Euro 2022 Foot Féminin Sélections nationales

Wendie Renard, l’inoxydable pilier bleu

Depuis 2011, qui dit Equipe de France, dit systématiquement Wendie Renard. Joueuse la plus capée des 23 sélectionnées pour cet Euro 2022 avec 134 matchs sous le maillot tricolore, la capitaine des Bleues et de l’OL fait figure de taulier dans ce groupe rajeuni. Du haut de ses 32 ans, elle est aussi l’une des joueuses les plus talentueuses du groupe. Mais un titre international manque encore à un CV, malgré tout, bien rempli. L’occasion pour elle de corriger cette anomalie ?

Une carrière plus qu’aboutie avec l’Olympique Lyonnais

C’est au sein de l’Olympique Lyonnais que Wendie Renard a tout d’abord construit sa légende. Après avoir évoluée dans différentes équipes de jeunes en Martinique, elle débarque au centre de formation de l’OL en 2006, malgré des échecs aux tests pour intégrer Clairefontaine. Un an plus tard, elle intègre le groupe professionnel en juillet 2007. Dès lors, Wendie Renard ne cessera de grandir au sein du groupe lyonnais et glanera rapidement une place de titulaire indiscutable. Gone de cœur, elle participe grandement à la domination nationale et européenne de l’OL : pour preuve, le palmarès de l’OL et celui de Wendie Renard sont identiques, elle a gagné tous les titres du club jusqu’à présent !

La jeune Wendie Renard à ses débuts sous le maillot lyonnais en 2008 (Crédits : Icon Sports)
La jeune Wendie Renard à ses débuts sous le maillot lyonnais en 2008 (Crédits : Icon Sports)

Et c’est toujours avec le club de Jean-Michel Aulas qu’elle a décidé de poursuivre l’aventure jusqu’en 2026, avec le meilleur salaire de la D1 à la clé. Son attachement pour son club de toujours a pesé lourd dans la balance au moment de repousser les sollicitations venues de l’étranger. « J’ai voulu voir ailleurs, ce qui est normal après plusieurs saisons à l’Olympique Lyonnais. Si je partais, je perdais l’opportunité de continuer l’histoire que je suis en train d’écrire. Avec l’OL, on a grandi ensemble. On a franchi énormément de paliers, gagné énormément de titres« , expliqua-t-elle pour l’Equipe, avant de rappeler qu’elle avait toujours soif de victoires et qu’elle visait les 40 titres avec l’OL. Wendie Renard et l’institution l’OL n’est donc pas une histoire qui est prête de s’arrêter.

Toute la rage de vaincre de Wendie Renard au moment de soulever pour la 8ème fois le trophée de la Ligue des Champions féminine (Crédits : Isabella Bonotto / Anadolu Agency)
Toute la rage de vaincre de Wendie Renard au moment de soulever le trophée de la Ligue des Champions féminine pour la 8ème fois (Crédits : Isabella Bonotto / Anadolu Agency)

Wendie Renard, la meilleure ambassadrice du football féminin français

Du haut de ses 33 titres, la Martiniquaise possède le plus beau palmarès du football féminin français. Joueuse la plus capée avec l’Olympique Lyonnais avec 424 matchs, elle est aussi la première joueuse à passer la barre des 100 matchs en Ligue des Champions féminine. Comme un symbole, son 101ème match marquait sa 8ème couronne européenne face au FC Barcelone, un record (hommes et femmes confondus). La défenseure centrale figure par ailleurs dans le top 20 des meilleures buteuses en Coupe d’Europe ! Avec une moyenne de buts par match élevée pour une défenseure (0,25 BPM), Wendie Renard s’illustre régulièrement dans la surface adverse, tout en brillant dans la sienne. Elle est un atout offensif de taille sur coup de pied arrêté pour l’OL mais aussi en Bleue : avec 33 buts (!), elle est la 7ème meilleure buteuse de tous les temps des Bleues.

Première joueuse à atteindre la barre des 100 matchs en Ligue des Champions, Wendie Renard écrit sa légende (Crédits : Getty Images)

Joueuse complète, elle participe grandement au rayonnement du football français sur la scène européenne et mondiale. Elle a placé Lyon au sommet de l’Europe, en remportant la Ligue des Champions 5 fois de suite de 2016 à 2020, et est la joueuse la plus en vue du groupe France. Wendie Renard prend très à cœur son rôle « d’ambassadrice » du football français. En restant du côté de Lyon, elle témoigne de sa volonté de continuer à « professionnaliser le championnat français et attirer les meilleurs sponsors ». Dans le cadre de son contrat avec l’OL, elle pourrait aussi avoir l’opportunité de rejoindre OL Reign, la franchise américaine du club lyonnais, avant 2026. Une manière pour elle de renforcer l’activité de son club aux Etats-Unis mais aussi de découvrir un nouveau championnat avant la fin de sa carrière.

