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Les voyages forment Carolina Mendes

En 2017, lors du dernier Euro, elle est devenue la première buteuse du Portugal en compétition internationale. Cinq ans plus tard, Carolina Mendes espère qualifier sa sélection en phase à élimination directe, un stade qu’elle n’a jamais atteint. À 34 ans, l’attaquante réussirait là son plus grand fait d’armes sur un terrain de football. Il faut dire qu’elle en a accompli ailleurs…

Qu’emporter avec soi en voyage ? Comment éviter le jet lag ? Que faut-il manger en Italie ? Carolina Mendes a la réponse à toutes ces questions. Non contente de parcourir l’Europe pour jouer au football, la Portugaise passe son temps libre à découvrir la planète. Ses expéditions, elle les partage sur son blog de voyage : As viagens da Carol. « Oui, mon autre passion est le voyage, et quand le football m’en donne l’opportunité, je voyage le plus possible. Bien sûr, cela signifie être loin des gens que j’aime tout le temps, mais c’est mon choix. Depuis que j’ai commencé à voyager, je ressens la nécessité de montrer ma passion aux autres, alors j’ai ouvert un blog pour que d’autres personnes puissent voir une autre facette de ma vie que les terrains de football », déclarait-elle dans une interview donnée en 2017.

Sac de voyage ou sac de sport sur le dos, Carolina Mendes a la bougeotte. Son CV de footballeuse en atteste. Si elle défend aujourd’hui les couleurs du Sporting Braga, et qu’elle a bien été formé dans son Portugal natal, l’attaquante a joué dans six pays. De l’Espagne à l’Islande en passant par l’Italie, la Russie et la Suède, elle a découvert des cultures et des footballs différents. « Il y a différentes idées et façons de s’entraîner, c’est certain. Dans les pays nordiques, le football est beaucoup plus physique, tandis qu’en Italie, en Espagne et au Portugal, le football est davantage basé sur la technique », estime-t-elle.

Attaquante complète, rapide et technique, Carolina Mendes est capable d’évoluer à les postes de l’attaque. Le plus souvent, alors qu’elle va doucement mais sûrement vers ses 35 ans, elle occupe la position axiale. Ses qualités balle au pied, elle les a découvertes tardivement. La première fois qu’elle a disputé un match à onze contre onze, elle avait 20 printemps. « J’ai commencé à jouer à 16 ans, dans une équipe de football à sept. Une équipe de filles. C’était la seule qui existait dans ma région », raconte-t-elle dans un entretien pour l’UEFA. Avant ses 16 ans et son coup de foudre avec le ballon rond, la native d’Estremoz pratiquait le rink hockey – ou hockey sur patins – un sport très populaire au Portugal, qui pourrait avoir quelques similitudes avec le football.

Née à une époque où faire carrière dans le football ne relevait pas de l’évidence pour une femme, Carolina Mendes a dû s’exiler pour poursuivre son rêve : « Je suis partie à l’étranger car au Portugal, le football féminin était totalement amateur et il était impossible d’y faire carrière. J’ai dû émigrer pour être joueuse professionnelle. Ce n’est qu’à ce moment-là que j’ai commencé à penser que je pouvais vivre du football. Ce n’était pas une voie préméditée, je ne me suis pas dit : ‘Je serai footballeuse dans quelques années.’ Ce n’était pas planifiée et je n’ai jamais pensé à gagner des titres ou à atteindre tel objectif », assure-t-elle.

En 2022, 7 800 femmes sont licenciées à la fédération portugaise de football. Un chiffre en augmentation de 72 % en 10 ans. Le football féminin se développe dans la péninsule ibérique, où la FPF, depuis 2016, mène une réforme qui encourage notamment la création de sections féminines au sein des plus grands clubs du pays. Le Sporting Braga, club actuel de Mendes, le Sporting Portugal, où elle évoluait entre 2018 et 2021 et le Benfica jouent ainsi les premiers rôles en Liga BPI, la première division domestique. Seul le FC Porto s’y refuse encore.

À jamais la première

Entre 2012 et 2022, pour être honnête, il s’est passé autre chose : l’Euro 2017, remporté à domicile par les Pays-Bas. Il s’agissait de la première compétition internationale à laquelle participaient les Portugaises. Petit poucet de l’Euro, le Portugal était défait par l’Espagne dès le premier match (0-2) mais créait la surprise en s’imposant devant l’Écosse (2-1). À la 27e minute de jeu, Carolina Mendes devenait la première buteuse de l’histoire de la sélection dans un tournoi majeur. Elle récidivait lors du match suivant, contre l’Angleterre, mais ne pouvait empêcher la défaite des siennes (1-2). « Ce premier but était une explosion de joie, un mélange de sensations. Un moment très heureux de ma carrière. Surtout, notre victoire a changé la façon dont le football féminin est perçu au Portugal. »

Cinq ans plus tard, l’objectif est clair : faire mieux. 16 ans après ses premiers pas en sélection, Carolina Mendes est l’une des joueuses les plus expérimentées du groupe formé par le sélectionneur Francisco Neto pour disputer l’Euro 2022. Du haut de ses 107 sélections, elle n’est pourtant « que » la cinquième joueuse la plus capée, devancée par Ana Borges (144 sélections), Carole Costa (142), Dolores Silva (136) et Sílvia Rebelo (117). Comme elles, son rôle sera d’accompagner la jeune génération dans un nouveau cycle. Tenues en échec par la Suisse (2-2) et vaincues par les tenantes du titre néerlandaises (2-3), Mendes et ses coéquipières ont encore une chance d’atteindre les quarts de finale. Pour cela, il faudra battre la Suède. Un défi à leur hauteur.

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