Rugby

Noé Bedou : « Une immense fierté de jouer dans mon club de toujours »

Troisième ligne de Brive, Noé Bedou est un pur produit corrézien. Pour le Café Crème Sport, il a accepté de revenir sur ses premiers pas en Top 14, les difficultés actuelles du CAB et de son plaisir de jouer pour le club qui l’a vu grandir et évoluer.

Est-ce que tu peux te présenter ?

Je m’appelle Noé Bedou, je suis né en 2001. J’ai commencé le rugby à Brive à 8 ans. J’ai fait les sélections de la Corrèze et du Limousin jusqu’à intégrer le pôle espoir à Ussel. À la suite de ça, j’ai été convoqué en –18 ans avec l’équipe de France. J’ai intégré le centre de formation de Brive à 18 ans et j’ai signé mon premier contrat espoir pour une durée de trois ans. Et l’année dernière j’ai re-signé un contrat espoir de deux ans.

Ces dernières semaines ont été mouvementées. Il y a eu cette première titularisation à Toulon, des résultats assez compliqués, qu’est-ce que t’en retiens ?

C’était riche en émotions ! Je ne m’attendais pas à être titulaire en numéro 8 à Toulon donc c’était génial. À Castres, j’étais dans le groupe mais pas prévu sur la feuille de match mais il y a eu une blessure donc j’ai été remplaçant. Puis face à Toulouse, c’était à la maison, le stade était plein, forcément ça fait quelque chose. Les résultats n’ont pas suivi donc ça gâche le truc. On repart à 0. Personnellement c’est énorme de faire ses premiers en Top 14, les ambiances sont folles. C’est incroyable de vivre ça.

Le moral du groupe est touché ?

Je ne vais pas mentir. Bien évidemment c’est dur. Mais ce n’est que le début de la saison. Le chemin est encore très long, on regarde vers l’avant. Les concurrents directs comme Pau et Perpignan ont les mêmes points que nous. Rien n’est définitif. Les trois prochains matchs (Stade Français, Racing et La Rochelle) vont être important pour rebasculer vers du positif et emmagasiner de la confiance.

À titre personnel, comment vis-tu le fait d’entrer dans la rotation dans une période difficile au niveau des résultats ?

C’est surtout la frustration de se dire que je réussi à me faire ma place mais que l’équipe n’arrive pas à gagner. Après il y a aussi une forme d’excitation et surtout cette envie d’y retourner pour enfin réussir à ramener une victoire et prendre du plaisir.

Avec du recul, comment as-tu vécu ces premiers pas en Top 14 ?

C’était un mélange de plein de sensations (rires). Il y avait du stress, de l’excitation, de la pression. Une envie de tout casser mais en même temps garder sa lucidité. Je pense que le plus important, ça a été de trouver le bon équilibre dans toutes ces émotions pour ne pas qu’elles prennent le dessus. Parce que si tu n’es pas dedans tu te fais marcher dessus. Si tu es trop excité et que tu n’es plus lucide, tu fais n’importe quoi. Il fallait trouver ce bon équilibre et je crois que j’y suis arrivé. Puis une fois qu’on est sur le terrain, c’est du rugby…

Pourquoi le CAB est en difficulté ?

Je pense que deux-trois fois on se rate sur des détails comme à Castres où on rate le bonus défensif en laissant passer des points par-ci par-là. Ce sont des petites choses comme ça qui ne nous mettent pas en confiance et qui ne nous font pas basculer vers le positif dont nous aurions eu besoin.

Affronter Toulon, le Stade toulousain, ça impressionne ?

Face à Toulouse je suis rentré en fin de match c’était un peu décousu et le rythme était haché. Contre Toulon c’était dur, ça tapait dans tous les sens avec des Brian Alainu’uese, Facundo Isa, etc. On y était allés sans complexe, pour apprendre mais ce fut très dur.

Noé Bedou (de dos), en défense, face à Toulon.

Quels sont tes axes de progression ?

J’ai encore à progresser à tous les niveaux, je suis encore très jeune. Il va falloir que je prenne un peu plus de puissance pour davantage avancer à l’impact pour gagner les collisions parce que le Top 14 est très athlétique. Être plus vif et plus rapide également.

Vous êtes plusieurs à être issus du centre de formation, c’est plus facile pour l’intégration ?

Le groupe est quand même assez jeune. Ça fait longtemps qu’on se côtoie tous, le groupe ne bouge pas tant que ça, l’ambiance dans le vestiaire est excellente donc il y a eu aucun souci pour s’intégrer.

Tu ressens de la fierté de jouer pour ton club de toujours avec tes potes ?

Bien évidemment même si certains sont partis ! On est plusieurs à être de la région et jouer pour le CAB. Avec Tom (Raffy), Léo (Carbonneau), ça nous fait extrêmement plaisir puis ça montre que Brive fait confiance à ses jeunes et à sa formation.

Jouer avec des joueurs comme Abraham Papali’i, côtoyer un Said Hirèche, c’est d’une grande aide au quotidien pour apprendre ?

Ça fait progresser ! Esteban (Abadie) m’aide beaucoup sur les zones de touches, Abraham (Papali’i) sur les zones de contacts, les lancements de jeu, on progresse beaucoup plus vite à leurs côtés que quand j’étais en Espoirs.

Il y a ce déplacement au Stade français, puis la réception du Racing et La Rochelle, il va falloir être costaud pour se reprendre. Le groupe est-il prêt ?

Je pense que oui. Ça été une grosse semaine d’entraînements avec pas mal de séquences pour créer du jeu, de retrouver ce plaisir à jouer notre rugby. On va prendre les matchs les uns après les autres en espérant prendre le plus de points possibles.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

Je suis encore assez jeune, j’arriver à jouer des matchs donc je n’ai pas vraiment d’objectif pour l’instant. Je veux juste continuer à performer. Ça passe par le travail et éviter les blessures en espérant retrouver le goût de la victoire et se maintenir cette saison.

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