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Jeux Paralympiques | Le bilan à mi-parcours

Les Jeux Paralympiques de Pékin ont débuté il y a cinq jours, le vendredi 4 mars 2022. Alors qu’ils se terminent le dimanche 13 mars 2022, voici un résumé des exploits et déceptions des Français engagés à mi-parcours.

Arthur Bauchet au sommet de l’olympe

Il y a quatre ans, Arthur Bauchet quittait Pyeongchang quadruple médaillé. Il s’agissait de très beaux Jeux Paralympiques pour le jeune skieur de 17 ans. Néanmoins, il manquait au double champion du monde (slalom et slalom géant en 2017) une médaille dans le plus beau des métaux. En effet, elles étaient alors toutes en argent.

Quatre ans et quelques globes et titres mondiaux plus tard, il arrivait à Pékin en tant que grand favori. S’il ne manque pas de concurrence avec l’Autrichien Markus Salcher, cinq fois médaillé aux Jeux avant Pékin (deux en or, trois en bronze) qui avait gagné par deux fois lors des Mondiaux de Lillehammer début janvier 2022, l’or semblait plus qu’à sa portée après plusieurs années en haut de la discipline. Il avait d’ailleurs été double champion du monde en Norvège.

La descente d’Arthur Bauchet sur lequel il gagné sa première médaille d’or aux Jeux

Il parvient à réaliser ce qu’il n’avait pas réussi il y a quatre ans dès la première épreuve. Dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 mars 2022, il remporte la descente paralympique devant Markus Salcher et le Suisse Théo Gmür triple médaillé à Pyeongchang il y a quatre ans. Le dimanche, il coince sur le super-G, remporté par le Chinois Liang Jingyi.

C’est d’ailleurs la première médaille masculine de l’histoire en ski alpin pour le pays hôte. Elle est acquise quelques minutes après la première médaille sur la même épreuve par sa compatriote Zhang Mengqiu chez les dames. Sur cette deuxième épreuve de vitesse, une faute le relègue à la 4e position, une position qui ne lui plait pas grandement :

« J’adore le chocolat mais en médaille, je ne suis pas fan. »

Arthur Bauchet à la suite de sa quatrième place en Super-G

Mais celui qui préfère les médailles « en métal » en récupère bien rapidement une autre. Lundi 7 mars, sur l’épreuve du combiné avancée d’une journée à cause des prévisions météo, il monte une nouvelle fois sur la plus haute marche du podium. Il bat à cette occasion le Finlandais Santeri Kiiveri et le Néo-Zélandais Adam Hall. Celui-ci en est d’ailleurs à ses cinquièmes Jeux. Il a gagné l’or sur le slalom à Vancouver et il avait déjà fini à la troisième place du combiné, il y a quatre ans à Pyeongchang.

Marie Bochet écrit encore un peu plus l’histoire du sport français

Avant Pékin, Marie Bochet était la sportive française la plus médaillée aux Jeux, hommes, femmes, été et hiver confondus. Avec une armoire à trophées remplie, la porte-drapeau d’il y a quatre ans venait pour ses derniers Jeux avec l’ambition de monter une nouvelle fois sur le podium. Si elle est un peu moins dominatrice qu’elle a pu l’être par le passé (trois grands chelems aux mondiaux 2013, 2015 et 2019), elle sortait tout de même de ceux 2021 avec quate médailles, dont deux d’or.

Mais à Pékin, ses Jeux n’auraient pas pu plus mal débutés. Quelques secondes après s’être élancée sur la piste, elle déchausse, sortant immédiatement de la course pour gagner quelque chose sur la descente. Néanmoins, cela lui permet d’aborder la suite des compétitions sans la moindre blessure. Et dès le lendemain matin, la Savoyarde remplace ses larmes de tristesse par des larmes de joie. Elle finit deuxième du Super-G derrière la Chinoise Zhang Mengqiu et devant la triple médaillée de bronze à Pyeongchang Alana Ramsay.

En combiné, elle fait une erreur sur le slalom après s’être classée troisième du Super-G. À cause de celle-ci, elle termine uniquement 5e de sa troisième épreuve. Ce résultat sur le slalom peut peut-être s’expliquer par une blessure à l’épaule lors des mondiaux de Lillehammer. Elle avait alors du déclarer forfait pour les épreuves techniques. Ainsi, cela faisait plusieurs mois qu’elle n’avait pas pratiqué ses courses en compétitions.

Hyacinthe Deleplace & Valentin Giraud-Moine récoltent leur première médaille en binôme

Hyacinthe Deleplace et Valentin Giraud-Moine participaient aux épreuves de vitesse en début de Jeux Paralympiques. Dès la descente, le nouveau binôme s’est montré. Les deux Français terminent alors 3e de l’épreuve, offrant à la France sa première médaille des Jeux. Les tenants du titre mondial finissent alors derrière l’Autrichien Johannes Aigner et le Canadien Mac Marcoux, vainqueur de l’épreuve il y a quatre ans.

