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Profil NBA Draft 2022 : Mark Williams, un pivot en fin de loterie ?

Etre autant responsabilisé à Duke, à moins de 19 ans, dans une équipe qui filait vers le titre, n'a rien d'anodin. Trevor Keels n'est peut être pas une futur superstar, mais il a tout d'un role player compétent en NBA.

Évènements indissociables des sports aux États-Unis, les drafts sont le moteur du renouvellement perpétuel des grandes ligues sportives nord-américaines. Coup de théâtre, coup du destin, déceptions, interrogations… Les drafts sont des éléments essentiels de la culture sportive américaine. Après une March Madness qui a, comme à son habitude, réservée son lot de surprise, la draft NBA 2022 est la nouvelle date importante pour les prospects de NCAA, G-League, OTE et FIBA. L’occasion pour le CCS de se mobiliser pour vous proposer un profil détaillé des meilleurs prospects. Sans hiérarchie particulière, vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour connaître les futurs rookies, voire même les futures stars de la NBA.

MARK WILLIAMS

Date de naissance : 16 décembre 2001 – Classe : Sophomore

Université : Duke Blue Devils (ACC) – Bilan 2021/2022 : 32v/7d

Poste : Pivot

Mensurations
Taille : 218cm – Poids : 101 kg – Envergure : 229 cm

Statistiques saison
39 matchs joués // 11,2 pts // 7,4 rebs // 0,9 asts // 0,5 stls // 2,8 blk
23,6 minutes jouées/match // 72,2% FG // 73,% FT // 0,9 Tov // 2,1 PF

PROFIL

CONTEXTE PERSONNEL & COLLECTIF

Après Paolo Banchero, AJ Griffin, Wendell Moore Jr et Trevor Keels, Mark Williams est le dernier membre du cinq majeur de Duke dont nous présentons le profil. Il est pourtant bien loin d’être la dernière option parmi ces joueurs. Au contraire, sa côte est en hausse constante depuis la fin de la saison : nous le présentions, de manière assez optimiste, comme un joueur largement sélectionnable à partir du 25ème choix dans un podcast de janvier. Il est aujourd’hui attendu en fin de loterie par la majorité des observateurs, pour qui son profil fait de lui un choix sûr, non risqué, et dont l’impact en NBA est avéré.

Mark Williams était-il destiné à une sélection dans la loterie ? Sa taille (2m18, 2m29 d’envergure : il peut toucher l’anneau sans quitter le sol) donne une première indication. En tout cas, il a bénéficié au cours de sa jeunesse d’un cadre de développement idéal. Né à Norfolk, en Virginie, il grandit dans une famille aisée, tournée vers les études et le basket. Sa sœur, Elizabeth Williams, rejoint Duke en 2010, où son maillot est retiré, et est draftée à la quatrième position en 2015.

Dans un cheminement très classique, il joue d’abord pour la Norfolk Academy locale, avant de finir son processus high school dans la prestigieuse IMG Academy. Il y côtoie notamment Jaden Springer, ancien de Tennessee drafté par les Sixers, et le Français Moussa Diabate, autre pivot qui ambitionne un choix dans le premier tour 2022. Un choix payant, puisque les meilleurs programmes du pays se disputent celui qui flirte déjà avec les 2m15, et qui brille par sa mobilité. C’est logiquement Duke qui remporte les enchères, liens familiaux aidant.

Mark Williams aurait très bien pu ne pas être présent à la draft 2022. Le contexte bien particulier du Covid-19 nous a sûrement offert une saison collégiale supplémentaire de Williams : rapidement titularisé par Coach K lors de sa saison freshman, il monte en puissance sur la fin de saison et devient un des joueurs les plus dominants de ACC (20 points, 7 rebonds contre Georgia Tech ; 23 points, 9 rebonds contre Louisville). Mais des cas de Covid-19 chez les Blue Devils les empêchent d’aller au bout de leur tournoi de conférence, dernière chance pour eux d’accrocher une place à la March Madness. Le choix de Mark Williams est fait : il peut en montrer davantage sur une saison complète, il revient donc à Durham.

