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Victor Nirennold : « Si j’avais commencé à jouer pro plus jeune, je serais aux oubliettes aujourd’hui »

France. France, États-Unis, Angleterre, Slovaquie, Viêtnam, Malaisie, Écosse. Victor Nirennold est un globe-trotter. À 30 ans, il a décidé de se poser à Motherwell, en Écosse, après une vie à voyager à travers trois continents pour le football. Retour sur une carrière, vraiment pas comme les autres. Entretien.

Café Crème Sport : Tout commence en Bretagne. Tu fais tes classes au Stade Rennais mais tu n’intègres pas le centre de formation. Comment as-tu vécu ce refus ?

Victor Nirennold : J’ai fait toutes mes écoles de jeunes là-bas, ainsi que ma préformation et je n’ai pas été pris au centre. J’avais 14 ans. Mais à ce moment-là, je ne réalisais même pas, parce que je jouais pour m’amuser, tout simplement. Mes parents ne m’ont jamais poussé ou m’ont parlé de jouer professionnel donc pour moi, ça ne changeait rien. Je suis parti dans un autre club, en amateur. Et là, c’était pareil, je jouais pour m’amuser, donc aucun problème.

CCS : Avec le SRFC, il n’y avait pas cet objectif de faire du football ton métier ?

Victor Nirennold : Pas du tout. Je sais que j’avais des coéquipiers qui en parlaient déjà à cet âge-là. Moi, ce n’était pas du tout dans mon esprit. Je m’amusais, j’étais juste amoureux du football, du ballon rond. Tout simplement.

Le football, passerelle vers le monde professionnel

CCS : Après, tu joues à la TA Rennes, aux Cheminots Rennais, avec la section amateur du SRFC, au futsal. Et tu décides de partir aux États-Unis, mais ton objectif est d’apprendre l’anglais pour, ensuite, intégrer une école de commerce.

Victor Nirennold : Exactement. J’ai fait un BTS en France pour, par la suite, intégrer une école de commerce, mais mon niveau d’anglais n’était pas assez bon. J’ai regardé sur Internet d’autres opportunités et j’ai trouvé celle d’aller étudier aux États-Unis et de pouvoir jouer au football, au soccer comme ils disent. Là-bas, ils paieraient mes études, un undergraduate degree, soit quatre ans d’université, ce qui vaut un diplôme qui aurait l’équivalent d’une Licence en école de commerce. Donc je suis parti.

CCS : Comment t’es-tu senti quand tu es arrivé là-bas, quand tu as découvert le pays, le soccer, l’université ? Dans quel état d’esprit étais-tu ?

VN : J’ai adoré. Super expérience dès le début. J’ai eu de la chance que la personne avec qui j’étais dans la chambre était Suisse. Il parlait français et il pouvait m’aider. Car à ce moment-là, je ne parlais pas un mot d’anglais. Erksine College, en Caroline du Sud, une toute petite école de 600 étudiants, est la seule école aux USA qui m’a accepté. J’ai dû faire un test d’anglais et mes résultats étaient faibles. Normalement, ils n’auraient même pas dû m’accepter mais ils ont fait une exception. Et au final, je ne regrette pas du tout car c’était une super expérience.

Victor Nirennold a joué au soccer universitaire, aux Etats-Unis.
Sous les couleurs universitaires (Crédit : Nova Southeastern Sharks)

CCS : Les autres écoles t’ont refusé pour l’anglais ?

VN : Toutes. Pour le foot, je pouvais aller partout, ils étaient tous intéressés. Mais une fois que je passais mon test d’anglais, ça ne marchait pas. Ils ne pouvaient pas me prendre.

CCS : Comment se passe cette première saison ?

VN : De base, en France, je jouais défenseur. Et dans ma recherche d’université, j’avais envoyé des vidéos de futsal où tu joues plusieurs positions. Et quand j’arrive là-bas, le coach me dit : « Mais t’es attaquant. » Je lui réponds : « Non, je suis défenseur. » Et il me dit : « Non, non, moi, je t’ai recruté en tant qu’attaquant. » Bon, ok, il me donne une bourse, il me paie mon université, il n’y a pas de problème, je vais jouer attaquant. Je fais une saison ok. Je ne marquais pas beaucoup mais je me donnais. Et on gagne le championnat.
À partir de là, j’ai la chance d’être recruté par une autre école, à Fort Lauderdale, à Nova Southeastern University, à quinze, vingt minutes de Miami. Comme mon anglais était meilleur, il a été possible académiquement de me transférer là-bas. 

« Je n’avais aucune intention de jouer pro, parce que je ne pensais pas avoir le niveau pour »

CCS : Et après, tu vas jouer à Miami. 

VN : Oui, au FC Miami City, en 2015. C’était leur première saison (en USL League Two, NDLR). C’était une équipe créée par des Français, Ravy Truchot, et les deux coachs Wagneau Eloi et Eric Rabesandratana. 

CCS : À Miami, tu es toujours en amateur ?

VN : C’était toujours en amateur. En fait, c’était une équipe Summer League, une équipe d’été. À cette époque, je n’avais pas encore assez d’argent pour rentrer en France. Parce que j’avais fini l’université et il y avait un break entre mai et août. Eux te nourrissaient et te logeaient et te payaient un peu pour jouer au foot, alors je me suis dit pourquoi pas. Et les deux coachs m’ont ouvert les yeux et m’ont fait prendre conscience que j’avais encore la chance de jouer professionnel. J’avais 24 ans à ce moment-là. 

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CCS : Comment voyais-tu le football à ce moment-là ? Tu commençais à te dire que c’était une possibilité ou, au contraire, tu te disais que c’était une étape trop grande ?

VN : Moi, je ne l’envisageais pas du tout en fait. C’était impossible. Pour moi, c’était : je termine mes études, j’ai mon diplôme et j’allais travailler. C’était tout tracé. Je voulais faire du commerce international. Et au final, ce n’est pas arrivé, du moins pour l’instant. Mais je n’avais aucune intention de jouer au football car je ne pensais pas avoir le niveau pour. 

CCS : Et quand tu joues à Miami, en amateur, tu vas jouer avec une équipe mexicaine et une équipe jamaïcaine. 

VN : Ah, c’était fou à cette époque. Je jouais avec les Jamaïcains parce qu’ils me payaient pour jouer avec eux, je crois que c’était le vendredi soir. Je jouais avec le FC Miami le samedi. Et j’allais jouer avec les Mexicains, qui me payaient aussi, le dimanche matin. C’étaient des équipes amateures, mais ils payaient deux-trois jours. Ils voulaient gagner. 

CCS : Les deux autres équipes étaient également basées à Miami ? 

VN : Oui, il y a énormément d’équipes là-bas. Encore plus en amateur. 

CCS : Avec ton regard français, qui a fait tes classes en France, tu as grandi avec le football français, comment voyais-tu le football aux USA ? 

VN : Franchement, ils ont des bons joueurs. Ce qui était différent, c’était au niveau de la tactique. En-tout-cas à cette époque, ils étaient un peu derrière. Mais techniquement, c’étaient des bons joueurs. Au niveau physique, ils étaient très bons. Ils étaient juste en retard tactiquement. Le niveau n’était pas mauvais. 

L’Angleterre du football, « un autre monde »

CCS : Tu as donc rencontré Wagneau Eloi et Éric Rabesandratana qui te disaient qu’il n’était pas trop tard pour te lancer. Tu décides donc de revenir en Angleterre, à Fleetwood ? 

VN : Ce qu’il s’est passé, et je ne le savais pas à l’époque, c’est que quand on jouait, ils avaient ramené des recruteurs. Pas pour moi, mais pour toute l’équipe. Leur but était d’aider les joueurs afin que quelques-uns aillent jouer pro. Et un jour je discute avec Éric, qui me dit qu’il y a des recruteurs qui sont venus. Et c’est à partir de là que l’idée est venue, donc je lui demande : « Et toi, t’en penses quoi, tu penses que je pourrais jouer pro ? » Il me dit : « Franchement, tu peux jouer pro. » « Mais je suis déjà âgé, j’ai 24 ans. » Il me dit : « Ça ne change rien du tout, la qualité est là et il faut juste ta chance, que quelqu’un croit en toi et te la donne. » 
C’est à partir de là que j’ai commencé à réfléchir. Et je me suis dit : « Pourquoi pas, autant essayer. » Le FC Miami a essayé de son côté, mais ça n’a pas marché. Alors je me suis fait une vidéo de mon côté, tout seul. Et j’ai commencé à contacter tout le monde, sur LinkedIn, sur e-mail, à chercher les sociétés… J’ai dû envoyer plus de 300 e-mails cet été-là. Beaucoup ne m’ont pas répondu, et ceux qui l’ont fait me refusait. À l’époque, je n’avais pas de page Transfermarkt, et quand tu n’en as pas, ils ne te considèrent même pas. 
Au final, Wagneau Eloi me trouve un essai en D2 au Portugal. Et le matin où je suis prêt à partir, ils appellent et ils disent avoir changé d’avis, que je ne suis plus invité en essai, qu’ils n’ont plus besoin de moi. Le même jour, je ne sais pas comment, il a cette équipe de troisième division anglaise, Fleetwood, qui m’appelle et me dit être intéressée. Alors je suis parti direct. 

Victor Nirennold lors de son passage à Fleetwood.
Victor Nirennold sous les couleurs de Fleetwood (Crédit : Fleetwood).

CCS : L’Europe te manquait un petit peu ? 

VN : Non, pas du tout. Je suis quelqu’un d’assez simple. J’aime ma famille, on reste en contact régulièrement, mais ça ne me dérange pas d’être tout seul.

CCS : Du coup, tu joues dans les divisions inférieures anglaises, mais as-tu senti des différences physiques, tactiques, techniques avec le soccer, que ce soit à l’entraînement, dans les matchs ou avec les supporters ?

VN : C’est un autre monde. J’étais étonné. Je l’ai réalisé encore plus quand je suis parti de l’Angleterre. En fait, c’est super professionnel. Jusqu’à la 5e division anglaise, franchement, tout est fait à la perfection, pour ce qui est du complexe d’entraînement, des vidéos, de la nourriture, des équipements, de la manière dont ils prennent soin de toi. 

CCS : C’est à partir de là que tu te dis que tu vas tenter ta chance jusqu’au bout ?

VN : J’ai eu un essai en troisième division anglaise pendant deux semaines. Ça s’est bien passé et j’ai signé mon premier contrat professionnel. Une fois que je suis dans le milieu, que je joue et que je vois que j’ai le niveau pour jouer ou rivaliser avec mes partenaires, je me suis : « T’es là, c’est possible, on va essayer de rester le plus longtemps possible dans le système. » 

CCS : À Fleetwood, comment tu imaginais ta carrière ?

VN : Encore une fois, je ne m’imaginais rien. Je me donnais à fond, conscient de la chance que j’ai eu, que quelqu’un me la donne à mon âge. Mais même encore aujourd’hui, ça a toujours été ma philosophie : je me donne à fond tous les jours, je fais tout pour n’avoir aucun regret, et on voit à partir de là. Tout ce qui est des ambitions, des rêves, je n’ai jamais été comme ça. Au jour le jour, match par match et on voit où ça m’amène. 

« Les Vietnamiens sont des passionnés de football »

CCS : Et ça t’a amené en Slovaquie, au Viêtnam, en Malaisie. Trois pays qui sortent de l’ordinaire. Comment se sont passés ces recrutements ?

VN : J’ai fait trois ans en Angleterre. J’ai eu des contrats, des offres, mais toujours en 3e division, alors je me suis dit qu’il fallait essayer quelque chose d’autre. Je suis parti en Slovaquie pendant six mois. Très bon niveau, ça joue bien, tout était bien, mais ils ne payent pas à l’heure. Et ça, c’est un truc avec lequel j’ai beaucoup de mal. Tous les jours, ils te mentent en te disant que ça va arriver. Deux, trois semaines. Au bout de deux mois, toujours pas de salaire. 

Du coup, à la mi-saison, je leur ai demandé de partir. Même si au niveau du foot, c’était top. Mais je ne pouvais pas. J’étais déjà marié. Donc je suis parti juste à cause des salaires en retard. C’est triste de dire ça, mais c’est commun dans les pays de l’Est. Il y a très peu de clubs qui sont corrects. C’est comme ça malheureusement.

CCS : Et tu es directement parti au Viêtnam. Ça n’a pas été compliqué de relancer la machine, en milieu de saison, de retrouver un club ? 

VN : Là-bas, le championnat est différent. Le calendrier est semblable à celui des USA. Leur pré-saison est en décembre-janvier et ils commencent la ligue en février. Donc je suis arrivé en début de saison. 

CCS : Que te disais-tu quand tu es parti ? 

VN : Il y a peut-être beaucoup de gens qui ne vont pas adhérer à ce que je vais dire, mais la vérité, c’est que je suis parti pour l’argent. Et je ne le regrette pas du tout. Je ne vais pas te dire ce que tout le monde dit, avec les projets sportifs. C’était pour l’argent. C’était un très bon contrat et je ne pouvais pas dire non. J’y suis resté un an. 

CCS : Et ça s’est bien passé ? 

VN : Ça s’est très bien passé footballistiquement. Mais ma femme n’aimait pas trop la ville, la mentalité, donc on est parti en Malaisie. 

Victor Nirennold a joué en Malaisie.
Lors de son passage en Malaisie (Crédit : Goal).

CCS : Et le football vietnamien, comment était-il ? 

VN : Les supporter étaient top. Ils sont 20 000, 30 000 dans des stades remplis. Ils chantent, c’est super. Des passionnés de football. Mais les infrastructures sont vraiment mauvaises. On avait un terrain d’entraînement, il y avait parfois des serpents dessus. Tu t’entraînes et tu vois le serpent qui passe. Les joueurs locaux attrapent le serpent et vont le jeter dehors. C’est très différent. Mais de très bon joueurs niveau foot, j’étais étonné. Physiquement, ils courent pendant des heures à haute intensité, ils ne s’arrêtent jamais. Et ce sont les joueurs les plus forts techniquement que j’ai pu voir. 

CCS : Comment les déplacements se faisaient ? 

VN : En bus ou en avion. 

CCS : Tu pars en Malaisie en 2020. Comment ça s’est passé dans ce cinquième pays ? 

VN : La Malaisie, c’était super. Franchement, super club, super pays. On est resté deux ans. Avec ma femme et mon enfant, on a adoré. Après, pourquoi on est revenu ? Avec le Covid, là-bas, il y a encore beaucoup de confinements, personne n’est autorisé à sortir du pays, alors on n’a pas pu rentrer pendant deux ans et nos proches ne pouvaient pas venir non plus. Après deux ans d’isolement, ma femme se sentait un peu seule. Alors on a décidé de rentrer à la maison, en Angleterre, comme elle vient d’ici. 

« Ces expériences m’ont rendu plus humble »

CCS : Tu as pris goût à ces changements d’ambiances, ces changements de pays ?

VN : Ouais, moi ça ne me dérange pas en fait. Tant que j’ai ma famille et qu’ils sont heureux, ça ne me dérange pas. Et puis tu joues au foot, donc c’est ce qui me rend heureux, alors que ce soit dans un pays ou dans un autre, ça ne change rien. 

CCS : Qu’est-ce que tu en as retiré de ces expériences ? 

VN : Je dirai que je ne changerais rien, que ça m’a rendu plus humble quand tu vois les conditions dans lesquelles certains jouent. En Asie et même en Europe de l’Est. Il y a énormément de joueurs, qu’on appelle professionnel, mais qui doivent aller demander tous les jours leur salaire sans rien recevoir. Je ne suis pas sûr que l’on puisse appeler ça un joueur pro du coup. Mais ça m’a rendu humble. Beaucoup de gens jouent au foot pro mais dans des conditions très difficiles. J’ai la chance d’être plus ou moins privilégié et de pouvoir bien vivre de ma passion. 

CCS : C’est compliqué de se réadapter à de nouvelles cultures à chaque fois. Comment faisais-tu, dans ta vie personnelle, pour te remettre dans un état d’esprit qui corresponde à la vie sur place ? 

VN : Moi, ça ne me dérange pas du tout mais ça dépend des personnes. Je demande à droite, à gauche. Les gens t’aident, les gens sont super sympas. Je n’ai rencontré que de superbes personnes. Je dois avoir 50 000 anecdotes mais tout était super. On s’en sort toujours. 

Lors de sa signature à Motherwell.
A 30 ans, il signe, pour six mois, à Motherwell, en Ecosse (Crédit : Motherwell).

CCS : Tu avais un petit rituel quand tu arrivais dans le pays ? 

VN : Non, pas particulièrement. Mais j’aime bien essayer les nourritures locales. Tout simplement. 

CCS : Pour ta famille, ça n’a pas été trop compliqué ? 

VN : Si on avait eu le choix, elle aurait préféré rester ici. On aurait pu rester ici. Mais aujourd’hui, en toute honnêteté, on a notre maison, qui est payée, on a tout ce qu’il nous faut, on n’a pas à se plaindre. Alors c’est un sacrifice qui était à faire parce qu’aujourd’hui, on est bien. Mais je ne vais pas me mentir, c’était parfois très difficile. C’était trois ans de sacrifice et maintenant on est de retour. 

