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Le guide de la Formule 2 2022

À Bahreïn ce vendredi, les fans de sports mécaniques auront le bonheur de retrouver, en plus de la F1, la F2 ainsi que la F3. Moins suivies, moins rapides mais pas moins spectaculaires, cette saison est l’occasion de monter dans le wagon des catégories jeunes du sport auto. De Lewis Hamilton à Charles Leclerc, les catégories jeunes ont vu passer tous les meilleurs pilotes de la catégorie reine. Pour vous préparer au mieux à cette nouvelle saison, le CCS vous a concocté deux guides pour suivre au mieux la Formule 2 et la Formule 3. Premier épisode aujourd’hui avec la Formule 2.

Rapide rappel historique de la catégorie

Le championnat du monde de Formule 2 a été créé officiellement en 1967 mais les origines de la catégories sont bien antérieures. Dès la fin de la première guerre mondiale, la FIA (AIACR à l’époque) confie à la Commission Sportive Internationale la charge de redéfinir le règlement et l’organisation des courses automobiles. Cette commission crée alors en 1921 la « Formule Grand-Prix », ancêtre de la Formule 1, mais aussi la catégorie des « voiturettes ». Les voiturettes se différencient des Formules Grand-Prix par leur cylindrée deux fois inférieure (1500 cm3 contre 3000cm3), mais aussi par des couts qui sont bien moins importants pour les constructeurs.

René Thomas vainqueur de la Coupe des Voiturettes 1921, sur Talbot-Darracq 56 (au Mans). source: Wikipedia

Plusieurs courses de voiturettes sont organisées ponctuellement ou annuellement. En 1946, au sortir de la seconde guerre mondiale, la FIA codifie le nouveau règlement de la nouvelle « Formule internationale ». Un an plus tard, une nouvelle catégorie pour les voiturettes est créée. En 1948, ces deux catégories portent le nom de Formule A et Formule B, qui deviennent Formule 1 et Formule 2 en 1949.

Si le premier championnat du monde de Formule 1 se dispute en 1950, le premier championnat international de Formule 2 n’a lieu qu’en 1967. De 1947 à 1967, il s’agissait essentiellement de championnat nationaux. De 1967 à 1984 se déroule chaque année le Championnat d’Europe de Formule 2. Très populaire à son lancement, le championnat perd en attractivité au début des années 80 et est remplacé par le championnat d’Europe (puis intercontinental) de Formule 3000 en 1985. Ce championnat aura lieu chaque année jusqu’en 2004, puis sera remplacé par la GP2 Series de 2005 à 2016. Le GP2 Series est rebaptisé Championnat du monde de Formule 2 en 2017 et n’a pas changé d’appellation depuis.

La monoplace

En Formule 2, les monoplaces de chaque écurie possèdent le même design, ce qui permet de réduire considérablement les écarts entre écuries. Depuis 2005, la marque italienne Dallara fournit aux écuries de GP2/F2 le châssis ainsi que différentes pièces de la monoplace. Depuis 2018, les écuries disposent d’une Dallara F2/18. Auparavant, la Dallara GP2/11 avait été utilisé de 2011 à 2017.

Dimensions : 5,224 mètres de long ; 1,9 mètres de large ; 1,097 mètres de hauteur

Poids maximum : 755kg

Moteur : V6 turbocompressé de 3,4 litres (620ch) fournit par la marque française Mecachrome ; durée de vie de 8000km

Performance : 0 à 100 km/h en 2,9 sec ; 0 à 200 km/h en 6,6 sec ; 335km/h de vitesse max (avec DRS)

Sécurité : mêmes règles qu’en F1 adoptées en 2017, halo identique

DRS : Activation hydraulique, même utilisation qu’en F1

Pneus : 18 pouces ; fournis par Pirelli ; 5 sets de pneus secs (3 sets de softs ; 2 sets de médiums ou durs ) et 3 sets de pneus intermédiaires/pluie par pilote fournis.

Pour plus de détails, on vous invite à aller ici

Format des weekends de Grand-Prix

Le championnat de Formule 2 change de format cette année. Après une saison 2021 avec seulement 7 weekends de Grand-Prix et 3 courses par weekends (pour réduire les couts), retour à 2 courses par Grand-Prix avec 13 circuits au programme. Il n’y aura qu’une seule course sprint par weekend au lieu de deux en 2021. Comme pour la Formule 3, les Grand-Prix de Formule 2 sont programmés le même weekend que ceux de F1 et sur le même circuit.

Un weekend de Formule 2 se déroule de la façon suivante. Le vendredi, une seule séance d’essais de 45 minutes le matin puis une séance de qualifications de 30 minutes l’après-midi. Cette séance de qualifications diffère par rapport à la F1 puisque le système de Q1-Q2-Q3 n’existe pas. Les 22 pilotes ont tous 30 minutes pour faire le meilleur tour possible. Bien que les monoplaces soient plus lentes qu’en F1, une bonne gestion du trafic est primordiale pour faire un bon temps.

Les résultats de cette séance figent la grille pour la course principale du dimanche. En revanche, pour la course sprint, il faut inverser les résultats du top 10 pour obtenir la grille de départ. Ainsi, le 1er partira 10ème, le 10ème partira lui en pôle, le 2ème partira 9ème et ainsi de suite. Petite particularité, celui qui obtient le meilleur temps de la séance de qualifications gagne 2 points au championnat.

Le samedi, place à la course. La course sprint se dispute désormais après la séance de qualifications de la F1 en fin de journée. Le règlement indique que cette course sprint doit durer soit 120 km, soit 45 minutes (sauf pour Monaco où la distance parcourue peut-être moins importante). Pour vous donner une idée, il faut au moins 23 tours du circuit de Bahreïn pour dépasser ces 120 km.

Les points sont attribués de la façon suivante :

  • 1er : 10 points
  • 2ème : 8 points
  • 3ème : 6 points
  • 4ème : 5 points
  • 5ème : 4 points
  • 6ème : 3 points
  • 7ème : 2 points
  • 8ème : 1 point

En général, les pilotes ne rentrent pas au stand sur ces courses sprint du fait de la courte distance parcourue. La gestion des pneus est alors plus qu’essentielle. Un point pour le meilleur tour est attribué si son détenteur termine parmi les 10 premiers.

La nuit de samedi à dimanche est très importante pour les pilotes puisqu’ils reprennent le volant dès le dimanche matin pour la course principale. Cette course est plus longue que la course du samedi et accorde plus de points au championnat. Le règlement indique que cette course doit durer soit 170 km, soit 60 minutes (sauf pour Monaco). A Bahreïn, il faut au moins 32 tours pour dépasser ces 170km. Les points sont attribués de la façon suivante (comme en F1) :

  • 1er : 25 points
  • 2ème : 18 points
  • 3ème : 15 points
  • 4ème : 12 points
  • 5ème : 10 points
  • 6ème : 8 points
  • 7ème : 6 points
  • 8ème : 4 points
  • 9ème : 2 points
  • 10ème : 1 point

Un point pour le meilleur tour est aussi attribué pour cette course, toujours dans le cas où le détenteur du meilleur tour termine dans le top 10 de la course.

Le calendrier

En 2022, 13 Grand-Prix sont au programme, dont 9 en Europe et 3 au Moyen-Orient (+ Baku entre les deux). En dehors du Grand-Prix de France, la F1 partagera l’ensemble des GP européens et du Moyen-Orient avec la F2. A noter encore une fois cette année la grande pause entre l’avant dernier GP (à Monza le 11 septembre) et le dernier GP (à Abu Dhabi le 20 novembre).

Le calendrier 2022 complet, Sochi a été annulé mais toujours pas d’info quant à son remplacement

Pilotes et écuries

De nombreux transferts ont encore eu lieu durant cette intersaison. On remarque aussi l’apparition d’une nouvelle équipe cette année avec les hollandais de Van Amersfoort, suite au départ de HWA Racelab.

Liste des pilotes et écuries Formule 2 2022 :

Prema Racing:

  • Dennis Hauger (R) : Champion de FIA F3
  • Jehan Daruvala : 7ème de F2 ; 3ème saison de F2, arrive de Carlin

Virtuosi Racing:

  • Jack Doohan (R) : 2ème de F3 (2 GP de F2 disputés)
  • Marino Sato : 21ème de F2; 3ème  saison de F2, arrive de Trident

Carlin :

  • Liam Lawson : 9ème de F2 ; 2ème saison de F2
  • Logan Sargeant (R): 7ème de F3 (1 GP de F2 disputé)

HiTech Grand Prix :

  • Marcus Armstrong : 13ème de F2 ; 3ème saison de F2, arrive de DAMS
  • Juri Vips : 6ème de F2 ; 3ème saison de F2

ART Grand Prix :

  • Frederik Vesti (R) : 3ème de F3
  • Théo Pourchaire : 5ème de F2 ; 2ème saison de F2

MP Motorsport :

  • Felipe Drugovich : 8ème de F2 ; 3ème saison de F2, arrive de Virtuosi
  • Clement Novalak (R) : 3ème de F3 (2 GP de F2 disputés)

Campos Racing:

  • Ollie Caldwell (R) : 8ème de F3 (2 GP de F2 disputés)
  • Ralph Boschung : 10ème de F2 ; 6ème saison de F2 (2ème complète)

DAMS :

  • Roy Nissany : 16ème de F2 ; 4ème saison de F2
  • Ayumu Isawa (R) : 12ème de F3

Trident :

  • Richard Verschoor : 11ème de F2; 2ème saison de F2
  • Calan Williams (R) : 19ème de F3

Charouz Racing System :

  • Enzo Fittipaldi (R): 17ème de F3 (3 GP de F2 disputés)
  • Cem Bolukbasi (R) : 9ème de F3 Asiatique

Van Amersfoort :

  • Jake Hughes (R) : 18ème de F2 (3 GP disputés)
  • Amaury Cordeel (R) : 23ème de F3

(R) : Rookie

Les principaux pilotes à suivre:

1/ Dennis Hauger:

Sacré champion en Formule 3 l’an passé, Dennis Hauger peut-il réaliser le doublé dès sa première saison en Formule 2 ? Le Norvégien de 19 ans aujourd’hui, membre de la RedBull Junior Team, a en tout cas marqué les esprits la saison dernière. Grâce a ses 9 podiums en 20 courses, dont 4 victoires, il a eu une marge d’avance sur ses concurrents assez conséquente tout au long de la saison.

Bien qu’étant parmi les plus jeunes pilotes de la grille, Hauger dispose d’une monoplace lui permettant de se battre immédiatement pour les premières places. Pour rappel, Prema a remporté le championnat constructeur de F2 avec 156,5 points d’avance sur UNI Virtuosi, 2ème avec 288 points. Cependant, le norvégien a montré dans la catégorie inférieure qu’il pouvait avoir besoin d’un temps d’adaptation avant de performer. Le fait de rester dans la même écurie malgré le changement de catégorie va certainement l’aider. Mais son coéquipier cette saison dispose d’une plus grosse expérience et semble être le grand favori pour le titre. Hauger ne devra pas s’attarder s’il veut avoir une chance d’être sacré à Abu Dhabi.

2/ Jehan Daruvala

Parlons a présent de celui qui occupe la monoplace n°2 de chez Prema, l’indien Jehan Daruvala. Avec le départ de nombreux pilotes durant l’intersaison (aucun pilote du top 4 en 2021 n’est présent), Daruvala fait parti des pilotes les plus expérimentés. Septième la saison passée au volant de sa Carlin, le pilote de 23 ans revient chez Prema, équipe qu’il a connu en F3 en 2019 (3ème au championnat).

Certes, en deux saisons en Formule 2, il n’a jamais devancé son coéquipier au championnat. Il finit derrière Yuki Tsunoda en 2020 et derrière Dan Ticktum en 2021. Mais cette année est différente. De nombreux pilotes sont partis, et Daruvala est sensé disposer d’une meilleure monoplace cette saison. Si des jeunes très talentueux arrivent cette année, on peut raisonnablement attendre d’un pilote comme Daruvala de les surpasser. A moins que la plus grosse menace vienne d’un français déjà expérimenté en F2…

3/ Théo Pourchaire

Avec la 5ème écurie de plateau, Théo Pourchaire, du haut de ses 17 ans à l’époque a marqué les esprits la saison dernière. En même temps, obtenir la pole et gagner à Monaco, ce n’est pas donné a tout le monde, même en F2. Dernier 5ème de la saison passée avec 140 points au compteur, il a totalement éteint son coéquipier Christian Lundgaard, pourtant très en vue en 2020.

Longtemps en pourparlers pour rejoindre Alfa Roméo dès cette année, il lui a manqué peu de choses (des $$$) pour avoir son baquet en F1. Le pilote membre de la Sauber Academy se sait très suivi par l’écurie suisse, notamment par Fred Vasseur. Cela ne l’a pas empêché de briller jusqu’à présent, et peut-être qu’un titre en F2 pourrait accélérer son ascension ? Toujours est-il que tout ne dépend pas de lui. Prema était injouable l’an passé et ART pas assez performant pour offrir a Pourchaire des chances de titre. On espère que la situation sera différente cette saison pour l’écurie française et pour Théo.

4/ Jack Doohan

La saison de F3 se terminant plus tôt que celle de F2, beaucoup de jeunes pilotes arrivant de F3 obtiennent une chance de piloter en F2 pour un ou deux GP en fin de saison. Cependant, très peu sont parvenus à briller autant que Jack Doohan dans cette position. Le jeune australien, 2ème de F3 en 2021, a signé pour deux GP chez MP Motorsport en compagnie du français Clément Novalak. Pendant que le français se battait pour les dernières places, Doohan lui a pu inscrire 7 points. Il a même signé le 2ème meilleur temps des qualifications à Abu Dhabi.

Ces belles performances lui ont permis de signer pour une écurie de haut standing, chez Virtuosi. Il sera accompagné de Marino Sato. Le japonais qui n’a jamais terminé dans le top 20 au championnat en 2 saisons (dans une équipe moyenne mais quand même) devrait être facilement battu. A voir si l’australien, qui a rejoint l’Académie Alpine cette année, continuera sur sa bonne lancée cette année.

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