Ligue 1

Branco van den Boomen à l’épreuve de la Ligue 1

Meilleur joueur et véritable sensation de la Ligue 2 la saison dernière, Branco van den Boomen est passé à l’étage supérieur avec le TFC. Après neuf journées, le milieu néerlandais scintille moins que l’an passé mais monte en pression. Une question d’adaptation mais aussi de rôle. Analyse.

Sur les bords de la Garonne, ce fut la question de l’été : le TFC allait-il arriver à garder Branco van den Boomen après sa remontée au sein de l’élite du football français ? Et sans que le nom du Néerlandais ne soit mentionné dans des rumeurs de transferts (son entourage est très discret), celui-ci est resté au club. Mais il n’a toujours pas prolongé son contrat qui arrivera à son terme en juin 2023. « Pour ma prolongation ? Pas de discussion pour le moment, on verra plus tard. Avec la Coupe du monde il y aura une nouvelle deadline », assurait l’intéressé début septembre en conférence de presse. Rendez-vous dans deux mois. Après les départs des Pitchouns Nathan Ngoumou ou Bafodé Diakité, le président Damien Comolli et ses équipes sont parvenus à retenir leur meilleur joueur, au même titre que Rhys Healey, le meilleur buteur de Ligue 2, avant que celui-ci ne se blesse gravement. Mais pour quel (premier) bilan ?

Un rôle qui a changé…

Le passage de la Ligue 2 à la Ligue 1 comporte des difficultés. Encore plus pour un joueur qui débarque avec la pancarte du « meilleur joueur de la saison dernière ». Bien que surveillé comme le lait sur le feu par les défenses de Ligue 2 l’an dernier, Branco van den Boomen était parvenu à nous offrir une saison exceptionnelle, ponctuée de 20 passes décisives et 12 buts dont des coups-francs mémorables. Fort de ce statut, le Néerlandais se savait attendu pour ses débuts. À 27 ans, il connaît pour la première fois le football de (très) haut niveau. Et sans dire que le numéro 8 des Violets ait déçu ou surpris, un premier constat est à faire : van den Boomen ne joue pas de la même manière que la saison passée.

Alors qu’il évoluait à trois avec Dejaegere et Spierings la saison dernière, celui qui est arrivé pour la modique somme de 350 000 euros en provenance de Graafschap (D2 néerlandaise), ne joue plus qu’à deux milieux (sauf le week-end dernier face à Montpellier, on y reviendra). Son entraîneur, Philippe Montanier, a fait le choix, lors de quelques matchs, de passer à trois défenseurs centraux et a supprimé l’un de ses milieux, en l’occurrence le Belge Brecht Dejaegere. Ce qui a une conséquence directe sur le jeu de van den Boomen. Moins « libre » que la saison dernière, moins haut sur le terrain, davantage occupé à des tâches défensives, le Batave ne peut plus se concentrer à distribuer le jeu comme il le faisait en Ligue 2. Et même si le TFC se veut une équipe joueuse, les Toulousains ont moins le ballon entre leurs pieds que l’an passé. Forcément, le jeu de « VDB » s’en ressent.

…Néanmoins indispensable

L’utilisation de Branco van den Boomen a changé, mais pas le joueur en lui-même. Preuve de son leadership, c’est lui qui endosse le brassard de capitaine lorsque Brecht Dejaegere est sur le banc. Vous voulez une autre preuve ? Celui qui est passé par toutes les catégories de jeunes en équipe nationale a disputé l’intégralité des neuf premières rencontres de Ligue 1. Il forme avec son compatriote Stijn Spierings un duo très complémentaire dans l’entrejeu. Les deux hommes se connaissent désormais depuis plus de deux ans et ont créé d’excellents automatismes.

Cette saison et ce malgré son léger repositionnement, van den Boomen continue de faire parler son pied droit et ses passes téléguidées. En attestent les 24 occasions créées par le Néerlandais depuis août. Ce qui le place au deuxième rang du championnat de France derrière un certain Neymar et ses 25 occasions créées. Et en huitième position au sein des cinq grands championnats. Pour continuer de démontrer que « VDB » est indispensable, deux autres statistiques : 2,3 passes de van den Boomen sont suivies par un tir cette saison. Le cinquième meilleur de Ligue 1. Le numéro 8 du TFC a également réalisé 52 passes vers l’avant durant les 8 premières journées (5e meilleur total en France). Au-delà des chiffres, c’est une impression : l’ancien des U21 de l’Ajax se montre toujours aussi dangereux ballon au pied. Ce sont plutôt ses coéquipiers qui bonifient moins ces ballons. Néanmoins, van den Boomen a délivré quatre caviars depuis le début de la saison, dont deux lors du succès face au MHSC dimanche dernier au Stadium. Une première dans un match pour celui qui portait le maillot des Violets pour la 90è fois de sa carrière.

Vers une montée en puissance ?

Alors que penser (réellement) de cette première partie de saison du Néerlandais ? Nous optons pour le verre à moitié plein. Bien évidemment, van den Boomen est moins décisif. Mais personne ne s’attendait à ce qu’il réussisse la même performance qu’en Ligue 2 et délivre 20 passes décisives lors de sa première année en Ligue 1. Un peu plus bas sur le terrain, le capitaine des Toulousains n’en reste pas moins dangereux. Et certaines choses nous laissent à penser que le numéro 8 des Violets va reprendre sur sa lancée de la saison dernière. Premièrement, « VDB » a dû recréer des automatismes avec ses nouveaux coéquipiers. Exit Healey et Ngoumou, place à Dallinga, Abouklhal ou encore le jeune Chaïbi. Il n’y aura que le temps pour permettre à ses joueurs de se connaître davantage.

Au sein d’une équipe qui ne renie pas ses principes, Branco van den Boomen est encore à l’échelle de l’apprentissage de la Ligue 1 et du très haut niveau. Mais son influence est telle que sa proportion à être décisif ne va faire que s’accroître au fil de la saison (on prend les paris). En atteste son dernier match lors duquel Philippe Montanier a reconduit son milieu à trois. Van den Boomen a livré l’un de ses matchs le plus abouti de cette première partie de saison si ce n’est son meilleur. Et même s’il n’a encore réussi à atteindre son niveau exceptionnel de la saison passée, ses débuts sont bons et personne ne pourra dire le contraire. Le voir un peu plus haut sur le terrain et moins s’épuiser en défense comme face à Montpellier est forcément synonyme d’un meilleur van den Boomen.

Avec quatre passes décisives en huit matchs, van den Boomen est sur une saison (potentielle) à 10-12 offrandes. Ce qui serait très satisfaisant pour une première saison au haut niveau. Toujours est-il que le Néerlandais va devoir gérer un exercice entier en Ligue 1 et maintenir un niveau de performance élevé afin de permettre aux Violets de se maintenir. Les débuts sont réussis, à lui de continuer sur le même rythme. Le meilleur joueur de Ligue 2 de la saison passée en est largement capable. La rencontre face à Lyon sera un nouveau test important à franchir. 

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