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Hexagone MMA – Nora Cornolle : « Montrer pourquoi on en a bavé des semaines »

Nora Cornolle est une championne de kick-boxing et de Muay-thaï. Depuis 2021, la récente championne d’Europe de Muay-thaï s’est mise au MMA professionnel avec, comme à son habitude, une immense générosité. Elle partagera l’octogone ce dimanche 22 Janvier avec Priscilia de Souza à l’occasion du 6e Hexagone MMA, au Zenith de Paris. Nora Cornolle revient pour le CCS sur son combat à venir et sur sa relation avec les sports de combat.

Nora pour commencer, où en êtes-vous dans la préparation ? L’événement arrive, vous êtes dans les dernières préparations ?

On est sur la fin de la prépa, à quelques jours seulement du grand soir. Je me sens prête, alors oui il y a encore des réglages, pour faire le poids, et puis aussi pour laisser place à une récupération importante et régénérer. On ressent forcément une fatigue accumulée avec un travail important pendant deux mois, il faut laisser place au sommeil, à la récupération et aux derniers réglages.

Un mot sur votre adversaire, Priscilia de Souza, qui a le même âge que vous (33 ans) et qui a une grosse expérience en MMA – elle a combattu et perdu contre Molly McCann et Roxane Modafferi qui sont à l’UFC -, c’est votre plus gros test ?

Oui, elle a affronté pas mal de bonnes combattantes, dans des grosses organisations réputées en Europe. C’est un premier gros test en MMA, 22 combats ça peut impressionner mais vous savez mon premier combat pro en boxe thai, mon adversaire avait déjà 80 combats et 5 ceintures internationales et j’ai gagné quand même. Le ring et la cage ce n’est pas pareil, maintenant oui le combat en lui-même je suis préparée.

A quoi vous vous attendez dans ce duel ?

Je m’attends à ce qu’elle soit fidèle à son style, même si les combats passent et ne se ressemblent pas forcément. La stratégie a été mise en place en fonction de son style et de ce qu’on peut savoir d’elle. Pour les détails, ce sera dans la cage que ça va se passer !

Dans un duel comme celui-ci d’ailleurs on pense plus à imposer son style et, de fait, votre incontestable avantage en pieds-poings, ou on pense plutôt à verrouiller les forces adverses ?

On va toujours chercher imposer son style, en étant plus ou moins offensif c’est plus là que ça se gère. Mais dans tous les cas gagner par son style.

Vous avez énormément combattu 2022, vous n’avez pas perdu votre temps !

Oui ! J’ai fait les Europe et les Monde, plus les jeux mondiaux en Muay-thaï, et à côté j’ai aussi fait trois combats en MMA. J’ai continué à alterner les deux disciplines, j’ai visé le triplé en Muay mais je n’ai pu avoir que l’Or aux Europe, vice-championne aux mondiaux et aux Jeux. L’objectif n’est pas totalement rempli mais je reste la première médaillée de l’Histoire aux Jeux mondiaux et ça fait plaisir.

« On sait comment on rentre, on ne sait jamais comment on en sort (du ring, de la cage) »

Nora Cornolle

Vous êtes sur 3 victoires consécutives, comment se passe pour vous cette transition du kickboxing et au Muay au MMA ?

C’est surtout au niveau de la réadaptation sur les déplacements, sur la garde, il y a des coups qu’on va beaucoup moins envoyer, on ne peut pas doubler/tripler les kicks comme en Muay parce qu’il y a un gros risque d’être amené au sol. Donc c’est du travail sur le volume. Dans mon cas je dois m’adapter parce que je suis très généreuse dans mon volume de coups. Je dois jouer sur le côté plus percutant, faire du dégât immédiat. On met toutes les compétences acquises dans un shaker et tout ira bien (rires).

Pourquoi cette transition, y a-t-il un lien avec la légalisation du MMA en France ?

Non, j’avais commencé à m’entraîner en 2017 déjà. C’était des entraînements en dilettante mais voilà j’ai voulu découvrir par-ci par-là les spécificités du MMA et puis ça s’est essoufflé avec le COVID. Mais ça n’a pas joué. Je voyais plus un chapitre qui se fermait et j’avais envie de renouveau. Le muay reste ma passion et si un bel event se présente et que je peux y aller j’irai. Mais aujourd’hui je mets mon focus sur le MMA.

En regardant vos combats, en vous lisant, on comprend que vous avez une mentalité à part, vous n’avez peur de rien. C’est dû à quoi ?

C’est une bonne question (rires). Quand je suis préparée, je suis verrouillée. Je me suis préparée dur, je suis passée par des moments compliqués, où on veut lâcher et on finit par se reposer sur la volonté et nos objectifs. En devenant plus moi-même j’ai développé ça. Aujourd’hui je m’exprime dans une discipline que j’affectionne. Compétiteur/prédateur, c’est ce que je suis et c’est d’autant plus fort dans une cage quand on l’entend se fermer, le « clac, clac ». on sait comment on rentre mais on ne sait jamais comment on va en sortir. C’est la peau de l’un ou de l’autre. Quand j’y vais c’est pour m’imposer et montrer que je suis la meilleure. Je ne peux pas laisser la place à une autre pour m’imposer. Terrorisée non, c’est plus de l’appréhension et du stress mais c’est plus le stress de décevoir, se décevoir soi-même, son staff, et puis de ne pas avoir su montrer tout son potentiel. Il faut se montrer pourquoi on en a bavé pendant des semaines. La peur, c’est une pensée qui vient aussi vite qu’elle repart. On ne peut pas laisser son esprit vagabonder, l’idée c’est de chasser son ennemi et quand l’arbitre lance le combat, on doit être prêts.

La sixième édition de l’Hexagone MMA se déroule au Zenith de Paris la villette le dimanche 22 Janvier prochain. Les prélims commencent à 19h, et la carte principale à 20h30. En main event, la française Laetitia Blot va tenter de conserver sa ceinture des flyweights face à la Lituanienne Ernesta Kareckaite.

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