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Profil NBA Draft 2022 : Harrison Ingram, l’ailier créateur qui intrigue

Évènements indissociables des sports aux États-Unis, les drafts sont le moteur du renouvellement perpétuel des grandes ligues sportives nord-américaines. Coup de théâtre, coup du destin, déceptions, interrogations… Les drafts sont des éléments essentiels de la culture sportive américaine. Alors que la March Madness réserve, comme à son habitude, son lot de surprise, la draft NBA 2022 sera la prochaine date importante pour les prospects de NCAA, G-League, OTE et FIBA. L’occasion pour le CCS de se mobiliser pour vous proposer un profil détaillé des meilleurs prospects. Sans hiérarchie particulière, vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour connaître les futurs rookies, voire même les futures stars de la NBA.

HARRISON INGRAM

Date de naissance : 27 novembre 2002 – Classe : Freshman

Université : Stanford Cardinal – Bilan 2021/2022 : 16v/16d

Poste : Ailier

Mensurations
Taille : 201 cm – Poids : 104 kg – Envergure : 208 cm

Statistiques saison
32 matchs joués (30 débutés) // 10,5 pts // 6,7 reb // 3 ast // 0,9 stls // 0,3 blk
31,1 minutes jouées/match // 38,8% FG // 31,3% 3pts // 66,3% FT // 2,3 Tov // 1,7 PF

PROFIL

CONTEXTE PERSONNEL & COLLECTIF

Harrison Ingram est le genre de gamin dont la détermination permet de passer de l’ombre à la lumière. Traditionnellement, il est difficile pour un jeune joueur d’attirer les yeux des scouts sans passer par les rares places fortes éducatives de high school. Pourtant, Ingram a réussi ce pari.

Le natif de Dallas effectue son parcours complet avec l’école de St-Mark du Texas. Dès sa seconde année, Harrison Ingram commence sa quête de reconnaissance avec l’obtention du titre de MVP de l’Adidas circuit en 2019 sous les ordres du réputé Vonzell Thomas. L’année suivante, sa saison junior, Ingram passe un cap en conduisant son école au championnat d’état et de conférence. Avec 19,5 points, 10,9 rebonds et 7 passes par rencontre, il est logiquement nommé dans la première équipe All-Area. Ingram est sollicité par des programmes réputés de Division I en NCAA, dont notamment Perdue, UNC, Michigan et Stanford. Durant une saison senior tronqué par la pandémie où il tourne tout de même à 22 points, 13 rebonds et 8,4 passes, Ingram choisit de rejoindre le Cardinal de Stanford. En 2021, bien que l’événement soit annulé, Harrison Ingram est nommé au McDonald’s All American Game. Durant l’été 2021, Ingram se joint à l’équipe américaine pour la Coupe du Monde FIBA U19 et remporte l’or face à la France.

Ingram est la deuxième recrue cinq étoiles par consensus à s’engager avec Stanford après Zaire Williams en 2020. C’est la première fois depuis 2007 que le programme engage consécutivement deux recrues avec ce statut. Toujours sous les ordres de Jerod Haase, Stanford réalise une saison 2021-22 sur courant alternatif. Un bilan équilibré, mais toujours pas de qualification au tournoi universitaire depuis 2014. Le fait marquant de la saison d’Ingram est probablement son match à 21 points et 10 rebonds dans la victoire surprise des siens face à USC. Malgré une saison collective décevante, Ingram est nommé recrue de l’année dans la Pac-12 et dans la première équipe des freshmen de cette conférence.

DESCRIPTION DU JOUEUR

Harrison Ingram est un prospect bénéficiant d’un physique propice pour la NBA moderne. Même s’il est encore en développement, le corps de l’ailier de Stanford est suffisamment robuste pour jouer au niveau suivant. Avec ses 2 mètres 01 et surtout ses 104 kilos, Ingram efface déjà l’incertitude à laquelle de nombreux jeunes joueurs sont confrontés : la densité physique. Possédant des qualités athlétiques au-dessus de la moyenne pour son âge, Harrison Ingram ajoute à cela une belle envergure de 2 mètres 08. Il ajoute à ce package une belle vitesse de déplacement, notamment sans ballon, qui lui permet d’avoir un réel impact défensif.

