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Mondial D1A (F) : Présentation des équipes

Initialement prévu en 2020, mais annulé par la pandémie de coronavirus. Le mondial D1A reprend enfin ses droits, à nouveau dans un contexte particulier. En effet suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le monde du sport, dont l’IIHF, a décidé de suspendre les athlètes et les équipes nationales russes de toutes compétitions internationales. Ce qui a entrainé une modification en profondeur des différentes compétitions. Ainsi la Suède, qui devait être présente à Angers, remonte dans l’élite mondiale, laissant les françaises, désormais ultra favorites pour la promotion.

🇫🇷 France : La voie royale pour la promotion ?

Source photo : Matt Zambonin / IIHF

Impatientes de prendre leur revanche sur les Suédoises, qui les avaient battues lors du match décisif du dernier TQO. L’équipe de France passe de la position du chasseur à celui du chassé. En effet, suite à la requalification de la Suède (mieux placée dans le classement mondial) dans l’élite en lieu et place de la Russie exclue, la France se retrouve grande favorite du tournoi d’Angers. Cependant, attention, ce mondial ne va pas être une simple promenade de santé pour les bleues. Le niveau des équipes engagées font que bien malin celui qui peut déterminer précisément le classement final, tant le tournoi s’annonce homogène. De plus les françaises vont devoir jouer avec la pression de jouer à domicile, mais également en sachant que le moindre faux-pas pourrait compromettre les chances de décrocher l’unique ticket pour l’élite.
Malgré la grande déception après l’élimination au TQO, les joueuses de Grégory Tarlé n’ont pas perdu le poil de la bête. Tout d’abord, en remportant le tournoi de Stavanger en février dernier, avec 3 victoires en 3 matchs face à la Slovaquie et à la Norvège, puis, il y a quelques jours, en amical face aux Pays-Bas (4-2).

Source photo : Xavier Lainé/FFHG 

Ce tournoi d’Angers est également le dernier tour de piste de plusieurs cadres, notamment la gardienne Caroline Baldin, tout juste couronnée de son 4ème titre de championne de Suisse avec Zurich, qui a annoncé sa retraite internationale à l’issu de ce mondial. Donc c’est avec une volonté de briller pour les « glorieuses anciennes » que cette équipe se présente.

Pour parvenir à ses fins, le staff de l’équipe de France va compter sur celles qui nous ont tant fait rêver à Lulea. La seule exception étant la non-sélection d’Emmanuelle Passard. Passard qui pourtant fait partie des cadres des tricolores et est toujours aussi performante au sein de l’attaque de l’HIFK Helsinki. On y voit la volonté de rajeunir les cadres et préparer l’avenir. L’effectif allie l’expérience des piliers telles que Manon Allemoz, Athéna Locatelli, Caroline Baldin ou encore Lore Baudrit avec la fougue et la folie de la nouvelle vague illustrée par Clara Rozier, Estelle Duvin, Julia Mesplède, Manon Le Scodan, Jade Barbirati et Chloé Aurard.

Néanmoins, la France risque de devoir se passer des services de Locatelli et de Rozier, encore engagées dans la finale de la Naisten Liiga (ligue finlandaise féminine) et ne seront disponible au plus tard que lundi 25 avril. Mais vu le talent et l’esprit combatif dans cette équipe, les bleues ont des arguments solides, mais attention à ne pas répéter les quelques imprécisions vues lors du TQO, afin de jouer de façon plus tranquille.

La joueuse clef 🗝️

Source photo : Elite Prospects / Timo Savela

La joueuse à suivre du côté des bleues est Chloé Aurard. La jeune attaquante de 23 ans brille de milles feux dans la NCAA avec l’équipe des Huskies de Northeastern (150 points, 69 buts et 81 assists en 129 matchs). Vainqueur et sélectionnée dans l’équipe étoiles de l’année de la Conférence East Hockey, Aurard et ses coéquipières sont passées tout près du titre national universitaire (défaite en finale, par les Badgers du Wisconsin 2-1 en prolongation). Avec une telle saison, la native de Villard-de-Lans sera évidemment une des locomotives de l’offensive tricolore, de plus son duo avec Clara Rozier fait des merveilles (6 points lors du TQO).