CCS : Tu as des anecdotes qui feraient sourire ceux qui ne connaissent que le football d’Europe de l’Ouest ? 

VN : Au Viêtnam, ils sont très superstitieux. Alors quand on gagnait un match, le match d’après, on faisait tout pareil, mais exactement pareil. Ça va du repas à l’heure exacte où on monte dans le bus, à l’ordre des joueurs qui montent dans le bus. Il fallait que ça soit pareil. L’échauffement aussi. Et si on perdait, il fallait tout changer. Sinon, l’histoire du serpent sur le terrain, c’est ce qui m’a le plus marqué, avec les joueurs qui tentaient de les attraper, j’étais choqué (rires).

CCS : Début janvier 2022, tu signes à Motherwell, en Écosse, pour la fin de la saison. Comment vois-tu la suite de ta carrière ? 

VN : Je la vois au Royaume-Uni. Après, on verra. Ça va super vite, on ne peut pas vraiment se projeter, c’est dur. Aucune idée. On restera au Royaume-Uni, à moins qu’il y ait une offre qu’on ne peut pas refuser, mais sinon, on restera là. 

« Les jeunes, je les traite comme j’aurais voulu être traité : avec du respect »

CCS : Tu as 30 ans aujourd’hui. Quand tu regardes ta carrière dans le rétroviseur, tu ne changerais rien ?

VN : Oui, car si j’avais commencé à jouer pro plus jeune, je pense que je serais, aujourd’hui, aux oubliettes, je ne serais plus joueur professionnel. À l’époque, je n’avais pas la même mentalité, je n’étais pas prêt. Donc, avec du recul, j’ai eu la chance de jouer au moment qui me correspondait le mieux, où j’étais le plus a-même d’apprécier et de jouer. 

CCS : Mais au final, c’est un beau message que de voir un joueur qui a réussi, mais qui jouait, à 24 ans, en amateur aux USA. 

VN : Bien sûr. C’est toujours possible. Au final, c’est le terrain qui parle. La chance, tu l’auras forcément un jour, quelqu’un te la donnera. Il faut juste être prêt. Et si t’es bon, tu signeras. Le cursus le plus facile est évidemment la préformation, le centre de formation, l’équipe réserve puis avec la première et tu montres aux coachs ce que tu vaux. Mais il y a énormément de joueurs que j’ai rencontrés avec des parcours comme moi ou avec des parcours encore plus fous.

CCS : Et toi, la chance, on te l’a donné et tu as su la saisir au bon moment. 

VN : Oui. Je me suis donné les moyens pour être prêt physiquement. Je pense que c’est le plus important. Si tu n’es pas prêt physiquement, c’est difficile, surtout au plus haut niveau. J’ai eu la chance de la saisir, tout simplement. 

Victor Nirennold a voyagé dans six pays différents.
Les cartes postales de Victor (Crédit : CCS)

CCS : Maintenant que tu es dans un club de première division écossaise, comment es-tu avec les jeunes qui arrivent dans l’équipe ou qui sortent du centre de formation ? Est-ce que ton comportement, ta manière d’être est différente de celles de joueurs qui ont eu un chemin tout tracé depuis petit ? 

VN : Je les traite comme moi j’aurais voulu être traité, c’est-à-dire avec respect. Je ne leur crie pas dessus, il y a beaucoup d’anciens qui aiment bien crier sur les jeunes pour leur montrer leur autorité, pour montrer aux coachs qu’ils sont encore là. Moi, je ne suis pas comme ça, je vais les aider. Quand ils ne s’entraînent pas bien ou quand ils font des conneries, je vais leur dire à côté, mais calmement. Je sais que quand t’es jeune t’as la pression, encore plus quand tu montes dans l’équipe première. Alors j’essaye de les aider. C’est le plus important.

CCS : Et pour ta retraite, tu y penses ? 

VN : Oui, tous les jours. Ça ne m’intéresse pas trop de continuer dans le football. J’ai fait un Master dans le football, avec l’université en ligne de Johann Cruyff, mais plus pour être directeur technique. C’est ce qui me correspondrait davantage, par rapport à ma personnalité. Il y a moins de pression aussi, peut-être plus de sécurité aussi, tu n’es pas forcément le premier à sauter s’il y a des problèmes. Mais c’est vague encore. C’est plus une option que je me donne, pour ne pas devoir refaire mes diplômes et perdre plusieurs mois. 

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