Paroles d'auteurs

Paroles d’auteur #6 : Ervan, l’Auvergnat contemplatif

Le Café Crème Sport est un média omnisport aux grandes ambitions qui doit son ascension à une grande équipe de bénévoles. Cette rubrique doit servir à les sortir de l’ombre, leur donner une tribune légitime pour que vous, notre public, puissiez les connaître davantage : motivation, attachement au projet ou rencontre et appréhension personnelle du sport.

Sport :Ervan, l'Auvergnat contemplatif

Prénom : Ervan Nom : Couderc

Date de naissance : 6 décembre 1998

Rôle au CCS : Rédacteur rugby, intervenant football et basket

Équipe(s) favorite(s) : Biarritz Olympique, LA Lakers, Manchester United

Idole(s) sportive(s) : Juan Martín Hernández, Kobe Bryant, Éric Cantona

Quel est ton premier souvenir de sport ?

En tant que spectateur, mon premier souvenir de sport, c’est le sport amateur. Je me souviens, alors que j’avais un peu plus de sept ans, être allé voir un match de rugby à Mauriac, la ville où je suis né. C’était la finale du championnat d’Auvergne face à Riom et j’avais été fasciné par l’ambiance qui régnait au stade Jean-Lavigne. Le folklore des phases finales, le chauvinisme, la bonne humeur générale, tout ce qui rythme la vie du sport amateur, je l’ai découvert ce jour-là. Et encore aujourd’hui, je le contemple avec mes yeux d’enfant.

Pourquoi, ou comment suis-tu le sport ?

Je suis tombé dans le sport quand j’étais petit. Grâce à mon père, d’abord, fidèle supporter des Verts depuis l’épopée de 76. C’est lui qui m’a parlé de sport, c’est avec lui que je jouais au ballon dans le jardin, je n’ai pas été difficile à convertir. Ensuite, c’est une succession d’étapes. J’ai entendu parler du rugby par les copains à l’école donc je m’y suis intéressé. Puis j’ai découvert que la portée du sport dépassait le rectangle vert. Camus écrivait « Le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre, qui resteront mes vraies universités. »

Je me reconnais dans cette citation, le sport a été pour moi une porte d’entrée. Je me souviens de chercher sur Internet dans quel pays et dans quelle ville se situait tel ou tel obscur club qui allait affronter une équipe française en Coupe de l’UEFA. Je me souviens de m’interroger sur l’origine du nom du stade de cette équipe. C’est un cercle vertueux pour la connaissance, le sport a stimulé ma curiosité et ne cessera jamais de la stimuler.

« L’odeur de la baraque à frites n’est pas la même d’un stade à un autre, la clameur de la foule n’est pas la même d’une salle à une autre. »

Aujourd’hui, et c’est encore plus vraie depuis la pandémie, j’essaie de vivre au maximum le sport dans les stades. C’est là qu’en dépit d’une météo capricieuse ou d’une ambiance hostile, on vit les plus grandes émotions. Et j’aime à penser que chaque stade, chaque salle, a une atmosphère qui lui est propre. L’odeur de la baraque à frites n’est pas la même d’un stade à un autre, la clameur de la foule n’est pas la même d’une salle à une autre.

J’ai pu le vérifier lors de mes voyages. Des après-midis caniculaires à la recherche d’une cerveza en bord de terrain à Séville, aux longues soirées hivernales de Prague passées devant du hockey sur glace. En dehors des stades, je regarde de moins en moins la télé. Oui, ça m’arrive de me vautrer sur mon canapé devant le « Super samedi rugby », mais je « consomme » moins de sport qu’à une époque. Parce que j’ai pris conscience que je le consommais davantage que je ne l’appréciais.

Quels sports as-tu pratiqués ?