🇳🇴 Norvège : Du talent et de l’ambition

Malgré ses 12 tournois consécutifs en D1A, la Norvège a toujours semblée maudite. Pourtant le hockey féminin à le vent en poupe. La fédération met les moyens tant financièrement que matériellement pour attirer les joueuses, les aider et surtout développer les futures générations qui sont l’avenir de l’équipe nationale. Il faut dire que la Norvège ne manque pas de talents, le premier nom qui vient à l’esprit est la légende Line Bialik Øien. Øien est la meilleure marqueuse de la sélection avec 96 points en 83 matchs. Elle est également la joueuse la plus titrée en SDHL suédoise avec 4 titres. Sans oublier les nombreuses joueuses qui évoluent dans la ligue suédoise et une des future grandes gardiennes en Ena Nystrøm.

L’entraineur Thomas Pettersen sait qu’il a un groupe homogène capable de jouer la montée, le talent est là et la jeunesse semble capable de hausser leur niveau. Mais là où le bât-blesse, c’est un manque relatif de « tranchant », les norvégiennes n’arrivent pas toujours à jouer un « hockey total », ce qui peut être un handicap, surtout dans un tournoi aussi ouvert. Toujours est-il que leurs adversaires vont devoir se méfier car les « Ourses Polaires«  ont très faim de réussir et n’hésiteront pas à bondir sur la moindre occasion.

La joueuse clef 🗝️

Source photo : hurstathletics.com

La joueuse clef est la jeune gardienne Ena Nystrøm. Ultra talentueuse, Nystrøm a tout de suite fait parler d’elle lors de sa première apparition sous le maillot national en 2017, à seulement 16 ans, la gardienne s’est même permise de blanchir l’équipe de France. Depuis elle est devenue sans conteste la gardienne numéro 1. Partie se développer en NCAA, au sein de l’université Mercyhurst, la norvégienne à terminé la saison avec une fiche de 1.87GAA et 93,9% d’arrêts en 20 rencontres. A Angers, Nystrøm sera attendue et devra montrer tout l’étalage de son talent pour donner confiance à ses équipières

🇦🇹 Autriche : Souviens toi de Füssen

Source photo : Eishockey-Online.com

L’Autriche va vouloir sa revanche, 4 ans après sa défaite inattendue face à l’équipe de France, lors du mondial D1A qui avait vu les bleues menées 2-0, avant une incroyable remontada, puis dans les 5 dernières secondes du match, le but de Caroline Passard a anéanti le rêve autrichien d’enfin monter dans l’élite. Depuis la sélection autrichienne veut prendre sa revanche, et quel plus beau cadeau ça serait pour les 20 ans de la sélection que d’enfin accéder dans le top 10 mondial. Surtout si elles jouent comme lors du TQO à Füssen, où l’Autriche avait choqué les hôtes et grandes favorites allemandes (victoire 3-0), avant de perdre contre le Danemark, d’un petit but, lors du match décisif.

En préparation de ce mondial, les « Lady Eagles » ont été défaites par la Norvège (3-2). Toutefois ce résultat est à prendre avec des pincettes, tout d’abord, l’Autriche ne jouait pas avec ses cadres, mais il est à souligner que la jeune génération n’a pas déméritée.

L’entraineur finlandais Jaru Risku va notamment s’appuyer sur son escouade défensive qui sait être disciplinée, mais également sur une offensive intéressante menée notamment par la capitaine Anna Meixner. Meixner qui est clairement dans les pas de la légende du hockey féminin autrichien Denise Altmann.

L’objectif est simple, confirmer le niveau de jeu vu à Füssen et enfin accéder à l’étage du dessus.

La joueuse clef 🗝️

Source photo : Puckfans.at/Andreas Robanser

Tous les regards et les espoirs de l’Autriche vont se porter sur la jeune gardienne de 19 ans : Selma Luggin. Après un TQO sensationnel où elle a effectué un blanchissage, et obtenu une fiche de 97,2% d’arrêts et 0,67GAA en 3 matchs, Luggin va essayer de confirmer son excellente saison en EWHL où elle a terminé avec un impressionnant 95,2% d’arrêts pour 1.17 GAA en 19 rencontres. Celle qui est pressentie pour devenir une des meilleures gardiennes va devoir « tenir la baraque » et se présenter à chaque match à 100% pour offrir une qualification historique à son pays.

🇸🇰 Slovaquie : Croire en ses chances

Source photo : canucksbanter.ca

Plus jeune équipe du tournoi (environ 20 ans de moyenne d’âge), la Slovaquie ne vient pas en Anjou sans manquer d’ambitions. Ayant affiché une belle résistance face à la Suède et la France lors du TQO, les slovaques veulent confirmer et qui sait peut-être retrouver le sommet, 11 ans après l’avoir quittée. Cependant, lors de ses dernières sorties, les slovaques n’ont pas particulièrement brillés. 3 défaites lors du tournoi de Stavanger (dont 2 défaites face à la France), sans oublier les soucis avec le Covid, font qu’on n’a pas encore vu le niveau réel des joueuses de Tomas Segun.

Composée d’une majorité de joueuses issues de la EWHL (la ligue d’Europe Centrale), mais également de joueuses évoluant dans les meilleures ligues au monde, la Slovaquie présente une équipe intéressante. Par contre il faut reconnaitre que l’efficacité offensive est un peu faible, et l’absence de l’américano-slovaque Danielle Hartje (retenue par ses études à Yale) ne va pas aider à diversifier les solutions en l’attaque. Toutefois, l’entraineur Tomas Segin va pourvoir compter sur Nikola Rumanova (qui revient de blessure), Janka Hlinka et surtout sur la gardienne de 18 ans Nikola Zinkova qui va devoir montrer tout le talent aperçu lors du TQO.

Attention, même si sur le papier, la Slovaquie peut sembler faible, il ne faut pas pour autant la sous-estimer.

La joueuse clef 🗝️

Source photo : eliteprospects.com

La joueuse vedette pour les Slovaques, c’est Nicol Lucak-Cupkova. Celle qui brillait en ZhHL (la ligue féminine russe) au cœur de l’équipe d’Oufa avec 43 points, a dû quitter la Russie précipitamment suite au déclenchement du conflit contre l’Ukraine. Elle va avoir à cœur de démontrer son incroyable talent, et mener la Slovaquie sur le chemin de l’élite

🇳🇱 Pays-bas : Un sort déjà scellé ?

Source Photo : Fred Lee/Getty Images

Promues en 2019, les Pays-Bas sont clairement la grande inconnue. Affublée logiquement du statut de petit poucet, les néerlandaises vont avoir l’ambition de ne pas être qu’un simple faire-valoir, mais au contraire d’être le poil à gratter dans cette compétition. Les « Oranjes » ont connues une évolution stratosphérique, passant de la D2A à l’antichambre de l’élite en seulement 2 ans. Alors certes leurs adversaires n’étaient pas des équipes faisant partie du top mondial, mais tout de même la progression est intéressante.

Lors de la préparation pour le mondial, les hollandaises sont tombées avec les honneurs face à l’équipe de France (4-2), mais il faut prendre ce résultat avec un pincée de sel, car l’objectif était surtout de ne pas avoir de blessées. Mais quand même on peut saluer la performance.

A Angers, le sélectionneur Marco Kronenburg, sera secondé par la championne du monde 2012 et double médaillée olympique : Jennifer Wakefield, et ensemble ils ont réunis une équipe dotée de quelques bonnes individualités notamment Bieke Van Nes pour permettre à l’offensive de trouver le chemin des filets adverses, mais surtout sur une défense qui va devoir être rigoureuse afin de protéger au mieux les gardiennes, véritables « maillons faibles » car évoluant aux Pays-Bas et qui souffrent du manque de compétition de haut niveau et d’heures de glace limitées.

La joueuse clef 🗝️

Source photo : Marco Spelten actiefotografie.nl

Kayleigh Hamers va avoir du travail durant le tournoi. Celle qui est une des piliers de la sélection néerlandaise, a connue une saison un peu en deçà de ses standards habituels dans la SDHL. Toutefois, son expérience du très haut niveau sera primordiale pour aider son équipe dans la perspective du maintien.

🔮 Notre pronostic 🔎

La rédaction du Café Crème Sport a regardé dans sa boule de cristal et vous donne son pronostic

  1. France 🥇
  2. Norvège 🥈
  3. Autriche 🥉
  4. Slovaquie
  5. Pays-Bas

(Source image de l’en-tête : Théo Bariller-Krine / La Dalle Angevine – oxygeneradio.com)

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