Un rôle de modèle au sein du groupe France …

Wendie Renard est de la trempe des joueuses dont le nom est couché en premier sur la feuille de match, que ce soit à Lyon ou en Equipe de France. Pourtant, en 2017, Corinne Diacre prend le poste de sélectionneur et décide de retirer le brassard de capitaine à la Lyonnaise. « Tant que je serai en poste, Wendie Renard ne sera plus capitaine« . Mais dans le football, tout va très vite. Si elle admet avoir « souffert de son désaveu et de sa brutalité » dans son autobiographie, elle reste professionnelle et rentre dans le rang pour le bien des Bleues. Au fond, elle restera même la capitaine officieuse pour les autres joueuses, pour qui elle est un exemple d’investissement.

Survient alors le désastre du Mondial 2019, marqué par une relation compliquée entre certaines joueuses et Corinne Diacre. Mais Wendie Renard restera toujours dans la même ligne de conduite, l’exemplarité. Après l’élimination face aux USA, elle ne parlera que du terrain et n’accablera pas son entraîneuse. En privé, elle participe cependant aux différentes réunions de crise à la FFF pour éclaircir le fiasco du Mondial 2019. Ainsi, sans ses habituelles compères de l’OL Henry et Le Sommer, non convoquées pour cet Euro 2022, Wendie Renard s’impose comme la leader naturelle. Jusqu’à pousser Corinne Diacre à lui réoffrir le brassard de capitaine et à s’excuser publiquement. « Ce que j’avais dit était une bêtise » avoua Corinne Diacre en septembre dernier après l’officialisation du capitanat de Wendie Renard.

Une relation aujourd'hui apaisée entre Corinne Diacre et Wendie Renard (Crédits : AFP)
Une relation aujourd’hui apaisée entre Corinne Diacre et Wendie Renard (Crédits : AFP)

… et une histoire à compléter avec l’Equipe de France

Et s’il y a bien une joueuse qui fait l’unanimité dans le vestiaire, c’est Wendie Renard. Ses coéquipières en sélection ont accueilli cette nouvelle avec enthousiasme. Grâce à son expérience, elle rassure et booste les joueuses. Elle demeure l’une des meilleures joueuses du monde, ce qui renforce son rôle de taulier. Mais l’assurance tout-risque Renard a 32 ans et elle n’aura plus beaucoup d’occasions de remporter un titre avec sa sélection. Après cet Euro, elle aura pour objectif de rallier la Coupe du Monde 2023 qui se déroulera en Australie et en Nouvelle-Zélande. Et après ? Rien n’est sûr pour une joueuse pour qui les blessures commencent à s’enchaîner.

La capitaine des Bleues veut aller chercher le titre de championne d'Europe avec son pays (Crédits : Icon Sport)
La capitaine des Bleues veut aller chercher le titre (Crédits : Icon Sport)

Quoi qu’il en soit, il faudra une grande Wendie Renard pour battre les Pays-Bas, orphelin de Lieke Martens, forfait jusqu’à la fin de l’Euro. Malgré cette absence, les Oranje Leeuwinnen devraient offrir une adversité plus élevée que les adversaires des Françaises en poules. Après un match moyen face à l’Islande, la Lyonnaise aura à cœur de retrouver son niveau pour sortir les tenantes du titre et enfin briser le plafond de verre des Bleues, qui n’ont pas atteint un dernier carré d’une grande compétition depuis 2012.

Les Tricolores pourront assurément s’appuyer sur l’expérience des grands rendez-vous de Wendie Renard pour avancer dans ces phases finales. Aucune sélection ne se dégage réellement comme favorite et les Bleues auront une carte à jouer pour aller au bout. Et nul ne doute que Wendie Renard ne manquera pas de motivation pour accrocher son premier titre international et écrire un peu plus sa légende avec son pays. « C’est à nous de changer l’histoire. Et nous n’avons plus le droit à l’erreur » assénait-elle.

A lire aussi : Lieke Martens, le modèle des jeunes néerlandaises

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :