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Mondial D1A (F) – Les Bleues entrent dans l’Histoire

Dans la ville d’Angers, théâtre du mondial féminin D1A, les françaises étaient attendues. Elles ont livré la marchandise. 4 matchs, 3 victoires convaincantes, 1 défaite en prolongation et un titre de championnes du monde D1A, synonyme de remontée dans l’élite avec cette fois l’envie d’y rester. Retour sur ce grand exploit du hockey féminin français.

Un exploit en 4 actes

Le 14 novembre dernier, on avait quitté les bleues, en larmes, après leur défaite cruelle contre la Suède (3-2) lors du tournoi de qualification olympique à Lulea. Après cette échec, à n’en pas douter, difficile à digérer, les joueuses ont toutes cochées le mondial D1A d’Angers pour prendre leur revanche sur le destin. La suspension des équipes russes par l’IIHF en réponse à l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes à chamboulé les plans. L’équipe de France, qui pensait jouer un match « de revanche » contre la Suède, se retrouve, du fait du reversement de la Suède en élite en lieu et place de la Russie, grande favorite de « son » mondial. Un changement de statut qui a ajouté une pression supplémentaire qui peut paralyser n’importe quelle équipe.

Source photo : IIHF.com

Mais cette équipe de France a su démontrer sa grande force mentale tout au long du tournoi. Un match sérieux pour commencer contre la Slovaquie (victoire 4-0) où les bleues ont su capitaliser sur leur temps forts mais elles ont su garder la tête froide sur les occasions slovaques (à l’image de Caroline Baldin, impeccable devant le filet). Les joueuses de Grégory Tarlé ne sont pas tombées dans le jeu physique proposé par leurs adversaires du soir (seulement 6 minutes de pénalité contre 12 pour la Slovaquie).
Dans la deuxième rencontre de ce mondial, les promues Hollandaises se dressent devant les Françaises. Étonnamment ce sont les locales qui prennent le plus de pénalités (12 minutes pour la France contre 6 aux Pays-Bas). Toutefois dans une rencontre qu’elles dominent largement (43 tirs contre 21), la France a su se montrer patiente, malgré une avance de 2 buts à la mi- match, la réduction du score batave par l’intermédiaire de Kayleigh Hamers n’entame pas la confiance de l’équipe de France, qui répond par l’intermédiaire de ses équipes spéciales (1 but de Léa Parment en avantage numérique et un de Chloé Aurard en infériorité numérique) pour sceller le score de 4-1.

Source photo : IIHF.com

La troisième rencontre contre l’Autriche illustre bien la force mentale des bleues. Après l’ouverture du score de Parment en première période, les bleues encaissent deux buts lors de la période médiane qu’elles ont pourtant dominé dans le registre des tirs (14 tirs à 6). Cependant là où, dans un passé récent, les françaises se seraient délitées, elles ont su garder le rythme et surtout ne pas paniquer. Le but de Chloé Aurard à 3 minutes 10 de la fin du match, fait vibrer de bonheur l’IceParc d’Angers, et surtout donne le droit de rêver. La défaite en prolongation laisse un goût amer, mais l’essentiel est que la France à toujours son destin en main avant d’affronter la Norvège.

Source photo : IIHF.com

L’équation est simple pour l’équipe de France, une victoire face à la Norvège et le rêve bleu se réalise. Devant plus de 3580 spectateurs, ce qui constitue un record d’affluence pour un match de hockey féminin en France (post seconde guerre mondiale), l’équipe de France a paru imperturbable. La Norvège n’a jamais semblé pouvoir faire sauter le verrou tricolore, alors que les attaques des bleues, d’une efficacité chirurgicale, ont mis à mal une défensive norvégienne pourtant solide (seulement 6 buts encaissés avant ce match). Le score final de « seulement » 4-1 en faveur de la France est surtout dû au talent de la gardienne norvégienne Ena Nystrøm qui a su éviter aux siennes de prendre une volée.
A la sirène finale, une vague de bonheur et d’émotion envahit les travées de l’IceParc, les bleues ont exorcisées la défaite de Lulea et alors que les cadres historiques de l’équipe de France tirent leur révérence, la France a écrit en terre angevine une des plus pages de son histoire .

Des « Tenaces » à la génération « dorée »

Source photo : IIHF.com

Ce titre mondial sonne également la fin de carrière de plusieurs cadres de l’équipe de France. De la gardienne Caroline Baldin, à la capitaine Marion Allemoz en passant par Athéna Locatelli, Léa Parment, Gwendoline Gendarme, Anouck Bouché, Morgane Rihet, et Lara Escudero, ce sont 8 grandes qui s’en vont. Cette génération des « tenaces » qui a su gravir les échelons du hockey international. De l’anonymat de la D2 mondiale, jusqu’à la première participation de la France au mondial élite en 2019, puis à ce titre mondial D1A, elles ont été les grandes ambassadrices de la discipline dans l’Hexagone. Garantes de l’esprit « Team France Family » de cette équipe : leur attitude solidaire, combattive et honnête les unes envers les autres, font qu’elles ne lâchent jamais rien. Et telles des pionnières, elles ont ouvert les portes des grandes ligues européennes et nord américaines à la jeune génération.

Source photo : IIHF.com

Car oui, désormais la suite, s’écrit avec la jeune génération imprégnées du même état d’esprit de guerrières des vétérans. Cette génération « dorée », menée entre autres par l’incroyable Chloé Aurard (meilleure attaquante du mondial d’Angers), Estelle Duvin, Clara Rozier, Margaux Mameri, Jade Barbirati, Julia Mesplède, Manon Le Scodan et Lisa Cedelle, va désormais devoir se battre pour garder leur place en élite, ce qui ne sera pas une chose facile, mais avec cette génération aussi talenteuse, il y a une grande histoire encore à écrire.

Une victoire populaire à cultiver

Le mondial d’Angers à également pu mettre le hockey féminin sur la carte sportive hexagonale. Véritable succès populaire dans les tribunes, bien aidé par la promotion effectuée par la ville d’Angers, mais également la diffusion en direct du match contre la Norvège sur la chaine Sport en France, ont permis de faire connaitre un peu plus cette équipe de France. Maintenant c’est à la fédération française de hockey sur glace à ne pas répéter les erreurs du passé et de continuer à développer la discipline. Le formidable outil qu’est le Pole Espoir à Cergy est un bel atout, mais il faudra peut-être pousser les clubs professionnels a développer une section féminine pour augmenter le pool de joueuses, mais également pour augmenter le niveau de la ligue féminine.

Désormais les bleues ont 3 stages prévu cet été pour cultiver la vitesse et l’agressivité qui font la qualité de cette équipe, mais également pour recréer une nouvelle identité sans pour autant rejeter ses valeurs. Quand à la fédération française de hockey sur glace, la dynamique populaire créée à Angers doit être un moteur pour aider au développement du hockey féminin en France. En incitant les clubs de créer des sections féminines, l’avenir peut être encore plus radieux.

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