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Draft NBA 2022 – Les sensations du moment : Branham, Williams, Dieng

Alors que les finales NBA battent leur plein, bon nombre de front office sont déjà tournés vers la saison prochaine et son lot de bouleversements : valse des entraîneurs, le marché des agents libres et… la Draft 2022. La date du 23 juin arrive à grands pas mais il est reste suffisamment de temps pour vous mettre à jour sur ceux qui feront la NBA de demain. Après avoir vu ensemble les différents « gros prospects » de cette cuvée, attachons nous désormais à l’étude de ceux qui percent dans les dernières semaines. Ils sont tous projetés au premier tour et pourraient continuer de grimper dans les prochaines mock draft. Fruit de la hype ou réel potentiel passé sous silence ? Voici quatre prospects qui pourront peut-être accéder à une très belle place à la Draft NBA 2022.

Malaki Branham

Source : Denver Stiffs

Date de naissance : 12 mai 2003 – Classe : Freshman

Université : Ohio State Buckeyes (Big Ten)– Bilan 2021/2022 : 20v/12d
Poste : Arrière (#22)

Mensurations
Taille : 197 cm – Poids : 81 kg – Envergure : 208 cm

Statistiques saison
32 matchs joués // 13,7 pts // 3,6 reb // 2,0 ast // 0,7 stl // 0,3 blk
39,6 minutes jouées/match // 53 % FG // 41,6 % 3Pts // 83,3% FT // 1,7 Tov // 1,8 PF

Natif de l’Ohio, Malaki Branham est un meneur très grand et physique pour son poste et son âge. Il n’a pas été dépaysé à la fac puisqu’en sortie de lycée, il décida d’intégrer l’université d’Ohio State, d’un certain EJ Liddell. Nommé dans la 3e All-Big Ten Team, le jeune homme a également été élu meilleur Freshman de l’année dans sa conférence. Après une première saison très réussie sur le plan individuel, Branham a dû, avec son équipe, s’incliner dès le 2e tour de la March Madness face à l’effectif huilé de Villanova. Toutefois, la hype ne ralenti pas sur le meneur d’Ohio State qui est même cité en fin de lottery dans certaines Mock Draft de spécialiste.

Venons-en au terrain. Malaki Branham dispose d’un panel offensif très varié. Si à la création pour les autres, le joueur n’est pas toujours à son avantage (bien que cela reste correct et quelques flashs sont même plutôt encourageant), pour ce qui est de ce créer son tir, Branham est relativement bon et est un très solide shotmaker. Il est physique et fini parfaitement bien près du panier (72% de réussite près du cercle). Il dispose également d’un tir à mi-distance, notamment sur pull up, très développé (43% sur les tirs à mi-distance, dont 80% sont des tirs en sortie de dribble). Toutefois, quand on s’y penche de plus près, on remarque que sa qualité de création pour lui-même est à prendre avec des pincettes. En effet, le joueur a un handle relativement médiocre et s’il fini près du cercle, c’est plus grâce à ses qualités athlétiques et son touché près du cercle que grâce à son dribble. Idem pour les tirs à mi-distance où le joueur ne crée pas vraiment d’écart avec son vis-à-vis via son dribble mais profite plutôt de sa taille pour tirer au-dessus de ses défenseurs. Enfin, le tir à 3pts est fiable et ce tir est, pour le coup, bien plus projetable en NBA puisque les pourcentages à 3pts et aux LFs sont bons (41,6% à 3pts, 83,3% aux LFs), et surtout, 90% de ses tirs extérieurs sont des tirs en Catch & Shoot, type de tir qu’il sera probablement amené à prendre en NBA, notamment sur ses premières années. Clairement pas son point fort.

Finissons sur la défense. Et c’est peut-être de ce côté du terrain que Malaki Branham gagnera ses minutes. Car si offensivement, ses responsabilités dépendront beaucoup de son utilisation, de l’adaptation de son jeu, de l’environnement dans lequel il tombera, défensivement, Branham devra ne pas être négatif. Et c’est exactement ce qu’est le joueur. Ce n’est pas le meilleur intercepteur, ce n’est pas le meilleur contreur mais c’est un joueur qui dispose d’une mobilité latérale intéressante, d’outils physiques très bons (taille/envergure) et d’une envie qui lui permet d’être à la fois un défenseur sur l’homme plus que convenable mais également un bon défenseur sans ballon pour chasser les shooteurs et naviguer entre les écrans.

