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Profil NBA Draft 2022 : Trevor Keels, premier bénéficiaire du succès Marcus Smart ?

Etre autant responsabilisé à Duke, à moins de 19 ans, dans une équipe qui filait vers le titre, n'a rien d'anodin. Trevor Keels n'est peut être pas une futur superstar, mais il a tout d'un role player compétent en NBA.

Évènements indissociables des sports aux États-Unis, les drafts sont le moteur du renouvellement perpétuel des grandes ligues sportives nord-américaines. Coup de théâtre, coup du destin, déceptions, interrogations… Les drafts sont des éléments essentiels de la culture sportive américaine. Après une March Madness qui a, comme à son habitude, réservée son lot de surprise, la draft NBA 2022 est la nouvelle date importante pour les prospects de NCAA, G-League, OTE et FIBA. L’occasion pour le CCS de se mobiliser pour vous proposer un profil détaillé des meilleurs prospects. Sans hiérarchie particulière, vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour connaître les futurs rookies, voire même les futures stars de la NBA.

TREVOR KEELS

Date de naissance : 26 août 2003 – Classe : Freshman

Université : Duke Blue Devils (ACC) – Bilan 2021/2022 : 29v/7d

Poste : Combo guard

Mensurations
Taille : 195 cm – Poids : 101 kg – Envergure : 201 cm

Statistiques saison
36 matchs joués // 11,5 pts // 3,4 rebs // 2,7 asts // 1,2 stls // 0,1 blk
30,2 minutes jouées/match // 41,9% FG // 31,2% 3pts // 67,0% FT // 1,3 Tov // 1,3 PF

PROFIL

CONTEXTE PERSONNEL & COLLECTIF

Trevor Keels est un nouveau prospect issu de la DMV, région des alentours directs de Washington DC extrêmement fertile de talents athlétiques. (Kevin Durant, Markell Fultz, Jeff Green au basket, mais aussi de nombreuses stars en NFL). Né au sud de la capitale américaine, à Clinton dans le Maryland, il franchit le Potomac pour rejoindre la prestigieuse High School Paul VI.

Il y rejoint un effectif talentueux, avec qui Keels remportera plusieurs titres régionaux et quelques victoires de prestige sur la scène nationale. Keels doit d’abord jouer dans l’ombre d’un duo plus âgé et plus talentueux : Jeremy Roach, que Keels rejoint plus tard à Duke, et Anthony Harris, recruté par North Carolina mais qui jouera pour Rhode Island après deux saisons blanches chez les Tar Heels. Malgré son physique qui saute aux yeux, Keels n’est donc pas la star de son programme : Harris et Roach, aux jeux plus flashy, remportent l’attention des projecteurs. Keels est lui réduit à un rôle secondaire, loin de la balle et finalise sa spécialisation vers le poste 2.

Comment Keels a-t-il fini au sommet des classements de recrutement nationaux ? Keels trouve une opportunité de se montrer aux observateurs nationaux lorsque Roach et Harris rompent consécutivement leurs ligaments croisés. Keels prend la tête de l’équipe, qu’il ne quittera plus jusqu’à la fin de son cursus. Pas gêné par la lumière, Keels brille assez pour attirer les meilleurs programmes du pays et décide de retenir quatre université pour son choix final : Kentucky, Duke, Villanova et Virginia. Un vrai quator de recrue cinq étoiles.

C’est finalement Duke, Coach K et son ami Jeremy Roach que Trevor Keels rejoint. A Duke, il retrouve son rôle initial, d’initiateur secondaire et de défenseur de luxe autour des stars offensives Banchero, Griffin et Moore. Environnement de luxe pour l’exposition médiatique et le succès collectif, Duke a surtout permis à Keels de développer son jeu dans l’ombre de joueurs beaucoup plus exposés et responsabilisés. Dans ce rôle, il a parfois brillé (25 points lors du premier match de la saison contre Kentucky), mais a surtout montré une inconstance frustrante. Loin de l’upside de Banchero, Griffin ou même du pivot Mark Williams, Keels, qui n’aura même pas 19 ans au jour de la draft, a toutefois tout d’un role player intéressant.

DESCRIPTION DU JOUEUR

Difficile d’évoquer le profil de Trevor Keels sans parler de sa caractéristique principale : Keels est large, puissant. Plus celui d’un linebacker NFL qu’arrière NBA traditionnel, le profil physique atypique de l’ancien Blue Devil était une des grandes attractions des mesures anthropomorphiques du Draft Combine : son poids (101 kg) le place devant certains pivots (Christian Koloko/Moussa Diabaté), son pourcentage de graisse corporelle (13,5%) est le quatrième plus élevé de sa classe, derrière les pivots Drew Timme et Walker Kessler, et l’ailier tout aussi puissant Ron Harper Jr. Dillon Brooks (10,5%), Eric Bledsoe (9,5%) et Marcus Smart (11%), joueurs souvent érigés en modèle de réussite NBA pour des joueurs aussi lourds, étaient bien loin dess 13,5% de Keels.