Encore un choix payant. Sûrement aidé par la concurrence avec le supersenior, transfer en provenance de Marquette, Theo John (et ses 115 kilos de muscle), Williams s’installe comme l’ancre défensive d’une très talentueuse équipe de Duke. Meilleur défense de l’année en ACC, finaliste pour le titre national, dans les meilleures équipes de sa conférence : les distinctions résument l’excellente saison du pivot de Duke. Auteur d’une March Madness en-deçà de son apport en saison régulière (annonciateur de son futur en NBA?), il semble toutefois avoir brillé dans le processus pré-draft. Assez pour justifier un choix dans la loterie ?

DESCRIPTION DU JOUEUR

Comme pour son coéquipier Trevor Keels, la présentation du profil de Mark Williams commence par son physique hors-norme. Sensation du NBA Draft Combine, ses mesures anthropomorphiques sont spectaculaires : sa taille (2m19) et son envergure (2m29) le placent premier de la classe, son allonge (standing reach) est la deuxième plus haute marque de l’histoire du combine, quelques centimètres derrière Tacko Fall. Combinées à une mobilité suprenante pour un joueur de ce gabarit, on comprend pourquoi Mark Williams fait tourner des têtes.

Son jeu est assez classique pour un joueur de son profil athlétique : Williams est un rim-runner. Excellent protecteur d’arceau, tant à la dissuasion qu’au contre lorsque c’est nécessaire, le pivot est de l’autre côté du terrain un très bon finisseur près du panier.

En défense, Williams a surtout évolué en défenseur du pivot, dont les profils majoritaires en NCAA (non-shooteurs) lui ont permis de rester posté proche du cercle. Dans cette position, il a pu développer une force de dissuasion extrêmement importante, et affecter un grand nombre de tirs sans forcément les contrer. On a notamment vu Blake Wesley, un des meilleurs extérieurs d’ACC cette année, passer totalement à côté de son match contre Duke : après quelques premières possessions où il a été contré par Mark Williams, on a senti l’ombre du fantôme Williams sur l’ensemble des tirs de Wesley, qui n’a jamais su retrouver son rythme. Cet impact se retranscrit sur le profil défensif collectif de Duke : l’équipe a fini dans le top 50 des défenses NCAA en étant une équipe conservative, qui défendait bien le tir à 2 points. Au cercle, les adversaires de Duke ne tirait qu’à 53,9%, selon Hoop-maths, 41ème marque du pays. 17% des tirs au cercle étaient même contrés, ce qui représente la 10ème meilleure moyenne NCAA.

Le profil défensif de Mark Williams est somme toute celui d’un rim protector classique, aux nuances variées allant de la dissuasion de Rudy Gobert à l’hyperactivité de Mitchell Robinson. Sur ce spectre, il se plaçait en NCAA plutôt du côté du Français. Bien aidé par son interminable longueur, il est de ces contreurs qui peuvent attendre le dernier moment avant de quitter leurs appuis. Il peut alors, si l’attaquant ne tire pas, revenir défendre sur son intérieur, couper la passe ou jouer le rebond défensif. Comme chaque jeune intérieure, Williams est parfois naïf sur des feintes de tir, et tend à commettre un nombre important de fautes (3.5 pour 40 minutes cette année). Pas nécessairement une ombre au tableau particulièrement inquiétante pour un jeune pivot, mais si une équipe le draft pour en faire son pivot titulaire dès la première année, Williams souffrira forcément face aux pivots les plus techniques et expérimentés de la ligue, comme il avait souffert face à Jay Huff lors de son année freshman.

Aspect fondamental de la défense pour un pivot, Mark Williams a dans l’ensemble été très bon dans la défense du pick and roll. En défense de drop, sa longueur, sa patience et sa dissuasion en font un profil particulièrement efficace. On l’a aussi vu défendre en hedge/step out, c’est-à-dire en allant défendre au-delà de l’écran avant de revenir sur le pivot. Dans cette configuration, sa mobilité lui a permis de bien revenir sur les pivots adverses, limitant les possibilités de pick and pop et les forçant à aller au cercle, où Williams est le plus à l’aise.