Le lendemain, ils échouent au pied du podium en Super-G, à la suite d’une petite erreur. Ce Super-G sacre les Britanniques Neil et Andrew Simpson. Leur victoire en fratrie est la première médaille de l’histoire pour la Grande-Bretagne sur neige. Dans cette épreuve qu’ils avaient également remportée lors des mondiaux en janvier, l’ancien coureur de 100 m et l’ancien membre de l’Equipe de France de ski, le podium leur échappe pour quatre centièmes de seconde.

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En combiné, la première course effectuée en binôme se déroule parfaitement. Après le Super-G, ils sont en tête du classement avec une seconde et demi d’avance. Pour le slalom, Hyacinthe Deleplace retrouve alors son guide de toujours Maxime Jourdan. Néanmoins, une grosse erreur sur le slalom les éloigne de nouveau du podium. Ils finissent à la 5e place.

Un résultat que le skieur ne regrette pas, beaucoup moins frustré que la veille, ayant tout donné et osé sur cette épreuve. De son côté Valentin Giraud-Moine regrette qu’il ait mis un peu de temps à rentrer dans ses Jeux. Celui-ci estimant que « Hyacinthe est capable de skier, d’être largement le meilleur ». Il a encore deux courses pour aller chercher des médailles, accompagné de Maxime Jourdan cette fois, sur les disciplines techniques qu’il maitrise un peu moins.

Le biathlon bredouille

Les débuts des deux représentants français en biathlon ne furent pas aussi bon qu’espérés. Alors que l’exclusion des skieurs russes était un réel avantage dans la catégorie debout tant ils dominent le biathlon (six médailles sur neuf possibles aux mondiaux en janvier – trois d’or, trois d’argent), cela semblait ouvrir des places sur le podium pour Benjamin Daviet. Pour Anthony Chalençon et son guide, la concurrence restait tout de même rude malgré l’absence de clairs favoris pour des podiums.

Mais pour l’instant, le porte-drapeau est toujours bredouille en biathlon, la discipline qu’il maitrise le mieux cette année et sur laquelle il avait gagné des médailles lors des derniers mondiaux. Samedi, il a terminé au pied du podium, à la suite dune erreur au tir. L’Ukrainien Grygorii Vovchynskyi, déjà triple médaillé en biathlon avant Pékin, remporte l’or devant l’Allemand Marco Maier et le Canadien Mark Arendz. Alors qu’il espérait se rattraper sur le 12,5 km mardi, il termine cette fois 6e. Sur le pas de tir de Pékin, il ne parvient qu’au 16/20. C’est le Canadien, déjà médaillé quelques jours plus tôt et désormais détenteur de sept médailles paralympiques, qui monte sur la plus haute marche du podium. L’Ukrainien paré d’or sur le 7,5 km l’accompagne sur la deuxième place et le Kazakh Alexandr Gerlits sur la troisième.

De son côté, Anthony Chalençon n’est pas parvenu à faire mieux que 9e sur les deux épreuves. Par deux fois, ses fautes lui coûtent très cher : quatre et douze fautes. Il a donc assisté de loin à la démonstration ukrainienne. Présente en nombre et favoris dans la catégorie non-voyant après les exclusions, la délégation menée par Vitalii Lukianenko, sextuple vainqueur paralympique avant Pékin, a signé deux triplés sur la catégorie. Sur le 10 km, ils réalisent même un quintuplé. Le pays a d’ailleurs remporté 16 médailles, dont 5 d’or en biathlon.

Benjamin Daviet, porte-drapeau doré

Le porte-drapeau a finalement obtenu la consécration sur une discipline où il était moins attendu : le ski de fond. Sur le sprint en catégorie debout, le Français a remporté sa première médaille olympique à Pékin avec le plus beau métal. C’est un soulagement Benjamin Daviet après ses deux échecs en biathlon. C’est surtout de bon augure pour la suite des Jeux, puisqu’il est encore engagé dans trois épreuves : le 10 km libre et le 20 km en ski de fond, ainsi que le 12,5 km en biathlon.

Le porte-drapeau obtient d’ailleurs sa première médaille sur cette épreuve du KO Sprint où il avait déjà participé à Sotchi en 2014. Pour sa troisième olympiade, Benjamin Daviet en est maintenant à sept médailles, dont quatre en or. Ces médailles sont plutôt bien réparties puisque le Français en a obtenu quatre en ski de fond et trois en biathlon.

Ce titre sur le Sprint n’est pas non plus une énorme surprise en soit. À 32 ans, Benjamin Daviet a déjà été sacré champion du monde en KO Sprint en 2019. Quatre ans plus tôt, à Cable aux Etats-Unis en 2015, il avait également obtenu l’argent. C’est en tout cas une consécration en forme de délivrance pour le Français qui pourrait très vite compléter sa collection.