Une fois le profil physique étonnant établi, il faut encore étudier ses implications réelles sur le terrain : quels avantages et inconvéniant Keels en tire-t-il ?

L’étude du profil de Trevor Keels commence nécessairement par la défense. Spécialiste défensif avant tout, Keels utilise parfaitement sa force physique pour maintenir devant lui les arrières sur lesquels il défend. Ses qualités physiques de force du haut du corps, alliés avec un très bon jeu de jambes, lui permettent d’être un excellent défenseur sur l’homme, au point d’attaque. Au fil de l’année universitaire, on l’a vu défendre extrêmement efficacement des postes 1, 2 et 3. On peut facilement l’imaginer défendre sur des arrières et des ailiers NBA, et être un élément clé d’un système défensif qui veut changer sur les écrans. Parce qu’il était entouré d’autres athlètes défensifs (Moore, Banchero, Williams), on a peu vu de la défense loin du ballon du Keels. Intelligent dans les rotations, ne prenant que peu de risques (pour jouer l’interception notamment), Keels a, à seulement 18 ans, un potentiel défensif immense en NBA.

Souffrira-t-il trop face aux attaquants super-explosifs NBA pour réellement être l’arme ultime défensive au niveau NBA ? Sûrement. Mais limiter ces quelques profils extraordinaires est avant tout un effort collectif, qu’on ne peut résumer qu’au seul défenseur initial : c’est là que le manque de vitesse latérale de Trevor Keels peut être comblé. Son poids le rend forcément moins explosif latéralement qu’un profil comme Matisse Thybulle, mais Keels saura compenser ce défaut avec ses qualités de positionnement et de lecture de l’attaque.

Offensivement, Trevor Keels projette comme un joueur loin du ballon, capable de profiter des décalages créés par ses coéquipiers pour, dans l’ordre de ses qualités à l’heure actuelle : pénétrer au panier, créer un deuxième décalage par la passe, tirer à trois-points.

Comme slasher au panier, Keels et son profil physique présentent les mêmes qualités et défauts qu’en défense : il est excellent à maintenir son adversaire direct dans une position de désavantage, mais manque d’explosivité pour pouvoir l’y mettre souvent. Sur ses pénétrations, sa puissance est un atout important : une fois l’épaule passée, il est très difficile d’arrêter Trevor Keels sur sa route vers le panier. Il maitrise à la perfection le shielding, l’art d’utiliser son corps et les angles pour pouvoir maintenir son défenseur de côté ou dans son dos. C’est particulièrement intéressant sur pick and roll, où il peut maintenir son dribble longtemps et être patient sur ses prises de décision, lisant les aides défensives.

Keels devra peaufiner son package de finitions près du cercle pour maximiser cette capacité de drive. Il tirait cette année à 59% au cercle, pourcentage respectable mais qui, combiné à son manque d’explosivité verticale, laisse présager des difficultés au cercle face aux rim protectors NBA. Son efficacité au cercle continuera de reposer sur ses excellentes qualités d’absorption du contact, mais il continuera à manquer de verticalité pour être un vrai finisseur au cercle. Il restera tout de même un slasher intéressant si les promesses affichées à la passe se concrétise : sans être un passeur de génie (14,9 assist pourcentage), il est un passeur efficace, sobre et qui perd peu de balle (8,7 turnover pourcentage).

Quid du tir extérieur ? Comme la plupart des jeunes joueurs présentés, le tir à trois-points est une énigme. Keels est arrivé à Duke avec la promesse de réussite extérieure qu’il avait montré au lycée. Il ne l’a pas confirmée. 31% de réussite à trois-points, d’où il prenait 50% de son total de tirs : Keels est encore un tireur de série, peu constant malgré une mécanique ordonnée, propre, mais lente. Son pourcentage de réussite aux lancers-francs est encore moins rassurant, avec un 67% bien loin des standards chez les arrières NCAA. Pourtant, il y a des raisons de croire en son tir : il les prenait avec confiance et fluidité tout au long de l’année, ce qui témoigne de sa confiance et de la confiance conférée par le coaching staff. Il ne sera jamais un sniper, mais ne semble pas être dans la lignée de certains spécialistes défensifs avec qui attaquer est peine perdue. Comme pour le reste de son jeu, on aimerait aimer le voir maturer un an de plus à Duke, avec plus de responsabilités, mais c’est en G-League que Keels devra faire son trou et développer un tir en catch-and-shoot s’il veut espérer une place pérenne dans une rotation NBA.