Il ne sera forcément pas le défenseur le plus polyvalent : s’il était capable de tenir durablement des extérieurs NBA avec son profil physique, il serait automatiquement le premier choix de cette draft. Williams a toutefois montré qu’il pouvait être utilisé autrement qu’en drop classique en NCAA. Serait-ce encore le cas en NBA, où tout va plus vite, et où la plupart des postes 5 ont réussi à ajouter un tir extérieur à leur palette ? C’est sûrement la réponse à cette question qui déterminera le plafond de Mark Williams en NBA : peut-il sortir de la malédiction de ce type de profil, qui perdent de leur efficacité au fil que la saison avance et que les campagnes de playoffs deviennent longues. Les difficultés de Rob Williams, pourtant plus polyvalent et certes blessé , durant cette campagne, sont une manifestation de plus de ce dilemme.

En attaque, le profil est moins nuancé : Mark Williams finit bien au panier, parce qu’il limite ses finitions à des dunks ou à des lay-ups. C’est une cible premium de alley-oop, les extérieurs de Duke et Paolo Banchero en ont profité toute la saison. La plupart de ses paniers sont de simples attraper-sauter-finir, mais il a montré qu’il était capable de faire une feinte dans le timing, ou de poser un dribble fort, pour se débarrasser d’un défenseur venu aider. Rien de très technique pour le moment, mais une efficacité qui parle d’elle-même : 79.7% de réussite au cercle. C’est surtout sur les mouvements hors-ballon que Mark Williams a des instants développés : depuis le poste bas, il sait où se placer pendant les drives de ses coéquipiers pour se rendre ouvert pour des petites passes en fin de pénétration. Ajoutée à sa capacité à monter haut chercher les alley-oops, cette intelligence hors-ballon fait de lui un intérieur facile à trouver pour des paniers à haut-pourcentage.

Le reste de son jeu offensif est pour le moment rudimentaire. Son jeu de passe est très limité, point qu’il devra forcément amélioré s’il veut exister sur pick and roll en NBA, où les intérieurs doivent être capable de trouver les tireurs ouverts en cas d’aide sur eux (ce que Jalen Duren fait déjà bien, par exemple). Son tir extérieur est pour l’instant au stade embryonnaire, il n’en prend pas, mais son 73% de réussite au lancer-franc peut laisser espérer le développement d’un tir à mi-distance. Si ce n’est pas une condition sine qua non de sa réussite en NBA, ce sera un outil qui lui permettrait de développer son potentiel offensif. L’aptitude à exister au poste haut, par la passe ou par le tir à mi-distance, est essentielle pour un pivot titulaire dans beaucoup d’équipes NBA.

✔️ FORCES

  • Taille/envergure
  • Protection de cercle
  • Finition intérieure
  • Lancers-francs : promesse de tir intermédiaire
  • Mouvements hors-ballon depuis le dunker spot

FAIBLESSES

  • Attaque limitée à la finition près du panier
  • Agressivité au rebond défensif
  • Attaque sur short-roll
  • Vision des lignes de passe
  • Fautes personnelles
  • Profil peu flexible

📈 SWING SKILL

  • Développement d’un tir à mi-distance

PRÉDICTION DRAFT 2022

Fin de loterie (places 12-18)

Equipes potentiellement intéressées : New York Knicks, Charlotte Hornets, Portland Trail Blazers

Mark Williams sera assurément un des, si ce n’est le premier, « pivot » choisi de sa classe. Une fois Chet Holmgren choisi, le consensus était longtemps de choisir le très jeune Jalen Duren au poste de pivot, Mark Williams ensuite. Ce consensus semble se troubler depuis quelques semaines, avec la côte montant de Williams. De là à dire que les Blazers devraient le sélectionner avec le 7ème choix semble être un reach. Mais si leur cible préférentielle (Jalen Duren ?) est déjà choisi, pourquoi pas trade down pour choisir Williams et trouver leur pivot ?

