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Profil NBA Draft 2022 : Caleb Houstan, le Canadian Sniper

Évènements indissociables des sports aux États-Unis, les drafts sont le moteur du renouvellement perpétuel des grandes ligues sportives nord-américaines. Coup de théâtre, coup du destin, déceptions, interrogations… Les drafts sont des éléments essentiels de la culture sportive américaine. Après une March Madness qui a, comme à son habitude, réservée son lot de surprise, la draft NBA 2022 est la nouvelle date importante pour les prospects de NCAA, G-League, OTE et FIBA. L’occasion pour le CCS de se mobiliser pour vous proposer un profil détaillé des meilleurs prospects. Sans hiérarchie particulière, vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour connaître les futurs rookies, voire même les futures stars de la NBA.

CALEB HOUSTAN

Photos par Marc-Grégor Campredon @MarcGregor / http://marc-gregor.com

Date de naissance : 09 janvier 2003 – Classe : Freshman

Université : Michigan Wolverines (Big Ten) – Bilan 2021/2022 : 19v/15d

Poste : Ailier

Mensurations
Taille : 203 cm – Poids : 93 kg – Envergure : 210 cm

Statistiques saison
34 matchs joués // 10,1 pts // 4 rebs // 1,4 asts // 0,7 stls // 0,2 blk
32 minutes jouées/match // 38,4 % FG // 35,5 % 3pts // 78,3 % FT // 1,5 Tov // 1,7 PF

PROFIL

CONTEXTE PERSONNEL & COLLECTIF

La jeune histoire de Caleb Houstan reprend les codes de la jeune pépite prédestinée aux lumières de la NBA avant son passage à l’Université. Des comme lui, il en existe beaucoup. Et puis arrive le test de la première saison en NCAA, l’année de tous les dangers pour une réputation de « futur crack ». La précocité est à double tranchant, Houstan en a fait l’expérience cette saison.

Natif de Mississauga dans la province de l’Ontario au Canada, Caleb Houstan fait ses premiers pas sur le parquet d’une équipe de développement locale réputée, les Stags de Milton. Devant le talent naturelle du garçon, la famille Houstan déménage en Floride pour donner un cadre de formation idéal au jeune joueur. Ce cadre ? La crème de la crème de high school : la célèbre Académie de Montverde. Caleb Houstan débarque à l’été 2018 et va passer trois saisons à côtoyer les meilleurs jeunes joueurs du pays : Cade Cunningham, Scottie Barnes, Day’Ron Sharpe, Jalen Duren etc… Houstan cherche ses marques pour la première saison mais devient titulaire dès sa deuxième saison, le seul non-senior, et aide son équipe à réaliser une saison parfaite 25-0. Le programme est classé n°1 du circuit mais la saison est arrêté en raison de la pandémie.

Qu’importe, Houstan attire les regards des programmes et des scouts NBA. Au sortir de sa saison sophomore, Caleb Houstan indique qu’il renonce à sa dernière année avec Montverde, obtenant son diplôme en avance, reclassé dans la cuvée 2021. Le 30 octobre, il annonce s’engager avec l’Université de Michigan, devant des programmes comme Duke, Virginia ou Alabama. Pour sa troisième et dernière année donc, Houstan participe à la plus longue série de victoires de high-school, 44. Nommé pour le McDonald’s All-American et Jordan Brand Classic 2021, annulé en raison de la pandémie, Houstan poursuit sa quête de reconnaissance avec l‘équipe nationale du Canada dans les catégories jeunes.

En 2019, Caleb Houstan dévoile son potentiel de scoreur au Championnat des Amériques U16 au Brésil. Il termine deuxième meilleur pointeur du tournoi avec 22,3 points, inscrivant 29 points en demi-finale et permettant au Canada de remporter la médaille d’argent. Mais l’événement qui a cristallisé le potentiel de Houstan demeure sa prestation au mondial U19 en 2021 avec le Canada. Il termine à 17 points, 5,7 rebonds, 2,4 passes. Malgré ses 23 points en demi-finale contre les USA, Houstan ne peut empêcher la défaite des siens mais parvient à aider Benn Mathurin (31 points) et le Canada à la médaille de bronze contre la Serbie.

Avec de telles références, le statut de recrue 5 étoiles, et l’étiquette de la recrue la plus côté du programme de l’ère moderne, les attentes sont énormes sur les épaules de Caleb Houstan. Mais aussi sur le programme de Michigan, dont la classe de recrutement 2021 est classé n°1 du pays avec aussi le français, Moussa Diabaté. La troisième saison des Wolverines version Juwan Howard a légitiment déçu les fans. Les résultats sont très inconstants et l’énorme renouvellement de l’effectif peine à s’organiser. Michigan échoue face à Indiana au premier tour du tournoi de la Big Ten mais parvient à obtenir la tête de série n°11 pour la March Madness. Les Wolverines défont Colorado State (#24) puis surprennent Tennesse (#5) avec un gros Dickinson avant de finalement échouer au Sweet-16 contre Villanova. D’un point de vue personnel, la saison de Caleb Houstan est à la hauteur de celle de son programme : inconstance, déception, frustration. Alors que reste-il du potentiel élite pour le jeune canadien ?