Cette combinaison d’atouts athlétiques permet à Ingram d’être un solide défenseur en un contre un. Il utilise bien sa longueur pour contester les tirs. Sa mobilité latérale est intéressante, surtout parce qu’Ingram maintient toujours son bras levé lorsque son adversaire direct tente un débordement. Avec des changements de direction rapides, Ingram sait gêner les guards adverses mais peut tout aussi bien tenir des big men grâce à sa robustesse. Il est facile de projeter Ingram comme un défenseur efficace dès sa première année en NBA, polyvalent, capable de défendre du poste 2 à 4. Off-ball, Ingram a montré de très beaux instincts, notamment sur les aides, premier indice pour souligner son gros QI basket. Ajoutons pour son dossier, une réelle capacité à lire les trajectoires sur les rebonds. Un ailier qui capte 6,7 rebonds par rencontre, dont 1,8 offensifs, c’est toujours prometteur. Cette saison, Ingram capte 19,1% des rebonds défensifs disponibles quand il est sur le terrain, la 5ème marque de la Pac-12. Quelques réserves tout de même à émettre sur la concentration tout le long d’une rencontre ou sur l’excès d’engagement sur certaines séquences. En tout cas, les qualités défensives sont probablement celles qui sont les plus facilement projetables en NBA pour Ingram.

Mais il y a une autre qualité qui fait de Harrison Ingram est prospect tout à fait intriguant : son playmaking. Vous l’aurez probablement remarqué en lisant la partie biographie ci-dessus, Ingram affichait de grosses moyennes à la passe en high-school où il était la pièce maîtresse de l’équipe. Avec Stanford, ses responsabilités balle en main se sont atténuées mais le potentiel créateur d’Ingram est bluffant, si bien qu’on peut le ranger dans la catégorie des « point forward« . Ingram est un passeur talentueux avec de belles sensations et de bonnes lectures. Son panel de passes est impressionnant : sur pick and roll, en mouvement ou encore en post-up. Il maîtrise les passes instantanées, notamment avec sa main gauche, adore faire des passes à la cuillère dans le trafic et sait trouver les joueurs qui coupe vers le cercle. Avec un centre de gravité bas et son physique puissant, Ingram aime rentrer au cœur de la défense pour libérer le ballon vers ses coéquipiers démarqués à l’extérieur. Avec une qualité de dribble efficace, Harrison Ingram possède un combo playmaking/handle rare et intéressant pour un ailier.

En combinant ces qualités physiques et celles de créateur, on obtient un joueur qui adore être agressif vers le cercle. Un style qui lui permet de s’ouvrir des opportunités à la passe mais aussi pour son scoring personnel. Dans ses drives, Ingram rentre épaule droite, adore (peut-être trop) effectué des spin moves, avant de finir au-dessus de son adversaire main gauche en absorbant le contact. Mais attention, la création pour lui-même est parfois stéréotypé et inefficace. Avec un petit 51,5% de réussite près du cercle, Harrison Ingram doit améliorer sa finition. Il doit diversifier ses attaques qui sont encore trop basées sur le rapport de force et l’impact physique. Autre facteur : Ingram est trop dépendant de sa main forte, la gauche. Il termine, parfois en se forçant, quasi exclusivement main gauche. Avec un peu de travail, il peut devenir un scoreur positif à l’intérieur. En tout cas, c’est un secteur à acheter pour l’avenir. Avec un tel style de jeu, il est logique de voir Ingram apparaître dans le top 15 des joueurs ayant tenté le plus de lancer au sein de la Pac-12 cette saison. Mais voilà, son petit 66,3% de réussite aux lancers nous ouvre les portes du plus gros doute concernant Harrison Ingram : le tir.

