Tennis

Kevin Anderson, l’adieu du géant sud-africain

Dans un message publié sur Twitter mardi dernier, Kevin Anderson, 5ème mondial en 2018, a annoncé mettre un terme à sa carrière. Le Sud-Africain de 35 ans enchaînait depuis plusieurs saisons les blessures et pointe désormais en dehors du top 100. A l’ère de la domination écrasante du Big 3, il a tout de même à son palmarès 2 finales en Grand Chelem, faisant de lui le premier joueur d’au moins 2 mètres à atteindre ce stade. Retour sur une des plus belles carrières des années 2010.

Un des géants du circuit ATP s’en va. Les blessures auront finalement eu raison de lui. Dans une carrière souvent perturbée par les pépins physiques, « KAndo » a réussi à marquer de son empreinte l’histoire du tennis dans une époque où il a fallu composer avec les 3 meilleurs joueurs de tous les temps. Fort d’une grande taille (2m03) qui lui permet de s’appuyer sur un service redoutable, le Sud-Africain ne se « souvient pas d’un moment de [s]a vie où [il] ne joue pas au tennis ». Le natif de Johannesburg rend également hommage dans son message à l’Université d’Illinois qui « a joué un rôle énorme dans [s]a transition des juniors vers les pros ». Discret mais toujours sympathique, Anderson a étonné en se constituant une carrière exceptionnelle.

Deux finales en Grand Chelem comme sommet

Plutôt à l’aise sur toutes les surfaces même s’il n’avait gagné que sur dur avant son 7ème titre sur le gazon de Newport en 2021, le Sud-Africain a surtout joué sur ses qualités pour atteindre deux finales en Grand Chelem. A L’US Open en 2017 d’abord, où il bénéficie d’un tableau plutôt ouvert, éliminant des joueurs plutôt novices. Jusqu’à la finale où il se fera rapidement déborder par le numéro un mondial, Rafael Nadal. 32ème avant le tournoi, il devient à cette occasion le joueur le plus mal classé à atteindre la finale de l’US Open et le premier joueur de son pays en finale d’un Majeur depuis 1985.

Kevin Anderson lors de l’US Open 2017, quand il a atteint la première finale en Grand Chelem de sa carrière. Crédit : Getty Images

Mais son principal fait d’armes reste son parcours incroyable lors de l’édition 2018 du tournoi de Wimbledon. Après avoir éliminé Gaël Monfils en huitièmes de finale, Kevin Anderson se confronte au numéro 2 mondial et favori du tournoi, Roger Federer. Le Suisse, tenant du titre, prend les devants pour mener 2 sets à 0 face à un Anderson accrocheur qui parvient à breaker Federer pour la première fois de la quinzaine. Mais le Sud-Africain va réaliser l’exploit de remonter son retard de deux sets, en sauvant au passage une balle de match, avant de s’imposer 13-11 au 5ème.

Pour la deuxième demi-finale en Grand Chelem de sa carrière, il affronte un autre géant, l’Américain John Isner. Dans une rencontre où le service était au centre des débats, KAndo parvient à se hisser en finale après un combat de 6h36, remporté 26-24. Soit le deuxième plus long match de tous les temps en Grand Chelem, 8 ans après le célèbre Isner-Mahut. Après tous ces efforts, épuisé, il finit par s’incliner en 3 sets face à Novak Djokovic en finale.

Après une petite chute, Kevin Anderson fait un coup droit avec la main gauche à 24-24 qui surprend John Isner en demi-finale de Wimbledon en 2018, avant de réussir le break de la victoire. Crédit : Wimbledon

Une fin de carrière gâchée par les blessures

Après sa superbe saison 2018 qui l’a autorisé à participer au Masters de Londres en fin d’année (défaite en demi-finale contre Djokovic), Kevin Anderson a disparu peu à peu au milieu de la saison 2019. Passant de la 6ème place mondiale à la 91ème en l’espace d’un an, les blessures ont commencé à freiner sa carrière. Une blessure au coude droit d’abord qui le contraint à renoncer entièrement à la terre battue puis à arrêter sa saison 2019 après Wimbledon. Et une autre, au genou droit, qui nécessite une opération avant l’interruption du circuit à cause de la pandémie. Au retour, il est en dehors du top 100 et peine à retrouver son niveau de jeu.

Mais il réussit à gagner le tournoi de Newport après Wimbledon en 2021, comme un dernier signe du grand joueur qu’il a été. Après un début d’année 2022 très moyen (1 seule victoire en 6 matches), il dispute sa dernière rencontre à Miami. Lucky loser, il s’incline au deuxième tour face au jeune argentin Juan Manuel Cerundolo en 3 sets. Après la retraite de Juan Martin del Potro plus tôt dans l’année, c’est un autre finaliste de Grand Chelem des années 2010 qui s’en va.

Un post Instagram d’octobre 2018 de Matthew Ebden, témoignant du geste admiratif de Kevin Anderson qui a accepté de laisser le maximum de temps à son adversaire de se remettre d’une maladie avant de disputer leur match.

Quand il était enfant, son père lui répétait que « la réussite ne se mesure pas par les résultats mais par les efforts et les sacrifices auxquels tu consens pour devenir la meilleure version possible de toi-même ». Avant d’ajouter : « J’ai fait de mon mieux ». Une retraite bien méritée donc pour KAndo, également père de famille depuis 2019. Un exemple pour les jeunes générations.

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