MMA

Paddy Pimblett, le petit prince anglais

Avant d’être la fédération européenne la plus en vue du moment, le Cage Warriors a fait ses marques en lançant la carrière de certaines légendes du MMA comme Conor McGregor ou Michael Bisping, pour ne citer qu’eux. Mais le nouveau joyau formé au Cage Warriors, Paddy Pimblett, se démarque par son physique enfantin et son gros, gros volume de combat. Alors, qui est-il, et à quelle place pourrait-il prétendre une fois bien installé à l’UFC?

Un début de carrière prometteur

Patrick Pimblett de son vrai nom, est tombé amoureux des arts martiaux à 15 ans. La victoire de Vitor Belfort face à Rich Franklin lors de l’UFC 103 en est la cause. Dès lors, le natif de Liverpool s’est mis en tête de devenir une star de l’UFC, Bruce Buffer scandant son nom à chacune de ses apparitions… Il commence donc à s’entraîner en 2010, à 15 ans, et remporte ses deux premiers combats amateurs sur soumission un an plus tard.

C’est en 2017 que « The Baddy » débute officiellement sa carrière en MMA, en affrontant et battant Nathan Thompson (4-33 à l’époque) dès le premier round par TKO. Deux ans plus tard, le voilà atterri dans l’organisation majeure du Royaume-Uni, le Cage Warriors, en parallèle de son contrat au Full Contact Contenders où il deviendra champion des poids-plumes à 20 ans. Concernant la fédération mère, il doit faire un peu plus de preuves pour prétendre au titre, et c’est au bout de 8 combats, pour un palmarès de 7-1, qu’il commence à être vraiment pris au sérieux.

Il faut dire que notre jeune mécheux tout mignon et tout gentil est une vraie bête dans la cage, avec de nombreuses victoires dans le premier round et certaines plutôt spectaculaires. Agile et à l’aise pour les soumissions, son Triangle Armbar à la volée sur Conrad Hayes a été le premier coup de maître de Paddy. Mais c’est lors du Cage Warriors 78 que tout s’accélère. Devant son public, dans sa ville natale, Patrick obtient un combat pour la ceinture des poids-plumes, qu’il doit remporter face au vétéran français Johnny Frachey. Complètement transcendé par le soutien du public, il met KO son adversaire et remporte, à 21 ans, le titre des poids-plumes du CW, devant une foule en délire et des commentateurs dépassés et heureux de la réussite de leur petit gars.

Régulier, endurant, technique et complet, Paddy Pimblett est tout ce qui pouvait se faire de mieux dans la promotion. En plus de ses capacités hors-normes dans l’octogone, il incarne aussi l’insouciance et l’humour « so-british » et devient rapidement et logiquement le favori des spectateurs. Il perdra cependant la ceinture lors de sa deuxième défense de titre face à l’anglais Nad Narimani par décision, augmentera de catégorie et échouera à remporter la ceinture des légers face à Soren Bak. Blessé à la main après le combat, il s’éloignera des rings pendant près d’un an et demi et reviendra face au vétéran du BAMMA, l’irlandais Decky Dalton qu’il vaincra également sur TKO.

La consécration

Ces performances, tout le monde les a remarquées. Surtout les scouts de l’UFC qui l’avaient dans leur viseur depuis sa victoire pour la ceinture des poids plumes. Malgré deux tentatives infructueuses, la troisième est la bonne et voilà que Paddy Pimblett rejoint les rangs de l’UFC. Au vu de l’intérêt porté au talent anglais, il était logique que son premier combat ne passe pas dans les prelims, mais dans la main-card! Il aura même l’honneur de faire ses preuves dans un combat sensé et prometteur face au jeune prospect brésilien Luigi Vendramini qui lui aussi, a tout raflé dans son pays.

Opposition équilibrée sur le papier, mais qui n’a servi qu’à montrer la ténacité de Paddy mais aussi son côté spectaculaire. Sonné à plusieurs reprises dans le premier round, il arrive tout de même à mettre KO Vendramini sur un enchaînement propre et très efficace.

Résumons tout ce que nous avons appris depuis le début : le Scouser est un vrai diamant brut, qui possède le nécessaire pour devenir un showman sur et en dehors de la cage. Souvent comparé à Conor, ses premiers pas laissaient présager une vraie domination de Pimblett sur sa catégorie dans les années à venir. Néanmoins, ses performances nous laissent sur notre faim, tout d’abord avec son premier run de champion au CW où il n’est parvenu qu’à conserver son titre une seule fois, puis à l’UFC où même s’il s’est imposé au premier round, il n’a pu compter que sur son endurance et son menton en acier.

Paddy est un personnage qui ne fait pas l’unanimité, certains d’entre eux voyant en lui le renouveau de l’UFC et d’autres qui sont plus réticents et qui pointent du doigt son gros manque de concentration et de défense. En effet, sa nature très offensive l’a souvent mis en difficulté et chez le haut du panier des poids légers, ces erreurs pourraient lui coûter très cher…

Il n’a « Paddy » son dernier mot?

Objectivement, beaucoup de jeunes prospects des 155 ont montré bien plus de qualités que Paddy. Arman Tsarukyan, Joel Alvarez pour ne citer qu’eux, sont déjà installés depuis un certain temps mais ne bénéficient pas du même traitement de faveur que l’anglais, qui malgré un début de carrière explosif, semble stagner et a surtout été freiné par cette blessure à la main. Il a d’innombrables défauts, qui peuvent faire basculer un combat en quelques secondes.

Subjectivement, le type est un crack. Il a déjà tout compris sur sa manière de gérer son image, touche un public jeune, européen et amateur de spectacle et grapille un maximum de terrain vis à vis de sa notoriété. S’il semble encore un poil frais pour combattre à son plein niveau, il reste un combattant imprévisible, explosif et vicieux et à force de combattre dans la cour des grands, il développera les automatismes qui lui manquent, qui le rendront moins vulnérable mais tout aussi dangereux.

Dans cette vision utopique, on voit bien Paddy Pimblett aller décrocher les étoiles et conquérir le monde. Déjà adulé par son Royaume-Uni natal et une bonne partie de l’Europe, sa façon d’être et son naturel comique en feront une coqueluche aux États-Unis également. Sportivement parlant, il a le potentiel, l’endurance, la puissance, il suffit juste qu’il se mette à fond dans cette routine pour pouvoir dépasser tous ceux qui ont pris de l’avance sur lui. Le combattant qu’il lui faudrait, c’est Ilia Topuria, le jeune géorgien invaincu et absolument sensationnel. Et ça tombe « bien », les deux hommes se détestent et se sont affrontés en dehors de l’octogone pour des insultes très idiotes de la part du combattant de Liverpool. En espérant qu’ils puissent régler leur différends chez Dana et que l’un des deux prenne son envol dans la catégorie…

C’est simple : Paddy a tout, tout pour réussir. Surveillé de près par le monde du MMA depuis qu’il est à peine majeur, l’anglais est le petit prince du MMA. Cela dit, sa progression stoppée, de nombreux doutes subsistent quant à son vrai niveau et son hygiène de vie. Souvent décrié sur les réseaux sociaux pour sa prise de poids démentielle entre les combats, l’athlète n’en reste pas moins facile, autant en combat qu’en dehors, se ettant toujours hors de danger quand il le faut. Maintenant, à lui de montrer ce qu’il a dans le ventre dans les prochaines années à venir. Et la première étape, c’est ce samedi face à Kazula Vargas.

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