✔️ FORCES

  • Puissance physique
  • Âge et maturité
  • Dureté/intensité
  • Promesses sur l’attaque du pick and roll
  • Défense sur l’homme
  • Polyvalence défensive sur les postes 1-4

FAIBLESSES

  • Finition au cercle.
  • Tir extérieur
  • Lancer-francs
  • Navigation des écrans en défense
  • Assez rapide face aux attaquants NBA ?

📈 SWING SKILL

  • Développement d’un jeu intermédiaire : floaters, runners… pour compenser son manque de verticalité.

PRÉDICTION DRAFT 2022

Début de second tour (places 30-40)

Equipes potentiellement intéressées : Memphis Grizzlies, Orlando Magic, Houston Rockets

Trevor Keels n’était pas forcément sur les radars des équipes NBA pour la draft 2022. Dans un roster de Duke où tous les titulaires, dont Keels, avaient initialement proposé leur nom, on imaginait bien Keels être le seul à retirer le sien. Un rôle plus important lui était promis aux côtés de son ami Jeremy Roach, mais l’appel de la NBA fut finalement trop important. Son potentiel défensif et son succès offensif en NCAA sur un fort volume de minutes vont forcément intriguer des équipes NBA, même si son physique et son manque de réussite extérieure semble refroidir de nombreux scouts.

Son aspect chien de garde défensif, ne rechignant pas aux efforts fait de lui un candidat parfait du côté du grit and grind du Tennessee. Une association avec Dillon Brooks ravirait les fans des années 90, dans une équipe qui pourrait ajouter un défenseur d’exception à son effectif et qui a prouvé qu’elle savait intégrer de jeunes joueurs dans leur schéma offensif (Ziaire Williams, Desmond Bane). Orlando pourrait vouloir ajouter un nouveau jeune défenseur à un effectif qui faisait déjà parti des meilleurs défenses de la ligue l’an passé. Houston au contraire serait bien inspiré d’ajouter un peu de défense dans leur backcourt certes talentueux, mais très offensif.

TIER DU CCS :  Tier « Fin de rotation »

Etre autant responsabilisé à Duke, à moins de 19 ans, dans une équipe qui filait vers le titre, n’a rien d’anodin. Trevor Keels n’est peut être pas une futur superstar, mais il a tout d’un role player compétent en NBA. Défenseur appliqué et talentueux, passeur fonctionnel sans grande manipulation, bon slasher sans être un grand finisseur au cercle, le jeu de Trevor Keels ne demande qu’à être peaufiné. Cela aurait pu avoir lieu lors d’une année supplémentaire à Duke, ce sera le cas en NBA qui le draftera (et dans son équipe affiliée en G-League). Si le tir extérieur se développe bien, Keels pourrait même excéder ces projections et s’imposer durablement dans le haut d’une rotation. Rendez-vous dans 6 ans.

*Tiers du CCS, explications. Il est très difficile d’estimer le devenir d’un prospect. Pour embrasser au mieux le potentiel de ces jeunes joueurs, le CCS vous propose une hiérarchisation par « tiers », ou « groupes à potentiel ».
Groupe 1 : Tier « potentiel All-Star », facile à deviner, le prospect à le potentiel pour devenir un All Star.
Groupe 2 : Tier « Starter ++ », le joueur peut très bien devenir la deuxième ou la troisième option de sa franchise.
Groupe 3 : Tier « Starter/6ème homme », rôle player important ou leader de la second unit.
Groupe 4 : Tier « Rotation importante », 8ème ou 9ème, toujours précieux avec un rôle défini.
Groupe 5 : Tier « Fin de rotation », 10ème ou 12ème homme avec peu de minutes, un plafond limité mais pouvant rendre de précieux services.
Groupe 6 : Tier « G-League/2Way », pour eux, il faudra se battre pour espérer avoir un avenir en NBAmais tout reste possible pour les éclosions tardives. 

Retrouvez tous nos profils de la Draft NBA 2021 ici !

Tier « Potentiel All-Star »

Chet HolmgrenPaolo Banchero

Tier « Starter ++ »

Tari Eason – Jaden HardyHarrison IngramBen MathurinJohnny DavisTyty WashingtonAJ GriffinJaden IveyJabari Smith

Tier « Starter/6ème homme »

Keegan MurrayPatrick BaldwinNikola JovicBryce McGowensMoussa DiabatéCaleb HoustanOchai AgbajiKennedy ChandlerKendall BrownJD DavisonBlake WesleyJalen Duren

Tier « Rotation importante »

Jabari WalkerSpencer JonesDyson DanielsDereon SeabronMarJon BeauchampJean MonteroWalker KesslerJaylin WilliamsCaleb LoveChristian Braun

Tier « Fin de rotation »

Wendell Moore JrJulian ChampagnieIsmaël KamagatéJaime Jaquez JrTrayce Jackson-DavisHugo BessonChristian KolokoMax ChristieTrevor KeelsJustin LewisEJ Liddell

Tier « G-League/2Way »

Andrew Nembhard

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