🔮 PRÉDICTION DRAFT 2022

Milieu de premier tour (places 12-20)

Équipes potentiellement intéressées : Cleveland Cavaliers (#14), Atlanta Hawks (#16) – Chicago Bulls (#18)

TIER DU CCS : Tier « Rotation importante »

Malaki Branham vaut-il un pick en lottery? Dans cette cuvée, c’est tout à fait possible. Le joueur est capable de faire plein de chose différente sur le terrain, aussi bien en attaque qu’en défense, et dispose d’un profil physique plus que positif pour son poste (combo guard de quasiment 2 mètres, pour 2,08 mètres d’envergure). De plus, il est jeune et semble disposer encore d’une belle marge de progression. Dans une cuvée assez indécise, il ne serait pas étonnant de voir une équipe mettre un choix top 15 sur lui. L’interrogation de sa projection réside dans sa capacité, ou non, à adapter son jeu à celui d’un rôle player. C’est-à-dire prendre moins de tir compliqué en sortie de dribble et à mi-distance mais probablement plus de tirs analytiques (3pts et près du cercle). S’il y parvient, nul doute qu’il sera un élément important d’une rotation NBA en pouvant apporter des deux côtés du terrain.

Jalen Williams

Source : The Rookie Wire

Date de naissance : 14 avril 2001 – Classe : Junior

Université : Santa Clara Broncos (WCC)– Bilan 2021/2022 : 21v/12d
Poste : Arrière

Mensurations
Taille : 197 cm – Poids : 90 kg – Envergure : 219 cm

Statistiques saison
33 matchs joués // 18.0 pts // 4.4 reb // 4.2 ast // 1.2 stl // 0.5 blk
34.8 minutes jouées/match // 51,3% FG // 39,6% 3Pts // 80,9% FT // 2.1Tov // 2.6PF

La côte de Jalen Williams est en plein essor depuis quelques semaines : l’arrière junior de Santa Clara, passé relativement sous les radars pendant la première moitié de saison, monte dans les draft boards, au point de flirter avec le top 20 chez certains observateurs respectés. Comment expliquer cette montée spectaculaire ? Ce n’est pas, comme souvent, des performances exceptionnelles pour clôturer la saison. Au contraire, Williams fut d’une incroyable régularité : il n’est descendu sous la barre des 10 points qu’à deux reprises cette saison (deux fois 8 points) et a tout le temps pesé positivement sur son équipe. C’est plutôt le draft combine qui a propulsé sa candidature. Déjà par les mesures anthropomorphiques qui ont confirmé son interminable envergure (213cm pour 197cm, +22, la plus grande différence de la draft), puis par des performances remarquées dans les matchs organisés, où il a très bien tiré.

Quel profil alors pour Williams ? Un arrière d’1m97, physique (90kg) et long (envergure de 2m13). Aux dimensions totalement compatibles avec les postes 2 et 3 en NBA, Williams est un athlète « fonctionnel », qu’on projette comme un bon athlète sans des qualités d’explosivité extraordinaires. Largement responsabilisé à Santa Clara, dont il est le leader depuis deux saisons, Jalen Williams a montré sa capacité à scorer dans beaucoup de situations offensives, tout en étant un bon distributeur de ballon (22,6 AST% pour 25 Usage%).

Jalen Williams a notamment brillé sur pick and roll, où sa conduite de balle, sa patience et ses lectures lui ont permis de scorer et de trouver ses coéquipiers. La prise de pick and roll sera sûrement un bonus en NBA : ce n’est pas le rôle dans lequel il devra briller à son arrivée dans la grande ligue. Hors-ballon, Williams a montré d’une qu’il était un bon tireur à trois-points, avec un bon pourcentage de 39% mais sur un régime de tir varié : « seulement » 71% de ses tirs à trois-points provenaient d’une passe décisive, laissant une part importante à des tirs à plus bas pourcentage. Williams projette, si on regarde en plus son bon 81% aux LFs, comme un bon tireur de catch&shoot en NBA, élément crucial pour sa place dans une rotation.