77,8% de ses tirs longues distances sont venus sur une passe et Harrison Ingram affiche un taux de réussite de 31,3% sur la saison. Pour l’instant, il n’est pas une menace fiable sur catch-and-shoot. Le principal problème pour Ingram réside dans une mécanique trop rigide et peu efficace : le coude est trop haut, le point de relâchement est souvent trop bas. Beaucoup d’équipes l’ont laissé ouvert à trois points cette saison comme Liberty, San José State ou même Washington State où il termine avec un terrible 0/7 de loin. Ingram n’est vraiment pas à l’aise avec son tir et change de mécanique en fonction des situations. Sur pick and pop, c’est très difficile, tout comme en pull-up, ou quand les équipes défendent en-dessous de l’écran. Alors, c’est une donnée à prendre avec beaucoup de vigilance, mais de nombreux tirs extérieurs d’Ingram se sont soldés par de cruels in-and-out. Pour sa projection en NBA et surtout son rôle dans la grande ligue, le développement de son tir sera crucial pour élever son plafond.

✔️ FORCES

FAIBLESSES

📈 SWING SKILL

PRÉDICTION DRAFT 2022

Fin de premier tour (places 10-20)

Equipes potentiellement intéressées : Oklahoma City Thunder, Houston Rockets, Indiana Pacers

Le Thunder, les Rockets ou les Pacers veulent du talent, du potentiel à développer, Harrison Ingram peut faire parti de la short list de ses franchises. Ses qualités de playmaking vont probablement le hisser assez haut dans la prochaine draft NBA et ses équipes en reconstruction voudront saisir l’occasion d’augmenter leur bassin de jeunes talents. Au Thunder, Ingram peut très bien se fondre dans la rotation sur les postes 2 et 3. Imaginez le voir jouer en second porteur de ballon aux côtés de SGA et Lu Dort sur les lignes extérieures, sexy. Il en va de même à Houston où le poste d’ailier est peut-être encore vacant ou à Indiana où un peu de défense et du playmaking pourrait aider à côté du duo Haliburton/Hield.

TIERS DU CCS : Tiers « Starter ++ »

Un ailier de 201cm pour 104kg capable de créer pour l’équipe dans une large gamme de situations, voilà l’argument principal pour acheter le potentiel de Harrison Ingram. Il existe encore de nombreux domaines à développer, mais le plafond est trop élevé pour le voir être sélectionné au-delà de la 20ème place. Dès sa première année, Ingram pourra apporter des certitudes défensives avant de peut-être révéler tout l’étendu de son talent. A surveiller. De très près.

*Tiers du CCS, explications. Il est très difficile d’estimer le devenir d’un prospect. Pour embrasser au mieux le potentiel de ces jeunes joueurs, le CCS vous propose une hiérarchisation par « tiers », ou « groupes à potentiel ».
Groupe 1 : Tiers « potentiel All-Star », facile à deviner, le prospect à le potentiel pour devenir un All Star.
Groupe 2 : Tiers « Starter ++ », le joueur peut très bien devenir la deuxième ou la troisième option de sa franchise.
Groupe 3 : Tiers « Starter/6ème homme », rôle player important ou leader de la second unit.
Groupe 4 : Tiers « Rotation importante », 8ème ou 9ème, toujours précieux avec un rôle défini.
Groupe 5 : Tiers « Fin de rotation », 10ème ou 12ème homme avec peu de minutes, un plafond limité mais pouvant rendre de précieux services.
Groupe 6 : Tiers « G-League/2Way », pour eux, il faudra se battre pour espérer avoir un avenir en NBAmais tout reste possible pour les éclosions tardives.

Retrouvez tous nos profils de la Draft NBA 2022 ici !

Tier « All-Star »

Tier « Starter ++ »

Jaden Hardy

Tier « Starter/6ème homme »

Nikola Jovic

Tier « Rotation importante »

Jabari WalkerSpencer JonesDyson DanielsDereon Seabron

Tier « Fin de rotation »

Tier « G-League/2Way »

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