MMA

Lucie Bertaud, itinéraire d’une guerrière

Dernière ligne droite avant l’évènement tant attendu par les fans francophones du Bellator, et donc dernier portrait de combattant! Et quoi de mieux pour finir que de présenter l’une des plus grandes combattantes françaises actuelles, Lucie Bertaud? Nous allons revenir sur sa longue carrière, et son omniprésence dans le monde des sports de combat…

La boxe en première conquête

Lucie Bertaud naît à Thouars, petite ville du département des Deux-Sèvres (79). Elle commence jeune la boxe, que sa maman Chantal lui a fait découvrir, tout en s’intéressant plus globalement aux arts martiaux grâce à son entraîneur. Super talentueuse, elle effectue son premier combat en 2001 alors qu’elle n’a que 16 ans. Et elle s’impose dès le quatrième round par jet d’éponge de son adversaire.

Elle fait le grand saut et s’installe à Aubervilliers en région parisienne pour rejoindre le Boxing Beats qui a également vu passer Sarah Ourahmoune, ancienne combattante française qui reste aujourd’hui la plus titrée de l’histoire et qui est maintenant vice-présidente de la fédération française de boxe. Si le premier combat ne se passe pas très bien (défaite), le reste de sa carrière dans l’Hexagone est littéralement parfait. Elle remporte le titre 2004/2005 en battant Lorna Weaver, prenant sa revanche du premier combat au passage.

C’est là que tout accélère. Alors qu’elle se fait un nom très crédible dans le milieu de la boxe féminine française, Dominique Nato la repère et décide de l’intégrer dans le pôle « Sportifs de Haut Niveau » de l’INSEP. Vendeuse de chaussures à mi-temps pour subvenir à ses besoins, sans pour autant faire une croix sur ses rêves, elle est la seule femme à avoir intégré le pôle « boxe » et de ce fait, laisse le Boxing Beats de côté pendant un an. Elle remporte trois fois le championnat de France de 2005 à 2007, avant de quitter l’INSEP et de revenir à Aubervilliers, dans son ancien club.

Dominique Nato continue à épauler la Thouarsaise et lui offre même ce qui pouvait devenir sa dernière chance, concourant aux championnats d’Europe alors que le coach de l’équipe de France s’y était opposé! Et c’était un pari gagnant puisque Lucie Bertaud bat la vice-championne du monde Klara Svensson pour emporter l’or en -63kg, alors qu’elle combattait chez les -60 auparavant.

La carrière de Lucie s’arrête en 2012, à l’issue d’un 5ème et dernier titre de championne de France. Avec comme seul probable regret de ne jamais avoir remporté de championnat du monde, alors qu’elle s’était hissé à la deuxième place mondiale après sa victoire aux championnats d’Europe.

Lucie Bertaud championne

Pari gagnant en MMA

Alors qu’elle vient de stopper sa carrière en boxe, elle ne s’éloigne pas vraiment des sports de combat et grâce à son diplôme de journalisme, elle intègre la chaîne luxembourgeoise Kombat Sport et devient la première femme à commenter et animer des combats ou des émissions francophones, encore une preuve de sa place très importante dans l’univers MMA. Néanmoins, la chaîne de combats a fermé relativement tôt et Lucie est donc retournée à ses premiers amours, plus particulièrement le MMA. Elle sera couronnée championne de France de sambo en 2015, avant de s’envoler pour Las Vegas afin de disputer les championnats du monde amateurs de MMA. Elle s’emparera de la médaille d’argent, vaincue par la combattante italienne Lucrezia Ria.

Son mental d’acier ainsi que sa grande polyvalence et son âme de guerrière intéressent fortement l’American Top Team, équipe américaine de renommée mondiale qui compte notamment dans ses rangs Amanda Nunes pour ne citer qu’elle. C’est cette arrivée aux États-Unis qui en fera réellement une combattante professionnelle, et le Bellator s’intéresse à elle, au point d’en faire la première française à combattre sur le territoire français (encore une marque de son investissement) lors du Bellator 248. Elle bat sa compatriote française Maguy Berchel à la décision unanime.

Elle prend une pause d’un an et se fait connaître du grand public en participant à la 22ème saison de Koh Lanta, où elle se hisse jusqu’en finale. Puis elle revient dans l’octogone, une nouvelle fois à Paris, lors du deuxième évènement organisé par Hexagone MMA. Après avoir dominé Karla Benitez durant les deux premiers rounds, elle s’essouffle et se fait battre par TKO. Cette défaite l’a profondément affecté au début mais comme vous pouvez le comprendre, Lucie Bertaud n’aime pas être défaitiste…

Lucie Bertaud lors de son premier combat au Bellator

Qu’attendre de son prochain combat?

Pour le deuxième évènement du Bellator en France, Lucie Bertaud sera opposée à la combattante polonaise Katarzyna Sadura, qui détient un palmarès de 5-4 et qui reste sur une victoire par TKO (ground and pound) pour sa première apparition au Bellator. En comparant les deux combattantes, Lucie est plus âgée mais plus expérimentée. Même si elle n’est pas la reine du KO et elle le revendique elle-même, sa technique et sa grande maîtrise du pieds-poings pourraient lui donner une certaine confiance. Sadura, elle, est une « knockout artist » et sait également se servir des soumissions.

A la conférence de presse, Lucie Bertaud semblait détendue, remise de cette défaite qui l’avait particulièrement affectée comme elle nous le rappelait pendant ses prises de parole. Mais elle s’est entourée des meilleurs, a engagé un coach mental pour préparer ce combat si important pour notre française, qui pourrait vite se démarquer parmi les combattantes de sa catégorie.

Les trois dernières années ont été difficiles pour la finaliste de Koh Lanta qui a dû se préparer pour sa carrière professionnelle mais aussi pour ce jeu télévisé. Entre les échecs et les succès, il était difficile de se retrouver mais la native des Deux-Sèvres a toujours eu un caractère bien trempé et cette volonté admirable de toujours se relever, quelques soient les obstacles. Alors même si on a peu d’idées de si ce combat ira au sol, à la décision et tous ces paramètres, on peut être sûr que ce sera une véritable guerre que nous livrerons ces deux guerrières. Et dans le cas d’une victoire de la française, ce serait la deuxième fois qu’elle l’emporte chez elle, elle qui rêve de combattre aux États-Unis.

Un monument français, et la Tour Eiffel

Plus que trois petits jours avant l’évènement qui pourrait faire décoller le MMA en France et après avoir établi les portraits de Cheick Kongo et de Fabacary Diatta, nous avons voulu frapper fort en vous présentant cette femme aux multiples casquettes mais à la passion pour les sports de combat débordante et au mental surhumain. En espérant que son affrontement face à la polonaise Katarzyna Sadura lui permettra de montrer une nouvelle fois qu’elle est un roseau, elle peut plier mais ne rompra jamais.

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