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PSG ou le casse-tête des titis parisiens

« Titi parisien » est à l’origine un terme péjoratif désignant les enfants de Paris. Plus précisément, les enfants sales, pauvres et délabrés, mais aujourd’hui, sa définition a changé. Ce sont les joueurs formés au Paris Saint-Germain que l’on nomme ainsi. Ces mêmes jeunes forment un casse-tête sans fin pour le PSG.

La formation du PSG en progression

Longtemps moqué pendant les années 2000, le centre Ooredoo, ancien Camp des Loges, se montre de plus en plus important. En effet, le PSG n’a jamais été un club « formateur ». Toutefois, la montée en niveau, et en prestige de l’équipe professionnelle attire les plus jeunes. Ils rêvent aujourd’hui de jouer avec Neymar, Mbappé, Messi et consort. De manière proportionnelle, le niveau des joueurs issus du centre de formation augmente donc avec celui du club.

L’entrée du Camp des Loges, devenu centre Ooredoo, lieu d’entraînement du PSG. (Crédit : l’Équipe)

La LFP et la FFF réalisent chacun tous types de classement. Parmi ceux-ci, existe celui des centres de formation en France. Il est formé à travers 5 critères : la professionnalisation, le temps de jeu en équipe A, les sélections nationales, la scolarité et enfin la représentation dans les compétitions européennes. Sur ce classement qui comporte les clubs de Ligue 1 et Ligue 2, le PSG se situait en dehors de top 20 en 2006, 11ème en 2011 alors qu’aujourd’hui, il se place dans le top 5 régulièrement. Le club de la capitale arrive d’ailleurs premier en 2020. Une remontée fulgurante qui prouve aussi le souhait du PSG de faire éclore de plus en plus ses jeunes. Son équipe U19 atteint aussi en 2016 la finale de la Youth League.

« Aujourd’hui, on se focalise sur la progression des joueurs. C’est le cœur du projet. Si on peut les faire grandir chez nous… On n’empêchera pas les clubs étrangers de vérifier ce qu’on fait ici, parce que la réputation du centre de formation du PSG est très bonne, et notre objectif est d’être l’un des meilleurs centres du monde »

Yohan Cabaye, directeur sportif du centre de formation du PSG pour Le Parisien

Sans négliger le talent des titis parisiens du passé, la jeunesse de la capitale s’améliore d’année en année. Entre 2001 et 2009, Nicolas Anelka reste le seul joueur formé au PSG qui compte au moins une sélection en Equipe de France. Durant ces années, des joueurs tels que Loris Arnaud, Grandi Ngoyi ou Jean-Christophe Bahebeck faisaient leurs débuts professionnels avec le PSG. Depuis, Kingslay Coman, Adrien Rabiot par exemple ont foulé la pelouse du Parc des Princes en tant que titis. Une amélioration qui pousse aussi à un niveau d’exigence d’autant plus élevé pour ces jeunes joueurs en quête d’un avenir rouge et bleu.

Des talents à foison

La majorité des joueurs issus du centre de formation du PSG viennent d’Île-de-France. La région de la capitale se démarque par son vivier d’excellents prospects. Le premier « Plan Île-de-France » était considéré comme un échec, notamment à cause de la mauvaise réputation de Nicolas Anelka. Toutefois, les jeunes joueurs venus des 8 départements se dirigent majoritairement vers le Paris Saint-Germain. Certains connaissent de leur côté le succès sans passer par le Camp des Loges, comme Saliba, Pogba, Kanté et bien d’autres.

« C’est le plus grand vivier du monde, devant la région de Sao Paulo »

Antonio Salamanca, ancien scout de Liverpool, Tottenham ou Villarreal

D’ailleurs, ce qui prouve la montée en qualité du centre de formation du PSG reste le dernier rassemblement des Bleus en mars 2022. Didier Deschamps a convoqué pas moins de 8 joueurs passés par le centre Ooredoo, dont certains ont glané du temps de jeu avec le club de la capitale. Kimpembe, Diaby, Nkunku, Rabiot, Areola, Coman, Maignan et Guendouzi étaient présents. Hormis le portier de West Ham, chacun a foulé les pelouses du Vélodrome ou de Pierre Mauroy.

Nkunku, Maignan, Rabiot et Kimpembe, 4 des 8 titis parisiens convoqués lors du dernier rassemblement des Bleus en mars 2022. (Crédit : Eurosport)

Cette saison encore, le PSG regorge de jeunes talents. Malgré un temps de jeu très réduit, 9 titis parisiens compte au moins une minute en Ligue 1. En dehors de Kimpembe et Dagba, les plus marquants restent alors Xavi Simons ou Edouard Michut. D’autres pépites ont foulé les pelouses de Ligue 1 pour la première fois après le titre comme El Chadaille Bitshiabu, Djeidi Gassama ou encore Ismael Gharbi. De plus, dans les catégories en-dessous, des « cracks » arrivent rapidement vers le haut niveau. Les principaux sont donc Warren Zaïre-Emery (16), Ayman Kari (17).

