A l'affiche Auto / Moto

Les courses sprint en F1, décriées mais conservées ?

Mitigées, illégitimes ou bien encore sans intérêt. Ce sont les termes qui peuvent être employés afin de parler du nouveau format que souhaitent instaurer les nouveaux investisseurs de la Formule 1.
Hier, samedi 24 avril, a eu lieu la 4ème course sprint de l’histoire de la Formule 1, sur le mythique tracé d’Imola en Italie. Après une première année « d’essais » en 2021, où 3 sprints se sont tenus sur 3 circuits mythiques du sport automobile, ce format est de retour en 2022, avec 3 nouvelles épreuves !

Il y a eu Silverstone, Monza et Interlagos en 2021, et à chaque fois, le spectacle tant promis n’était pas au rendez-vous. Cette année, ce sera à Imola, Spielberg et à nouveau Interlagos pour le moment, en attendant les prochaines destinations. Si cette nouvelle échéance à Imola s’est avérée à nouveau décevante, il convient donc de se poser la question de l’intérêt et de la pérennité de ces courses sprint.

Les courses sprint, qu’est ce que c’est ?

Pour tous les novices qui découvrent encore les secrets de la Formule 1 et qui ne sont pas encore sûrs de tout comprendre, vous pouvez retrouver toutes les règles à connaître ici ! Pour les autres, cela se passe juste ci-dessous !
La course sprint, pour résumer, se déroule le samedi après-midi et a pour objectif de remplacer les séances de qualification « classiques ». Après l’habituelle séance, qui se déroule désormais le vendredi après-midi, les pilotes se retrouvent sur la grille afin de prendre part à une course intense, d’une vingtaine de tours, et vont lutter pour des positions en vue de dimanche.

La course sprint de Monza en 2021, qui malgré un tracé propice au spectacle, n’a pas comblé les attentes (crédit: Motorsport.com)

Les qualifications de vendredi déterminent donc la grille pour samedi et la course sprint. La règle est simple, il faut attaquer durant les peu de tours proposés, il n’est pas nécessaire d’effectuer d’arrêt au stand, il faut simplement gagner ou conserver sa position sur la piste. Aussi, les pilotes choisissent leur gamme de pneumatiques et la quantité d’essence à embarquer, et s’envolent vers une épreuve intense et rythmée.

À la suite de cette épreuve, le classement de cette course détermine la place des pilotes sur la grille pour le départ de dimanche. L’intérêt est donc, comme pour la course, de se rapprocher au mieux des premières places, d’autant qu’une récompense de point est attribuée pour les premiers pilotes à l’issue de cette course. Lors des premières éditions, en 2021, seuls les 3 premiers pilotes se voyaient respectivement attribués 3, 2 et 1 points, en 2022, une plus grande récompense est offerte :

1er = 8 points
2eme = 7 points
3eme = 6 points
4eme = 5 points
5eme = 4 points
6eme = 3 points
7eme = 2 points
8eme = 1 point

Un sprint vers l’ennui ?

Ce nouveau format est par ailleurs issu des catégories inférieures, notamment les Formule 2 et Formule 3 qui appliquent d’ores et déjà ce système à chaque week end de Grand Prix. Et à la différence de la Formule 1, ce format est déjà bien installé et apprécié. En effet, le spectacle est au rendez-vous en Formule inférieure, il y a des dépassements, des prises de risques et du « drama » qui s’invite à chaque course. Cela est surement du à l’équité des monoplaces, permettant au meilleur pilote de pouvoir briller, mais pas seulement.

Charles Leclerc a réussi l’exploit de s’arrêter et de remporter la course en 2017, à l’époque en Formule 2

L’avantage en Formule 2 et 3 repose sur le fait que la course sprint n’aura pas d’impact sur la grille de départ de la course « principale ». Les grilles sont inversées de la 1ère à la 10ème place, aussi, cela favorise le spectacle et les dépassements. En Formule 1, le problème repose sur le fait que les pilotes peuvent tout perdre avec ces courses sprint, pour très peu à gagner. En effet, un accrochage ou un abandon les ferait partir au fond de la grille, ruinant ainsi leurs espoirs pour la course. Aussi, les pilotes préfèrent assurer plutôt que de se risquer aux dépassements.

Le format de cette année, récompensant plus de pilotes, devait laisser sa chance au spectacle. En effet, plus de points offerts supposait donc plus de risques à prendre pour ces points. Toutefois, cela n’est toujours pas le cas comme il a été possible de le voir à Imola. Les écarts de performance sont trop importants pour permettre d’assister à des luttes, les pilotes aux premières places prennent leur envol, et chacun se retrouve dans un petit groupe de 2-3 pilotes sans parvenir à ce battre. L’effet escompté frustre plus qu’il ne passionne, les luttes n’existent que trop peu.

Des courses sprint sur le long terme

Ce format, bien que décrié et peu apprécié par les « puristes » risque de perdurer. Aussi, il convient donc d’en dresser un constat. Les nouveaux investisseurs cherchent à toucher une nouvelle cible de fans, quitte à se mettre à dos l’ancienne cible. Il faudra donc de devoir s’habituer à ces courses sprints, qui continueront de sévir durant les prochaines années. Alors quitte à devoir les conserver ce format, autant tâcher de l’améliorer en proposant une formule plus intéressante et propice au spectacle.

La course sprint à Imola a encore déçu, le tracé et l’avantage du DRS ne permettant pas d’offrir le spectacle souhaité (crédit: L’Automobile)

Comme pour les formules inférieures, pourquoi ne pas proposer ce système de grille inversée, de la 1ère à la 10ème place, tout en conservant les positions des qualifications pour la course de dimanche ? Ainsi, les leaders aux monoplaces les plus performantes se voient récompensés pour leur séance de qualification et peuvent aborder la course sprint de manière plus sereine, avec l’assurance de conserver leur position sur la grille pour le lendemain.

De même, pourquoi ne pas proposer de plus grosses récompenses pour les preneurs de risques ? Le pilote ayant effectué le plus de dépassements, plus de points pour les premières positions, il faut changer quelque chose afin d’inciter les pilotes à prendre au sérieux ce format.  L’absence de spectacle actuel, comme vu à Imola ou lors des 3 précédentes éditions de 2021 n’ont pour l’instant pas permis de satisfaire en terme de spectacle, tant pour les pilotes que pour les spectateurs.
De nombreux changements pourraient donc être faits afin d’améliorer ce format, et pourtant, il n’arriveront qu’à partir de l’an prochain si c’est le cas. Il faut donc encore ronger son frein pour 2022 a apprécier le spectacle offert en piste.

Format destiné à promouvoir le spectacle, les courses sprint déçoivent plus qu’elles ne passionnent en Formule 1. L’absence de duels tant promis, les risques trop élevés pour les pilotes et les écuries font que personne ne cherche à se sublimer. Les règles instaurées dans les catégories inférieures sont plus propices à ce format, et il faudrait peut être penser à s’en inspirer. Toujours est-il que les courses sprints risquent de perdurer dans le temps, alors autant s’habituer et les accepter dès que possible.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :