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Analyse Warriors/Nuggets : le cinq qui a fait basculer la Game 2

Dans le deuxième quart-temps du Game 2 de leur série conte les Warriors, et alors qu’ils menaient 43-35 à 6 minutes de la fin , les Nuggets sont rentrés au vestiaire mené de 6 points, 57-51. La faute de Steve Kerr, qui a sorti ce qui est en passe de devenir sa nouvelle spéciale. Il nous a présenté un cinq, ultra Small Ball avec le trio Poole-Thompson-Curry dans le Backcourt, et le duo Wiggins-Green dans le Front court. Les Nuggets se trouvant complètement paniqués, le match a basculé. Pourquoi ? Nous tentons de vous donner quelques éléments de réponses.

Commençons par une première précision, et de taille : ce cinq n’est pas habitué à jouer ensemble, les blessures de l’année n’aidant pas. Klay Thompson le disait d’ailleurs pour ESPN après le Game 1 : « C’est la première fois que nous jouons vraiment ensemble. » Certes, Klay, Curry et Draymond jouent ensemble depuis dix ans, mais  intégrer deux nouveaux joueurs dans cette rotation n’était pas forcément chose facile. Et pourtant, chacun semble se trouver les yeux fermés. Créer ce qui semble être une line-up indéfendable et pénible à attaquer est une nouvelle prouesse du coach Kerr.

Car ce qui frappe en premier, c’est que chaque joueur de cette équipe peut mener le jeu. On le savait déjà, mais le potentiel est effrayant. Dans cette partie du second quart-temps par exemple, ni Klay Thompson ni Steph n’ont donné de passes décisives. Elles se sont partagées entre Jordan Poole et Draymond Green qui en ont comptabilisé trois chacun. Dès la première action, Stephen Curry emmène deux défenseurs dans son jeu sans ballon, Poole aperçoit parfaitement l’ouverture, et c’est un panier facile pour Thompson. La peur inspirée par chaque joueur de l’équipe permet des ouvertures de partout. 

Source : NBA.com

Parlons de ces ouvertures. En attaque, les possibilités sont multiples. Dans l’action ci-dessous, Jordan Poole sait que le matchup avec Gordon est positif. Il drive, obligeant Monte Morris à aider et donc quitter Stephen Curry, après un énième excellent travail sans ballon de celui-ci. Cela laisse le choix à Poole de driver et de scorer ou de faire sa passe. Car c’est là où nous voulons en venir, c’est que même si par miracle Monte Morris arrive à contester le lay-up, Klay est complètement seul dans le coin. Tout simplement indéfendable. Cette période de six minutes se conclura d’ailleurs par un terrible 9/10 au shoot pour l’équipe de Steve Kerr.

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L’affolante réussite aux tir des Warriors ( crédit : NBA.com)

En défense cette fois-ci, c’est l’intelligence tactique qui prime. Parce que si on pouvait trouver un défaut à cette formation, ce serait sa taille. Pourtant, ils n’ont pas semblé si déstabilisés par la présence du presque futur MVP sur le terrain. Un subtil mélange de QI basket et d’envie décuplée. Ici, Draymond défend sur Jokic. Green est désavantagé par le différentiel de taille. Il laisse alors Jokic prendre confiance sur sa prise de position. Une distraction, liée à la dureté de la défense, qui lui permet de récupérer le ballon. Et qui est-ce qui se jette sur le ballon pour le récupérer ? Curry et Thompson. Un nouveau coup au moral des Nuggets.

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Même histoire juste avant le dénouement du deuxième quart-temps, avec cette fois une autre stratégie. Monte Morris loupe son shoot. Intervient alors ce qui peut être le défaut de cette formation comme nous l’expliquions précédemment : le manque de taille au rebond. Ni Green, ni Wiggins ne peut empêcher Jokic de prendre son classique rebond offensif. Panier facile à venir me direz-vous ? Il n’en n’est rien, Wiggins déboule et fait une bonne vieille faute sur le Serbe, À l’expérience, il empêche tout panier facile et ne veut pas sortir Denver de cette spirale négative. On distingue d’ailleurs l’énervement sur le visage de l’ancien MVP. 

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Parfaite transition pour la dernière partie de cette analyse. Le basket est un sport de momentum. Et ce genre de cinq peut être terrible pour chaque adversaire, qui plus est à domicile. Lorsque ce n’est pas une action magique du collectif, un des trois fous furieux du backcourt trouve toujours une solution pour scorer, et mettre tout le monde encore plus en confiance. Cela ne fait que faciliter les automatismes. Et cela a donné ici un run de 16 points tout de même pendant le quart-temps. Un cercle vicieux, ou vertueux, ça dépend dans quel camp on se places. Regardez plutôt la réaction de Barton sur ce shoot de l’espace de Stephen Curry, qui résume en quelques secondes la force de cette composition sur ses adversaires. 

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Ces six petites minutes ont été le réel tournant de ce deuxième match de la série. Après la mi-temps Denver n’est jamais revenu au score et surtout, n’a pas semblé pouvoir se remettre de ce coup de marteau sur la tête.  À l’image du fameux « Death Line Up » des années André Iguodala et Harrison Barnes, Steve Kerr semble avoir trouvé la formule parfaite pour sublimer ses meilleurs joueurs. Si les blessures laissent tout le monde tranquille, Mike Malone risque de devoir se remuer quelque peu les méninges si il veut trouver une solution pour contrer cela. 

Matthieu Cazalets

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