plus élevé de ses cibles en séries éliminatoires qu’en saison régulière. Il a également établi un nouveau record de la NFL pour le nombre de réceptions en une seule campagne de playoffs. Au delà des chiffres, Cooper Kupp a donné tout un one-man show. Ses deux réceptions dans les derniers instants contre Tampa Bay vont rester dans l’histoire des Rams. Bien sûr, son SuperBowl est un bijoux de simplicité et d’efficacité. Ses tracés exécutés à la perfection ont encore ébloui la planète football et le titre de MVP est une juste récompense pour l’ensemble de son œuvre. Malgré ses statistiques et son impact, le receveur ne garde pas la lumière sur lui, il renvoie à ses coéquipiers.

Je suis tellement fier de cette équipe, de la façon dont nous nous sommes préparés, de la façon dont nous nous sommes aimés, nous nous sommes fait confiance. Je ne sais pas. Je ne me sens tout simplement pas digne de ce titre. Dieu est tellement bon. Je suis tellement reconnaissant pour les gars que je peux côtoyer, pour les entraîneurs, pour ma famille. Je ne sais quoi dire.

Oh si Cooper, tu le mérites ce titre.

LA saison ?

Oui c’est un débat discutable car la ligue évolue, le football n’est plus le même qu’il y a vingt ans. Néanmoins, la question diabolique se pose forcément. Où situer la saison de Cooper Kupp à l’échelle de l’histoire de la NFL ? Plusieurs saisons sont considérées parmi les plus grandes campagnes de l’histoire. Les saisons mentionnées plus haut de Michael Thomas et Calvin Johnson. Celle de Marvin Harrison en 2002 ou encore le Randy Moss version 2007. Cependant, l’étalon semble être la saison 1995 de Jerry Rice. Le receveur des San Francisco 49ers avait terminé la saison régulière avec 122 réceptions, 1848 yards et 15 touchdown. Campagne astronomique mais la postseason s’était vite terminée cette saison là pour les niners. Défaite face aux Packers en divisional round malgré un Rice superbe avec 117 yards en 11 réceptions. Cette saison extraordinaire de Rice manque donc ce petit quelque chose relatif aux playoffs. La saison 2021 de Kupp a tout. La triple couronne, un impact tonitruant en janvier, rien n’est à jeter. Cette question ne peut donc pas avoir de réponse arrêtée, le débat est ouvert et peut dépendre des sensibilités. Cependant, il est possible d’affirmer que Cooper Kupp ravive des souvenirs de la domination de Rice en son temps.

Ce qu’a fait Cooper Kupp en 2021 est extraordinaire. Son impact sur le jeu, son talent et son efficacité ont rythmé la saison et le voir jouer est un plaisir pour les yeux. Tout ça au sein d’une équipe de haut niveau qui a les moyens de conserver ses cadres pour la saison suivante. Le blond de l’état de Washington a donc toutes les cartes en main pour écrire sa légende du côté de la Californie. En espérant de tout cœur que l’étoile Kupp ne soit pas filante.

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