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Matthias Jaissle, le nouveau visage de l’école Red Bull

La saison 2021/2022 de Matthias Jaissle est d’ores et déjà rentrée dans l’histoire du RB Salzburg. Pour la première fois, les Autrichiens sont qualifiés pour les huitièmes de finale de Ligue des Champions. Après leur match nul 1-1 contre le Bayern, mercredi 16 février 2022, les Rouges et Blancs se déplacent mardi 8 mars 2022 en Allemagne pour tenter de valider leur ticket pour les quarts de finale. Et écrire, encore un peu plus, l’histoire du football autrichien.

Matthias Jaissle marche sur les pas de ses prédécesseurs. Roger Schmidt (actuellement entraîneur du PSV Eindhoven), Adi Hütter (Borussia Monchengladbach) Jesse Marsch (Leeds) ou Marco Rose (Borussia Dortmund) sont tous passés par ce banc avant lui. Car non-content de former de jeunes joueurs, tels que Dayot Upamecano (aujourd’hui au Bayern Munich), Amadou Haidara ou Dominik Szoboszlai (tous deux au RB Leipzig), la franchise de la marque aux taureaux forme également les entraîneurs de demain.

Prémisse des coachs de demain

Après une carrière écourtée par une rupture des ligaments croisés en 2009 puis par des soucis au talon d’Achille la saison suivante alors qu’il jouait au 1899 Hoffenheim, c’est sur un banc que Matthias Jaissle trouve sa vocation. Et rapidement, il gravit les échelons. Après avoir été assistants chez les jeunes à Leipzig et à Brøndy, il arrive à Salzburg. D’abord à l’académie, puis à Liefering, succursale du club. Et comme une évidence, c’est sur le banc du champion d’Autriche en titre que le coach de 33 ans continue son ascension. 

Du fait de son jeune âge ou à la suite de sa carrière quelque peu différente, Matthias Jaissle se différencie de ses contemporains. Dans sa manière de coacher, d’une part. Car si ses joueurs répondent à ce qu’il leur demande, « il est également important qu’ils ne se contentent pas d’appliquer les consignes, mais qu’ils les comprennent. Car c’est là qu’ils seront les meilleurs »

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Et dans sa relation avec ces mêmes joueurs, ensuite. « En tant qu’entraîneur, vous devez les soutenir de manière globale, même au-delà de la relation de travail. » D’autant plus pour les jeunes footballeurs : « À l’époque, mes conseilleurs m’ont fixé très tôt des objectifs ambitieux. Tout était possible. Mais j’ai réalisé, à l’époque, que cela n’avait aucun sens de se forger un plan de carrière, car dans ce métier, elle ne peut pas être planifiée de cette manière. » Alors quand, sous ses ordres, il a des joueurs à forts potentiels, comme Karim Adeyemi ou Nicolas Seiwald, il est conscient qu’il faut raison garder. « Bien sûr qu’il y a des offres, tout le monde a travaillé pour cela. Mais les garçons devraient aussi apprécier que les choses se passent bien ici, et que rien n’est jamais acquis. » Prendre le temps qu’il n’a pas forcément eu.

La manière Jaissle, une formule qui fonctionne

Lors de ces sept premiers matchs de Ligue des Champions cette saison, Matthias Jaissle a finalement peu changé son équipe. Lors de phases défensives, elle évolue dans un 4-4-2 afin de resserrer les lignes. Facilitant le pressing et laissant le minimum d’espaces à l’adversaire. Mais dès que les Autrichiens récupèrent la possession du ballon, ils passent alors en 4-1-2-1-2, avec Mohamed Camara qui prend le rôle du n°6, Luka Susic et Nicolas Seiwald qui rentrent afin de libérer les couloirs pour Rasmus Nissen Kristensen et Andreas Ulmer.

Réorganisation de Salzburg, d’un 4-4-2 à un 4-1-2-1-2 en losange (Crédit : The Nutmeg Assist).

À l’instar de la rencontre contre le Bayern, les Autrichiens se tournent vite vers l’avant. Sur le premier but du match aller, une récupération à l’entrée de leur surface permet à Camara de trouver Adeyemi dans la profondeur et de prendre à revers la défense munichoise. Après être revenu intérieur, Adamu termine le travail et ouvre le score. Deux minutes plus tard, c’est encore via une transversale qu’ils vont apporter le danger sur la cage de d’Ulreich. Cette fois, Oumar Solet trouve Adeyemi en point de fixation. Dès lors, deux lignes sont cassées et cinq Autrichiens apportent le nombre dans la surface. Mais Brenden Aaronson n’a pas la même réussite que son coéquipier. 

Un jeu vertical qui s’avère parfois inefficace. Seules 74,6 % des passes tentées ont trouvé un partenaire, soit le total le plus faible de la compétition, bien qu’ils soient loin des clubs tentant le plus de passes (3 036 pour Salzburg, contre plus de 4 000 pour l’Ajax, le PSG, Liverpool, Manchester City, le Bayern Munich, le Real ou Chealsea).

Mais malgré cela, le fait de positionner deux hommes devant et leurs capacités à constamment proposées des solutions différentes permet à l’équipe de progresser. Les profils, également complémentaires – la solidité de Benjamin Sesko et ses 1,94 m, la technique d’Adeyemi et la vision de jeu d’Aaronson – sont, pour le moment, une recette qui fonctionne : 50 buts en 22 matchs en Bundesliga, 13 buts en 9 matchs en Europe (barrage compris). 

Instauration d’un pressing constant

Matthias Jaissle a également réussi à instaurer un contre-pressing direct et efficace. La jeunesse de son effectif (cinq joueurs seulement ont plus de 25 ans) le permet. S’ils laissent beaucoup la possession à l’adversaire (49,5 % en moyenne lors des six matchs de poule), ils mettent en place un pressing constant et immédiat après la perte de balle. Face à Lille, Séville et Woslfburg, ils ont réalisé en moyenne 54,9 pressings dans les 30 derniers mètre et 88 au milieu de terrain. C’est, à chaque fois, l’équipe qui en réalise le plus dans la compétition. 

Matthias Jaissle, toujours concentré sur le jeu (Crédit : DPA).

Un pressing qui ne s’avère pas toujours efficace. Moins d’un tiers de ces actions sont conclues par une récupération. Et lorsque ce n’est pas le cas, les espaces entre la ligne du milieu et de l’attaque offrent une multitude de possibilités aux adversaires. Si le coach tente alors de compenser par une ligne défensive qui colle ses milieux, obligeant les adversaires à jouer dans les couloirs, ce n’est pas toujours couronné de succès. En effet, depuis le début de leur compétition, face à Brøndy, l’équipe n’a réussi à garder sa cage inviolée qu’une seule fois en neuf rencontres (victoire 1-0 face à Séville lors de la sixième journée). 

Sans cette fébrilité défensive, les Autrichiens auraient pu aborder ce match retour un peu plus sereinement. Mais le but de Kinsley Coman à la 89e minute vient compliquer les calculs de Matthias Jaissle. Cependant, face à un Bayern un peu malade (deux défaites, deux nuls et cinq victoires en 2022), le coach allemand a les clefs pour rejoindre les quarts de finale. De là à confirmer cela sur le terrain. Réponse ce mardi 8 mars 2022 au soir. 

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