DESCRIPTION DU JOUEUR

Si Caleb Houstan a obtenu le statut de recrue 5 étoiles ainsi que des apparitions régulières dans le Top 15 ou Top 10 de la classe 2021 chez les grandes agences américaines de scoutisme, c’est en grande partie en raison de ses qualités élites de tireur. Avant sa première année avec Michigan, le Canadien est reconnu comme l’un si ce n’est LE meilleur sniper de cette cuvée. Et pour cause, Houstan a montré avec les équipes juniors du Canada ou avec Montverde une qualité de tir impressionnante avec en point d’orgue, sa saison junior chez les Eagles où il affiche un taux de réussite derrière l’arc de 53,1%.

Mais les choses se sont avérées plus compliquées en NCAA. Sur l’ensemble de la saison, Caleb Houstan tourne à un honnête 35,5% à 3pts sur un bon volume de 5 tentatives longues distances par rencontre. Ce chiffre est peu représentatif des fluctuations du Canadien en termes de réussite. Sur les 14 premiers matchs de la saison, Houstan n’a rentré que 29,4% de ses 3pts. La pression fait son œuvre, la découverte du jeu NCAA aussi et les doutes s’installent légitimement. Puis, après un 3/4 à 3pts contre Maryland et un 5/7 de loin contre Indiana, nous avons redécouvert le Houstan tireur d’élite. Sur les 15 dernières rencontres de la saison régulière, Caleb Houstan a tiré à 44,6% à 3pts toujours sur 5 tentatives. Impressionnant. Puis, nouveau revers mental, un 0/10 au tir dont 0/3 de loin contre Ohio State, et le Canadien a replongé dans ses travers pour le tournoi de la Big Ten et le national. Sur ces 4 dernières rencontres, son pourcentage de réussite repasse sous les 30%. Une irrégularité criante qui a fonctionné par longues séquences cette saison mais qui peut être excusée par une question de confiance dans un contexte compliqué.

Au-delà de cette inconstance, Caleb Houstan s’est montré comme un formidable catch-and-shooteur. La mécanique est fluide, les mains toujours prêtes, le gainage impeccable, belle élévation, point de relâche haut, déclenchement rapide depuis sa main droite : Caleb Houstan est un excellent shooteur arrêté, c’est une évidence. Mais que peut-il nous proposer de plus ? Avec les Wolverines, nous ne l’avons que très peu vu poser un dribble avant son tir, ou même feinter. Très peu de jeux de pick-and-roll pour lui et surtout, une statistique criante : 93% de ses tirs à 3pts proviennent d’une passe. Souvent des tirs pris en bout de chaîne, quelques actions de pick and pop, globalement, à l’instant T, Caleb Houstan se projette très bien en tireur de bonne qualité sur catch-and-shoot. Pour le reste, il n’a pas montré suffisamment dans les autres secteurs offensifs.

Caleb Houstan a fait une saison de tireur longue distance quasi exclusif puisque 59% de l’ensemble de ses tirs est des 3pts : 164 tirs longue distance sur son total de 284. Le Canadien a pris très peu de tir mi-distance, seulement 16,5% pour une réussite médiocre de 27,3%. Il a souvent pris ce genre de tir en mouvement, situation où il semble balancer ses pieds en avant et faire baisser son adresse globale. Sur sa saison freshman, le plus gros défaut offensif amputable à Caleb Houstan vient probablement de sa finition. Seulement 54,5% de réussite près du cercle, on descend à 41% dans la raquette et surtout un volume très faible. Dites que Houstan a pris moins de tir près du cercle (44) que dans la zone gauche à 45° derrière la ligne cette saison (69). Ainsi seulement 24,3% de ses tirs ont été pris près du cercle. Comment interpréter ce constat chiffré ? Caleb Houstan possède de bonnes mensurations pour un ailier NBA, mais manque de qualités athlétiques. C’est un athlète convenable attention mais ses lacunes l’empêchent de diversifier son jeu offensif. Un premier pas loin d’être explosif, une verticalité insuffisante, un toucher à revoir et une utilisation du corps pas optimisée. Sur des cuts ou des drives ligne de fond, nous avons souvent vu Caleb Houstan incapable de se créer un chemin vers le cercle, bloqué rapidement par le corps d’un intérieur adverse. En revanche, lorsqu’il arrive près du cercle il obtient des lancers de manière correcte avec son FT% de 30,5% et un taux de réussite honnête mais perfectible de 77,8%. De même, quelques eurosteps bien réalisés en transition ou une finition possible des deux mains, nous invitent à croire à un développement dans ce secteur pour le jeune canadien.