Si on ajoute à son profil offensivement complet, sa défense prometteuse sur les postes 2/3 en NBA, on comprend l’attrait des équipes NBA pour son profil. Williams ne devrait pas être un défenseur d’élite en NBA, il manque pour cela de qualités d’agilité et d’explosivité, mais ne devrait pas être un défenseur négatif s’il est positionné sur des joueurs de son profil physique (qui sont nombreux en NBA). Sa longueur, ses instincts défensifs, pourraient même faire de lui un défenseur positif s’il peut confirmer les promesses montrées en défense loin du ballon.

🔮 PRÉDICTION DRAFT 2022

Fin de premier tour (places 30-40)

Équipes potentiellement intéressées : Denver Nuggets (#21) – Memphis Grizzlies (#22) – Philadelphia 76ers (#23)

TIER DU CCS : Tier « Rotation importante »

Avec son profil de parfait role player NBA, Jalen Williams devrait attirer les équipes qui cherchent des joueurs mûrs et qu’ils peuvent intégrer à leur rotation dans un rôle limité. Ces équipes sélectionnant à la fin du premier tour, Williams pourrait très bien l’intégrer, après une année où il était plutôt attendu au second tour. La seule véritable inconnue pour Williams est de savoir s’il pourra trouver son rythme dans un système où il touchera nécessairement moins la balle qu’à Santa Clara. Son profil statistique extrêmement favorable, certes dans une conférence moins réputée, ses bonnes performances au draft combine propulse légitimement la candidature d’un joueur qui aurait très bien pu, à tort, glisser au second tour.

Ousmane Dieng

Source : La Dépêche

Date de naissance : 21 mai 2003 – Classe : International

Université : New Zealand Breakers (NBL)– Bilan 2021/2022 : 4v/19d
Poste : Ailier

Mensurations
Taille : 205 cm – Poids : ? kg – Envergure : ? cm

Statistiques saison
23 matchs joués // 8,9 pts // 3,1 reb // 1,0 ast // 0,6 stl // 0,3 blk
20,4 minutes jouées/match // 39,8 % FG // 27,1% 3Pts // 66,7% FT // 1,3 Tov // 1,5 PF

La ligue océanique NBL est un nouveau tremplin pour les prospects en quête d’expérience professionnelle. Après les succès Lamelo Ball, RJ Hampton et Josh Giddey, le programme dédié au développement de jeunes joueurs a réussi à attirer des joueurs internationaux, notamment des Français : Hugo Besson, qui sortait d’une fantastique saison en Pro B à Saint-Quentin, a préféré s’exiler plutôt que de retourner dans son club de Cholet. Ousmane Dieng, tout fraichement sorti de l’INSEP et du Centre fédéral avec qu’il a joué en NM1, choisissait l’Australie pour lancer sa carrière professionnelle. Si Rayane Rupert suit la voie d’Ousmane Dieng en signant en NBL pour se préparer à la draft, peut-on en déduire que l’expérience océanique de Dieng est un succès ?

La saison avait pourtant mal commencé pour Ousmane Dieng. La ligue océanique aux défenseurs physiques et agressifs avaient réussi à neutraliser l’ailier de 2m05, l’empêchant de développer l’aspect le plus l’intéressant de son jeu : le playmaking. La vision du jeu d’Ousmane Dieng est en effet celle d’un porteur de balle de 2m05, capable de créer son tir, mais surtout de prendre des pick and roll, manipuler la défense et trouver ses coéquipiers ouverts. Mais les premières semaines en NBL ont surtout mis en avant ses faiblesses du joueur qui vient d’avoir 19 ans : son dribble ne lui permettait pas de résister à la pression défensive, le rendant inopérant sur pick and roll. Son physique encore trop longiligne le dissuadait d’aller finir au contact face aux intérieurs adverses, il se réfugiait donc sur son floater fétiche mais pas optimal pour un joueur de sa taille.

Plus agressif au cercle, meilleur dans la gestion de la pression défensive et avec une meilleure sélection de tirs (moins de pull-up 3s spectaculaires mais inefficaces), Ousmane Dieng a réussi à renverser la tendance durant la deuxième partie de saison. Avec une bien meilleure production, il retrouve les faveurs des observateurs NBA et montre le potentiel qui faisait de lui un candidat au top 10 : sur les douze derniers matchs de la saison, il tourne à 13.3 points, à 48% au tir dont 39% à 3-points. Bien aidé par un système pensé aussi pour le mettre en valeur, Dieng était capable de jouer dans le rythme de l’attaque, sortant d’écrans hors-ballon pour lui donner un espace initial qu’il était capable d’exploiter. Son tir à trois-points sera un axe de progression primordial s’il veut être capable de créer des avantages en NBA : il devra forcer le respect des défenses pour débloquer le reste de son jeu offensif.

Dieng est encore un attaquant imparfait : ses pourcentages de réussite au tir (39/27/67) montrent autant son irrégularité que la difficulté du régime de tir qu’il s’impose, et son ratio passes décisives/pertes de balle (1/1,3) montre la précocité de son jeu de création. Il n’en demeure pas moins que Dieng est un potentiel énorme à un poste de grand ailier dont raffole la NBA. Sa défense sera sûrement l’aspect le plus important pour le début de sa carrière NBA : long et intelligent, c’est au point d’attaque qu’il devra progresser, notamment sur la mobilité de ses hanches.

🔮 PRÉDICTION DRAFT 2022

Milieu de premier tour : Places 12-20

Équipes potentiellement intéressées : Cleveland Cavaliers (#14) – Oklahoma City Thunder (#12) – San Antonio Spurs (#9)

TIER DU CCS : Tier « Starter/6ème homme  »

Ousmane Dieng a tout de ce que recherche la NBA chez ses ailiers : taille et longueur, potentiel de tir en catch&shoot, polyvalence défensive. Il y rajoute même la création pour les autres et sa vision de jeu, aspect qui faisait de lui un potentiel top-10. Les chiffres bruts de sa seule saison en NBL pourrait faire chuter sa côte, mais Dieng aura tout d’un potentiel (gros) steal s’il glisse au-delà de la douzième place. Sa sélection de tirs et les portes de balle appellent à être améliorées, mais le développement d’Ousmane Dieng vaut largement le risque. On ne peut qu’espérer qu’il soit choisi dans un programme qui inscrive son développement sur le temps long, et lui donne les répétitions nécessaires pour progresser (Sam, on te parle).

*Tiers du CCS, explications. Il est très difficile d’estimer le devenir d’un prospect. Pour embrasser au mieux le potentiel de ces jeunes joueurs, le CCS vous propose une hiérarchisation par « tiers », ou « groupes à potentiel ».
Groupe 1 : Tiers « potentiel All-Star », facile à deviner, le prospect à le potentiel pour devenir un All Star.
Groupe 2 : Tiers « Starter ++ », le joueur peut très bien devenir la deuxième ou la troisième option de sa franchise.
Groupe 3 : Tiers « Starter/6ème homme », rôle player important ou leader de la second unit.
Groupe 4 : Tiers « Rotation importante », 8ème ou 9ème, toujours précieux avec un rôle défini.
Groupe 5 : Tiers « Fin de rotation », 10ème ou 12ème homme avec peu de minutes, un plafond limité mais pouvant rendre de précieux services.
Groupe 6 : Tiers « G-League/2Way », pour eux, il faudra se battre pour espérer avoir un avenir en NBAmais tout reste possible pour les éclosions tardives. 

Retrouvez tous nos profils de la Draft NBA 2021 ici !

Tier « Potentiel All-Star »

Chet HolmgrenPaolo BancheroShaedon Sharpe

Tier « Starter ++ »

Tari Eason – Jaden HardyHarrison IngramBen MathurinJohnny DavisTyty WashingtonAJ GriffinJaden IveyJabari Smith

Tier « Starter/6ème homme »

Patrick BaldwinNikola JovicBryce McGowensMoussa DiabatéCaleb HoustanOchai AgbajiKennedy ChandlerKendall BrownOusmane Dieng

Tier « Rotation importante »

Jabari WalkerSpencer JonesDyson DanielsDereon SeabronMarJon BeauchampJean MonteroWalker KesslerJaylin WilliamsCaleb LoveChristian BraunJohnny JuzangIverson MolinarMalaki BranhamJalen Williams

Tier « Fin de rotation »

Wendell Moore JrJulian ChampagnieIsmaël KamagatéJaime Jaquez JrTrayce Jackson-DavisHugo BessonChristian KolokoMax ChristieJustin LewisEJ LiddellLee Hyun-JungMichael DevoeJaden ShackelfordScotty Pippen Jr

Tier « G-League/2Way »

Andrew NembhardCollin Gillespie

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