Dans l’hypothèse où Jalen Duren part bien dans le Top 10, Mark Williams sera la cible préférentielle pour les équipes de la fin de la loterie qui veulent renforcer leur poste 5. Parmi ces équipes, sûrement la franchise la plus citée en relation au nom Mark Williams : les Hornets. Difficile de trouver un choix sur lesquels les mock drafts publiques sont aussi consensuelles : Mark Williams semble être le choix évident pour entourer Lamelo Ball et ses coéquipiers bondissants. Le projet Kai Jones attendra, les profils sont différents et pourraient se développer côte à côte.

Mais les Knicks pourraient bien, avec leur 11ème choix, jouer le rôle des perturbateurs : Mitchell Robinson semble avoir fait un pas vers la sortie, Nerlens Noel et Jericho Sims ont leurs limites et le poste 5 semble bien vide. Le combler par la draft semble la solution de facilité, et Mark Williams coche toutes les cases du pivot « plug and play« , prêt à jouer dans n’importe quel système. Williams ne serait, pour les fans des Knicks, sûrement pas le meilleur choix, mais ce serait le moins risqué pour un front office qui a montré qu’il aimait viser sur des forts joueurs universitaires (Toppin, Quickley, Grimes).

TIER DU CCS :  Tier 3 « Starter/6ème homme »

Mark Williams sera assurément un joueur utile en NBA. Sa longueur, sa mobilité et sa finition au cercle en feront un joueur capable d’avoir une place dans une rotation NBA sur le long terme. S’il peut améliorer son jeu de passe en short-roll et gagner en contrôle lors de ses coupes vers le panier, il peut être un titulaire sur le long-terme, dans un profil facilement insérable dans un collectif NBA. Un tir extérieur serait un développement inespéré mais forcément bienvenu, qui le ferait passer dans une toute autre catégorie de joueur. Ces promesses sont celles qui justifient de sélectionner ce pivot, au profil plutôt classique et à la forte concurrence en NBA, dès le 12ème choix.

*Tiers du CCS, explications. Il est très difficile d’estimer le devenir d’un prospect. Pour embrasser au mieux le potentiel de ces jeunes joueurs, le CCS vous propose une hiérarchisation par « tiers », ou « groupes à potentiel ».
Groupe 1 : Tier « potentiel All-Star », facile à deviner, le prospect à le potentiel pour devenir un All Star.
Groupe 2 : Tier « Starter ++ », le joueur peut très bien devenir la deuxième ou la troisième option de sa franchise.
Groupe 3 : Tier « Starter/6ème homme », rôle player important ou leader de la second unit.
Groupe 4 : Tier « Rotation importante », 8ème ou 9ème, toujours précieux avec un rôle défini.
Groupe 5 : Tier « Fin de rotation », 10ème ou 12ème homme avec peu de minutes, un plafond limité mais pouvant rendre de précieux services.
Groupe 6 : Tier « G-League/2Way », pour eux, il faudra se battre pour espérer avoir un avenir en NBAmais tout reste possible pour les éclosions tardives. 

Retrouvez tous nos profils de la Draft NBA 2021 ici !

Tier « Potentiel All-Star »

Chet HolmgrenPaolo Banchero

Tier « Starter ++ »

Tari Eason – Jaden HardyHarrison IngramBen MathurinJohnny DavisTyty WashingtonAJ GriffinJaden IveyJabari Smith

Tier « Starter/6ème homme »

Keegan MurrayPatrick BaldwinNikola JovicBryce McGowensMoussa DiabatéCaleb HoustanOchai AgbajiKennedy ChandlerKendall BrownJD DavisonBlake WesleyJalen Duren

Tier « Rotation importante »

Jabari WalkerSpencer JonesDyson DanielsDereon SeabronMarJon BeauchampJean MonteroWalker KesslerJaylin WilliamsCaleb LoveChristian Braun

Tier « Fin de rotation »

Wendell Moore JrJulian ChampagnieIsmaël KamagatéJaime Jaquez JrTrayce Jackson-DavisHugo BessonChristian KolokoMax ChristieTrevor KeelsJustin LewisEJ Liddell

Tier « G-League/2Way »

Andrew Nembhard

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