 « Il y a quatre ans, je ne l’avais même pas fait… C’était pour me préserver pour le relais ; en 2019, aux Championnats du monde, c’était en skate et je le gagne ; en Coupe du monde, je ne les fais pas trop (ces KO sprint), je suis toujours un peu caché. Là, d’exploser la finale comme ça, c’est fou ! Je ne m’attendais pas à partir devant et à finir devant. »

Benjamin Daviet

Cécile Hernandez, quand la persévérance paye

Cécile Hernandez se bat depuis des années. Tout d’abord, elle se bat contre sa sclérose en plaque dont elle est atteinte depuis 2002. Elle passe alors plusieurs mois paralysée. Plus tard, l’ancienne pratiquante de BMX se met au snowboard handisport. C’est ce qui l’amène à Sotchi puis Pyeongchang. Elle y gagne à chaque fois une médaille. Mais avec l’argent et le bronze, il lui manque toujours l’or.

« Ça a été déjà tellement compliqué pour arriver à ces Jeux… »

Cécile Hernandez, à propos de la difficulté de venir aux Jeux pour des raisons politiques et judiciaires

Cela ne l’arrête pas et la sportive de 47 ans compte bien l’emporter au moins une fois. Mais la suppression de sa catégorie met son rêve en stand-by. Alors que la catégorie LL1 est supprimée, elle décide de continuer de faire son sport en compétition en LL2. Cette catégorie est plus complexe, cela ne pose donc dans un premier temps de problème à personne sur le circuit coupe du monde. Jusqu’à ce qu’elle et l’Américaine Brenna Huckaby, double championne paralympique en 2018, y gagnent également.

S’ensuit une longue bataille juridique pour avoir le droit de participer. Si Brenna Huckaby gagne un premier procès, le résultat ne s’étend pas à elle automatiquement comme elle le pense dans un premier temps car vivant exactement la même situation. Après plusieurs semaines d’attente et de retours plutôt négatif, elle s’engage dans la voie juridique de son côté. Et elle finit par obtenir son ticket à la toute dernière minute.

Dès les qualifications, l’actuelle leader du classement général de la coupe du monde et double médaillée aux mondiaux mais dans sa catégorie d’origine (elle y existe encore) finit première. Le lendemain, elle remporte la finale du snowboard cross devant la Canadienne Lisa DeJong et l’Amércaine Brenna Huckaby. Une consécration pour celle qui s’est battu pendant des mois pour juste avoir le droit d’être là. En espérant le même dénouement, qu’il soit judiciaire ou sportif, pour la prochaine course.

Maxime Montaggioni passe à côté du snowboard-cross

Après avoir raté les Jeux de Pyeongchang à cause d’une blessure, Maxime Montaggioni venait en favori à Pékin. Double champion du monde à Lillehammer en janvier, celui qui a commencé la pratique du snowboard à haut-niveau en 2015 avait de grosses ambitions. Actuel leader de la discipline, c’était relativement logique de le considérer comme favori si l’on oubliait l’absence d’informations sur les résultats des sportifs du pays hôte depuis des mois.

Néanmoins, sur l’épreuve de snowboard-cross après avoir fini 6e des qualifications à moins d’une seconde de la médaille d’or, il n’a pas réussi à inverser la tendance lundi. Après une erreur en quart de finale, il finit troisième à 0,02 seconde du deuxième et ne se qualifie donc pas pour la suite. Un écart infime mais qui le relègue à la 10e place de la compétition. Nul doute qu’il compte bien rattraper les choses sur le banked slalom dont il est champion du monde en titre.

Des top 10 en pagaille pour les skieurs alpins

Loin des projecteurs braqués sur Arthur Bauchet, les skieurs alpins français sont de toutes les courses et rentrent régulièrement dans le top 10, sans toutefois accrocher des podiums. Ainsi, sur la descente Manoel Bourdenx termine 7e, Jordan Broisin 13e et Oscar Burnham 18e. Sur le Super-G, Manoel récidive et finit une deuxième fois à la 7e place, tandis que Jordan termine 14e et Oscar 20e. Forfait au départ la veille, Jules Segers ne parvient pas à terminer la course après une sortie de piste. En catégorie assis, Lou Braz-Dagand se classe de son côté 13e sur le Super-G après avoir également fait l’impasse de la descente.

Sur le super-combiné remporté par Arthur Bauchet, Oscar Burnham finit 10e et Manoel Bourdenx 12e. Sur cette épreuve, Jules Segers fait une sortie de piste pendant le slalom, tandis que Lou Braz-Dagand termine 8e dans sa catégorie. De son côté, après s’être fait une frayeur pendant le Super-G, Jordan Broisin n’a pas participé à la manche de slalom, dans l’espoir d’être en forme pour les épreuves techniques plus tard dans la semaine.

En snowboard-cross, les deux autres représentants français finissent 14e et 16e de la compétition. Laurent Vaglica, qui avait pourtant fini 9e des qualifications, n’était pas au départ de son quart de finale. Mathias Menendez Garcia finit quant à lui 4e de son quart de finale et est ne se qualifie pas pour la suite de la compétition. Tous deux devraient être de nouveau présents pour les épreuves de banked-slalom.

Après cinq jours où la plupart des favoris ont obtenu ce qu’ils étaient venus chercher, les Jeux Paralympiques continuent jusqu’au dimanche 13 mars 2022 et chacun va encore avoir des occasions de médailles.

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