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L’obligation du tir extérieur, ou comment les Bucks ont maté les Bulls

Milwaukee n’a pas fait dans la dentelle lors du Game 5 face à Chicago, pour s’offrir une nouvelle qualification pour les demi-finales de conférence. En étrillant des Bulls certes affaiblis, Mike Budenholzer et ses hommes ont prouvé qu’ils pouvaient régner à l’intérieur, comme l’a prouvé leur très intelligente défense, qui a obligé les peu efficients taureaux à shooter à outrance.

C’est assez clair, depuis le début des Playoffs, Chicago est l’équipe avec l’offensive rating le moins élevé de la ligue. Avec seulement 94,2 points marqués en moyenne par match avant ce Game 5, les hommes de Billy Donovan ont sérieusement buté sur la défense des Bucks, très dense et physique. Un secteur en particulier a pêché tout au long de la série : l’adresse extérieure. Jugez-en par vous-même : la réussite des taureaux à trois points était de 18.9% au Game 1 (7/37), 48% au Game 2 (12/25), 26.5% au Game 3 (9/34) et 25% au Game 4 (9/36). Il y avait donc une faille logique à exploiter pour les Bucks, en sachant d’ailleurs que le deuxième match, où les Bulls avaient sur-performé à trois points, a été le seul remporté par les coéquipiers de Demar DeRozan. D’autant plus lorsqu’on sait que pour le Game 5, Zach Lavine, une des principales armes extérieures de Chicago (presque 39% à 3pts cette saison) était absente, au même titre que le bon shooteur qu’est devenu Lonzo Ball (42.3% à 3pts cette saison). D’ailleurs sans les deux, Chicago est beaucoup plus maladroit à trois-points en moyenne. À noter qu’Alex Caruso était lui aussi out.

Un record de tirs pris longue distance

Autant de raisons qui ont poussé Mike Budenholzer à blinder son secteur intérieur, avec au minimum trois joueurs dans la raquette, quitte à laisser de l’espace sur l’extérieur et forcer des tirs lointains. Et cela a plus que marché. D’abord puisque dans un premier temps, les Bulls ont énormément shooté à trois points, voyant que la peinture était bouchée par les grands défenseurs des Bucks, dans un système de zone. 28 des 45 tirs de Chicago en première mi-temps l’ont été derrière l’arc, et seuls 7 d’entre eux sont rentrés. Soit un famélique 25% de réussite, dont des peu glorieux 0/4 pour Vucevic, 0/3 pour Green, 2/6 pour White et Jones Jr., ainsi que deux briques en deux tentatives pour Dosunmu.

La distribution des tirs des Bulls lors du premier quart-temps (crédits : NBA.com)
La distribution des tirs des Bulls lors du deuxième quart-temps (crédits : NBA.com)

Dans plusieurs séquences, nous voyons bien la défense de zone des Bucks se resserrer à l’intérieur, laissant à chaque fois trois joueurs dans la zone proche du cercle, et obligeant les Bulls à faire circuler le ballon sur l’extérieur. Au final, les hommes en rouge ont tiré 52 fois derrière l’arc dans le match, ce qui en fait la sixième équipe ayant tenté le plus de trois points dans un match dans l’histoire des Playoffs. Incroyable non ? Et c’est avec un pourcentage de réussite de 28.8% (15/52) que les taureaux ont terminé la rencontre.

Avec 52 tirs pris derrière l’arc face aux Bucks, les Bulls ont réalisé la sixième performance de l’histoire des Playoffs (Crédits : StatMuse)

Des mauvais choix forcés

Le manque de confiance engendré par les nombreux échecs a eu un double effet négatif pour les hommes de Donovan. D’une part, ces derniers voyaient que le score prenait de l’ampleur (20 points d’écart dès le début du second quart-temps) et commençaient à se presser dans leurs actions, ne faisant pas les bons choix. D’autre part, ils se sont parfois forcés à passer à l’intérieur pour tenter de scorer, même s’ils voyaient que le mur des Bucks était bien en place. L’exemple parfait est cette lourde hésitation au shoot de Dosunmu – après deux gros premiers ratés à 3pts – dans une action qui devrait finir par un panier en Playoffs.  

En manque de confiance, Dosunmu refuse le tir à trois points et manque son floateur à l’intérieur (Crédits : NBA.com)

Un bel exemple aussi, cette séquence où on voir DeRozan, puis Jones Jr. attaquer le cercle alors même que quatre défenseurs des Bucks sont présents dans la zone intérieure.

DeRozan, puis Jones Jr. attaquent le cercle alors même que quatre défenseurs des Bucks sont présents dans la zone intérieure (Crédits : NBA.com)

Et alors que Chicago galérait, Milwaukee et un Giannis Antetokounmpo inarrêtable prenaient le plein de confiance défensivement, et enchaînaient offensivement. À tel point qu’à la fin du premier quart-temps de la rencontre, tout le monde savait déjà quelle équipe allait l’emporter. Réputé pour sa frilosité tactique en Playoffs, Mike Budenholzer aura en tout cas fait un beau pied de nez à ses détracteurs en adaptant parfaitement son système de jeu à celui des Bulls, pour empocher la victoire. Contre les Celtics, l’affaire risque  maintenant d’être toute autre.

Milwaukee est en demi-finale de conférence, après avoir une nouvelle fois maîtrisé les Bulls. Grâce à leur bonne adaptation tactique, mais aussi une attaque bien rôdée malgré l’absence de Middleton, Giannis & co continuent leur périple dans ces Playoffs, avec maintenant un duel plus qu’excitant à venir face aux surprenants Celtics…

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