Rugby

Ils font briller la Pro D2 (1/4)

Bien sûr, le Top 14, autoproclamé « meilleur championnat du monde », attire la lumière. Sa petite sœur, la Pro D2, fait pourtant le bonheur des amateurs de rugby. Longtemps synonyme de jeu restrictif et de repaire à vieux grognards, elle est aujourd’hui passionnante et plus ouverte que jamais. Surtout, elle s’affirme comme une pépinière de talents. Zoom sur certains d’entre eux, avec une première étape dans le sud-ouest.

Biarritz : Baptiste Erdocio, force basque

15 matchs, 11 titularisations, 914 minutes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à mi-saison, Baptiste Erdocio jouit d’un temps de jeu des plus enviables. Sans doute excessif, même, pour un pilier. Faisant face à une cascade de blessés en première ligne, le staff du BO a utilisé Erdocio et le capitaine Guy Millar plus que de raison. Il faut dire qu’en plus d’être épargné par les pépins, le gaucher a des atouts qui plaident en sa faveur. Intégré à la rotation biarrote la saison dernière, alors que le club basque achevait son exercice de Top 14 en roue libre, le pilar a de suite fait montre de sa bravoure et son leadership. Aux côtés des Peyresblanques, Hirigoyen et autres Joe Jonas, Baptiste Erdocio incarnait l’insouciante jeunesse d’une équipe trop tendre pour l’élite.

Baptiste Erdocio
À l’instar d’Auguste Cadot et Baptiste Faricot, Erdocio représente l’avenir du BO. (image : Bertrand Lapègue)

Si Lucas Peyresblanques et Mathieu Hirigoyen ont rejoint le Stade français, Erdocio et Jonas poursuivent leur progression à Biarritz, où ils sont des têtes d’affiche. Le premier est d’ailleurs l’un des vice-capitaines du BO – au relais de Guy Millar – en compagnie de Dave O’Callaghan et Romain Lonca. Un puissant signe de confiance, alors qu’il n’a encore que 22 ans. Lui qui a grandi à Bidart, à un jet de pierre de Biarritz, a vu de près les exploits des « Galactiques » dans les années 2000 avant de rejoindre le club phare du Pays basque en cadets. Et s’il n’est pas le Basque le plus bondissant (1,72 m, 112 kg), Baptiste Erdocio est l’un des plus vaillants. Solide en mêlée fermée, le jeunot n’a de cesse de prendre de l’ampleur dans les tâches courantes et l’on n’est plus surpris de le voir gratter un ballon ou passer après contact. Ce qu’on peut lui souhaiter ? Un peu de repos, d’abord. Pour le reste, on ne s’inquiète pas.

Mont-de-Marsan : Léo Banos, maître des airs

Il est encore en Pro D2, et pourtant. Et pourtant, Léo Banos est de la folle épopée qui a conduit le Stade montois à la dernière finale d’accession. Celle qui a consacré Léo Coly comme meilleur joueur de la division. Coly qui, comme Gouzou, comme Doubrère, a monnayé ses talents ailleurs. Et passée la douloureuse digestion des déceptions printanières, Mont-de-Marsan est redevenu conquérant. Il le doit, entre autres, à Léo Banos, 20 ans à peine, qui confirme tout le bien qu’on pensait de lui, après avoir l’avoir vu à l’œuvre, maillot des guêpes ou des Bleuets sur le dos. Il faut le voir régner sur les alignements, du haut de son mètre 91. Il faut le voir répéter les tâches, avec hardiesse et dextérité.

Qu’il porte le n°6 ou le 7, il affiche les mêmes qualités, à savoir son jeu aérien, son intelligence et son altruisme. Des qualités qu’il conservera dans l’élite. Si l’on peut lui reprocher un déficit de puissance – il ne dépasse pas le quintal – le profil de Banos n’est pas sans rappeler Alexandre Roumat, qui a su être performant dès ses premières sorties en Top 14 quand il est passé du BO à l’UBB. Originaire de Commensacq, Léo Banos a fait ses premières armes à Parentis-en-Born, comme son coéquipier Yoann Laousse Azpiazu ou Baptiste Serin, avant de rejoindre « Mont-de ». Mené par ses Landais, qu’ils se nomment Banos, Latterrade ou De Nardi, le Stade montois (2e) sera sans doute au rendez-vous du printemps. La suite de l’histoire reste à écrire…

Agen : Émile Dayral, au stade de l’éclosion

Owen Farrell, Matt Giteau, Jérôme Condamine, cherchez l’intrus. Facile : Matt Giteau est gaucher. Trêve de galéjade, si l’on cite, parmi ses idoles, le n°10 du club de son village, c’est qu’on lui prête un attachement certain. Au stade du Moulin à Vent, perché sur le plateau d’Ourzeau, à 900 mètres d’altitude, Émile Dayral tapait ses premiers ballons dès l’âge de 4 ans. Après plusieurs années à l’école de rugby de Saint-Cernin, il rejoint le Stade aurillacois, puis le club de ses rêves frappe à sa porte. L’ASM, vitrine du sport professionnel dans la région, où il évolue deux saisons en Crabos et une saison en Espoirs. Une proposition de prolongation et une offre de Montpellier ne font pas fléchir le garçon, qui a décidé de rallier Agen, « une terre de rugby », où la perspective d’intégrer l’équipe première apparaît moins lointaine.

Émile Dayral
Émile Dayral a disputé 5 matchs de Pro D2, à mi-saison. (image : Pierrick Chassine)

Jeudi 26 août 2021, à peine arrivé au SUA, il est plongé dans le grand bain. Raphaël Lagarde et Thomas Vincent blessés, il est titulaire à l’ouverture face à Bayonne, à Jean-Dauger. Depuis cette première, à peu près tout a changé. En un an et demi, Émile Dayral a vu le staff évoluer (Régis Sonnes parti, Bernard Goutta arrivé), la concurrence se renforcer (Danré Gerber puis Elton Jantjes recrutés), a découvert les Bleuets. Cadre des Espoirs agenais, le Cantalou devient un élément de plus en plus régulier du groupe professionnel. Pour un joueur de 20 ans, l’ouvreur se distingue par de solides aptitudes défensives et un sens aigu du jeu collectif. En progression dans son jeu au pied, face aux perches et dans le jeu courant, il a tout pour vite devenir une valeur sûre à ce poste stratégique. Il a déjà compris une chose essentielle dans son rôle : c’est en faisant briller ses partenaires qu’il se rendra indispensable.

Montauban : Segundo Tuculet, relance espérée

Cet automne, les motifs de réjouissance étaient maigres. Alors quand l’USM a annoncé la prolongation du contrat de Segundo Tuculet, les supporters ont accueilli la nouvelle avec allégresse. Il faut dire que, depuis son arrivée en provenance de Valence Romans en 2021, l’Argentin de 28 ans s’est imposé comme l’une des attractions de cette Pro D2. Aux côtés des éternels Maxime Mathy et Jérôme Bosviel, Tuculet est un homme de base des lignes arrières montalbanaises. En dépit d’un effectif riche et complémentaire, les Sapiacains peinent pourtant à décoller. Après un sixième revers en neuf journées, le manager David Gérard en a fait les frais. Depuis, Segundo Tuculet et ses partenaires sont parvenus à se hisser hors de la zone rouge (14e) mais le bilan comptable reste précaire.

Conscients qu’ils ne pourront pas atteindre les objectifs initiaux, et engagés bien malgré eux dans la course pour le maintien, les hommes de Pierre-Philippe Lafond compteront sur leurs individualités pour débloquer la situation. Ça tombe bien, depuis le fond de terrain, Segundo Tuculet reste une arme redoutable. Capable de soulager sa formation par de longs coups de pied, l’ancien septiste est surtout un relanceur racé. Dévoreur d’espaces, il sait prendre des initiatives ballon en main et finir les actions. Et s’il n’est pas un gros défenseur sur l’homme, sa lecture du jeu et son flair lui permettent d’effectuer des interceptions. Et une fois qu’il met les cannes, le rattrapez n’est pas chose aisée. Demandez à Bourg-en Bresse, où il a traversé le terrain en août 2021, ou bien à son club actuel, auquel il avait infligé un essai de 100 mètres sous les couleurs de Narbonne, voilà quelques années.

(3 commentaires)

  1. visiblement le premier provisoire de pro D2 n’a pas vos faveurs. En ayant 2 des 3 meilleurs marqueurs d’essai de cette phase du championnat. Quand regarderez vous les clubs du nord de la Loire .

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