Un faible temps de jeu

La montée en prestige du Paris Saint-Germain attire donc de plus en plus les jeunes joueurs à haut potentiel. Naturellement, le niveau d’exigence de l’équipe professionnel devient très élevé. Par conséquent, en lien avec l’attente de résultat, le temps de jeu des titis du PSG se retrouve réduit année après année. Les joueurs formés au club ne sont pas assez opérationnels selon les dirigeants ou les entraîneurs, malgré certaines exception. La politique de club de ces 10 dernières années a ainsi poussé de plus en plus les jeunes joueurs vers la sortie.

Classement du temps de jeu des joueurs formés au club lors de la saison 2020/2021 de Ligue 1 après 35 journées. Le PSG est 13ème, en comptant Presnel Kimpembe, titulaire indiscutable. (Crédit : CIES).

Cette politique, c’est aussi celle qui a permis l’arrivée de joueurs tels que Zlatan Ibrahimovic, Neymar, Mbappé, Messi au PSG. Bien sûr, ces noms s’imposent d’office en tant que titulaires indiscutables. Il est complexe pour un entraîneur, même en cas de méforme, de privilégier les jeunes joueurs aux « stars » ou aux grands noms. En règle général, un footballeur professionnel a envie de jouer tous les matchs. La gestion des titis parisiens devient alors un véritable casse-tête. Toutefois, la présence de tels géants du football permet aussi une possibilité d’apprendre et de progresser plus rapidement.

« Je n’ai pas dit qu’ils allaient jouer, j’ai dit qu’ils auraient peut-être des minutes. On a construit un effectif avec plus de trente joueurs confirmés. Un effectif pas modifié en janvier. La place pour les jeunes n’est pas grande. »

Mauricio Pochettino, début mai 2022 en conférence de presse.

Un mot est souvent ressorti lors de l’évocation du temps de jeu des jeunes du PSG. Ce mot résume aussi une politique basé d’abord sur les achats, laissant presque tomber les ventes. Cet empilement de joueurs dits « confirmés », dont s’est notamment plaint Mauricio Pochettino conduit donc au point suivant : le sureffectif. Le Paris Saint-Germain dispose de 29 joueurs dans son effectif, dont 8 titis parisiens (en comptant Kimpembe et Dagba, déjà installés depuis quelques années). S’imposer dans un effectif aussi conséquent avec autant de joueurs de haut niveau demeure alors difficile.

La dissolution de PSG B

En 2019, Antero Henrique, alors directeur sportif du PSG, décide, avec la direction, de dissoudre l’équipe B. L’objectif est simple, le club de la capitale souhaite optimiser au maximum son équipe U19. La réserve du Paris Saint-Germain jouait alors en Nationale 2. Dans son communiqué du 24 mai 2019, le club déclarait : « Engagée dans quatre compétitions (Championnat de France, Coupe Gambardella, UEFA Youth League et Premier League International Cup), la formation U19 du Paris Saint-Germain évolue dans un contexte sportif propice au développement des talents de l’académie Rouge et Bleu. »

« Après avoir longtemps analysé les performances de ses différentes équipes du Centre de Formation, le club a constaté que l’environnement de son équipe réserve n’offrait plus les conditions souhaitables pour le développement de ses jeunes talents communiqué du PSG »

Communiqué du PSG du 24 mai 2019

Les joueurs évoluant en Nationale 2 se retrouvait donc face à une situation problématique. Certains étaient trop vieux pour jouer en U19 et surtout, pas au niveau de l’équipe A. Ils ont dû trouvé une porte de sortie et chercher un autre club. D’autres, jeunes, ont fait face à la concurrence de ceux qui redescendait de « la CFA », et qui, le plus souvent, étaient meilleurs. De plus, l’un des principaux inconvénients reste l’expérience des titis parisiens. Ils ne peuvent jouer contre des joueurs expérimentés, ils se content d’affronter des jeunes du même âge, ce qui peut freiner leur progression. Cette dissolution a fait plus de mal que de bien à la formation parisienne depuis sa mise en place.

La gestion des titis parisien relève donc du vrai casse-tête. La politique du résultat instaurée par les investisseur du Qatar freine les jeunes joueurs du centre Ooredoo. Comme le PSG cherche à obtenir des résultats tout de suite, installer des jeunes dans le 11 ou la rotation devient une vraie épreuve pour les entraîneurs.

Crédit image mise en avant : PSG

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