J’ai commencé par le judo, en grande section de maternelle. J’ai pratiqué ce sport durant sept ans, jusqu’à la ceinture verte. J’ai beaucoup de bons souvenirs de judo, mais j’ai arrêté car je n’avais pas assez de motivation pour progresser davantage. J’ai fait une année de football, en CP, qui n’a pas été une grande réussite. On me parle encore aujourd’hui d’un tournoi où je regardais le ballon entrer dans mes buts. Parfois je quittais ma cage pour aller contempler la vallée en contrebas du stade. J’ai fait du tennis, aussi, durant mes quatre années de collège. Je prenais du plaisir mais, encore une fois, il me manquait quelque chose…

Ce qu’il me manquait, c’est une cause commune. Je préfère les sports collectifs, et c’est pourquoi j’ai pratiqué le rugby pendant 14 ans. Je faisais partie de la vague de nouveaux licenciés en 2007, l’effet de la Coupe du monde organisée en France cette année-là. Beaucoup de mes copains d’école jouaient au rugby donc j’ai voulu les suivre. Ce que j’ai appris à leurs côtés, ce que l’on nous a transmis à l’école de rugby, j’ai voulu le transmettre à mon tour. J’ai encadré une équipe de jeunes pendant quatre ans et j’en tire beaucoup de fierté. Il n’y a rien de plus sain que le bénévolat : si on y va, c’est par passion, par altruisme. Tant qu’on a ça, le sport amateur vivra !

Comment as-tu connu le CCS ?

Sur les réseaux sociaux. Je ne sais plus ce qui m’a convaincu de lâcher mon follow, mais un beau matin j’ai vu une campagne de recrutement sur Twitter et ça m’a interpellé. C’était en septembre 2020, à une période où j’avais pas mal de temps libre et je cherchais un média amateur pour y écrire. Je préparais mes concours pour les écoles de journalisme et ça me tenait à cœur de pouvoir m’exercer à l’écriture.

Qu’est-ce qui t’a fait franchir le pas de l’écriture ?

J’ai commencé à écrire pour des médias amateurs en 2013, à l’âge de 15 ans. À l’époque, j’avais l’ambition de devenir journaliste de sport. Je ne savais pas à quelle échéance bien sûr, mais c’était ma volonté profonde et internet m’offrait cette possibilité d’écrire bénévolement pour des sites de sport. J’ai toujours été animé par le goût de l’écriture. Petit, j’écrivais des fictions, j’imaginais des guerres entre des pays qui n’existaient pas, des résumés de matchs inventés de toute pièce, des poèmes. Le journalisme, c’est la suite logique.

Quel serait l’article rêvé/plaisir que tu n’as pas encore fait ?

J’aimerais faire un papier sur le football et sa dimension socioculturelle. Me rendre sur une terre de football, de préférence à l’étranger, et découvrir ce qu’il s’y passe. Aller à la rencontre des gens, de l’employé de la boutique du club au gérant du bar de la rue adjacente, en passant par le jeune supporter rencontré sur le chemin. Comprendre ce qui relie les supporters, s’il y a des rivalités plus ou moins fortes avec d’autres clubs, comment elles s’expriment. Qui est le joueur le plus emblématique du club ? Pourquoi ils me répondent que c’est tel joueur alors qu’il n’est ni le joueur le plus capé ni le meilleur buteur ? Comment a-t-il forgé sa légende ?

Qu’est-ce qui te plaît dans le projet du CCS ?

La passion. On a un groupe de discussion sur lequel on est tous présents quelle que soit notre discipline de prédilection et il s’y passe des choses surprenantes. Je vois parfois un débat sur un sportif dont je n’ai jamais entendu parler, ou certains sont en train de commenter un événement sportif dont j’ignorais l’existence. On ressent si vite la passion dans leur discussion qu’on se prend au jeu et qu’on essaie d’en savoir plus.

Par ailleurs, quand un article ou un podcast sort, j’essaie toujours de le lire ou de l’écouter si j’en ai le temps, même si je ne suis pas d’emblée intéressé par le sujet. Je sais que je trouverai un article bien documenté ou un débat bien argumenté parce que les rédacteurs pour chaque discipline ont une réelle expertise. Ça me permet de développer ma culture et mes connaissances dans chaque sport, même s’il y a toujours des sports qui me semblent barbares (je ne les citerai pas) !

Quelle est ta devise de vie ?

Un vers de Térence, poète comique latin : « Je suis un homme ; j’estime que rien d’humain ne m’est étranger », il illustre la pensée humaniste. Je ne peux pas m’abstraire de l’humanité, tout ce qui est humain me concerne. Ce que je fais engage tous les hommes et réciproquement.

Épisodes précédents :
Raphaël, la caution écologique
Nathan, la passion au cœur de l’événement
Ben, l’esthète qui conte l’histoire
Paul, le flegmatique qui vibre au son de la vitesse
Cyprien, le passionné du V10

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