Avec un handle moyen et un athlétisme à développer rapidement, Caleb Houstan n’est pas un créateur ou un slasheur (pour le moment), mais il sait tout de même libérer le ballon intelligemment notamment lorsqu’il part sur ses drives ligne de fond, situation qu’il affectionne. Nous avons vu cette qualité lors de la victoire de Michigan sur Purdue où Houstan a réussi à trouver de belles lignes de passes vers ses intérieurs. Quelques flashes à la passe qui peuvent faire de lui un bon passeur fonctionnel mais des difficultés dans les variations de passes que ce soit passe avec rebond, lobbé ou sur pick and roll. Défensivement enfin, Caleb Houstan est un joueur intéressant capable de défendre sur plusieurs positions, probablement les 3 et 4. Certes, son manque d’explosivité le handicape en 1v1 mais le Canadien sait compenser avec des bons déplacements latéraux, des mains toujours actives et une bonne anticipation. Si Houstan est projeté comme un poste 3 en NBA, il peut très bien évoluer sur le poste 4 en raison de sa belle qualité de tir et cette défense qui devient plus efficace à mesure où l’adversaire est plus lent.

✔️ FORCES

FAIBLESSES

📈 SWING SKILL

PRÉDICTION DRAFT 2022

Fin de second tour (places 20-30)

Equipes potentiellement intéressées : Denver Nuggets, Milwaukee Bucks, Toronto Raptors

Caleb Houstan pourrait apporter un spacing sérieux et efficace dès sa première année. Une qualité recherchée, notamment chez les prétendants au titre. Avec le potentiel qu’il a montré depuis ses plus jeunes années, sa place à la draft 2022 peut varier d’une fin de loterie à un milieu de deuxième tour. Un gros range qui peut jouer sur sa présentation à la draft. Effectivement, avec la jurisprudence BJ Boston, nous ne sommes pas l’abri de voir le Canadien être sélectionné loin de ses attentes et envisager plutôt une seconde année à Michigan. Mais dans le cas où il se déclare pour la prochaine draft, des équipes aux alentours de la 20ème place pourraient être séduites. Dans des systèmes collectifs très bien huilés comme à Denver ou à Milwaukee, Caleb Houstan aurait de belles opportunités et surtout l’occasion de se développer. Enfin, avec un pick en début de second tour, la franchise canadienne des Raptors pourrait bien sauver la jeune pépite du pays.

TIER DU CCS : Tier 3 : Starter/6e homme

De superstar en high-school à déception en NCAA, il n’y a qu’un pas et beaucoup de jeunes garçons sont passés par cette étape difficile. Caleb Houstan demeure un prospect avec un certain potentiel et des certitudes qui peuvent lui assurer un avenir en NBA. Il n’est peut-être pas LA star future du basket canadien comme beaucoup l’ont annoncé mais il peut facilement s’inscrire dans un collectif NBA. Houstan est un formidable shooteur arrêté, une qualité qui devrait faire son succès au niveau supérieur, reste à savoir s’il peut exploser ce plafond de verre athlétique. Il est jeune, il lui faut du temps. Si tous les éléments vont dans le bon sens, vous aurez devant vous l’un des steals de cette draft messieurs, dames.

*Tiers du CCS, explications. Il est très difficile d’estimer le devenir d’un prospect. Pour embrasser au mieux le potentiel de ces jeunes joueurs, le CCS vous propose une hiérarchisation par « tiers », ou « groupes à potentiel ».
Groupe 1 : Tier « potentiel All-Star », facile à deviner, le prospect à le potentiel pour devenir un All Star.
Groupe 2 : Tier « Starter ++ », le joueur peut très bien devenir la deuxième ou la troisième option de sa franchise.
Groupe 3 : Tier « Starter/6e homme », role player important ou leader de la second unit.
Groupe 4 : Tier « Rotation importante », 8e ou 9e, toujours précieux avec un rôle défini.
Groupe 5 : Tier « Fin de rotation », 10e ou 12e homme avec peu de minutes, un plafond limité mais pouvant rendre de précieux services.
Groupe 6 : Tier « G-League/2Way », pour eux, il faudra se battre pour espérer avoir un avenir en NBAmais tout reste possible pour les éclosions tardives.

Retrouvez tous nos profils de la Draft NBA 2022 ici !

Tier « All-Star »

Tier « Starter ++ »

Jaden HardyHarrison IngramBen Mathurin

Tier « Starter/6e homme »

Patrick BaldwinNikola JovicBryce McGowensMoussa Diabaté

Tier « Rotation importante »

Jabari WalkerSpencer JonesDyson DanielsDereon SeabronMarJon BeauchampWalker KesslerJaylin Williams

Tier « Fin de rotation »

Julian ChampagnieIsmaël KamagatéJaime Jaquez Jr

Tier « G-League/2Way »

Andrew Nembhard

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